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Introduction inutile :

Non mais franchement c’est trop facile. A quoi ça sert de tirer sur les ambulances comme ça ? C’est devenu une rengaine depuis quelques années et ça suffit maintenant… Je refuse de relier ce livre à notre ministre de l’écologie et de l’hypocrisie nationale. C’est vrai quoi, il faut le laisser cuver tranquillement. Je sais que ça fait des mois que ça dure, qu’on n’entend plus parler de lui alors qu’on est en plein sommet de Copenhague, que nos dirigeants de partout dans le monde se sont réunis pour réfléchir ensemble à comment qu’on peut faire pour truquer habilement les chiffres et faire croire au monde qu’ils en ont quelque chose à carrer de l’écologie. Et c’est compliqué franchement comme boulot avec tous ces couillons qui s’amusent en permanence à tout décrypter et à casser leurs immenses efforts de com. Finalement c’est plutôt bien pour lui qu’on ne le voit pas trop notre Jean-Louis national. Il est partiellement épargné et il pourra toujours dire qu’il n’a pas participé à ça…

Alors non, n’insistez pas, je n’ironiserai pas sur le sujet. Ce livre ne parle pas de lui malgré les apparences, malgré ce titre ouvertement provocateur. J’entends certains d’entre vous chuchoter que c’est bien dommage, que ça ferait un excellent titre pour une satire sur le personnage, que ça colle vachement bien… et je dois dire que c’est pas faux.

Mais il faudrait déjà le prouver qu’il a un problème avec l’alcool ce malheureux ! On entend nos chers comiques nous arroser régulièrement sur le sujet, mais c’est de la mauvaise foi, c’est parce qu’ils ne trouvent rien d’autre à dire sur lui et puis ça ne veut pas dire qu’il en ait un, lui, de mauvais foie. Qu’a-t-on comme preuve ? Quelques images ? Quelques vidéos ? Quelques répliques ? Sa tête ? Non, non, non, pas le physique s’il vous plait, hein ? C’est honteux !

Bon, d’un autre côté, il n’avait qu’à pas devenir ministre. Il l’a un peu cherché faut reconnaitre. C’est vrai que quand on se retrouve avec un président qui ne rechigne pas à l’insulte et au pugilat, un président qui passe son temps à nous dire avec ses mots à lui qu’il nous emm**** profondément, c’est une invitation à y aller franchement de notre côté. De toute façon, comme disait le grand Coluche :

«Je ferais admirablement remarquer aux hommes politiques qui me prennent pour un rigolo que ce n’est pas moi qui ai commencé.»

Tout ça pour introduire ma critique de L’Epopée du buveur d’eau, de John Irving… Vous vous rendez compte un peu ? Les critiques, c’est pire que les femmes : pour les introduire, il faut vraiment ramer ! Enfin, comme on dit par chez moi : un lecteur qui lit est un lecteur à moitié dans ton lit. J’espère quand même que vous serez pas trop nombreux à vous marrer parce que j’ai pas énormément de place dans mon lit…

L’histoire (honteusement volée sur Amazon):

Fred  » Bogus  » Trumper, fumiste farfelu, a un problème : son canal urinaire est trop étroit. Pour cesser de souffrir pendant l’amour, un seul remède : boire des litres d’eau. Sa femme veut le plaquer, sa maîtresse souhaite un bébé, et, surtout, le réalisateur d’un documentaire sur l’échec tient absolument à s’inspirer de sa vie… Vaille que vaille, Bogus s’obstine à croire qu’il pourrait bien, un jour, réussir quelque chose.

Les points positifs :

-        Des passages extrêmement drôles.

Le premier chapitre est simplement énorme. C’est l’un des meilleurs premiers chapitres que j’ai jamais lu. Et ce n’est pas le seul dans ce cas.

-        Un style plutôt agréable.

Irving, que j’ai découvert à travers ce livre, est visiblement un bon écrivain et le traducteur a correctement fait son boulot qui n’a pourtant pas dû être fort simple à cause des nombreux jeux de mots présents dans le livre.

Les points négatifs :

-        Un livre irrégulier.

Malheureusement, tout n’est pas toujours drôle et il y a aussi pas mal de passages assez chiants.

-        L’enchainement des chapitres est perturbant.

