Couverture trouvée sur le site www.decitre.fr

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Pour l’ancien étudiant en lettres modernes que je suis, Ulysse est une légende, un terrible monstre. Mes anciens profs ne pouvaient que reconnaître son génie mais… c’est également le livre le plus difficile à lire qu’ils connaissent.

Mon orgueil m’a donc poussé à l’acheter et à en commencer la lecture, et mon humilité et ma fainéantise m’ont poussé à en arrêter la lecture, entre autres raisons que je vais détailler.

Ce livre me fait penser à un solo de guitare. C’est difficile à faire, il faut être vraiment bon pour en réussir un et plus c’est long plus c’est compliqué. Seulement un solo de guitare qui dure plusieurs heures, ça n’a pas grand intérêt. Je ne peux donc que reconnaître une maîtrise quasi parfaite du langage et des techniques littéraires à James Joyce, c’est évident. Ce n’est pas pour rien qu’on le cite régulièrement comme exemple dans les bouquins ou les cours de stylistique, mais c’est le seul intérêt qu’on puisse y trouver.

Parce qu’il n’y a pas vraiment d’histoire. L’histoire, c’est celle d’Ulysse, le héros grec, mais codée façon Canal +. Pour la retrouver, il faut déjà la connaître sur le bout des doigts mais il faut aussi et surtout se triturer le cerveau en permanence. Tout n’est que métaphores, décalages… L’histoire se passe en Irlande et on est plongé dans le quotidien de personnages étranges, illustrés par force monologues intérieurs alambiqués. Bref un bordel savamment ordonné accessible uniquement aux passionnés masochistes et ultra cultivés, dont je ne fais pas partie.

Non, j’adore la mythologie et Odysseus, ça me fascine, ça me passionne (Ulysse est d’ailleurs l’un des personnages importants de mon roman) mais là pas d’accord. C’est juste de la branlette d’intellectuel élitiste. Encore s’il n’y avait eu que trois cent, quatre cent pages, à la rigueur mais deux tomes de cinq cent pages chaque, c’est juste une perte de temps.

Il y a des livres bâclés qui prennent (souvent à raison: ce sont généralement des best sellers) les lecteurs pour des cons, et d’autres inaccessibles qui peuvent écoeurer de la littérature et qui donnent l’impression aux lecteurs qu’ils sont quand même sacrément cons.

Je dis qu’il faut de tout pour tout le monde mais j’aime bien l’entre-deux. C’est pour ça que je me suis choisi Marc Anciel comme pseudonyme: je veux établir des ponts entre les univers, les catégories sociales, rapprocher les gens de la culture et de l’élite.

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J’avais déjà lu La Condition humaine et La Voie royale. J’aime bien Malraux mais je ne sais pas très bien pourquoi. Peut-être simplement parce qu’il s’agit d’un bon écrivain et qu’il ne faut pas chercher plus loin.

J’ai acheté L’Espoir également parce que ça parle de la guerre d’Espagne et que j’avais envie d’en savoir plus. L’éducation nationale n’en parle pas de cette guerre, étrangement. On nous dit juste qu’elle a existé, que Franco était un affreux méchant, même pas qu’il était fasciste et c’est tout. On nous parle des Etats-Unis, de la Russie, de L’allemagne mais de l’Espagne pratiquement pas. C’est ptête parce que notre rôle là-dedans à nous français n’est pas particulièrement reluisant puisqu’on a laissé Franco massacrer communistes, anarchistes, socialistes et républicains divers sans lever le petit doigt, pour ne pas effaroucher Hitler et Mussolini. Moralement et humainement c’était moche, et stratégiquement c’était d’une connerie pas possible: on connait les conséquences au moins!

Malraux nous raconte donc avec force détails cette guerre fratricide, ce sordide bordel qui a permis de tester les tanks et avions italiens et allemands. Il nous le raconte du côté des gentils, ce que je trouve dommage. Il aurait été intéressant de voir également ce conflit de l’autre côté du canon parce que du coup même s’il ne sombre pas complètement dans le manichéisme, il s’en rapproche tout de même un peu trop à mon goût.

