Je suis une légende
Cinéma juillet 1st, 2008
Période de Noël, période généralement morte pour le cinéma. Les maisons de production nous programment tous les ans un véritable catalogue de dessins animés, film d’animation, comédies familliales, bref du tout public gentillet pour que les familles communient en cette période de fête. Et pourtant on avait envie d’aller au ciné ce soir, avec mes deux accolytes.
Je regarde sur Internet la programmation, et ça confirme: hormis Saw 4 (j’attends Saw 6 (qui va vraiment se faire, le contrat est signé) avec impatience
) et quelques films français sans grande ambition, du gentillet festif! La misère quoi… Ha non, il y a aussi Je suis une légende, avec Will Smith.
Alors là, dilemme! Je me dis qu’avec un titre pareil, blockbuster hollywoodien avec l’un des acteurs les plus bankables de ces dernières années, ça craint quand même pas mal. C’est pourtant lui qui m’a décidé. Il n’est pas bankable pour rien et s’il apparait toujours dans des blockbusters, le moindre mérite qu’on peut lui donner c’est qu’il a toujours assez judicieusement choisi ses films (même si Independance day et Men in black 2 peuvent être considérés comme des erreurs de parcours, c’est pas non plus des nanars finis), et en plus il joue très bien.
Alors on y va. Evidemment salle comble, le film vient de sortir et il n’y a pratiquement que ça de supportable dans la programmation quand on est un mec, un vrai (ou un jeune, un vrai)! On se retrouve au premier rang, le pire, celui qui arrache les yeux et provoque un torticolis. Valait mieux que le film soit bon… Et il l’est!
Je suis une légende a pourtant tout contre lui: son titre, le blockbuster hollywoodien et… son scénario. L’histoire du dernier homme survivant d’une épidémie (attention spoiler: ne pas lire la suite si vous voulez concerver le suspense avant de le voir) qui a transformé tout le monde en mort-vivant. En gros ça ressemble aux classiques des films de mort vivant de Romero, 28 jours plus tard tout ça, mais avec une touche de Seul au monde en plus. Et rien que ce petit mélange des genres marche. Les films de zombie en général c’est très bourrin et sans grand intérêt: ils se ressemblent tous. Hé ben pas celui-là parce que c’est pas ça l’intérêt du film. Evidemment on a sa dose d’adrénaline et le gaumont va sûrement devoir se racheter des rangées de sièges d’ici quelques semaines mais ça ne s’arrête pas là.
Tout le monde sait ce qu’il y a derrière les films de mort-vivant: une virulente critique de la société de consommation. Les hommes deviennent des moutons qui ne vivent plus que pour consommer, totalement décérébrés par la télé et la pub à outrance, et l’effet de masse, la contagion, si on ne consomme pas, les autres nous bouffent, d’une façon ou d’une autre. C’est tout le problème du libéralisme, cette contagion, ce cercle vicieux qui empoisonne l’esprit des plus résistants. Dur dur de lutter contre ça. Et Will Smith lutte, seul, complètement seul à essayer de trouver un vaccin contre cette ******rie. Là aussi c’est une différence avec les films classiques de morts vivants. Normalement, les survivants ne cherchent pas à comprendre, ils pètent la gueule aux zombies comme ils peuvent, jusqu’à la mort, jusqu’à l’exil ou jusqu’à la destruction de toute cette chienlit. Mais là non, pour la première fois, il y a un espoir de guérison, un vaccin (un autre monde) est possible… Et Will Smith le recherche désespérément. La philosophie évolue. Je ne sais pas si je me trompe en disant que l’espoir, le vaccin, c’est peut-être ce film, qui pourrait éveiller des consciences, réveiller quelques zombies, comme moi.
Bon évidemment, sur les trois lascards que nous étions, je suis probablement le seul à avoir vu tout ça et ça n’a pas empêché mes camarades d’apprécier le film. Donc ce n’est pas simplement la métaphore filée qui fait l’intérêt du film mais aussi le jeu de Will Smith et la réalisation qui arrive à nous faire oublier la fatigue et le temps qui passe. 1h40 passent très vite. Le suspense est parfaitement ménagé. Au début du film, on ne sait rien. Tout ce qu’on sait c’est qu’une grognasse pas très sûre d’elle a trouvé le remède contre le cancer et que trois ans après il ne reste plus qu’un seul être humain sur Terre, avec son chien, quelques biches, quelques lions, des oiseaux… Que s’est-il passé? Comment a-t-il survécu? Que sont devenus tous les autres? Pourquoi reste-t-il en vie alors que la vie n’a plus vraiment d’intérêt? Que va-t-il se passer? On passe le film à se poser ce genre de questions existentielles et les réponses arrivent, ni trop tard ni trop tôt. L’intérêt est donc préservé du début à la fin et on prend toujours du plaisir, jusqu’à la fin, à la hauteur du film.
Bref un excellent film que je conseille à tout le monde, sauf si les sensations fortes vous rebutent.
Tags: critique, je suis une legende, societe consommation, will smith, zombie

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