Inglorious Basterds, de Quentin Tarantino
Cinéma août 21st, 2009

Si vous n’aimez pas Tarantino, Pulp Fiction, Reservoir Dogs, Kill Bill etc, vous détesterez ce film. Enfin, disons que vous serez tout de même obligé de lui reconnaitre des qualités et de bons éclats de rire mais vous risquez un peu de vous faire chier. Dans le cas contraire, vous allez vous régaler.
Qu’est-ce donc que ce film? Je dirais que c’est un film d’horreurs de guerre tourné façon western spaghetti avec une énorme dose d’humour. Vous y trouverez d’interminables scènes purement jouissives avec des jeux de regards monstrueux, des fusillades tarantinesques, du scalpage de crâne, de l’éclatage de nazi à la batte de base ball et quelques verres de lait.
Ma seule véritable déception c’est que les bâtards en question ne sont pas suffisamment mis en avant. On les voit finalement assez peu, trop peu et une suite ne serait donc pas une mauvaise idée.
Sinon c’est simplement énorme: 2h30 à se demander ce qu’il va bien pouvoir encore se passer, avec une musique magistralement bien choisie, des acteurs au top alternant entre hilarants et angoissants. Tarantino joue et prend visiblement son pied avec nous, avec les références cinématographiques, avec ses acteurs… toujours parfaitement à l’aise, décomplexé.
Inglorious Basterds est donc un véritable OVNI cinématographique. Il ne ressemble à rien tout en rassemblant de nombreux souvenirs. Vous allez beaucoup rire si vous allez le voir, vous allez stresser, angoisser… Bref, vous connaitrez un vrai moment de cinéma.
Tags: batards, chef d oeuvre, critique, guerre, inglorious basterds, tarantino, western
Public Enemies
Cinéma août 2nd, 2009

C’est amusant tous ces films sur les braqueurs de banque qui sortent depuis quelques mois. D’abord Mesrines, et maintenant Dillinger. Ce qui est moins amusant c’est toujours cette angoisse en allant au cinéma. 9€! Et pendant l’été, c’est infernal le nombre de merdes qui peuvent sortir. La dernière fois, ça s’était soldé par un « Bon… On rentre à la maison? » Mais cette fois… on est allés jusqu’au bout, et finalement on a plutôt bien fait.
Soyons clair: Public Enemies n’est pas un chef d’oeuvre et n’a rien de révolutionnaire. C’est juste un bon divertissement qui a le mérite de nous apprendre un petit bout d’histoire américaine (même si la réalité a légérement été déformée). Johnny Depp est excellent comme à son habitude, sauf que pour une fois il joue un rôle réaliste, réel même, ce qui lui va aussi bien qu’un pirate mort.
L’histoire est donc celle de John Dillinger, Gangster, braqueur de banques dans les années de récession aux Etats-Unis et ennemi public numéro 1. Dillinger était un héros parce qu’il pillait les riches à une époque où tout le monde était pauvre. Je suppose que s’il était possible d’avoir des Dillinger aujourd’hui, ils seraient d’autant plus acclamés. Ce tueur de flics et de matons était également charismatique, provocateur. Il se croyait invincible et fanfaronait dans la presse. Un bon sujet pour un film donc.
Le second rôle est tenu par Marion Cottillard, irréprochable également en maîtresse du gangster, et qui donne au personnage un aspect plus humain, nécessaire pour comprendre.
De l’audace, beaucoup de fusillades, du sang, une bonne histoire… 2h20 de bon divertissement, appréciable en cette période de mort cinématographique.
Tags: critique, depression, ennemi public, gangster, john dilinger, johnny depp, michael mann, public ennemies
OSS 117, Rio ne répond plus
Cinéma mai 17th, 2009

J’ai longtemps hésité avant d’aller le voir. Déjà parce qu’une loi absurde et culturicide dans ses objectifs mais heureusement déjà largement obsolète vient de passer, la fameuse loi Hadopi dite du « on fout la merde sous le tapis comme d’habitude histoire de faire croire qu’on a résolu le problème comme pour Sangatte et maintenant la jungle de Calais ». Enfin tout ça pour dire que cet acharnement sur un public pourtant souverain me donne pas vraiment envie de risquer 9€ dans une salle obscure.
La deuxième raison est que le premier m’a laissé un arrière goût assez amer. Une fois qu’on avait appris la bande annonce par coeur (bien obligé même quand on regarde peu la télé, ça passait en boucle!), ben on avait vu tout le film. La bande annonce était très bien mais du coup le film était juste moyen.