Autre défaut également présent dans La Condition humaine: c’est dur dur de comprendre. C’est à la fois un défaut et une qualité parce que ça force un peu à se renseigner, à chercher sur Internet ce que c’est qu’un Alcazar, le C.N.T et autres petites choses qui vont de soi pour notre ancien ministre de la culture mais pas forcément pour moi. Idem pour les dialogues où il faut s’accrocher. C’est tantôt profond et très intellectuel, tantôt de l’insulte de bas étage mais la plupart du temps très difficilement compréhensible, un peu comme si les personnages se parlaient à eux-même. Pour bien faire, il aurait fallu une encyclopédie et des cartes de l’Espagne à l’époque. Mais peut-on vraiment reprocher à Malraux d’étaler sa culture sans prendre ses lecteurs pour des cons? Moi je dis non: c’est ma faute à moi, j’aurais du arrêter l’école plus tôt!

Et puis de toute façon c’est la guerre et le bordel, on ne sait plus qui est méchant et qui est gentil et il y a adéquation entre le livre et ce qu’il décrit. Dans le fond, le lecteur se retrouve plongé dans un conflit sanguinaire où personne ne comprend plus rien à rien en se raccrochant à la seule chose qui reste: l’espoir!

Le style de Malraux est agréable, les combats et bombardements bien retranscrits donc malgré tout cela reste un excellent livre, agréable à lire et permettant de se cultiver. Que demande le peuple?

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Je me suis rarement autant fait chier en lisant un bouquin… J’en ai lu pourtant des bouquins et des biens chiants par moments. Je suis plutôt bon public et quand il s’agit d’un classique je pense me montrer un minimum indulgent mais là… Non, vraiment je ne vois rien pour le sauver.

Qu’est-ce qui le rend donc aussi chiant ? Déjà, je n’appelle pas ça un roman. Il n’y a pas vraiment d’histoire, il ne se passe pratiquement rien (là je suis indulgent), c’est juste bien écrit et encore c’est parce que ça vient du XIXème siècle que je dis ça ! A Rebours, c’est juste une longue série de critiques, d’analyses, de recensions à propos de littérature, de peinture, de parfum, de gastronomie etc etc Bref c’est la même chose que ce blog, en plus court (encore heureux) et sans le moindre humour (j’y reviendrai à l’humour !). Différence primordiale : mon blog est contemporain et parle de sujets contemporains compréhensibles de tous (aujourd’hui mais probablement plus dans un siècle), Huysmans parle de sujet du XIXème siècle, pas forcément connus ou intéressants pour nous. Qu’il parle de Redon, de Zola, de Baudelaire, là ça va, on connait. C’est pas franchement intéressant mais on connait. Mais l’essentiel est constitué de sujets que je ne connais pas (malgré une certaine culture) et/ou dont je me fous pas mal.

Quant à l’humour… Le personnage principal est dépressif et s’emmerde à mourir. Il faut reconnaitre au moins ce talent à Huysmans : il sait communiquer aux lecteurs les émotions de ses personnages. Franchement il faut être à moitié dingue pour choisir un sujet pareil, non ? Inintéressant et déprimant. Une interminable crise existentielle… Ca peut être intéressant, remarque : Le Voyage au bout de la nuit, La Nausée toussa toussa c’est aussi de la crise existentielle, mais en moins chiant, en moins pédant, en plus intéressant.

En même temps j’aurais du me méfier. Un livre qui contient plus d’explications de texte que de texte alors que c’est une édition «normale» (pas une édition pour étudiants en lettres modernes quoi), y a anguille sous roche. Si dès le départ et à l’arrivée Huysmans a ainsi besoin d’aussi longues plaidoiries pour défendre son bouquin, c’est pas très normal. Ca veut dire au minimum que le texte ne se justifie pas par lui-même et que la pilule risque d’avoir du mal à passer. Cela dit, les plaidoiries en question sont plus intéressantes et moins chiantes à lire qu’A Rebours. Le lecteur averti peut aisément se contenter de lire les préfaces et notices et de laisser tomber le texte même, qui n’est finalement qu’un vilain noyau dans un fruit relativement mangeable. D’habitude c’est plutôt l’inverse mais il faut bien chambouler les habitudes.