L’ensemble de l’œuvre est une succession de flashbacks et d’ellipses. Résultat : on se promène dans le passé et le présent du personnage et il faut un certain temps pour s’y retrouver, bien identifier les personnages, où on est, quand on est etc etc Cela n’est pas très agréable.

-        L’histoire.

Pas franchement intéressante, pas du tout de suspense… J’ai lu ça avec patience quand il n’y avait rien de drôle et jouissance quand c’était amusant. Bref, je me foutais de l’histoire générale pour ne vraiment m’intéresser qu’aux passages amusants.

Conclusion :

Pas vraiment un chef d’œuvre, quelques défauts emmerdants mais je considère Irving comme un Bukowski avec moins de fulgurances, en plus soft et en plus sobre (comme son titre l’indique). Il ne fait pas du tout dans le trash, n’est pas du tout engagé ou enragé, c’est juste un rigolo non dénué d’un talent certain qui mérite qu’on s’y intéresse. Avec un peu plus de rigueur, de perfectionnisme et de profondeur, je le pense capable de faire un excellent bouquin, mais j’ignore s’il y est parvenu (et même s’il a essayé…).

Toujours est-il que je ne regrette pas ma lecture, que j’ai passé de bons moments et que je suis tout prêt à lui donner une autre chance à l’avenir (et il parait que comme critique, je suis d’une grande sévérité…).

Digression scandaleuse :

En parlant de buveur d’eau, ben c’est toujours la saint Hermès et malgré toute l’aversion que je peux avoir pour ces fêtes, j’ai passé une très bonne journée hier. J’ai même (re)goûté du foie gras et du Porto en même temps, grand moment ! Pour le Porto, on va oublier ça très vite parce que je tiens quand même à garder mon doux visage juvénile et que cette cochonnerie, au moment où le liquide a atteint ma petite glotte fragile, m’a transformé provisoirement en Nicolas Sarkozy, avec les rides partout sur le visage et les tics. Tout pareil. Si j’avais comme ambition de devenir maître du monde, de me taper des vieux mannequins vaguement de gauche et de devenir l’un des types les plus élégants du monde, ça pourrait le faire, mais non, moi c’est le bonheur que je veux. Il n’y aura pas de docteur Anciel et de mister Sarkozy donc. Pour le foie gras, c’est pas dans ma culture de toute façon. Le jour où les chtis feront des américains foie gras sauce picalilie (merde comment que ça s’écrit ce truc ?), je reverrai peut-être ma position mais en attendant mon manque de foi me l’interdit une fois de plus (vous avez bien retenu la leçon de français ?). De toute façon, je persiste à dire que ça vaut pas un bon pâté bien de chez nous.

Hé ben voilà, je voulais rajouter une petite note de bonne humeur et je me retrouve encore à chier sur Noël. Je ne suis décidément qu’un chien…

Horreur trouvée sur http://www.humour.com

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Trouvée sur le site http://www.ac-reims.fr

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J’avais lu La Perle, quand j’étais gamin et j’en ai gardé un très bon souvenir. J’ai vu il y a quelques temps l’adaptation cinématographique avec John Malkovitch et Gary Sinise, et j’avais adoré. C’était simple, sobre, efficace.

Je pourrais me contenter de dire que c’est clairement l’un des meilleurs livres que j’aie lu mais ce ne serait pas lui faire honneur. Pour moi, c’est un livre magique, accessible à tout un chacun et en même temps d’une profondeur extraordinaire. C’est un livre qui a su traumatiser tout notre univers culturel.

En finalement très peu de mots, Steinbeck a su rendre ses personnages plus humains encore que nous-même. Son histoire coule de source, elle est parfaite et quand on la termine, tout nous revient en tête, tous les détails annonciateurs. Ca devait se terminer comme ça, ça ne pouvait pas se terminer autrement et pourtant on passe sa lecture à espérer, avec les personnages, qu’on trouvera une autre fin.

Parce que c’est finalement notre propre histoire qu’il nous raconte, une histoire d’hommes qui avancent, qui rêvent, qui angoissent, qui se battent. C’est une histoire d’amitié. Aucun cliché, pas de fioritures, pas de manichéisme, pas de méchants, pas de gentils, juste des hommes. J’en ai des frissons en écrivant cette critique et ça doit bien être la première fois que ça m’arrive.

