La guerre fait rage entre les éditeurs, parce qu’ils sont nombreux et parce qu’il est difficile de tirer son épingle du jeu. En conséquence, l’auteur se doit de prostituer son œuvre s’il compte la diffuser le plus largement possible.

Il est donc important de se demander pourquoi et pour qui on écrit.

La première question permet déjà de savoir s’il est nécessaire ou pas de se trouver un éditeur. Si on écrit juste pour le plaisir, ça n’a pas grand intérêt de se lancer dans ce genre d’épopée par exemple.

Dans mon cas, j’écris par besoin. Etant quelqu’un de particulièrement introverti, qui garde tout et reste stoïque en toute circonstance, c’est une façon pour moi d’évacuer tout ce que je me prends dans la gueule sans broncher. C’est un besoin vital, confirmé par divers psychiatres et psychologues qui y voient la seule explication à ma relative stabilité mentale. Après tout ce que j’ai morflé, un être humain ordinaire serait dépressif chronique, suicidaire ou totalement barré (voire les trois en même temps). Moi je ne suis qu’à moitié barré et la littérature a largement sa part dans ce maintien.

J’écris aussi parce que j’ai peur de la mort. Achille voulait être immortel dans le cœur des hommes et il a réussi, par la guerre et par la poésie. Une vie humaine, ce n’est rien. Rien de plus qu’un clin d’œil dans l’infini de l’espace et du temps. Même pas un grain de sable, une poussière. J’ai peur de susciter l’indifférence. J’ai peur que mon existence ne soit totalement inutile. C’est ridicule mais c’est comme ça. Et comme je considère que les hommes s’envolent mais que leurs écrits restent…

J’écris aussi pour partager. La littérature reste la meilleure façon de s’instruire, de progresser, de s’élever. J’écris dans l’espoir d’être critiqué, d’avoir un retour, quel qu’il soit, me permettant de me corriger. Envoyer mes textes à des éditeurs est déjà une première étape. Les réponses sont très rarement argumentées mais une simple réponse négative est déjà un retour encourageant, parce que cela signifie que j’ai encore du boulot.

Pour qui j’écris maintenant. Je dirais que ça dépend. Différent, comme tout le monde et L’Amour avec un grand @, c’est clairement du tout public. C’est insipide, un peu fade, rempli de bons sentiments, de personnages pas spécialement torturés… C’est visible par des humains de 7 à 97 ans (au-delà non c’est pas possible, j’en veux pas comme lecteurs!!!!). On va dire que c’est de la littérature de consommation courante.

En revanche, pour La Guerre sainte, le public est déjà plus restreint. Alors quel est-il ?

  • Plutôt masculin mais sans exclusive.
  • Entre 15 et 50 ans.
  • Appartenant à la culture sexe, drogue et rock’n roll.
  • Relativement cultivé.
  • Tendance gauche/extrême gauche, libertaire, antilibéral.
  • Affinité avec les mangas.
  • Affinité avec la mythologie.
  • Inspiration/famille littéraire : Irvine Welsh, Hunter S. Thompson, Charles Bukowski, Mian Mian, Kurumada, Bordage, Coralie Trinh Thi.

On est donc loin avec La Guerre sainte des publics visés par Marc Lévy ou Bernard Werber et il ne faut pas s’attendre à concurrencer leurs ventes mais mon goût pour la provoc, mon style incisif et la dynamique du livre peuvent jouer en ma faveur et amener la presse à en parler…

Dans tous les cas c’est un pari intéressant à jouer pour un éditeur. Qui voudra s’y essayer ?

Sommaire

Tags:



Reader's Comments

  1. Alexandre L. | août 25th, 2009 at 18:13

    Alors je veillerai à trouver une place adéquate pour la Guerre Sainte, dans ma bibliothèque. Bien loin des Lévy et des Werber qui n'y ont pas leur place.

    Reply to this comment
  2. marcanciel | août 25th, 2009 at 18:28

    Fiouuuuuu Déjà, le terminer, ce qui ne sera pas une mince affaire. Je me suis fixé début 2010 pour ça mais en même temps ça fait déjà 10 ans que je suis dessus, alors les prévisions, hein? Et ensuite il faut encore qu'il soit accepté par un éditeur et ça c'est aussi très compliqué! Ca correspond assez avec ce que sort le Diable Vauvert mais hormis cet excellent éditeur… C'est l'inconvénient de ne pas faire dans le Marc Lévy, ça ne passe pas partout…
    En tous cas merci de m'encourager, j'en ai parfois besoin, et dans tous les cas je te tiendrai au courant. ;)

    Reply to this comment
  3. melroc | août 29th, 2009 at 02:09

    Je voudrais posée une question ou deux :

    est-ce que les maisons d'éditons connues tel que gallimard, j'ai lu ,hachette….sont à compte d'auteur ou à compte d'édition (simple curiosité)

    Pourquoi les maisons d'éditions prennent une plus grossse part de pourcentage sur le prix du livre comment se fait il que la femme qui à écrit Harry Potter à pu devenir aussi immensément riche j'ai entendu dire que sa fortune était estimer à plus de 300 millons d'euros comment cela est-ce possible?   ça me parait peine croyable si les maisons d'éditions prennent plus …..à moins qu'en Angleterre ça ne se passe pas pareil qu'en France

    Reply to this comment
  4. marcanciel | août 29th, 2009 at 13:01

    Alors… En ce qui concerne les éditeurs que tu as cités, c'est clairement du compte d'éditeur: ils investissent sur les auteurs, prennent des risques, mais la sélection est drastique, c'est à dire que chercher à se faire éditer par eux pour un premier roman, c'est quasi mission impossible.
    Pourquoi les éditeurs se prennent une marge aussi grosse? En fait elle n'est pas aussi grosse qu'elle en a l'air parce que sur le prix d'un bouquin il y a la marge de l'auteur, celle du libraire, celle de l'imprimeur, celle du maquettiste, celle du correcteur, éventuellement du traducteur, celle dédiée à la diffusion/communication… bref tout un tas de gens qui interviennent dans l'entreprise du livre et qu'il faut bien rémunérer pour leur travail.
    Pourquoi J.K. Rowling est devenue millionnaire grâce à son petit sorcier? Déjà parce que son bouquin se vend par millions et le fait qu'elle l'ait écrit en anglais n'y est pas étranger: Grande-Bretagne + Etats-Unis + Canada ça fait beaucoup plus de lecteurs potentiels que pour France + Belgique + une partie de la Suisse (il y a d'autres pays francophones et anglophones encore mais ces derniers restent toujours largement majoritaires). Ensuite il y a l'adaptation de chaque opus en film qui rapporte un sacré pactole à chaque fois et les produits dérivés, si elle est suffisamment intelligente elle doit toucher aussi un pourcentage sur chaque t-shirt vendu…

    Reply to this comment

Leave a Comment