Que dire de l’histoire, alors ? Hé bien c’est celle de Des Esseintes qui décide de s’établir à la campagne par mépris pour Paris et les gens, avec ses œuvres d’art, ses bouquins et ses domestiques. A force de solitude et d’ennui, il devient très vite dépressif et doit donc se contraindre à retourner à Paris et à réviser sa position concernant le catholicisme. Désolé de vous la raconter intégralement du début à la fin et en n’omettant pratiquement aucun détail, mais bon c’est pas l’histoire qui est importante, hein ? Ce qui est important c’est de passer à autre chose et d’oublier ce livre très vite !

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Je neeeeeeeeeee suis qu’un fouuuuuuuuuuuuuu, un fouuuuuuuuuuuu d’aaaaaaaaaaaamouuuuuuuuuuuuuur… Voilà la chanson que j’ai dans la tête depuis que j’ai commencé ce bouquin. Et pas la version originale, hein? la version Johnny/Lara Fabian. C’est dire si je suis content d’en finir!

Blague à part, j’appréhendais franchement la littérature russe. Jusque-là, je n’avais lu que La Mouette, de Tchékhov. C’est une excellente pièce de théâtre naturaliste, La Mouette, hein? « Si un jour tu as besoin de mon coeur, viens et prends-le ». J’adore. Mais il m’a fallu un sacré moment pour m’y retrouver dans les personnages, et donc pour l’apprécier. Parce qu’ils n’ont pas des noms comme nous les russes. Y a une logique que je n’ai jamais comprise. Non seulement ils ont des noms difficilement prononçables quand on est habitué à des Jean Dupont mais en plus ils ont l’air d’en avoir plein, des noms, avec des diminutifs qui ne ressemblent pas à des diminutifs… Bref, il faut une initiation aux noms russes pour pouvoir suivre. Et comme je n’en ai jamais eu, j’avais peur.

Néanmoins, l’auteur, que je ne connaissais que de nom et de réputation, s’appelle Nicolas Gogol. Donc, déjà, ça va. Je ne risque pas trop de me taper la honte en le disant ou en l’écrivant. En plus, j’ai trouvé ce bouquin lors d’une brocante (bon plan les brocantes pour faire le plein de bouquins pour po cher) et le vendeur m’avait rassuré en me disant que ce n’était pas du bon gros russe bien lourd mais au contraire un livre plutôt humoristique et… drôle. Les russes peuvent écrire des livres humoristiques et être drôles???? Moi je pensais que l’humour russe se limitait à ça:

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Vous remarquerez que ce mec génial qui fait super bien du judo, qui serre la main comme personne et qui signe sans trembler… n’a visiblement pas l’habitude de sourire. Pour le bien de la Russie, faites un don: envoyez tous vos vieux DVD de Bourvil et De Funès au Kremlin, vous pourriez contribuer à faire du monde un monde meilleur.

Mais revenons à Gogol. J’étais donc rassuré mais sceptique malgré tout. Comme je suis curieux et en plus un ouf, un dingue, j’ai commencé ma série de bouquins par celui-là et… ben en fait c’est vrai que c’est amusant et agréable à lire.

Bon, c’est pas du Bukowski non plus, vous allez pas vous abimer les synus en lisant Le Journal d’un fou mais ça reste un divertissement agréable et intelligent (et plutôt court en plus). Et puis ça fait toujours classe d’avoir lu un auteur russe, justement à cause des préjugés précités.

