http://www.sauramps.com/imagettes/9782895960447.jpeg

Je ne savais pas trop où classer ce bouquin, parce que je n’ai pas l’habitude de lire ce genre de littérature. Je suis plutôt dans la fiction comme mes lecteurs les plus acharnés l’auront remarqué. Je n’allais donc pas créer une catégorie pour un seul bouquin. Je le classe dans « aide aux écrivains » parce qu’après tout, posséder un bon sens critique me semble nécessaire dans cette discipline, ainsi que connaître le fonctionnement des médias et de nos institutions.

Comment j’ai connu ce livre? D’abord grâce à un pote, fan inconsidéré de Chomsky, qui m’a donc longuement parlé de celui-ci. Par la suite, j’ai pu visionner le documentaire Chomsky et Cie où il est beaucoup question du livre et de son auteur. J’étais intrigué, séduit par le personnage et ses révélations, et franchement favorable pour recevoir ce genre de cours. Et je ne regrette pas du tout mon investissement.

Le but de l’auteur est clairement de compenser un « oubli » dans les systèmes scolaires occidentaux: l’apprentissage de l’esprit critique. Autant que je me souvienne, pourtant, on m’a bassiné pendant une bonne partie de ma scolarité avec ce fameux esprit critique. Nous sommes quand même le pays des Lumières, Voltaire, Rousseau tout ça, ceux qui ont eu l’esprit suffisamment critique pour abattre un régime plus que millénaire et puis nous sommes en France quand même! On ne peut pas être perçus comme des râleurs dans le reste du monde et être dépourvus de ce fameux sens critique! Hé ben si, pourtant, parce qu’on râle, effectivement, on critique, beaucoup, sans doute, mais mal, pas les bonnes personnes, pas les bonnes choses. Notre sacro-saint système nous amène à nous critiquer entre nous, à râler de tout et en même temps à nous faire comprendre que c’est comme ça et qu’il n’y a pas d’alternative. Donc on râle comme ils veulent qu’on râle (« ils » c’est l’intelligentia, la classe dominante, les gens qui ont l’argent et le pouvoir), nous baladant en permanence sur de fausses pistes, faisant ainsi de nous des spectateurs et non des acteurs de notre démocratie.

Bon, évidemment, là, en ce moment, ça commence à partir un ptit peu en couille tout ça. La crise on la digère pas, même à grands coups de grippe A et les boniments du gouvernement deviennent de plus en plus laborieux. On voit bien qu’il rame notre président à nous faire passer la pillule, à nous expliquer que chacun doit se prendre en charge tout seul, sans aide de l’Etat, sauf les entreprises, évidemment. Heureusement qu’il y a Carla! Dès que ça va mal ou qu’il n’a rien de particulier à dire, hop on nous fait de longues tartines dans les médias sur cette femme, on commente son élégance, on la compare aux autres first lady…

Il me semble tout de même évident que quand on a un président de la République qui est avocat de métier et donc de formation, ami intime des plus grands patrons des médias, en sachant que ces médias sont excessivement concentrés dans les mains d’une poignée d’hommes, politicien renommé et entouré d’un bon nombre de spécialistes des relations publiques et de la communication… si on veut pas se faire baiser par cet expert international en rhétorique et avalage de couleuvre, on a plutôt intérêt à être blindé niveau esprit critique et à connaître tous les ressorts, toutes les combines.

Ce livre, Petit Cours d’autodéfense intellectuelle, nous les présente, nous les explique, nous les illustre et nous donne même des exercices, le tout avec humour et matraques (faut le lire pour comprendre).

Sur un peu plus de 300 pages, j’ai appris énormément de choses passionnantes en plus d’affermir mon autodéfense: les techniques des mentalistes, des réactions humaines surprenantes, des scandales… Tout un tas de cas concrets, en somme. Je rajouterai également que la partie traitant de l’expérience personnelle a été limite une véritable psychanalyse pour moi.

Sinon, niveau résultats, avec une première lecture relativement rapide (en moins de 24h), je sens déjà une différence. J’ai pu tester ça avec mon article sur la propagande pseudo-musulmane (je l’avais commencé avant de lire le livre mais grâce à lui j’ai pu mettre un nom sur la pareidolia et simplifier un peu mon analyse en allant droit au but de façon claire au lieu de tourner autour du pot en cherchant mes mots) et dans d’autres situations.