Là en ce qui concerne les bandes annonces, c’était encore pire. J’avais donc une peur logique d’avoir déjà vu tout ce qu’il y avait à voir…
Hé bien non! J’ai du voir 3 fois chaque bande annonce et teaser de ce film, force est de constater que je n’avais pas tout vu! Le meilleur restait encore à venir…
Alors évidemment c’est particulier comme humour. C’est pas aussi lourd que l’humour américain façon American pie mais pas non plus aussi léger que l’humour anglais façon Un Poisson nommé Wanda. D’ailleurs c’est quand même étrange que les américains nous aient piqué notre humour à la Rabelais… N’empêche que j’aime bien, ce débalage de conneries. Parce qu’il faut le dire, tout se base sur l’extraordinaire connerie de l’agent OSS 117… qui incarne LE français. Une bonne dose d’autodérision est donc nécessaire. N’empêche… qu’est-ce qu’il est con c’est hallucinant…
Pour le reste: tout est volontairement pourri. On est dans un mauvais film des années 60, avec des faux effets spéciaux, des voitures qui se conduisent sans avoir à regarder la route, des coups de feu avec de bons vieux pétards… Du grand n’importe quoi auto-assumé donc. On a droit à une exubérante accumulation de clichés et de nazis, parce que bon c’est les meilleurs méchants du monde, ça les nazis, hein?
On retrouve également l’impayable Dujardin, au mieux de sa forme dans son rôle de James Bond français donc franchement limité mais tout aussi béni des dieux, avec juste un peu moins de classe et de culture.
Un très bon film donc au final que je conseille à ceux qui n’avaient pas trop aimé le premier et plus encore à ceux qui avaient déjà adoré.
Tags: comedie, critique, film francais, humour, jean dujardin, oss 117, rio ne repond plus
Sommaire cinéma
Cinéma mai 13th, 2009
Le sommaire du cinéma… Comme pour les autres catégories, vous pouvez me conseiller des films:
- Inglorious Basterds
- Public enemies
- OSS 117, Rio ne répond plus
- The Dark Knight
- Vilaine
- De l’autre côté du lit
- La fille de Monaco
- Charlie, les filles lui disent merci
- 99 Francs
- La Guerre selon Charlie Wilson
- Trainspotting
- Louise Michel
- Babylon AD
- Je Suis Une Légende
- John Rambo
- Hitman
- La Nuit nous appartient
Tags: critiques
De l'autre côté du lit, la critique
Cinéma janvier 13th, 2009

Je dois dire quand même qu’au début j’ai quand même eu quelques rires. Pas des éclats, faut pas pousser mais quelques rires. Seulement à force ça s’est transformé en sourires et puis en rien du tout. M’a fallu une trentaine de minutes pour commencer à me faire chier sévère.
Comment j’ai pu me faire chier avec Dany Boon cabotinant face à moi? Ben parce que l’histoire est pas drôle déjà. C’est une romance et plutôt une tragédie. Parce que les situations sont convenues, banales, pas du tout décalées même si elles sont à peine caricaturées. Et puis au delà du comique, c’est absolument blindé de clichés. C’est pas grave quand on en fait une vraie bonne comédie, qu’on les utilise sciemment ces clichés pour les tourner en dérision, mais là c’est pas du tout le cas. Ca se finit sur une espèce de morale à deux balles du genre « faut pas abuser quand même… »
Alors, concrêtement, c’est quoi l’histoire? Ben c’est celle d’un couple dont le mari passe tout son temps au boulot pour permettre à sa famille de vivre correctement – ce qui est pas très très bien – et d’une femme au foyer qui n’a jamais le temps de rien faire. Ils s’engueulent et du coup ils décident d’échanger leurs rôles. Sophie Marceau va donc bosser à la place de son mari et Dany Boon va faire la femme au foyer… Mon Dieu que c’est original… Et donc voilà ils vont galérer un peu au début et s’en sortir à la fin, et le mari va plus vouloir quitter sa nouvelle place, contrairement à Sophie Marceau. Histoire qu’il y ait un peu de conflit quand même parce que sinon c’est encore moins drôle.
Les acteurs jouent bien. Surtout Sophie Marceau, impériale, mais absolument pas faite pour la comédie. Autant Dany Boon m’a fait marrer quelques fois, autant elle que dalle. Elle joue trop bien quoi… Elle doit pas pouvoir prendre les mimiques amusantes, le ptit décalage, le ptit truc qui aurait pu la rendre amusante. Là elle est juste charismatique, séduisante… Sophie Marceau quoi.
Donc pour conclure, je peux pas dire que je vous le conseille pas, vu que tout le monde s’est marré dans la salle. Je vais juste vous dire qu’il faut pas vous attendre à une grosse comédie et encore moins à un film intelligent qui va vous apprendre des choses ou vous amener à vous poser des questions existentielles. Le propos c’est juste de dire que trop bosser spa bien du tou du tou, faut penser à soi et à sa famille aussi. Et pis faut pas croire: l’autre aussi a des problèmes et sa vie est pas forcément aussi facile qu’on le croit! Enfin bref, ras des paquerettes quoi…
Un film qui peut être agréable, mais qu’on oubliera au bout de 15 jours.

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Tags: comedie, critique, Dany boon, de l autre cote du lit, sophie marceau
Vilaine, la critique
Cinéma janvier 1st, 2009
Décidément, j’ai plus de cerveau depuis quelques temps. J’oublie tout! C’est terrible quand même… D’un autre côté, quand on a deux boulots, donc deux emplois du temps à gérer et qu’en plus on est écrivain, sur pas mal de chantiers à la fois, je pense que ça doit être excusable. (non? Bon ben désolé alors…) Et du coup j’en ai oublié de faire la critique de Vilaine, que j’ai vu il y a déjà quelques semaines.