Les personnages sont des paysans aux manières rudes, au langage vulgaire et il en ressort une beauté exceptionnelle. On sort de là partagé entre la tristesse, un certain désespoir et la contemplation. La fin est brutale et Steinbeck a la bonté de nous laisser imaginer une éventuelle suite, heureuse ou misérable; mais la logique du roman tend plutôt vers une suite misérable.

Ce qui est également remarquable c’est que certains personnages flirtent avec la grandeur, la noblesse… Ils ont l’occasion de se sortir de leur condition, de devenir de surhumains Sisyphe poussant leur pierre (ou traînant leur boulet) sans trop broncher. Mais non. On ne le ferait pas à leur place et ils ne le font pas non plus.

Le duo entre les deux personnages de Lennie, le colosse attardé, et George, le petit nerveux, est devenu un classique voire un cliché. Dans Lucky Luke on trouve Joe et Averell très largement inspirés par ces personnages par exemple. Sans le savoir, on rencontre de nombreux avatars de ce chef-d’oeuvre un peu partout, des reprises, des hommages, des parodies, des adaptations mais jamais rien n’égale la force de ce livre.

D’après moi, on ne doit pas mourir avant de l’avoir lu, ne serait-ce qu’une fois.

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Couverture trouvée sur le site www.decitre.fr

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Pour l’ancien étudiant en lettres modernes que je suis, Ulysse est une légende, un terrible monstre. Mes anciens profs ne pouvaient que reconnaître son génie mais… c’est également le livre le plus difficile à lire qu’ils connaissent.

Mon orgueil m’a donc poussé à l’acheter et à en commencer la lecture, et mon humilité et ma fainéantise m’ont poussé à en arrêter la lecture, entre autres raisons que je vais détailler.

Ce livre me fait penser à un solo de guitare. C’est difficile à faire, il faut être vraiment bon pour en réussir un et plus c’est long plus c’est compliqué. Seulement un solo de guitare qui dure plusieurs heures, ça n’a pas grand intérêt. Je ne peux donc que reconnaître une maîtrise quasi parfaite du langage et des techniques littéraires à James Joyce, c’est évident. Ce n’est pas pour rien qu’on le cite régulièrement comme exemple dans les bouquins ou les cours de stylistique, mais c’est le seul intérêt qu’on puisse y trouver.

Parce qu’il n’y a pas vraiment d’histoire. L’histoire, c’est celle d’Ulysse, le héros grec, mais codée façon Canal +. Pour la retrouver, il faut déjà la connaître sur le bout des doigts mais il faut aussi et surtout se triturer le cerveau en permanence. Tout n’est que métaphores, décalages… L’histoire se passe en Irlande et on est plongé dans le quotidien de personnages étranges, illustrés par force monologues intérieurs alambiqués. Bref un bordel savamment ordonné accessible uniquement aux passionnés masochistes et ultra cultivés, dont je ne fais pas partie.

Non, j’adore la mythologie et Odysseus, ça me fascine, ça me passionne (Ulysse est d’ailleurs l’un des personnages importants de mon roman) mais là pas d’accord. C’est juste de la branlette d’intellectuel élitiste. Encore s’il n’y avait eu que trois cent, quatre cent pages, à la rigueur mais deux tomes de cinq cent pages chaque, c’est juste une perte de temps.

Il y a des livres bâclés qui prennent (souvent à raison: ce sont généralement des best sellers) les lecteurs pour des cons, et d’autres inaccessibles qui peuvent écoeurer de la littérature et qui donnent l’impression aux lecteurs qu’ils sont quand même sacrément cons.

Je dis qu’il faut de tout pour tout le monde mais j’aime bien l’entre-deux. C’est pour ça que je me suis choisi Marc Anciel comme pseudonyme: je veux établir des ponts entre les univers, les catégories sociales, rapprocher les gens de la culture et de l’élite.

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J’avais déjà lu La Condition humaine et La Voie royale. J’aime bien Malraux mais je ne sais pas très bien pourquoi. Peut-être simplement parce qu’il s’agit d’un bon écrivain et qu’il ne faut pas chercher plus loin.