Mais il y a quand même des remarques négatives. Ben oui, c’est l’inconvénient d’enseigner l’esprit critique, hein? Faut pas s’étonner que ça se retourne contre soi.

Déjà, un paradoxe: Normand Baillargeon critique notre système en citant certaines personnalités qui considèrent que le peuple n’est pas capable de se gouverner par lui-même. Déjà, ont-elles tort? Personnellement, je n’en sais rien et je reste sceptique sur la question. Ensuite, si ces personnalités ont tort, l’utilité de ce livre me semble réduit parce que ça voudrait dire que le peuple dispose déjà d’un esprit critique suffisamment développé pour faire ses choix. Si elles ont raison, ce livre ne sera qu’un coup d’épée dans l’eau… Paralogisme ou pas?

Il y a également un autre paradoxe, moins discutable: quand on écrit un livre sur l’autodéfense intellectuelle, on écrit en même temps un livre sur… l’art de la propagande, de la manipulation et de la rhétorique! Tout homme politique, tout avocat ambitieux se doit de lire ce livre pour apprendre concrètement comment baiser ses interlocuteurs. C’est là tout le problème. Quand les opprimés réussissent à prendre la place de leurs oppresseurs, l’histoire a démontré qu’ils deviennent eux-même des oppresseurs. Le parfait exemple en est le communisme. Pour que cet effet pervers soit neutralisé, il faudrait que tout le monde, sans exception, maitrise ces techniques de propagande, de manipulation et de contre-propagande. Et ça, malheureusement ça me fait arriver au troisième point négatif.

En effet, ce livre est agréable à lire et le langage est clair. Mais je suis un littéraire disposant d’une licence de lettres modernes! Je suis peut-être un vilain pessimiste mais je doute que ce livre soit si accessible que ça pour tout le monde. Déjà, le chapitre sur les maths, j’avoue avoir été largué une paire de fois. Normal, je suis mathophobe. C’est triste mais pas mortel. Donc, non, je ne pense pas que toute la population puisse s’approprier toutes ces techniques. Je suis sceptique.  D’autant qu’il faut déjà connaître l’existence du bouquin (j’y travaille), pouvoir se l’acheter (20€)… Maintenant, Baillargeon déplore avec Chomsky qu’on ne donne pas de cours d’autodéfense intellectuelle à l’école. Et il est sans doute là, le véritable problème à traiter, en sachant que ladite école est au service du système que ces cours entendraient combattre. Cela peut expliquer pourquoi les exigences scolaires sont sans cesse revues à la baisse d’ailleurs (causalité ou corrélation?): des cons incultes sont bien plus faciles à baiser (l’auteur répète sans arrêt le mot « matraque » dans son livre, vous remarquerez que moi c’est le mot « baiser » qui revient le plus souvent, chacun ses préoccupations, hein?).

En conclusion, j’aurais pu ne pas dire que je possède à la fois ce bouquin et une plus grande facilité pour manipuler mes lecteurs et interlocuteurs. J’aurais pu ne pas en faire la promotion mais je suis trop honnête pour ça; enfin j’essaie de l’être au maximum. Donc il faut acheter, lire et relire ce Petit Cours d’autodéfense intellectuelle parce que c’est un livre qui rend moins con, parce qu’il est efficace, parce qu’il est passionant, agréable à lire et que de toute façon il vaut mieux être avec les gens qu’on aime du côté des baiseurs plutôt que du côté des baisés.

CQFD

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Entre gens de lettres il faut bien s’entraider alors voici quelques bouquins à se procurer d’urgences pour tout écrivain:

- 150 questions sur l’édition, de Marc Autret
- Audace, l’annuaire à l’usage des auteurs cherchant un éditeur, de Roger Gaillard
L’Arlit et Cie, le guide des revues littéraires, de Roger Gaillard
- Publier son livre, de Nicolas Delecourt et Laurence Happe-Durieux

- Petit Cours d’autodéfense intellectuelle, de Normand Baillargeon

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Dans la série « aide aux écrivains » voilà le ptit dernier que je me suis enfilé. Je pourrais faire ultra-court en disant simplement que 150 questions sur l’édition est un must que tout auteur devrait avoir dans sa bibliothèque mais je vais quand même développer un peu.

