http://www.images-chapitre.com/ima2/original/618/48618_2651700.jpg

C’est l’illustration de la couverture qui m’a séduit. Malheureusement, je n’ai pas réussi à la trouver pour vous la montrer mais on y voit un visage féminin incroyablement bien peint et mis en valeur par une chevelure et des vêtements baclés. J’ai longtemps contemplé ce détail d’un tableau de Von Stück avant de l’ouvrir. Subjugué par ce visage.

Je ne connaissais l’auteur que de nom, n’ayant jamais eu l’occasion de l’étudier au cours de mes études, je n’ai fait que le croiser lorsqu’on étudiait tel auteur du XIXème. C’est dommage mais après tout on ne peut pas étudier tout et tout le monde.

C’est dommage parce que ce livre est fascinant, comme sa nouvelle illustration. Bien sûr il souffre de certains défauts purement subjectifs parce que d’autres considéreront sans mal que ce sont des qualités. D’ailleurs c’est un défaut du siècle, ces interminables descriptions qui retardent considérablement l’arrivée de l’histoire. Ainsi, Barbey commence toujours par nous faire une description du personnage principal, de son caractère, avant de nous faire la description de sa diabolique, plus courte puis de nous raconter l’interraction entre ces deux personnes. Dans un sens, c’est bien et on ne peut qu’admirer cet art de la description, si fine, si précise mais d’un autre côté… c’est trop. Trop de détails inutiles, de digressions.

Heureusement les personnages sont intéressants, voire fascinants pour les diaboliques. Barbey sait nous les rendre si vivantes, si crédibles, si réelles qu’on croit y reconnaitre des femmes, ou des filles qu’on a connu. J’irai même jusqu’à dire qu’il nous donne envie de les voir, de les rencontrer, de les connaitre, de les aimer, de les prendre dans nos bras pour ne pas dire plus, ces femmes. Et ces descriptions qui m’ont aidé à dormir n’y sont probablement pas étrangères, soyons honnêtes. Peut-être n’était-ce que de la frustration de pénétrer plus en avant ces personnages (oui, oui, il y a un sous-entendu salace) et leur histoire, de l’impatience bien naturelle face à un type qui nous vante le plat qu’il nous a concocté en nous donnant l’origine exacte de chaque ingrédient et l’alchimie qu’ils opèrent entre eux.

Alors je lui pardonne et ne saurai que trop vous conseiller cet admirable livre qui mériterait d’être plus souvent étudié au lycée et à la fac.

La seule nouvelle (oui, j’ai oublié de préciser qu’ils s’agissait de nouvelles) qui m’a un peu déçu est celle sur Don Juan qui tient plus de la farce, de la bonne blague que les autres. En revanche, la première, Le Rideau cramoisi, et la dernière, La Vengeance d’une femme, sont absolument magistrales.

A lire impérativement avant de mourir, donc.

Tags: , , , ,



Reader's Comments

  1. Alexandre L. | août 25th, 2009 at 18:02

    Un livre à mettre entre toutes les mains. Cet opus a été composé pour « épouvanter les âmes pures », comme le clamera son auteur le jour de son procès. Et comme il le dira si bien : « Ou il faut renoncer à peindre le coeur humain, ou il faut le peindre tel qu'il est ».

    Reply to this comment

Leave a Comment