Hé oui. On peut être écrivain, produire des oeuvres qui fustigent le racisme, lire du Céline, du Hugo, du Borgès, être abonné à Marianne et se gaver de films à la con… C’est sans doute parce que je ne suis moi-même qu’un écrivain à la con, un écrivaillon, un écrivastre comme disait à peu près Ronsard en son temps. Sans doute.
On peut aussi ne pas se prendre au sérieux et faire souffler ses neurones une heure et demie de temps en temps. C’est humain non?
Il est aussi humain de s’enivrer de violence, de sang et d’extrême virilité. A une époque on avait pas le cinéma, alors on prennait un fusil et on allait buter son voisin qui parlait pas la même langue, le saligod! Aujourd’hui on a John Rambo et ça va beaucoup mieux! Parce que non ça ne suffit pas toutes ces images de la guerre en Irak auxquelles on ne prête même plus attention tellement c’est devenu banal. 15 morts aujourd’hui? Ben ça va, on est loin du reccord de 56 morts, petite journée dis donc! Ben je vais me regarder Rambo du coup tiens!
Il y a des films de guerre, je suppose la plupart, qui dénoncent la guerre. Et John, au début du film, on sent qu’il s’est maté Full metal jacket et Apocalypse now peu de temps auparavant. Pas motivé le Johnny… Il nous fait sa chochotte, encore un coup. Et cette fois pas de colonel pour le motiver à buter du totalitariste et du génocideur… On se dit que ça craint quand même!
Mais en même temps il faut le comprendre. A passée la soixantaine, on a plus super envie de jouer aux petits soldats. Place aux jeunes! Bé oui mais c’est à dire que les légendes ne meurrent jamais. De la même façon qu’on a rappellé Zidane pour la dernière coupe du monde, là on a BESOIN de Rambo!!!! On s’est demandé pour Zidane et plus tard pour Thuram si c’était pas la coupe du monde ou l’euro de trop, et là on se le demande aussi… Pendant que d’autres arrêtent de buter tout ce qui bouge pour faire de la politique, notre bon Sly s’entête, refusant de raccrocher et faisant tout dans son film, comme un gamin tout excité. Et sur la pellicule, ça donne quoi?
Ca donne ça:
Personnellement, tout ce que j’ai vu c’est un mec, certes bodybuildé jusqu’à l’éclatement musculaire, mais surtout fatigué, mais fatigué… Tout au long du film je me suis dit « Wahou il arrive encore à faire ça???? Truc de ouf!!! C’est truqué ça, obligé! » Tout au long du film, je me suis demandé quel âge il pouvait avoir exactement? Un peu moins de 60? Un peu plus de 60? (je viens de vérifier: 62 le gaillard!!!) Donc respect pour faire encore son guerrier d’élite à un âge pareil mais franchement… C’est un ptit peu abusé quand même, non?
Bon! Mise à part ce léger détail de crédibilité, voyons un peu le scénario et les dialogues.
Commençons par étudier les dialogues…
Bon maintenant voyons le scénario. A la base, donc, on a un John Rambo pacifiste qui dit que ça sert à rien de risquer de se faire buter. C’est un coup à finir en Thaïlande à chasser des serpents, ça! Ou à mourir, oui, aussi, c’est vrai. J’ai lu des critiques qui disaient que cet épisode (final? terminal?) de Rambo était émouvant… Ha… Emouvant… Je suis totalement passé à côté du film alors. Parce que bon, concrêtement, on a droit à deux expressions:
- Expression 1: Bon c’est quand qui dit « coupez », je suis fatigué moi.
- Expression 2: Je suis pas content je pense que je vais te buter!!!
A un moment, pourtant, c’est vrai, on a une bombe à émotion qui a été enclenchée. Jusqu’à la fin et même pendant le générique, j’attendais que ça pète!!!! Hé ben non!!!! Y avait une furieuse possibilité d’arracher des larmes et non!!!! Que dalle!!! Même pas un frisson. Attention je spoile!! (pour ceux qui connaissent pas ça veut dire que je vais parler de la fin du film, donc si vous l’avez pas vu et que vous voulez le voir et que vous voulez surtout pas savoir la fin, faut passer quelques paragraphes).
Parce qu’à un moment, vers le milieu du film, on voit John qui fait des cauchemars et se rappelle de ses combats. On a donc un défilé d’images des vieux films (qui permettent de voir clairement la différence de forme physique… Dommage!) et un John qui prend tout seul conscience de ce qu’il est: une machine à tuer, et non pas un chasseur de serpent Thaïlandais. Donc non, ce n’est pas par humanité ou par conviction qu’il va finir par décider à se battre mais bien parce que c’est ce qu’il fait de mieux, même à 62 ans bordel. C’est simplement l’appel du fer et du sang qui le titille et s’il est resté là c’est pas pour les putes ou parce que c’est cool et bio la Thaïlande mais parce qu’il est juste à côté de là où ça chie un max: la Birmanie!!! Alors où est l’émotion me direz-vous? Ben elle est là. Parce que je me suis dit: Rambo fait des cauchemars de violence, de guerre, de sang, de meurtre, il se rend compte que jamais il n’arrivera à enlever tout ça de sa tête, jamais il ne sera normal, alors il va aller faire ce qu’il sait faire et se battre, malgré l’âge, avec ce foutu handicap, pour aller mourir dignement, au front, en première ligne… Et non. La légende ne mourra pas. Rambo restera invincible du début à la fin (hormis une balle qu’il va quand même se prendre mais dans l’épaule, comme d’hab quoi…). Pire! La fin est encore bien plus pathétique que ça puisqu’une fois sorti de l’auberge birmane, John Rambo retourne… chez son père!!!!! Bah ouais. Dans le dernier épisode on rappelle à Rambo qu’il a un père et entre deux tueries il se dit que c’est vrai que ça pourrait être sympa de retourner le voir s’il est toujours vivant… D’après moi, c’est pas moi qui suis passé à côté du film, c’est Sly qui est passé à côté de quelque chose…

Sinon, blague à part, les dialogues: Ben je suis franchement admiratif devant les gars comme lui qui arrivent à fermer leur gueule aussi longtemps et en toutes circonstances.
Sinon pour le reste c’est du Rambo. Des échanges virils, à la place du colonel on a une blondinette qui va à moitié réussir à le convaincre de remonter au front (mais même pas un roulage de pelle, évidemment…). En bref, le strict minimum. Là aussi, comme pour le scénario (voire même pour le rôle principal), confier ça à un spécialiste aurait sans doute été judicieux.
Pour résumer, un dernier épisode qui n’était pas à faire, pas comme ça du moins. Ce n’est finalement qu’une pure boucherie, avec beaucoup plus de morts que d’habitude et certaines scènes qui font penser à Saw tellement elles sont hard. En étant positif, on peut quand même apprécier l’effort de montrer l’horreur du régime birman, mais… c’était pas franchement l’intention puisqu’ils ont juste cherché l’endroit du monde où il y avait le plus de morts violentes. Donc c’est pas vraiment une fin digne de notre Johnny international ça… Et en plus c’est même pas un bon nanard…

1/5 note de film normal.

1/5 note de nanard.
Tags: critique, deambulateur, film, John rambo, ridicule, silvester stalone, sly, tuerie