J’ai acheté L’Espoir également parce que ça parle de la guerre d’Espagne et que j’avais envie d’en savoir plus. L’éducation nationale n’en parle pas de cette guerre, étrangement. On nous dit juste qu’elle a existé, que Franco était un affreux méchant, même pas qu’il était fasciste et c’est tout. On nous parle des Etats-Unis, de la Russie, de L’allemagne mais de l’Espagne pratiquement pas. C’est ptête parce que notre rôle là-dedans à nous français n’est pas particulièrement reluisant puisqu’on a laissé Franco massacrer communistes, anarchistes, socialistes et républicains divers sans lever le petit doigt, pour ne pas effaroucher Hitler et Mussolini. Moralement et humainement c’était moche, et stratégiquement c’était d’une connerie pas possible: on connait les conséquences au moins!

Malraux nous raconte donc avec force détails cette guerre fratricide, ce sordide bordel qui a permis de tester les tanks et avions italiens et allemands. Il nous le raconte du côté des gentils, ce que je trouve dommage. Il aurait été intéressant de voir également ce conflit de l’autre côté du canon parce que du coup même s’il ne sombre pas complètement dans le manichéisme, il s’en rapproche tout de même un peu trop à mon goût.

Autre défaut également présent dans La Condition humaine: c’est dur dur de comprendre. C’est à la fois un défaut et une qualité parce que ça force un peu à se renseigner, à chercher sur Internet ce que c’est qu’un Alcazar, le C.N.T et autres petites choses qui vont de soi pour notre ancien ministre de la culture mais pas forcément pour moi. Idem pour les dialogues où il faut s’accrocher. C’est tantôt profond et très intellectuel, tantôt de l’insulte de bas étage mais la plupart du temps très difficilement compréhensible, un peu comme si les personnages se parlaient à eux-même. Pour bien faire, il aurait fallu une encyclopédie et des cartes de l’Espagne à l’époque. Mais peut-on vraiment reprocher à Malraux d’étaler sa culture sans prendre ses lecteurs pour des cons? Moi je dis non: c’est ma faute à moi, j’aurais du arrêter l’école plus tôt!

Et puis de toute façon c’est la guerre et le bordel, on ne sait plus qui est méchant et qui est gentil et il y a adéquation entre le livre et ce qu’il décrit. Dans le fond, le lecteur se retrouve plongé dans un conflit sanguinaire où personne ne comprend plus rien à rien en se raccrochant à la seule chose qui reste: l’espoir!

Le style de Malraux est agréable, les combats et bombardements bien retranscrits donc malgré tout cela reste un excellent livre, agréable à lire et permettant de se cultiver. Que demande le peuple?

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Je me suis rarement autant fait chier en lisant un bouquin… J’en ai lu pourtant des bouquins et des biens chiants par moments. Je suis plutôt bon public et quand il s’agit d’un classique je pense me montrer un minimum indulgent mais là… Non, vraiment je ne vois rien pour le sauver.

Qu’est-ce qui le rend donc aussi chiant ? Déjà, je n’appelle pas ça un roman. Il n’y a pas vraiment d’histoire, il ne se passe pratiquement rien (là je suis indulgent), c’est juste bien écrit et encore c’est parce que ça vient du XIXème siècle que je dis ça ! A Rebours, c’est juste une longue série de critiques, d’analyses, de recensions à propos de littérature, de peinture, de parfum, de gastronomie etc etc Bref c’est la même chose que ce blog, en plus court (encore heureux) et sans le moindre humour (j’y reviendrai à l’humour !). Différence primordiale : mon blog est contemporain et parle de sujets contemporains compréhensibles de tous (aujourd’hui mais probablement plus dans un siècle), Huysmans parle de sujet du XIXème siècle, pas forcément connus ou intéressants pour nous. Qu’il parle de Redon, de Zola, de Baudelaire, là ça va, on connait. C’est pas franchement intéressant mais on connait. Mais l’essentiel est constitué de sujets que je ne connais pas (malgré une certaine culture) et/ou dont je me fous pas mal.

Quant à l’humour… Le personnage principal est dépressif et s’emmerde à mourir. Il faut reconnaitre au moins ce talent à Huysmans : il sait communiquer aux lecteurs les émotions de ses personnages. Franchement il faut être à moitié dingue pour choisir un sujet pareil, non ? Inintéressant et déprimant. Une interminable crise existentielle… Ca peut être intéressant, remarque : Le Voyage au bout de la nuit, La Nausée toussa toussa c’est aussi de la crise existentielle, mais en moins chiant, en moins pédant, en plus intéressant.