Comme pour Louise Michel, il y avait une grosse prise de risque. En même temps, chaque fois qu’on va au ciné, on prend un risque. A 8€60 la place, on est plutôt crispé chaque fois qu’on rentre dans une salle obscure. C’est de l’incitation à télécharger le film avant d’aller le voir ce tarif quand même!
Vilaine est pourtant une excellente surprise. Une sorte de mélange réussi entre Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain et Le Père Noël est une ordure. Ce n’est pas le meilleur film que j’ai vu, mais je me suis bien marré, et c’est tout ce que je voulais…
Bon évidemment, pour les défenseurs des animaux, vaut mieux éviter d’aller le voir: un chat et un chien se font maltraiter de façon franchement délirante mais purement sadique; du coup ça pourrait gâcher le plaisir des plus émotifs.
Oui les personnages de ce film sont des pourritures, dans la plus pure tradition du Splendid de la grande époque. Affreux, sale et méchant, et qu’est ce que c’est bon, bordel! Enfin une comédie française qui ne s’inspire pas des comédies américaines… Même l’affiche est originale et échappe au fameux fond blanc avec deux têtes d’affiches qu’on nous sort désormais pour chaque comédie.
En ce qui concerne l’histoire, on peut dire que c’est celle d’une grosse moche toute gentille qui se fait écraser, exploiter et humilier à longueur de journée par tout le monde. Un jour, elle pète un câble. C’est pas facile, elle doit faire des efforts mais elle devient une vilaine, méchante, et se venge bien évidemment de tous les cons qui se sont foutus de sa poire! Et quelle belle vengeance… Le gros moche boulet qui sommeille en nous tous peut enfin prendre son pied!
En résumé: un film jouissif, original, inventif et qui semble indiquer un renouveau du cinéma français qu’il faudra suivre de près. Un film pour lequel je mets 8€60 sans aucun regret.
On peut aussi féliciter la prestation de Marilou Berry, fille de l’inénarrable Josiane Balasco, et évidemment PEF, des Robins des bois, toujours fidèle à lui-même en patron macho et un tout ptit peu con…
![[Photo vilaine_] - cliquez pour l'avoir en haute résolution](http://www.dvdrama.com/imagescrit2/v/i/l/vilaine_3.jpg)
Tags: Balasco, Chantal Lauby, comedie, Frederique Bel, Marilou Berry, Vilaine
Louise Michel, la critique
Cinéma décembre 29th, 2008
On aurait pu opter pour un film plus classique, avec plein de pognon, genre Australia, de la bonne grosse star, de l’effet spécial… Mais non! Que nenni! On a choisi du film grolandais en pleine connaissance de cause.
Alors, en gros (landais), l’histoire… C’est une certaine Louise, qu’on appelle aussi parfois Jean Pierre, qui subit un coup foireux de son entreprise qui fait un joli ptit plan social, comme ça, en douce, laissant des indemnités de misère à ses employés. Lesdites employées (parce qu’il n’y a que des femmes) se regroupent donc dans un bistro histoire de savoir ce qu’elles vont faire de leur misère. Les propositions défilent, de la pizzeria en passant par le calendrier à poil façon déesses de l’usine poilues… jusqu’à l’idée de génie de Louise! Après un vote il est donc décidé d’utiliser leurs indemnités pour payer un tueur professionnel qui devra donc se charger de leur indélicat patron.
C’est là que Michel (qu’on appelle aussi parfois Katie) entre en scène. Evidemment c’est un tueur professionnel pitoyable. Même pas foutu d’abattre un clébard. C’est ainsi qu’une improbable, délirante, pathétique odyssée va démarrer.
Je peux pas dire que ce film est mauvais. Déjà parce qu’il m’a quand même bien fait marrer, avec une courte mais mémorable apparition de Poelvorde en génial paranoïaque; mais aussi parce que j’ai le sentiment que c’est moi qui suis mauvais. A force de bouffer du burger, des frites, des pates, quand on me fout de la bonne cuisine dans mon assiette, je tire une gueule de 15 mètres; pas initié quoi. Ben là c’est un peu pareil. Y a pas de cul, pratiquement pas d’effets spéciaux, pas de bombe anatomique, que du moche, du pauvre, du terne… et un long délire qui ne laisse jamais le temps de réfléchir et de comprendre qu’il faut se marrer. C’est du grand nin nin du début à la fin (l’entreprise s’appelle Nin nin et à la fin on voit un nain dans un autre nain (en plastique) se faire abattre, histoire de bien enfoncer le clou et assumer totalement le film). Il y a des longueurs aussi. Bref on peut sortir de la salle profondément écoeuré et ruiné de 8€60. Mais il y a aussi une certaine poésie, une tendresse latente qu’il faut être capable de voir. Et puis c’est un pur film de gauche, voire de gauchiste. Limite d’anarchiste (d’où la référence à Louise Michel, anarchiste notoire du XIXème siècle). Ambiance un peu punk que je ne peux qu’aimer quoi, et puis un film qui ne glorifie pas le pognon, la beauté et tout ça… Un film d’utilité publique, quoi…
Donc non je ne peux pas dire que ce film est mauvais, simplement avertir mes lecteurs qu’on n’est pas dans le tout public, le divertissement familial, qu’il faut un cerveau, une conscience, une âme et peut-être même un certain sens artistique pour apprécier ce film. C’est un film élitiste, une curiosité qui vaut le détour, si vous avez la chance d’avoir des places à tarif réduit…
Tags: Delepine, Groland, Kervern, Louise Michel, Yolande Moreau
The Dark Knight, la critique
Cinéma septembre 15th, 2008

Oui j’ai mis un certain temps à le pondre cet article. Ca fait déjà de longues semaines que le batsignal sillonne le ciel et comme à mon habitude j’ai attendu un moment avant d’y répondre.