Au début, quand même, je vous avouerai que je me suis pas senti rassuré en voyant une bonne grosse description d’une rue de saint Pétersbourg. C’est du XIXème siècle quand même et au XIXème sévissait un monstre digne de la mythologie grecque qu’on nomme toujours Balzac! Moi qui suis un grand littéraire et qui adore les difficultés, je n’ai jamais pu finir un Balzac, ou plus précisément: je n’ai jamais pu aller au bout de sa première interminable description. J’ai essayé avec plusieurs de ses bouquins mais non, vraiment, toute cette somme de détails c’est très joli et ça prouve indubitablement le perfectionnisme du bonhomme mais qu’est-ce que ça peut être chiant… Mais justement Gogol en joue: les longues descriptions à la mode semblent l’emmerder autant que nous et il établit une connivence avec son lecteur pour s’en moquer.

Sinon pour le sujet, en gros on peut dire que c’est du fantastique/absurde: l’histoire d’un homme qui perd son nez, d’un tableau maléfique (inspiration du Portrait de Dorian Gray?), d’un fantôme voleur de manteaux… Du grand n’importe quoi qui se passe toujours dans les rues étranges et fantasmatiques de la capitale russe de l’époque: Saint Pétersbourg. Critique de la ville, satyre sociale en plus, tournée à la rigolade… Ben j’aime bien pour finir.

Pas un chef d’oeuvre mais j’apprécie les idées, la tonalité générale, l’ambiance… A lire sans réticences, donc.

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Ca faisait longtemps que je n’avais pas lu de Bukowski. Il faut dire qu’à haute dose, ce n’est pas très conseillé pour la santé mentale. J’étais donc enthousiaste en commençant ce roman, cette autofiction où Bukowski nous raconte sa vie qui se résume à sa consommation d’alcool, de drogues et de femmes…

Ses bouquins sont toujours jouissifs, dotés d’un humour ultra gras franchement irrésistible qui colle bien avec ma propre mentalité. Buk est unique et il a le sens de la citation comme le prouvent ces deux extraits:

« Quand je rencontre un homme qui habite un endroit soigné, je sais qu’il y a quelque chose qui cloche. Et si c’est trop soigné, c’t un pédé. »

« Les écrivains posent un problème. Si ce qu’un écrivain écrit est publié et se vend comme des petits pains, l’écrivain se dit qu’il est génial. Si ce qu’un écrivain écrit est publié et se vend moyennement, l’écrivain se dit qu’il est génial. Si ce qu’un écrivain écrit est publié et se vend très mal, l’écrivain se dit qu’il est génial. Si ce qu’un écrivain écrit n’est jamais publié et qu’il n’a pas assez d’argent pour s’éditer à compte d’auteur, alors il se dit qu’il est vraiment génial. En fait, la vérité est qu’il y a très peu de génie. »

Ce livre renferme donc de nombreux passages franchement jouissifs, drôles, décapants mais en même temps, malgré tout, je dois dire qu’au bout de 250 pages ça commençait à devenir répétitif et lourd. Au début, on a l’effet de surprise, l’enthousiasme et puis au bout d’un moment, Buk commence à vieillir, à s’épuiser. C’est étrange de se dire qu’une vie pareille finit par devenir une routine.

Le défaut majeur, d’après moi, est l’absence d’histoire. C’est totalement linéaire, un enchainement de scènes de vie. Le bouquin finit comme il a commencé.

Quant au style, c’est épuré, sans la moindre emphase, pas un mot plus haut que l’autre. Bien sûr, au début, on l’aime cet écrivain dépressif et alcoolique, mais au bout d’un moment, malgré les éclairs de génie, malgré les passages cultes qui sauvent le bouquin, on finit par se lasser.

Autre défaut: les innombrables coquilles et une traduction qui me semble douteuse, sans avoir lu l’original. Parce que « - Tu as de la merde? – Ouais, je vais en rouler un. » à mon avis, à la place de « merde » il aurait été mieux avisé de laisser « chit ». Pour les coquilles, un nombre incalculable de « l » remplacés par des « t » ou par des « ! ». Au lieu de lire « ma » ou « mon » on lit « ton » ou « ta » et ça casse complètement la lecture, on sort du bouquin; bref extrêmement désagréable!

Heureusement, j’ai appris que le Diable Vauvert allait rééditer les bouquins de Buk. Ouf! Enfin des pros amateurs du travail bien fait pour nous sauver notre poète!