En même temps j’aurais du me méfier. Un livre qui contient plus d’explications de texte que de texte alors que c’est une édition «normale» (pas une édition pour étudiants en lettres modernes quoi), y a anguille sous roche. Si dès le départ et à l’arrivée Huysmans a ainsi besoin d’aussi longues plaidoiries pour défendre son bouquin, c’est pas très normal. Ca veut dire au minimum que le texte ne se justifie pas par lui-même et que la pilule risque d’avoir du mal à passer. Cela dit, les plaidoiries en question sont plus intéressantes et moins chiantes à lire qu’A Rebours. Le lecteur averti peut aisément se contenter de lire les préfaces et notices et de laisser tomber le texte même, qui n’est finalement qu’un vilain noyau dans un fruit relativement mangeable. D’habitude c’est plutôt l’inverse mais il faut bien chambouler les habitudes.

Que dire de l’histoire, alors ? Hé bien c’est celle de Des Esseintes qui décide de s’établir à la campagne par mépris pour Paris et les gens, avec ses œuvres d’art, ses bouquins et ses domestiques. A force de solitude et d’ennui, il devient très vite dépressif et doit donc se contraindre à retourner à Paris et à réviser sa position concernant le catholicisme. Désolé de vous la raconter intégralement du début à la fin et en n’omettant pratiquement aucun détail, mais bon c’est pas l’histoire qui est importante, hein ? Ce qui est important c’est de passer à autre chose et d’oublier ce livre très vite !

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Je neeeeeeeeeee suis qu’un fouuuuuuuuuuuuuu, un fouuuuuuuuuuuu d’aaaaaaaaaaaamouuuuuuuuuuuuuur… Voilà la chanson que j’ai dans la tête depuis que j’ai commencé ce bouquin. Et pas la version originale, hein? la version Johnny/Lara Fabian. C’est dire si je suis content d’en finir!

Blague à part, j’appréhendais franchement la littérature russe. Jusque-là, je n’avais lu que La Mouette, de Tchékhov. C’est une excellente pièce de théâtre naturaliste, La Mouette, hein? « Si un jour tu as besoin de mon coeur, viens et prends-le ». J’adore. Mais il m’a fallu un sacré moment pour m’y retrouver dans les personnages, et donc pour l’apprécier. Parce qu’ils n’ont pas des noms comme nous les russes. Y a une logique que je n’ai jamais comprise. Non seulement ils ont des noms difficilement prononçables quand on est habitué à des Jean Dupont mais en plus ils ont l’air d’en avoir plein, des noms, avec des diminutifs qui ne ressemblent pas à des diminutifs… Bref, il faut une initiation aux noms russes pour pouvoir suivre. Et comme je n’en ai jamais eu, j’avais peur.

Néanmoins, l’auteur, que je ne connaissais que de nom et de réputation, s’appelle Nicolas Gogol. Donc, déjà, ça va. Je ne risque pas trop de me taper la honte en le disant ou en l’écrivant. En plus, j’ai trouvé ce bouquin lors d’une brocante (bon plan les brocantes pour faire le plein de bouquins pour po cher) et le vendeur m’avait rassuré en me disant que ce n’était pas du bon gros russe bien lourd mais au contraire un livre plutôt humoristique et… drôle. Les russes peuvent écrire des livres humoristiques et être drôles???? Moi je pensais que l’humour russe se limitait à ça:

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=gncW1zqMFgs[/youtube]

Vous remarquerez que ce mec génial qui fait super bien du judo, qui serre la main comme personne et qui signe sans trembler… n’a visiblement pas l’habitude de sourire. Pour le bien de la Russie, faites un don: envoyez tous vos vieux DVD de Bourvil et De Funès au Kremlin, vous pourriez contribuer à faire du monde un monde meilleur.

Mais revenons à Gogol. J’étais donc rassuré mais sceptique malgré tout. Comme je suis curieux et en plus un ouf, un dingue, j’ai commencé ma série de bouquins par celui-là et… ben en fait c’est vrai que c’est amusant et agréable à lire.