Déjà ce livre est édité par L’Oie plate, comme Audace. Il fait donc partie de la petite famille issue du Calcre, devenu Cose-calcre (allez faire un tour sur leur site, ça vaut le coup d’oeil), association qui a pour but la défense des écrivains contre les (nombreux) rapaces de l’édition. C’est déjà un gage de qualité en soi.

Globalement, il traite des mêmes sujets que Publier son livre, qui est déjà excellent, mais il est encore plus complet. J’irai même jusqu’à dire que Publier son livre pourrait faire une bonne introduction à 150 questions sur l’édition. Je ne regrette pas pour autant mon précédent achat mais quitte à choisir entre les deux, c’est ce dernier qu’il faut prendre, sans hésitation.

Qu’est-ce qu’on y trouve?

- Des points de terminologie, des organismes à connaître impérativement (comme l’Agessa par exemple), des définitions précises…

- Une explication détaillée et commentée de toute la législation qui encadre le monde littéraire, en sachant qu’elle est vaste et particulièrement complexe (et souvent assez ambiguë).

- Les contrats et comment ça marche quand un éditeur accepte de nous éditer, à quoi il faut faire particulièrement attention, les mauvaises surprises, les faux contrats, la durée de vie d’un livre, les clauses écrites en tout petit et qui ont une grande importance, comment changer d’éditeur, comment se faire prendre en otage par un éditeur, ce que touche un éditeur, un diffuseur etc etc

- Les méthodes et stratégies pour éviter de perdre du temps, du pognon et de bonnes occasions et éviter aux éditeurs de perdre du temps, du pognon et de bonnes occasions, aussi.

- Ce qu’il faut absolument savoir avant de se lancer dans l’auto-édition, l’édition à compte d’auteur, l’édition de compte à demi, leurs risques, leurs pièges, leurs rares avantages, les rares cas où ils peuvent être intéressants…

- Les fiches techniques portant sur à peu près tout: comment présenter son manuscrit, la PAO, les PDF, les caractères spéciaux sur un clavier, l’ours, l’ISBN…

Tout ça est présenté de façon très simple et concrête avec de courtes fiches classées par thèmes, avec des titres suffisamment explicites et des renvois, comme sur un site Internet, pour trouver directement ce qu’on y cherche.

Inutile de m’appesantir sur la question, je pense que le message est passé, ce livre est le meilleur allié de l’auteur, avec Audace et l’Arlit pour trouver un éditeur et surtout sans se faire sodomiser.

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Dans la série « aide aux écrivains » voici Publier son livre aux éditions (inconnues jusque là à mon bataillon) du Puits fleuri.
Alors, autant être honnête tout de suite: je ne sais pas encore si leurs conseils sont judicieux, mais si vous me voyez faire de la pub pour un autre de mes bouquins, vous pourrez vous dire qu’il y a des chances pour que ce livre y soit pour quelque chose.

En attendant, je vais tâcher d’être rapide, ayant pu constater que les gros pavés ne sont que très rarement lus sur les blogs (et puis aussi parce que je suis une grosse feignasse).En premier lieu, je dirais que ce bouquin est moins essentiel qu’Audace pour tout écrivain, puisque ce dernier synthétise les conseils donnés, en plus de donner une liste exhaustive d’éditeurs. Ils n’en sont pas moins complémentaires et les auteurs conseillent également d’acheter Audace.

Comment ça se présente?
En premier lieu, on trouve un historique de l’édition depuis Gütenberg et même avant, jusqu’à aujourd’hui. Ce n’est pas approfondi, ce n’est pas indispensable mais il est vrai que c’est toujours bon d’avoir ça en tête.
Ensuite, les auteurs nous présentent les étapes successives lorsqu’on est publié, ce qui est déjà nettement plus indispensable pour savoir à quoi s’attendre et où on fout les pieds. Ca nous permet aussi de nous mettre à la place de l’éditeur, et donc d’adapter sa stratégie et sa communication.
Point très intéressant: la légalité! Quelques textes qu’il faut connaître pour éviter de se faire attaquer en justice pour diffamation, par exemple…
Autre point plus qu’intéressant: les stratégies à adopter pour se trouver un éditeur.
Sur ce point, je me permets une aparté pour souligner une dizaine de pages qui m’ont fait jubiler à leur découverte, et que je suis en train d’apprendre par coeur: quelques règles de syntaxe, avec les erreurs les plus communes. On trouve notamment la règle d’écriture des nombres et l’accord du participe passé… C’est vrai qu’on a un shouïa trop tendance à faire confiance au correcteur orthographique de Word et à son instinct. Dans mon cas, c’était un complexe, ces hésitations sur des conneries que des gamins de 10 ans sont censés savoir sur le bout des doigts et que moi j’avais franchement oublié. Rien que pour cette dizaine de pages, je ne regrette absolument pas mon achat!
On trouve également un point qui peut faire du bien aux paranos que nous sommes pour protéger son (chef d’)oeuvre, avec toutes les techniques existantes, les coûts et les adresses.
Incontournable, le fameux contrat d’édition, le sésame, la jubilation ultime… si on lit bien entre les lignes pour ne pas se faire avoir comme un bleu (chose très fréquente dans le milieu).