Au final, Women est un livre à lire, pas un chef d’oeuvre, juste de quoi avoir le sourire pendant quelques jours, il reste nettement inférieur aux bouquins de Welsh, qui maitrise bien mieux la littérature et le sujet.

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C’est l’illustration de la couverture qui m’a séduit. Malheureusement, je n’ai pas réussi à la trouver pour vous la montrer mais on y voit un visage féminin incroyablement bien peint et mis en valeur par une chevelure et des vêtements baclés. J’ai longtemps contemplé ce détail d’un tableau de Von Stück avant de l’ouvrir. Subjugué par ce visage.

Je ne connaissais l’auteur que de nom, n’ayant jamais eu l’occasion de l’étudier au cours de mes études, je n’ai fait que le croiser lorsqu’on étudiait tel auteur du XIXème. C’est dommage mais après tout on ne peut pas étudier tout et tout le monde.

C’est dommage parce que ce livre est fascinant, comme sa nouvelle illustration. Bien sûr il souffre de certains défauts purement subjectifs parce que d’autres considéreront sans mal que ce sont des qualités. D’ailleurs c’est un défaut du siècle, ces interminables descriptions qui retardent considérablement l’arrivée de l’histoire. Ainsi, Barbey commence toujours par nous faire une description du personnage principal, de son caractère, avant de nous faire la description de sa diabolique, plus courte puis de nous raconter l’interraction entre ces deux personnes. Dans un sens, c’est bien et on ne peut qu’admirer cet art de la description, si fine, si précise mais d’un autre côté… c’est trop. Trop de détails inutiles, de digressions.

Heureusement les personnages sont intéressants, voire fascinants pour les diaboliques. Barbey sait nous les rendre si vivantes, si crédibles, si réelles qu’on croit y reconnaitre des femmes, ou des filles qu’on a connu. J’irai même jusqu’à dire qu’il nous donne envie de les voir, de les rencontrer, de les connaitre, de les aimer, de les prendre dans nos bras pour ne pas dire plus, ces femmes. Et ces descriptions qui m’ont aidé à dormir n’y sont probablement pas étrangères, soyons honnêtes. Peut-être n’était-ce que de la frustration de pénétrer plus en avant ces personnages (oui, oui, il y a un sous-entendu salace) et leur histoire, de l’impatience bien naturelle face à un type qui nous vante le plat qu’il nous a concocté en nous donnant l’origine exacte de chaque ingrédient et l’alchimie qu’ils opèrent entre eux.

Alors je lui pardonne et ne saurai que trop vous conseiller cet admirable livre qui mériterait d’être plus souvent étudié au lycée et à la fac.

La seule nouvelle (oui, j’ai oublié de préciser qu’ils s’agissait de nouvelles) qui m’a un peu déçu est celle sur Don Juan qui tient plus de la farce, de la bonne blague que les autres. En revanche, la première, Le Rideau cramoisi, et la dernière, La Vengeance d’une femme, sont absolument magistrales.

A lire impérativement avant de mourir, donc.

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Encore un que je voulais me faire depuis bien longtemps: le divin marquis… Je ne le connaissais que de réputation, comme tout le monde et je m’attendais donc à un festival de fesses et de perversités sans nom… Hé ben que dalle!!!!

Le livre est court, très court. Et sur l’ensemble du livre il y a en tout et pour tout une et une seule relation sessouelle que je vais de ce pas vous recopier. Oui je suis un fou, je suis un dingue, j’ai pas peur de me faire censurer, virer de bloguez.com et trainer devant les tribunaux pour avoir mis des horreurs devant les yeux de chtis enfants! Attention, vous êtes prêts? « Tout précipite alors les perfides projets d’Oxtiern… il saisit cette malheureuse, et, sans effroi pour l’état où elle est, il ose consommer son crime, il ose faire servir à l’excès de sa rage la respectable créature que l’abandon du ciel soumet injustement au plus affreux délire. Ernestine est déshonorée sans avoir recouvré ses sens; » Voilà, je l’ai fait! Oui je sais, c’est abominable et je vais sans doute, comme le Marquis himself, me retrouver en prison pour ce geste totalement immoral, mais j’assume!