Bon, c’est pas du Bukowski non plus, vous allez pas vous abimer les synus en lisant Le Journal d’un fou mais ça reste un divertissement agréable et intelligent (et plutôt court en plus). Et puis ça fait toujours classe d’avoir lu un auteur russe, justement à cause des préjugés précités.

Au début, quand même, je vous avouerai que je me suis pas senti rassuré en voyant une bonne grosse description d’une rue de saint Pétersbourg. C’est du XIXème siècle quand même et au XIXème sévissait un monstre digne de la mythologie grecque qu’on nomme toujours Balzac! Moi qui suis un grand littéraire et qui adore les difficultés, je n’ai jamais pu finir un Balzac, ou plus précisément: je n’ai jamais pu aller au bout de sa première interminable description. J’ai essayé avec plusieurs de ses bouquins mais non, vraiment, toute cette somme de détails c’est très joli et ça prouve indubitablement le perfectionnisme du bonhomme mais qu’est-ce que ça peut être chiant… Mais justement Gogol en joue: les longues descriptions à la mode semblent l’emmerder autant que nous et il établit une connivence avec son lecteur pour s’en moquer.

Sinon pour le sujet, en gros on peut dire que c’est du fantastique/absurde: l’histoire d’un homme qui perd son nez, d’un tableau maléfique (inspiration du Portrait de Dorian Gray?), d’un fantôme voleur de manteaux… Du grand n’importe quoi qui se passe toujours dans les rues étranges et fantasmatiques de la capitale russe de l’époque: Saint Pétersbourg. Critique de la ville, satyre sociale en plus, tournée à la rigolade… Ben j’aime bien pour finir.

Pas un chef d’oeuvre mais j’apprécie les idées, la tonalité générale, l’ambiance… A lire sans réticences, donc.

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Ca faisait longtemps que je n’avais pas lu de Bukowski. Il faut dire qu’à haute dose, ce n’est pas très conseillé pour la santé mentale. J’étais donc enthousiaste en commençant ce roman, cette autofiction où Bukowski nous raconte sa vie qui se résume à sa consommation d’alcool, de drogues et de femmes…

Ses bouquins sont toujours jouissifs, dotés d’un humour ultra gras franchement irrésistible qui colle bien avec ma propre mentalité. Buk est unique et il a le sens de la citation comme le prouvent ces deux extraits:

« Quand je rencontre un homme qui habite un endroit soigné, je sais qu’il y a quelque chose qui cloche. Et si c’est trop soigné, c’t un pédé. »

« Les écrivains posent un problème. Si ce qu’un écrivain écrit est publié et se vend comme des petits pains, l’écrivain se dit qu’il est génial. Si ce qu’un écrivain écrit est publié et se vend moyennement, l’écrivain se dit qu’il est génial. Si ce qu’un écrivain écrit est publié et se vend très mal, l’écrivain se dit qu’il est génial. Si ce qu’un écrivain écrit n’est jamais publié et qu’il n’a pas assez d’argent pour s’éditer à compte d’auteur, alors il se dit qu’il est vraiment génial. En fait, la vérité est qu’il y a très peu de génie. »

Ce livre renferme donc de nombreux passages franchement jouissifs, drôles, décapants mais en même temps, malgré tout, je dois dire qu’au bout de 250 pages ça commençait à devenir répétitif et lourd. Au début, on a l’effet de surprise, l’enthousiasme et puis au bout d’un moment, Buk commence à vieillir, à s’épuiser. C’est étrange de se dire qu’une vie pareille finit par devenir une routine.

Le défaut majeur, d’après moi, est l’absence d’histoire. C’est totalement linéaire, un enchainement de scènes de vie. Le bouquin finit comme il a commencé.

Quant au style, c’est épuré, sans la moindre emphase, pas un mot plus haut que l’autre. Bien sûr, au début, on l’aime cet écrivain dépressif et alcoolique, mais au bout d’un moment, malgré les éclairs de génie, malgré les passages cultes qui sauvent le bouquin, on finit par se lasser.