C’est pas que j’en avais pas envie, loin de là. Je n’ai entendu aucune critique négative sur ce film, bien au contraire. Partout je lisais ou entendais que le Joker était impressionnant, qu’il était nettement mieux que Batman begins, qui était déjà très bien, tout ça, tout ça. Seulement fallait que je trouve la bonne personne pour y aller. Bah non j’aime pas aller au ciné tout seul.
Et hier soir c’est enfin arrivé.
Je vais tâcher de faire court. D’abord, ce qu’on me disait du Joker, à savoir qu’il était plus réaliste, un vrai barge, schyzophrène tout ça, ne me rassurait pas. Je m’étais habitué à mon Joker caricatural, l’amuseur public, avec son look improbable et ses répliques bien senties, alors un Joker plus « réaliste »… pour moi ça voulait dire qu’il perdait tout son charme. Grossière erreur… Effectivement le personnage joué par le défunt Heath Ledger (monumental dans le rôle; à se demander si ce n’est pas le Joker qui l’aurait tué, ou du moins achevé…) est plus crédible, mais d’un autre côté il en ressort nettement plus charismatique. L’acteur, le scénariste et le réalisateur ont réussi la prouesse de montrer à l’écran un véritable clone du diable. Un personnage qui réussit à être vraiment inquiètant, grâce au contraste entre son humour noir et sa violence. Un personnage complexe, évidemment victime, ne serait-ce que pour ses mystérieuses cicatrices, qui tue en grande majorité… des criminels! La scène d’ouverture montre ses hommes en train de piller une banque… qui appartient à la pègre. Il ne cessera d’y faire le ménage… comme Batman! Rajoutez à ça l’ambigüité de Batman, qui veut sauver des vies et qui engendre encore plus de violence, et le léger détail auquel Batman n’avait jamais pensé: s’il y a un super gentil, il faut forcément un super méchant. Sans Batman, pas de Joker, sans Joker, pas de Batman. (logique qu’on retrouve également, avec moins de subtilité, dans Incassable) Tout ça fait que le Joker occulte totalement le personnage principal. On s’en fout de Batman, il est inintéressant, seul compte le Joker dans ce film. Le personnage est intriguant jusqu’à la fascination. On cherche une logique dans ses actes, parce qu’il est tout sauf dénué de logique, son intelligence est redoutable, et les réponses ne viennent jamais, peut-être parce qu’il n’y en a pas. On écoute chaque parole du Joker à cause de cette quête et on finit même presque par épouser sa cause. Après tout, ce fou n’aurait-il pas raison? Dans un monde, une ville, où règne la pègre, où plus de la moitié des flics sont corrompus, où on ne peut se fier absolument à personne, ne finit-on par devenir dingue, aussi dingue que lui? Le Joker sème le chaos et la destruction mais la destruction et le chaos ne sont-ils pas nécessaires pour purifier cette ville? D’ailleurs les plus ardents défenseurs de la justice ne finissent-ils pas eux-même par embrasser la cause du Joker?
Là aussi on est en pleine mythologie: l’apocalypse, le déluge, Sodome et Gomhorre… L’antéchrist arrive et le sauveur suit, où l’inverse. Et tout ça pour épurer, par leur affrontement, une Terre souillée par le Mal. La destruction, la pacification par le feu purificateur.
The Dark Knight rompt donc totalement avec les précédents opus de Batman, orientés nettement vers le divertissement. Là il y a de l’action, beaucoup d’action, il y a du divertissement, du rire, du sourire, il y a de la peur et même une réflexion au demeurant fort intéressante. Bref, ce film a de plus une intensité, une profondeur et j’irai même jusqu’à dire: une âme. Il ne boxe pas dans la même catégorie que Batman et Robin…

Que dire de plus? Batman est bien interprété une fois de plus par Christian Bale, mais complètement effacé. En plus il est énervant ce super gentil milliardaire qui passe son temps à se la péter, en s’affichant aux bras de superbes blondes à fortes poitrines… Katie Holmes a été remplacée, et c’est un bien. Oui je trouve qu’elle joue mal. Et puis son physique ne se prêtait pas trop au rôle, contrairement à sa remplaçante, plus subtile aussi bien physiquement que dans son jeu.