Blague à part, le petit pervers que je suis est déçu, déçu, déçu… Moi qui pensais trouver mon maître… ben j’ai pas encore choisi le bon bouquin!!!!!!! Faudrait pas que ça devienne une habitude non plus.

Sinon que dire de ce livre? C’est un mélange entre Manon Lescaut de l’Abbé Prévost et Les Egarements du coeur et de l’esprit de Crébillon, en plus court et en moins bien. Moins bien parce qu’il n’a pas la finesse de Crébillon, parce qu’il nous livre, finalement, une fable facile, manichéenne, avec des méchants très méchants, des gentils très gentils et avec une fin mitigée. Le style est bon, c’est du beau français de l’époque (XVIIIème) avec de belles tournures qui peuvent donner le vertige mais rien de renversant, de révolutionnaire, de profond.

Un livre à lire par pure curiosité et en sachant qu’on n’y trouvera pas ce qui a fait la célébrité de Sade.

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Illustration trouvée sur le site www.decitre.fr

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J’étais intrigué depuis quelques temps par cette écrivain, Lolita Pill. J’en entendais du bien, du mal mais visiblement elle ne laisse pas indifférente. Alors évidemment j’ai voulu m’en faire ma propre idée.

Ce n’est pas un grand roman. Déjà il est court, comme bouquin. Ca peut se lire d’une traite, en une après-midi. Je me suis habitué au genre sexe, drogue et rock’n roll, là c’est sexe, drogue et dance. C’est un peu un mélange d’American Psycho de Bret Easton Ellis, de Nouvelles sous Extasy de Beigbedder et de je ne sais trop quoi. Le but exprimé est de taper sur la bourgeoisie française, comme pour Ellis avec ses bourgeois américains et… de nous démontrer que l’argent ne fait vraiment pas le bonheur. Bon la morale tape pas bien haut comme pour Ellis mais bon c’est du divertissement, hein? Faut pas trop en demander non plus.

Est-ce que ça divertit bien, alors? Je dirais oui mais sans plus. Nettement moins jouissif que Welsh ou même que Betty Monde de Coralie Trinh Thi, le style reste simple façon Beigbedder avec moins de talent pour les phrases choc.

Je ne peux pas m’empêcher de penser que ce bouquin n’était pas pour moi. Ca s’adresse plutôt aux jeunes filles un peu rebelles sur les bords. Pour moi, ce ne sera rien de plus qu’une curiosité que le temps effacera irrémédiablement, comme la puberté.

Parce que bon l’histoire c’est celle d’une jeune fille à peine majeure qui s’amuse avec les mecs et ses prétendues amies. On y parle beaucoup de shopping, énormément de boites, beaucoup de sexe, absolument que d’amour. C’est un reflet intéressant, donc, pour les jeunes filles qui s’y retrouveront sans aucun doute même si elles n’ont pas une thune (suffit de barrer toutes les marques dans le bouquin ou de les remplacer par AUCHAN, CARREFOUR, LECLERC ou H&M) et qui pourront ainsi soit se conforter dans leur connerie passagère de croire que le monde c’est trop de la merde, soit passer à autre chose en faisant une bonne remise en question. Que du positif quoi…

Néanmoins, je ne peux nier un certain talent de la part de miss Pille. Certains passages sont très bons et m’ont même fait penser à Trainspotting (c’est dire…). Là où je coince un peu c’est dans la démarche que je sens malgré tout un tant soit peu mercantile. Parce que franchement il est orienté pil(l)e poil vers le public qui achète des bouquins: les femmes, déjà, 80% du marché, les jeunes ensuite, l’avenir donc… M’enfin il en faut pour tout le monde et si ce bouquin peut être une passerelle vers autre chose alors je signe.

Et puis il n’y a pas de sot métier et faut bien gagner sa vie, hein?