Autre défaut: les innombrables coquilles et une traduction qui me semble douteuse, sans avoir lu l’original. Parce que « - Tu as de la merde? – Ouais, je vais en rouler un. » à mon avis, à la place de « merde » il aurait été mieux avisé de laisser « chit ». Pour les coquilles, un nombre incalculable de « l » remplacés par des « t » ou par des « ! ». Au lieu de lire « ma » ou « mon » on lit « ton » ou « ta » et ça casse complètement la lecture, on sort du bouquin; bref extrêmement désagréable!

Heureusement, j’ai appris que le Diable Vauvert allait rééditer les bouquins de Buk. Ouf! Enfin des pros amateurs du travail bien fait pour nous sauver notre poète!

Au final, Women est un livre à lire, pas un chef d’oeuvre, juste de quoi avoir le sourire pendant quelques jours, il reste nettement inférieur aux bouquins de Welsh, qui maitrise bien mieux la littérature et le sujet.

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C’est l’illustration de la couverture qui m’a séduit. Malheureusement, je n’ai pas réussi à la trouver pour vous la montrer mais on y voit un visage féminin incroyablement bien peint et mis en valeur par une chevelure et des vêtements baclés. J’ai longtemps contemplé ce détail d’un tableau de Von Stück avant de l’ouvrir. Subjugué par ce visage.

Je ne connaissais l’auteur que de nom, n’ayant jamais eu l’occasion de l’étudier au cours de mes études, je n’ai fait que le croiser lorsqu’on étudiait tel auteur du XIXème. C’est dommage mais après tout on ne peut pas étudier tout et tout le monde.

C’est dommage parce que ce livre est fascinant, comme sa nouvelle illustration. Bien sûr il souffre de certains défauts purement subjectifs parce que d’autres considéreront sans mal que ce sont des qualités. D’ailleurs c’est un défaut du siècle, ces interminables descriptions qui retardent considérablement l’arrivée de l’histoire. Ainsi, Barbey commence toujours par nous faire une description du personnage principal, de son caractère, avant de nous faire la description de sa diabolique, plus courte puis de nous raconter l’interraction entre ces deux personnes. Dans un sens, c’est bien et on ne peut qu’admirer cet art de la description, si fine, si précise mais d’un autre côté… c’est trop. Trop de détails inutiles, de digressions.

Heureusement les personnages sont intéressants, voire fascinants pour les diaboliques. Barbey sait nous les rendre si vivantes, si crédibles, si réelles qu’on croit y reconnaitre des femmes, ou des filles qu’on a connu. J’irai même jusqu’à dire qu’il nous donne envie de les voir, de les rencontrer, de les connaitre, de les aimer, de les prendre dans nos bras pour ne pas dire plus, ces femmes. Et ces descriptions qui m’ont aidé à dormir n’y sont probablement pas étrangères, soyons honnêtes. Peut-être n’était-ce que de la frustration de pénétrer plus en avant ces personnages (oui, oui, il y a un sous-entendu salace) et leur histoire, de l’impatience bien naturelle face à un type qui nous vante le plat qu’il nous a concocté en nous donnant l’origine exacte de chaque ingrédient et l’alchimie qu’ils opèrent entre eux.

Alors je lui pardonne et ne saurai que trop vous conseiller cet admirable livre qui mériterait d’être plus souvent étudié au lycée et à la fac.

La seule nouvelle (oui, j’ai oublié de préciser qu’ils s’agissait de nouvelles) qui m’a un peu déçu est celle sur Don Juan qui tient plus de la farce, de la bonne blague que les autres. En revanche, la première, Le Rideau cramoisi, et la dernière, La Vengeance d’une femme, sont absolument magistrales.

A lire impérativement avant de mourir, donc.

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Encore un que je voulais me faire depuis bien longtemps: le divin marquis… Je ne le connaissais que de réputation, comme tout le monde et je m’attendais donc à un festival de fesses et de perversités sans nom… Hé ben que dalle!!!!

Le livre est court, très court. Et sur l’ensemble du livre il y a en tout et pour tout une et une seule relation sessouelle que je vais de ce pas vous recopier. Oui je suis un fou, je suis un dingue, j’ai pas peur de me faire censurer, virer de bloguez.com et trainer devant les tribunaux pour avoir mis des horreurs devant les yeux de chtis enfants! Attention, vous êtes prêts? « Tout précipite alors les perfides projets d’Oxtiern… il saisit cette malheureuse, et, sans effroi pour l’état où elle est, il ose consommer son crime, il ose faire servir à l’excès de sa rage la respectable créature que l’abandon du ciel soumet injustement au plus affreux délire. Ernestine est déshonorée sans avoir recouvré ses sens; » Voilà, je l’ai fait! Oui je sais, c’est abominable et je vais sans doute, comme le Marquis himself, me retrouver en prison pour ce geste totalement immoral, mais j’assume!