Y a-t-il des choses que je n’ai pas aimé? Ouais. Une furieuse envie de pisser au bout d’une heure et demie, il restait encore une heure: c’était la misère! Plus sérieusement, Pile-ou-face, un peu déçu par son apparence. Là aussi c’est relativement réaliste mais je sais pas, ça me gène un peu. Enfin ce qui m’a surtout géné c’est sa « longévité » sur laquelle je ne m’étalerais pas, pour ne rien dévoiler. J’aurais aimé que le personnage soit un peu plus posé, creusé… C’est lui aussi un personnage essentiel dans la mythologie Batman et pourtant il n’est qu’effleuré.

En parlant de longévité: la longueur du film. Effrayante sur l’affiche (2h37), elle passe toute seule devant l’écran. Pas de temps mort, pas de longueur, pas le temps de bailler: il se passe toujours quelque chose, et pas forcément de l’action. Je trouve que c’est une prouesse. Certains très bons films durent une heure et demie et à un moment je finis quand même par me demander quand ça va se terminer que je puisse fumer cette foutue clope. Là: que dalle. Autant Titanic, à peine plus long, il m’a fallu le regarder en 3 fois tellement ça m’endormait et m’ennuyait, autant là je serais incapable de le regarder en 2 fois. (enfin faut quand même compter une tite pause pipi…) Par contre je serais très capable de retourner le voir une deuxième fois, et même sans avoir à attendre des mois. Bienvenue chez les chtis, ça m’a pas franchement empli de bonheur de devoir y retourner, et pourtant j’ai adoré, mais là sans souci. Etonnant non?
Bon ben on va conclure. Ce sera rapide. The Dark Knight est sans conteste le meilleur Batman jamais sorti (et surtout le meilleur Joker). The Dark Knight est le meilleur film avec un super héros que j’aie pu voir. The Dark Knight est l’un des meilleurs films d’action que j’aie pu voir. The Dark Knight est aussi sans doute l’un des meilleurs films que j’aie pu voir. Oubliez Babylon AD: c’est de la daube à côté!
Note de film normal: 5/5
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Note de nanard: 0/5
Et pis c’est tout!!



Tags: adaptation marvel, batman, christian bale, critique, film, heath ledger, joker, nolan, the dark knight
La Fille de Monaco, la critique
Cinéma août 25th, 2008

Je regarde trop Canal +. Je vois pas d’autre explication. D’habitude, les films français j’attends qu’ils sortent en DVD ou même qu’ils passent à la télé pour les regarder, sauf exception comme Bienvenue chez les chtis. Comme je l’ai dit dans l’article précédent, je vais au cinéma pour m’en mettre plein les mirettes, parce que grand écran, parce que son dolby et surtout parce que 8€60 la séance. Et le cinéma français n’a pas pour habitude d’en mettre plein les mirettes. Donc je ne vois que ça: trop de Canal +. Ben oui parce que je regarde la télévision environ 15 minutes par jour et toujours à la même heure, au moment de manger. Il m’arrive donc de tomber sur le Grand journal animé par Denisot et dont la présentatrice météo était Louise Bourgoin, avant qu’elle ne se sente pousser les ailes du 7ème art… Alors évidemment j’avais pas mal entendu parler de ce film avant qu’il ne sorte, j’avais vu des extraits aussi. Le dernier film avec Lucchini que j’avais vu c’était Paris, que j’avais trouvé excellent. Il y a eu aussi Molière, de la même trempe. Ma chérie aime bien les films avec Lucchini. Tout ça nous a donc amené à rentrer dans la salle sombre pour voir ce film. Tout ça nous a donc amené à une grosse déception.
Au niveau des acteurs, rien à redire, tous sont bons et Louise, la jeune première, joue magnifiquement un rôle qui lui va forcément comme un gant car elle y joue presque son propre rôle, en plus conne, en plus superficielle je l’espère. Lucchini est toujours aussi juste qu’à son habitude, enfin il joue du Lucchini quoi. Roshdy Zem est tout aussi juste dans son rôle de garde du corps froid et zêlé.
Au niveau de la réalisation c’est du pur film français. Rien d’exceptionnel, rien de moche, aucune originalité, aucune fantaisie. C’est bien réalisé, sans plus, sans moins.
Non en fait le problème vient plutôt du scénario. Quelques répliques Lucchinesques qui font sourire, sans plus. Quelques situations cocaces, sans plus. Des dialogues qui font aussi dans le sans plus. Tout ça fait déjà beaucoup de « sans plus » et donc un résultat final bien terne, alors qu’avec la présence de la déjantée Louise on s’attendait vraiment à un festival. Ben non. Le propos du film en lui-même est plutôt limite. On m’a toujours dit au cours de mes études qu’un bon écrivain évitait les clichés comme la peste; je pense que ça doit aussi s’appliquer aux scénaristes. Là, le propos du film c’est simplement que les filles de Monaco, et par extrapolation du sud, sont des petites pétasses faciles, superficielles, pas très intelligentes et prêtes à tout pour se hisser dans le gotta de la société, la jet set, le star system tout ça. Y compris en se tapant un avocat quinquagénaire totalement coincé. C’aurait pu passer inaperçu si à un moment Roshdy Zem ne sortait pas la réplique qui tue: « C’est une fille typique d’ici. » Autrement dit, le propos du film est bien de dire que la fille typique de Monaco est une vulgaire pétasse superficielle et machiavélique… Un peu léger, pas très fin, pas très subtile. Peut-être le scénariste, le réalisateur ou quelqu’un à l’origine de ce film a-t-il eu quelques déceptions suite à une rencontre avec une fille de Monaco, peut-être avait-il envie de régler ses comptes. Peut-être la jet set, le gotta a voulu lancer un message clair aux petites monégasques: foutez-nous la paix ou on vous bute!!!!