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Fade. Déçu. Ces deux mots résument mon sentiment après la lecture de Vallauris Plage. J’étais curieux de découvrir Nicolas Rey depuis un moment, ce jeune homme très blanc à la coiffure inspirée par Star Trek qu’on voyait souvent non seulement dans des émissions littéraires mais aussi culturelles, émissions dans lesquelles il ramenait sa fraise sur de nombreux sujets. Je sais que cet auteur a fait partie de l’écurie du Diable Vauvert, qui ne m’a jusqu’alors jamais déçu.

J’avais 45€ de chèques « Lire » à dépenser. J’ai chopé la première FNAC qui trainait dans mon coin et j’ai commencé à l’écumer. J’avais la tête dans le cul alors je ne savais franchement pas quoi prendre. J’hésite sur le bouquin de Hugh Laurie, le fameux Docteur House, je le tourne et le retourne dans tous les sens. C’est un polar, rien à voir avec le Docteur House et pourtant partout on ne parle que de cette série et finalement très peu du bouquin. C’est pour cette raison que je l’ai reposé. Je ne lis pas un bouquin parce qu’il a été écrit par le Docteur House. Je lis un bouquin parce que le titre, l’histoire, l’auteur me plaisent ou m’intriguent. Là ça a failli être le cas mais les experts marketing ont raté le coche sur ce coup-là.

Après une bonne heure à respirer la bonne odeur de bouquins pas encore ouverts, tout vierges, mes sens commencent à se réveiller. J’embarque un Léonard, puis un Saint Seiya Lost Canvas. C’est un début un peu faible, je tape dans le classique mais ça m’aide à dormir ces conneries. Et puis je zappe vers plus intense, je cherche… L’homme qui rit, de Victor Hugo? Non. Balzac? Non je vais pas encore réussir à en lire plus de 30 pages. Tiens Les Diaboliques de Barbey D’aurevilly… Allez, j’embarque. Ernestine, de Sade… Je suis curieux de lire ça, j’embarque. Hell de Lolita Pill, ça m’intrigue, j’embarque. Et donc pour finir: Vallauris Plage de Nicolas Rey. J’avais pas trop le choix, c’est le seul bouquin de cet auteur que j’ai trouvé.

Une fois mon manga et ma bande dessinée lues, j’étais chaud pour entamer. J’hésite un peu… et j’opte pour ce bouquin.

Au début, je me suis franchement emmerdé. Je me consolais en me disant « Bon c’est que le début, à un moment, ça va démarrer. » D’emblée, on sait qu’il va y avoir un meurtre. Bien. On se retrouve avec un personnage principal qui nous raconte son improbable histoire et… on s’en tape. Il n’est pas attachant ce personnage et son histoire de passion folle pour une jeune femme fatale… Bof bof bof.

Heureusement qu’à la moitié du livre le personnage rencontre le major, une espèce de vieux pervers à moitié grabatère (si, si: ça existe « à moitié grabatère », dans mon cerveau au moins, c’est dire!) et totalement barge. Ca met un peu d’humour dans un récit radicalement fade où le personnage nous raconte qu’il a atrocement mal aux gencives.

Globalement, sur ce bouquin assez court, il y a 4 passages qui m’ont fait sourire. On ne peut pas dire que ce soit mal écrit mais on peut dire que Nicolas Rey n’était pas inspiré sur ce coup-là et qu’il aurait peut-être du s’abstenir de l’écrire ce bouquin qui me fera hésiter la prochaine fois que je serai dans une FNAC face à un autre de ses chefs d’oeuvres.

L’histoire et les personnages m’ont fait penser à du Amélie Nothomb, mais sans le style. C’est bien dommage parce que c’est tout de même son principal attrait à Amélie.