Ca, c’était la première partie portant sur l’édition traditionnelle. La seconde porte sur « le piège de l’édition à compte d’auteur ». Rarement, ça peut être une bonne solution, quand on n’en a les moyens. La plupart du temps c’est une arnaque finie et inutilement ruineuse. Ce livre vous explique comment on se fait baiser et comment on peut éviter.

Et pour finir, on trouve un point complet sur l’auto édition, pour ceux qui croient en eux, mais qui ne trouvent pas d’éditeur, qui ont du temps, de l’argent et une ****** de détermination, parce que là du coup il faut tout faire soi-même. Si ça marche, youpi c’est génial, on remporte pratiquement 100% de la vente du bouquin. Si ça marche pas… Ben on sait à quoi s’en tenir.

Pour résumer:
Ce bouquin a l’avantage d’être complet sans être rasoir et d’aller au concret, au plus près des besoins des nouveaux auteurs. On y trouve également tout un tas d’adresses utiles, de livres à acheter, de personnes ou d’associations à contacter au besoin.
En d’autres termes: que du bonheur et des conseils vraiment utiles pour faire son entrée dans le monde littéraire, et le tout pour une vingtaine d’Euros.

La seule chose que je pourrais lui reprocher, c’est de participer à un certain formatage de la littérature, de démonter et donc de désacraliser ce parcours initiatique, et de mettre l’édition à la portée de tous.
En gros, je lui reproche de trop bien faire son boulot, que je relaie moi-même, ici…
Ce que je peux être de mauvaise foi quand même quand je m’y mets, moi!

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couverture d'ARLIT


Dans la série des articles d’utilité publique, voici la critique d’un autre bouquin estampillé L’Oie plate, et qui devrait également figurer en bonne place dans la bibliothèque de chaque écrivain : L’Arlit et Cie.

Sous ce nom bizarre se cache l’équivalent d’Audace pour les revues littéraires. En effet, un écrivain un tant soit peu logique, avant de s’attaquer avec sa bite et son couteau au monde de l’édition, doit rentrer parla petite porte et faire ses armes grâce à de courts textes, nouvelles, contes et voir ce que les revues littéraires en pensent.

C’est une démarche qui est humble et intéressante dans la mesure où c’est une bonne technique pour démarrer un réseau dans le petit monde de la littérature. Quand on sait que bon nombres d’éditeurs ont leur propre revue, on comprend de suite l’intérêt de leur envoyer de petits textes.

Je rajouterai à cela qu’écrire un roman est une entreprise très longue, compliquée et fastidieuse. Si cette entreprise se solde par un échec, un refus systématique et catégorique de tous les éditeurs, ça peut faire très mal au cul ! C’est un coup à laisser tomber l’écriture à jamais.Alors qu’en passant par les revues, on prend nettement moins de risques,l’investissement est moindre, tout se fait progressivement, naturellement… On prend confiance et contact, en douceur.

Seulement, les revues littéraires ne se trouvent pas chez le libraire du coin et bon nombre de gens croient que cela se limite à une poignée… Grave erreur ! Il en existe à peu près autant que des éditeurs,c’est-à-dire des centaines ! On les trouve sur Internet, dans des librairies spécialisées, sur leur lieu de production… Bref elles sont cachées parce que généralement lues par une minorité, limite une élite intellectuelle !Il faut donc fouiller pour les trouver.

Et c’est là que L’Arlit intervient. Ce bouquin vous évite tout simplement de passer de longues heures à fouiller le Web à la recherche de LA revue qui correspond à votre style, votre genre et tout ça.