Encore… Si le film en lui-même était bon, drôle, original, avec de bonnes répliques bien senties, ç’aurait pu passer, mais là, quand se déroule le générique de fin, il ne reste plus que ça, ce message tout pourri. La fin en elle-même est pathétique. Tellement logique, tellement évidente que ça n’en est même plus crédible; on se demande si l’équipe responsable de ce film ne se fout pas franchement de la gueule du spectateur. Une comédie qui finit mal, la meilleure solution pour finir de plomber le film. Avec du talent, c’est jouable. Ca doit exister, de bonnes comédies qui se finissent mal, même si aucune ne me vient en tête pour le moment, mais sans talent…
D’une certaine façon, on peut comparer ce film avec Bienvenue chez les chtis, puisqu’ils traitent tous deux de clichés « régionaux ». L’un est bon, subtil et drôle, l’autre est terne, ennuyeux, pathétique…
Bizarrement, je me rends compte que les critiques de ce film sont bonnes, qu’on y trouve des qualités dans l’analyse des sentiments humains, les jeux de pouvoir, la sexualité… Je qualifierai ces critiques d’absurde chauvinisme. On ne peut pas, déjà, défendre de la sorte un film qui transmets un propos aussi pourri et sans la moindre nuance. D’ailleurs ce propos montre à quel point ce film est d’une grande justesse psychologique: des clichés, encore et toujours des clichés, traités sans subtilité, sans finesse et sans humour. Mais évidemment, il faut pouvoir défendre notre petit film français face à l’homme chauve-souris, et pour ça toutes les conneries semblent bonnes.
Ceci dit, les dames pourront toujours se régaler, suivant leurs goûts, en matant sans vergogne le corps de Roshdy Zem, ou celui de Lucchini, les deux ayant deux charmes différents mais indiscutables. Par contre, les hommes pourront se faire plaisir avec une Louise Bourgoin qui devrait quand même manger un peu: mince c’est bien, trop mince c’est pas forcément génial quand même. Vous aurez d’ailleurs l’occasion de juger par vous-même si vous allez le voir puisqu’elle est à moitié à poil voire carrément à poil tout au long du film. Hé oui! Qu’est-ce qu’il faut pas faire pour faire du cinéma? Et qu’est-ce qu’il faut pas faire pour faire venir les spectateurs…
« - Bon Anne! Il est pourri ton film, faut faire quelque chose là!!!! »
« - T’inquiète! J’ai embauché Louise Bourgoin, la miss météo de Canal +, celle qui fait fantasmer tous les mecs depuis quelques mois, tu vois qui? Et je vais la foutre à poil pendant tout le film, je vais même aller jusqu’à la mettre en petite jupe blanche, avec rien en dessous, en scooter, sous la pluie. T’en penses quoi? »
« - J’en penses que si je te dis que ça va pas le faire, vu ton état de santé psychologique, tu serais capable de faire la promo du film en te foutant à poil à la télé, alors je vais dire que ça va cartonner et je vais te donner l’adresse d’un bon psy… »
« - Euh… psycholo… quoi? »
« - Ca va aller, Anne, ça va aller… »
Donc voilà, pour conclure, je dirais que ce film est à peu près aussi intéressant qu’un mauvais film érotique, ou une mauvaise comédie. Mais peut-être manquè-je d’humour? Peut-être n’ai-je pas cet humour là? Peut-être suis-je trop *** pour voir toute la finesse de ce film? C’est possible mais j’en doute.
Note normale: 1/5
Note nanard: 1/5
Par contre, comme je n’ai absolument aucun scrupule et que j’adore me contredire moi-même, je vous mets une petite photo de Louise pour finir.
Allez on dira que c’est pour prouver ce que j’ai avancé pendant tout cet article…

Tags: critique, fille de monaco, louise bourgoin, mentalite, monaco, patrice lucchini, sud, superficialite
Babylon AD, la critique
Cinéma, Science fiction août 25th, 2008

Voilà un peu de neuf après un week-end assez space pour moi, niveau personnel. Ce week-end m’a également permis d’aller deux fois au cinéma,et au prix du billet (8€60) ça relève quand même de l’exploit, voire de l’arnaque!!! A ce propos il faudra un jour que je fasse un article sur le piratage, parce que j’ai pas mal de choses à dire sur le sujet!