Blague à part, le petit pervers que je suis est déçu, déçu, déçu… Moi qui pensais trouver mon maître… ben j’ai pas encore choisi le bon bouquin!!!!!!! Faudrait pas que ça devienne une habitude non plus.

Sinon que dire de ce livre? C’est un mélange entre Manon Lescaut de l’Abbé Prévost et Les Egarements du coeur et de l’esprit de Crébillon, en plus court et en moins bien. Moins bien parce qu’il n’a pas la finesse de Crébillon, parce qu’il nous livre, finalement, une fable facile, manichéenne, avec des méchants très méchants, des gentils très gentils et avec une fin mitigée. Le style est bon, c’est du beau français de l’époque (XVIIIème) avec de belles tournures qui peuvent donner le vertige mais rien de renversant, de révolutionnaire, de profond.

Un livre à lire par pure curiosité et en sachant qu’on n’y trouvera pas ce qui a fait la célébrité de Sade.

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Illustration trouvée sur le site www.decitre.fr

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J’étais intrigué depuis quelques temps par cette écrivain, Lolita Pill. J’en entendais du bien, du mal mais visiblement elle ne laisse pas indifférente. Alors évidemment j’ai voulu m’en faire ma propre idée.

Ce n’est pas un grand roman. Déjà il est court, comme bouquin. Ca peut se lire d’une traite, en une après-midi. Je me suis habitué au genre sexe, drogue et rock’n roll, là c’est sexe, drogue et dance. C’est un peu un mélange d’American Psycho de Bret Easton Ellis, de Nouvelles sous Extasy de Beigbedder et de je ne sais trop quoi. Le but exprimé est de taper sur la bourgeoisie française, comme pour Ellis avec ses bourgeois américains et… de nous démontrer que l’argent ne fait vraiment pas le bonheur. Bon la morale tape pas bien haut comme pour Ellis mais bon c’est du divertissement, hein? Faut pas trop en demander non plus.

Est-ce que ça divertit bien, alors? Je dirais oui mais sans plus. Nettement moins jouissif que Welsh ou même que Betty Monde de Coralie Trinh Thi, le style reste simple façon Beigbedder avec moins de talent pour les phrases choc.

Je ne peux pas m’empêcher de penser que ce bouquin n’était pas pour moi. Ca s’adresse plutôt aux jeunes filles un peu rebelles sur les bords. Pour moi, ce ne sera rien de plus qu’une curiosité que le temps effacera irrémédiablement, comme la puberté.

Parce que bon l’histoire c’est celle d’une jeune fille à peine majeure qui s’amuse avec les mecs et ses prétendues amies. On y parle beaucoup de shopping, énormément de boites, beaucoup de sexe, absolument que d’amour. C’est un reflet intéressant, donc, pour les jeunes filles qui s’y retrouveront sans aucun doute même si elles n’ont pas une thune (suffit de barrer toutes les marques dans le bouquin ou de les remplacer par AUCHAN, CARREFOUR, LECLERC ou H&M) et qui pourront ainsi soit se conforter dans leur connerie passagère de croire que le monde c’est trop de la merde, soit passer à autre chose en faisant une bonne remise en question. Que du positif quoi…

Néanmoins, je ne peux nier un certain talent de la part de miss Pille. Certains passages sont très bons et m’ont même fait penser à Trainspotting (c’est dire…). Là où je coince un peu c’est dans la démarche que je sens malgré tout un tant soit peu mercantile. Parce que franchement il est orienté pil(l)e poil vers le public qui achète des bouquins: les femmes, déjà, 80% du marché, les jeunes ensuite, l’avenir donc… M’enfin il en faut pour tout le monde et si ce bouquin peut être une passerelle vers autre chose alors je signe.

Et puis il n’y a pas de sot métier et faut bien gagner sa vie, hein?

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