Pour chaque revue répertoriée, vous avez une petite fiche  descriptive, comme pour Audace, qui permet de cibler vos envois et de connaitre un peu mieux chaque revue.

A titre perso, c’est comme ça que j’ai commencé. Je peux donc vous citer quelques revues sympathiques qui méritent d’être connues :

-       - Les Hésitations d’une mouche, tout d’abord, menée par une équipe très ouverte, très sympa, qui s’est fixé comme objectif de donner leur chance à de jeunes auteurs qu’ils jugent talentueux.

-       - Mil’feuilles par chemin, publiée par le Cepal, association très humaine qui fait beaucoup pour la belle littérature.

-       - Les Nouveaux Cahiers de l’Adour, le site n’est pas encore terminé mais il s’agit également d’une très belle revue qui m’a fait l’honneur de me publier.


N’hésitez surtout pas à en acheter quelques numéros, pour voir à quoi ça ressemble au moins…

Sinon je m’en suis acheté deux autres, je vous en ferai la critique très bientôt.

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Introduction qui vaut ce qu’elle vaut: l’utilité de ce bouquin et donc de cet article.

Cet article est d’utilité publique. Au cours de mes errances sur le web et notamment sur les forums littéraires tels que

Jeunes écrivains et Forum littéraire, j’ai pu me rendre compte que certaines questions revenaient régulièrement concernant le monde de l’édition. Il faut dire que cet univers est une jungle inextricable dans laquelle le néophyte peut très facilement se perdre et même assez souvent se faire bouffer par un tigre ou un serpent.

Des éditeurs, il en existe des centaines rien que dans la francophonie. Quelques uns sont archi-connus et font rêver tous les jeunes auteurs: Flammarion, Gallimard, Albin Michel… Autant de grosses maisons qui recoivent des centaines de textes tous les mois, et qui ne les lisent que très rarement. Alors qu’à côté il existe des centaines d’éditeurs moyens ou petits, tout à fait convenables, qui adorent à la fois la littérature et les écrivains mais qui souffrent d’un manque de visibilité. Et Audace les répertorie.

Mais la force de ce bouquin n’est pas simplement là, elle est aussi dans les conseils qu’il donne concernant les contrats d’édition. Il attire surtout l’attention sur les dangers du compte d’auteur et sur les rapaces de l’édition qui n’attendent que vous, pauvres néophytes, pour se faire un max de pognon sur vous, votre naïveté, votre ignorance, votre ego qui vous persuade que vous avez écrit encore mieux que le Da Vinci code et que vous allez donc en vendre des millions à travers le monde…
Et ils sont nombreux dans le genre, à se faire de la pub sur Internet, sur les forums par exemple ou de petits encarts dans les magazines, comme Marianne. Petit exemple avec les éditions Baudelaire où j’avais envoyé le manuscrit de Différent, comme tout le monde, ma modeste pièce de théâtre. J’adore Baudelaire, j’avais trouvé la pub dans un magazine cité plus haut que j’apprécie beaucoup et qui se fait fort de dénoncer tous les méchants de notre société, alors je me suis dit « Pourquoi pas essayer? » Assez rapidement, j’ai reçu une réponse très positive et un contrat magnifiquement présenté qui m’a presque fait mourir de rire. Pour publier ma pièce de théâtre, ils me demandaient 2428€80!!! Payable en plusieurs fois, évidemment… En sachant que je n’avais encore rien publié et qu’on peut s’estimer satisfait lorsqu’une pièce de théâtre se vend à 100 exemplaires à 12€, et en sachant qu’en général on touche 10% sur un bouquin (pour Baudelaire il me semble que c’était heureusement un peu plus quand même)… ben même en étant méga optimiste, ça nous fait pas le compte! Très loin de là!
Dans mon cas personnel, je n’avais de toute façon pas les moyens, du tout, et puis je suis suffisamment lucide pour me rendre compte du grotesque de la proposition, mais d’autres doivent tomber dans le panneau. A la limite, ça pourrait ne pas être grave s’ils en étaient restés là. Ils m’ont envoyé ça pour me décourager, pourrait-on se dire. Sauf qu’ils m’ont relancé par mail quelques mois plus tard, en vantant mon ouvrage et en me signifiant la possibilité de revoir à la baisse leurs tarifs. Je leur ai répondu que s’ils trouvaient mon bouquin si bien que ça, ils n’avaient qu’à me proposer un vrai contrat d’édition dans lequel je n’aurais rien à débourser… Ma réponse demeure à ce jour sans réponse…

Voilà donc l’utilité publique d’Audace et de l’ensemble des publications de L’Oie plate, dont je parlerai par la suite, un bouquin à la fois.