Je me permets aussi une petite parenthèse pour dire que je suis crevé, généralement mes articles je les écris d’une traite sans respirer, sous l’impulsion et donc parfois je fais quelques fautes, quelques tournures malheureuses… Quand j’ai le courage, je me corrige après coup mais faut pas oublier que je suis quand même une grosse feignasse. Donc un peu d’indulgence pour un écrivain très diminué J’en profite aussi pour signaler une erreur de débutant que j’ai commis dernièrement avec Flickr, le site qui héberge mes images. En rentrant de vacances j’y ai hébergé toutes mes photos, ce qui m’a permis de découvrir que n’ayant pas souscrit à la version « pro », je suis limité niveau poids pour les images que j’envoie. Donc j’y ai toutes mes photos de vacances non retouchées mais je ne peux plus y ajouter d’images à moins de créer un autre compte mais ça ferait quand même le troisième (toutes mes photos de vacances passaient déjà pas sur le premier); il va donc falloir attendre le mois de septembre pour admirer à nouveau mes conneries visuelles (ou alors pour se retrouver à nouveau consterné devant tant de débilité et de nullité réunies, c’est selon…).Heureusement, ça ne nous fait qu’une petite semaine à patienter.
Bref,venons-en à Babylon AD. On avait le choix ce vendredi soir: Batman, La Fille deMonaco, ou Babylon AD. J’étais plutôt chaud pour Batman que tout le monde trouve absolument génial mais ma chérie d’amour, pas trop. Va donc falloir que je me trouve un autre spécimen plus testostéronifié pour aller constater les faits. Ma chérie était plus curieuse pour le dernier film de Lucchini. Parfaite entente faisant, nous avons donc été voir le film plus ou moins entre Batman et La Fille de Monaco.
Il faut dire que j’étais assez curieux de le voir, non à cause de bons échos que j’en aurais eu, mais simplement parce que j’ai lu et aimé le livre dont il est issu, qui s’intitule Babylon babies de Maurice G. Dantec. J’ai été fan dudit Dantec pendant un temps. Ses trois premiers romans sont excellents, surtout le deuxième (Les Racines du Mal), mais par la suite j’ai découvert un personnage(l’auteur) inquiètant et ambiguë, et, surtout, un quatrième roman intitulé Villa Vortex… que je n’ai pas su finir, loin s’en faut. J’ai lu la Bible plusieurs fois, le Coran deux fois, j’ai lu l’Eneïde, j’ai lu du Aragon, aucours de mes études on m’a fait étudier plusieurs des bouquins les plus difficiles à lire de la planète et le pire c’est que dans pratiquement tous les cas j’y ai pris du plaisir, au point de lire pour mon plaisir personnel d’autres ouvrages de ces auteurs. Mais là, im-po-ssi-ble! Les 200 premières pages, ça se lit comme du Dantec, le reste, c’est-à-dire les 400 dernières pages, ça ressemble à un délire mégalo-parano-vanito-métaphysique. Ca forme des phrases construites. Les mots existent et ont bien un sens. Mais malgré un vocabulaire dont je suis plutôt satisfait voire fier, il aurait fallu que je sorte le dictionnaire au moins deux fois par phrase, et pourquoi? Pour en venir où? J’aime pas particulièrement me sentir *** quand je lis un livre, encore moins exclu par manque de vocabulaire. J’apprécie beaucoup qu’on me mette des mots exotiques, techniques, scientifiques de temps en temps parce que ça m’enrichit, grâce au contexte on peut comprendre, là fallait déjà comprendre le contexte pour pouvoir comprendre le mot en question! (au passage, vous avez vuça: deux critiques pour le prix d’une! C’est pas du bon article ça madame? )Donc après ça je n’ai plus osé retenter l’expérience, au prix du bouquin à notre époque…
Babylon babies est donc le dernier bouquin lisible et bon de l’auteur avant qu’il ne sombre dans la folie. Cela dit on sent une progression déjà bien avancée. Le premier bouquin de Dantec, La Sirène rouge (adapté également au cinéma avec le même titre et d’une qualité très moyenne), était presque convenu, par rapport au reste. Dans le second, il commence déjà à bien se déchainer, mais dans le bon sens, dans le troisième ça part dans tous les sens mais ça donne un résultat très lisible et intéressant.
Par contre, je me suis interrogé d’emblée: pourquoi avoir adapté le premier, le troisième et pas le deuxième entre temps? Parce qu’il faut savoir que les deux premiers n’ont pas vraiment de rapport mais le troisième, Babylon babies donc, est la suite de chacun d’eux: Hugo Toorop est le personnage principal de La Sirène rouge et Darquandier celui des Racines du mal, et les deux se réunissent à la fin de Babylon babies… Sans doute parce qu’il n’y a pas de logique de production, les deux étant indépendantes vis à vis de l’autre. Dommage mon préféré reste donc toujours à adapter.
En ce qui concerne le film en lui-même, rien à redire quant à la réalisation: c’est du Kassovitz. C’est propre, bien amené, bien pensé, bien réalisé, bien monté. Pas de folies particulières comme ç’avait été le cas avec le noir etblanc pour la haine ou l’exhibitionisme morbide et traumatisant pourAssassin[s] mais ça passe très bien, comme un bon blockbuster hollywoodien.
