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Bonben voilà: j'ai lu le livre que j'avais offert à mon père pour safête… Lui l'avait rangé directement dans un tirroir, sans le lire,alors que c'est le genre de bouquin qu'il aime. Comme j'aime pasgâcher, je me le suis tapé.

Avant même sa sortie, ce livre étaitdéjà une sorte de légende. Alex Barclay, journaliste irlandaise, aabandonné son boulot pour écrire des histoires de psychopathes. DarkHouse est son premier livre. Il est devenu une sorte de légende(j'exagère mais il y a un peu de ça) simplement parce qu'après avoirenvoyé les 25 premières pages de son manuscrit à un gros éditeur cedernier lui a envoyé un chèque absolument mirobolant (genre 100 000€mais je me souviens plus trop du chiffre exact) pour pouvoirl'éditer!!! Pour un auteur renommé c'est déjà plutôt rare mais alorspour une petite nouvelle… Et c'en est devenu un événement littéraire.Tout amateur de thriller attendait sa sortie pour voir ce quijustifiait un tel investissement. Et ma curiosité en a forcément étépiquée.
J'ai donc lu ces 25 premières pages et… franchement bof.Trop de personnages dans une narration pas très claire, une intriguequi traîne… Bref c'était franchement fouilli et je voyais vraimentpas de justification valable à une telle dépense, d'autant que lesthrillers sont à la mode, énormément de gens en écrivent et les sortiessont légion.
En revanche, les 100 dernières pages m'ont nettementplus convaincu. C'est évident que la petite Alex dispose d'un potentielénorme et je vais certainement me procurer son deuxième bouquin, sortiil y a quelques mois, pour voir l'évolution.
Ses grandes qualitéssont surtout dans le réalisme. Je dois avouer que j'en ai été sur lecul. Elle a inséré dans son texte tout un tas de petits détails qu'onse représente parfaitement bien, des détails psychologiques notamment,des réactions qu'on a pu avoir face à certaines situations ou qu'on aobservé chez les autres, sans trop y porter d'attention. La psychologiede ses personnages est à l'inverse de ceux de Dan Brown: ils sontfouillés, ont une histoire, une individualité, une part d'ombre, desdéfauts, des manies et c'est quand même autrement appréciable que lescaricatures de l'auteur du Da Vinci code ou celles de Bernard Werber.
Parmises défauts il y a l'entrée en matière, trop brouillonne, trop lente,trop lente… mais surtout: les dialogues! Au niveau « contenu » je n'airien à redire, ils sont très bien mais au niveau « forme » c'est loind'être ça. En bonne journaliste et écrivain débutant elle occultecomplètement les « dit-il », les « répondit-elle » et autres marques denarration qui permettent de s'y retrouver, de savoir qui dit quoi àqui, il en résulte, encore, de la confusion pas très agréable, voiremême frustrante…

Pour l'histoire, c'est celle d'une vengeanceet celle d'un psychopathe. On voit en parallèle la vie retirée d'un exflic américain, de sa femme française et de leur fils, partis enIrlande après une prise d'otage qui a mal tourné et la vie de DukeRawlins, psychopathe de son état et pas content envers le flic. Unautre détail que je trouve très appréciable dans le livre c'est que leméchant n'est pas méchant sans raison. On voit son histoire dramatique,depuis l'enfance et le cheminement, ou plutôt le basculement de sonpsychisme vers le sadisme. On ne déteste pas Duke Rawlins, on arrive àle comprendre et même à le plaindre. De la même façon, Barclay évite latraditionnelle happy end qui m'horripile de plus en plus en optant pourune fin ouverte mais pas trop non plus, juste ce qu'il faut.

Aufinal, Dark House est un très bon thriller que je conseille fermementaux amateurs. C'est du niveau de Seven et à mon avis, pour les plusfainéants, une adaptation cinématographique verra sûrement le jour dansles années qui viennent.


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