Donc un bouquin ni bon ni mauvais dont je me dépêche de faire la critique parce que dans une quinzaine de jours j’aurai oublié l’avoir lu…

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Passé 25 ans, le cerveau tend à se ramollir. C’est sans doute pour ça qu’il m’a fallu autant de temps pour percuter sur le jeu de mot. Betty Monde = bête immonde… Une évidence tellement évidente à l’Antéchrist que j’ai rien capté. Enfin l’honneur est sauf, je m’en suis rendu compte tout seul comme un grand.
J’étais tout de même curieux de le lire ce bouquin édité par le Diable Vauvert (qui d’autre?) et écrit par une ancienne actrice porno. Quand on ne connait quelqu’un qu’à travers une petite lucarne, déjà, ça limite la possibilité de jugement, mais quand en plus on ne la connait qu’à travers des films cochons (et j’en ai vu une bonne partie…), on ne peut pas plus limité je crois. Alors comme ça, ça peut aussi être cérébral une actrice porno? Hé bien oui, ça peut et d’ailleurs la pornographie en elle-même est un acte purement cérébral, une rébellion contre l’ordre établi, une invitation à remettre en question son existence, sa morale, ses principes, la société… Ultime résurgence du paganisme qu’ont écrasé nos cathédrales, sans les détruire, Aphrodite, la Grèce, Rome… Une époque où on vivait encore en harmonie avec la nature…

Et Betty Monde, c’est tout ça! Au premier abord, on pourrait le considérer comme un bouquin d’adolescente en pleine puberté, révoltée contre ses parents et surexcité par tout ce qui ressemble de près ou de loin à une bite, mais comme les films pornos, il faut voir plus loin et Coralie nous y invite par la parabole, démontant à longueur de pages l’absurdité judéo-chrétienne qui n’est finalement rien de plus qu’une perversion des polythéismes originels.
J’aurais adoré lire ce bouquin à 16 ans. Je suis sûr qu’en plus de m’exciter comme une puce il aurait fait de moi un ado meilleur. Il aurait fait pencher ma

Guerre sainte d’un autre côté (pour comprendre il faudra lire mes prochains bouquins).
Le problème de ce livre est qu’il est à l’image de son héroïne: sans un minimum de culture, de connaissances et d’ouverture d’esprit, on passe totalement à côté. C’est comme pour le jeu de mot: tellement énorme qu’on ne le voit pas. Si on le prend au premier degré, c’est un médiocre livre de rebelle de la life, l’histoire d’une ado déjantée et obsédée du cul qui n’arrive pas à mûrir et à s’adapter au monde. On pourra être charmé par les provocations répétées, les innombrables scènes de cul, le côté « sexe, drogue et rock n’roll », on pourra lui trouver autant d’intérêt qu’un film de cul ou un album de rap mais on passera totalement à côté de la substantifique moelle, de toutes les références, de tous les jeux de mots, de tout le second voire troisième degré. On ne percutera même pas que Gabriel est un ange…

Néanmoins, Betty Monde n’est pas non plus parfaite. Même si Coralie a, comme moi, décidé que La Fontaine avait raison mais qu’aujourd’hui il faut remplacer les animaux par du sexe et de la violence pour être écouté, il n’empêche que ce livre manque un peu d’ampleur à mon goût. La fin est brutale et un peu décevante, avec en plus un « cocktail Molotov ex machina » qui me dérange un tout petit peu. J’aurais aimé connaitre la suite. J’aurais aimé un peu plus de profondeur dans les réflexions, un shouïa plus de développement quoi. Il y a des bouquins comme

American Psycho qui devraient s’arrêter beaucoup plus tôt et d’autres qui devraient durer un peu plus longtemps.
Au niveau du style c’est djeune, frais, rythmé (avec quelques fautes qui ont échappé à la fois au Diable et à la diablesse) mais peut-être un peu trop « contemporain ». Aujourd’hui Tekken on connait, mais dans 50 ans? Betty Monde risque de se cantonner à une génération pour ensuite disparaitre dans l’oubli et c’est à mon goût dommage.

Pour résumer il s’agit d’un premier bouquin encourageant qui promet, avec un peu de recul, de bons conseils et beaucoup de travail, un avenir littéraire intéressant. A l’occasion, je lirai peut-être La Voie Humide, son deuxième bouquin, afin de confirmer ou d’infirmer mon point de vue.

Dans le même genre, si vous avez aimé

Les Bonbons chinois de Mian Mian, vous adorerez Betty Monde!

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