Pour les acteurs, il n’y aura pas d’oscar: Vin Diesel joue un Toorop très crédible, mais Toorop est une brute, idéaliste mais une brute quand même. Michelle Yeoh est la même que dans chacun de ses films. Mélanie Thiérry est la plus touchante en « paquet » surhumain à livrer aux Etats-Unis. Paradoxe: elle y joue une sorte de surfemme et pourtant c’est elle la plus fragile, la plus humaine.On la retrouvera sans doute par la suite dans des films d’horreur… Par contre déçu par le choix de casting pour Darquandier: Lambert Wilson. Lui est excellent comme à son habitude mais je n’imaginais pas Darquandier, le savant fou, obsédé notoire et toxicomane tout à fait comme ça. Je l’imaginais beaucoup moins posé, beaucoup moins classe. Mais bon… Babylon AD n’étant pas Babylon babies (j’y reviendrai plus en détail par la suite) ça devient acceptable, mais dommage, ç’aurait rajouté une petite touche de folie avec un acteur plus correspondant. Le Banner joue la brute incapable de parler mais avec un coeur, absolument parfait donc. Depardieu joue un Gorsky répugnant à souhait. Et Rampling joue une gourou classieuse et inhumaine avec son talent habituel. En conclusion: pas grand chose à redire, hormis peut-être pour le doublage deToorop/Vin Diesel qui se retrouve avec une voix à la Joey Starr. Je ne saurais pas trop dire pourquoi ça me titille, mais ça m’a titillé pendant tout le film. En plus, Jean Marc Barr (Le Grand Bleu) avait joué ce rôle dans La Sirène rouge et je trouvais qu’il correspondait bien plus. Enfin à vrai dire, je cherche un peu la petite bête là.
Passons donc au scénario… J’ai lu Babylon babies il y a quelques années et donc le souvenir n’en est plus très frais. Cela dit, je peux tout de même affirmer queBabylon AD est très différent du livre. C’est sans doute pour ça qu’ils ont légérement changé le titre. En gros, ça se passe dans le futur (déjà il me semble que dans le livre ça se passe au début des années 2000, mais j’en suis plus très sûr). Une partie de la planète est en guerre, l’autre en paix. L’autre partie c’est les Etats-unis.Toorop est un mercenaire, catalogué comme terroriste aux Etats-unis et donc interdit de séjour. Un jour, Gorsky, un type louche qui vit dans un char d’assaut à l’intérieur luxueux, lui propose un contrat: mener une gamine jusqu’aux Etats-unis, en échange d’une nouvelle identité et d’une somme conséquente. Toorop accepte et fait donc traverser la gamine, jusque là protégée du monde extérieur par l’enceinte de son couvent, détenu par une secte pas très nette, un monde en plein chaos où on ne peut faire confiance à absolument personne. Entretemps ils se feront courser par une bande de Yamakasi à peine pubères dont je n’ai pas non plus le souvenir dans le livre…Finalement, ils découvriront la stupéfiante vérité quant à cette jeune fille et le but de ce voyage.
Il apparait donc que Kassovitz ait voulu apporter quelques modifications plutôt majeures à l’histoire. Il faut dire que les romans de Dantec ne sont pas vraiment des hymnes à l’humanité, mais bien des brûlots mysanthropes au possible, pessimistes et angoissés jusqu’à la paranoïa. Babylon AD n’en est pourtant pas une adaptation humaniste et philantrope, loin de là. Il faut dire que la science fiction n’est généralement pas un genre très optimiste mais plutôt une mise en garde sur ce que pourrait être l’avenir si on n’y prend pas garde. Là, Kassovitz semble plutôt prendre le parti d’une oeuvre moins engagée vis à vis de l’actualité (Dantec, ça je m’en souviens critiquait vertement et ouvertement les pays occidentaux pour leur non-engagement notamment dans les tensions en Europe de l’est (avec la Géorgie on tombe enplein dans l’actualité)). Donc là on se met dans le futur, on n’attaque personne directement ni clairement et on se focalise plus sur la baston, l’action que sur les revendications politiques. Sage décision: maturité de la part d’un réalisateurqui est le responsable du premier film sur les banlieues françaises, lançant ainsi la mode et géniteur d’un évident sentiment d’insécurité? Parce qu’effectivement La Haine, bien qu’assez jouissif et très bien réalisé, ne donne pas une image très positive des jeunes de banlieue et a même fortement tendance à foutre le feu à la poudrière. Quand on bosse dans le show business il faut faire parler de soi, susciter des débats. Là ce film a eu ce mérite là, bien joué de sa part, mais son influence reste contestable, discutable. Ici, on en est tout de même assez loin, je m’attendais à quelque chose de plus virulent, et au final je me retrouve avec un Babylon babies grand spectacle mais édulcoré. Pourquoi pas? Après tout je vais au cinéma pour voir des effets spéciaux, de la baston, des balles, du sang, du grand spectacle, et je lis pour réfléchir. Donc ça ne me dérange pas.
Au final on peut donc dire que Babylon AD, sans être le film du siècle, ni de l’année et même pas du mois (je suppose toujours que Batman est le film du mois, sinon faudra que je me corrige…) mais que c’est un bon film d’action et de science fiction. On a passé un bon moment, on en a eu plein les mirettes, Kassowitz a trouvé le ton juste, ni trop, ni pas assez et on peut l’en féliciter parce que c’était vraiment pas évident.
Note finale: 4/5
Note nanard: 0/5
Tags: babylon ad, babylon baby, critique, dantec, film, maurice g




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