Concrètement, comment ça se présente?

Dans sa première partie, l’auteur se livre à un état des lieux et à quelques conseils dans le démarchage des maisons d’édition, les différents types de contrat, les stratégies par genre etc etc. C’est assez synthétique parce qu’il développe toutes ces questions dans ses autres publications, mais c’est à apprendre par coeur.
Dans la seconde partie, Roger Gaillard recense tous les éditeurs qu’il connait, par ordre alphabétique, avec une belle petite fiche descriptive à chaque fois.
Ces fiches sont réalisées grâce à un questionnaire qu’il envoie à chacun de ces éditeurs et par l’expérience, c’est à dire les jugements d’écrivains et de professionnels qui ont « testé » ces entreprises et qui ont pu en discuter avec lui.
On trouve donc tout ce qu’il y a à savoir sur ces éditeurs: ce qu’ils éditent, leur philosophie, leur importance, le nombre de publications, comment ils trouvent leurs nouveaux auteurs, comment leur envoyer son manuscrit, combien de temps ils mettent à répondre, quelques conseils personnalisés etc etc etc
Je peux vous assurer que c’est complet de chez complet. Et, en bonus, pour les éditeurs à compte d’auteur, il pousse même jusqu’à décerner des étoiles pour ceux à qui on peut faire confiance, et des tomates pour ceux qu’il faut éviter comme la peste.

Il s’agit donc, vraiment, du bouquin que tout écrivain doit avoir dans sa bibliothèque s’il souhaite se confronter au monde de l’édition.
En plus, même si c’est anecdotique, j’ai eu l’occasion de discuter avec monsieur Gaillard, par téléphone et par mail, et je peux vous dire que c’est un type sympa, et très engagé dans la défense des auteurs. Un mec de confiance, quoi…

Les faiblesses du bouquin.

Malheureusement, tout n’est pas parfait non plus.
Le prix, déjà, en fait un investissement, certes rentable mais qui fait quand même réfléchir quand on manque de thune: 45€ (il est en promo en ce moment, moi je l’ai payé 54€). Cela dit, sur le site de L’Oie plate, on trouve quelques conseils qui figurent dans le livre, et ça c’est cadeau. Et puis, ça vaut largement le coup.
Plus embêtant: la rareté des mises à jour. Mon bouquin date de 2005 et il n’y a toujours pas eu de nouvelle version. Pourtant, le monde éditorial n’arrête de bouger, d’évoluer… Des éditeurs naissent pendant que d’autres meurent… Donc c’est un ptit peu emmerdant. D’un autre côté, c’est aussi notre faute. Ca demande énormément de boulot de réaliser un tel bouquin et si on participait un peu plus en envoyant nos expériences et découvertes, et si on achetait un peu plus de leurs bouquins, ils pourraient sans doute s’y consacrer d’avantage. Cela dit, on peut également trouver sur le site une rubrique « Le lifting d’Audace » qui apporte les nécessaires corrections à ce livre, gratuitement. Elles n’y sont sans doute pas toutes mais ça reste appréciable.
Dernier défaut: il manque quelques éditeurs. De par mon expérience, il en manque même des centaines. Le bouquin est déjà conséquent mais rien que pour le théâtre (je suis en pleine recherche d’éditeur pour ma deuxième pièce), il en manque un sacré paquet. Je pense que d’ici quelques temps je vais lui proposer un partenariat pour combler ses lacunes et pour pouvoir également propager sa bonne parole.

Conclusion.

Je suis écrivain et c’est ma Bible et je pense que chaque écrivain devrait l’avoir en sa possession pour éviter de se faire baiser et pour optimiser ses chances d’être bien édité et diffusé.
Le Must, donc.

(Ptit conseil de dernière minute: achetez-le plutôt sur Amazon ou Alapage ou Chapitre.com, vous éviterez de payer les frais de port et vous aurez même une chtite réduction.)

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