Extasy d'Irvine Welsh
Littérature générale juillet 1st, 2008
Dans la série des bouquins jouissivement dégueulasses, je crois que j’ai trouvé le summum…
Etait-il possible de faire pire que Trainspotting, pire que Bukowski? La réponse est oui, c’est possible, mais franchement pas facile!!!
Et pourtant… C’aurait pu n’être qu’un sale délire de gosse adulte, du trash pour du trash, mais non, même pas, derrière tout ça il y a de la revendication politique, de la détresse sociale, de la philosophie poussée.
Chez Welsh, il n’y a pas de gentils, que des méchants, des pourris, des égoïstes et les pires sont les victimes, ceux qui se cachent derrière des sourires angéliques ou des souffrances abominables. Il y a les salauds de riches et les enculés de pauvres. Là où c’est jouissif c’est que Welsh va chercher nos pires penchants, nos pires désirs refoulés au plus profond de nous-mêmes, toute cette rage latente, ce désir de vengeance; et tout ça prend corps dans des histoires d’un réalisme abject. Parce que oui c’est tellement monstrueux que c’en est crédible; c’est ça la réalité!! Une réalité intérieure parfois, qui sonne comme ces contes qu’on narre aux enfants, avec des monstres et des gentils qui sont autant de symboles des parents, des angoisses, de la vie… Et comme les contes, ça se termine en happy end!! Les méchants qui n’ont pas de justification à leur méchanceté sont implacablement châtiés par les faux gentils.
Je parlais des contes pour enfants et effectivement on peut voir ce bouquin comme un correctif pour ces contes (et d’ailleurs les références y sont à peine masquées). On y voit des gentilles filles sages laisser tomber le Prince charmant pour aller se défoncer le crâne et le cul, voire même envoyer le Prince charmant se taper l’anus d’un mouton… Purement immoral mais tellement jouissif. La société a évolué, les femmes se sont libérées, la religion s’en est pris plein la gueule; le Prince charmant n’a plus de cheval blanc et si on veut voir du cheval blanc on a intérêt à sévèrement se murger la gueule et se mettre au LSD pour éviter le désenchantement.
Et en plus c’est magistralement bien écrit et bien pensé… J’appelle ça un chef d’oeuvre et Beigbedder avec ses Nouvelles sous extasy (probablement pompé à Welsh) peut aller se rhabiller. Il lui manque le style, l’expérience, l’intelligence et la sincérité; bref: le talent!
Alors que nous raconte Welsh?
D’abord, une première histoire qui met en scène une romancière à l’eau de rose qui ouvre les yeux sur sa vie merdique et son trou du cul, pervers hypocrite de Prince charmant, ce qui va l’amener à changer radicalement de style d’écriture pour donner dans la zoophilie. (histoire qui permet à Welsh de justifier subtilement son oeuvre)
Ensuite, l’histoire d’un couple de terroristes sans bras, et d’un hooligan en quête d’amour, du vrai, mais abruti comme pas deux.
Et pour finir deux paumés de la life, en quête d’identité et de sens pour leurs vies, qui vont se retrouver dans la symbiose que procure la drogue…
En résumé, un livre monstrueux qu’il faut absolument lire et posséder pour pas mourir totalement con. Personnellement un de mes livres préférés, sinon MON livre préféré.
Tags: auteur trainspotting, critique, drogues, extasy, genial, irvine welsh, nouvelles, perversite, social

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