Non, ce n’est pas facile de vivre avec moi mais ce n’est pas non plus facile d’être moi.
Au premier abord, je suis absolument insignifiant. Parce qu’il faut bien trouver du boulot dans un monde en crise, j’ai abandonné la casquette et l’excentrisme. Je porte un jean, des baskets, des pulls achetés au Stock Américain… J’ai les cheveux courts, sans la moindre trace de folie. J’ai une Peugeot 106 rouge, l’une des bagnoles les plus communes au monde. Être politiquement correct, être moyen en tout, ne pas faire de vague pour ne déplaire à personne: le bon garçon. C’est un peu comme tous ces best sellers façon Da Vinci code, insignifiants et édulcorés à mort et qui du coup plaisent à tout le monde.
Ho bien sûr j’ai aussi un tatouage… mais je me suis arrangé pour qu’il ne dérange personne, bien planqué sur mon deltoïde droit, il faut que je sois torse nu pour le faire apparaitre. Et ce scorpion, cette sale bête caché sous des vêtements, des apparences est grandement symbolique, il est ma personnalité, planquée sous des apparences, des principes, des angoisses, une insécurité et une incertitude permanente.

Au niveau du comportement, je pense qu’on me voit comme quelqu’un de lunaire, deux de tension, toujours crevé, toujours calme… et il y a du vrai dans tout ça. Seulement je fais un boulot de boy scout. Il faut toujours rester calme, ne jamais perdre son sang froid, rester poli, avec un langage soutenu… Je dois être exemplaire, celui qu’on doit imiter pour avoir une vie sociale réussie et épanouie. Quel chiotte! Le résultat est que l’écrivain que je suis accumule la frustration pour pouvoir vivre. Parce qu’il faut faire des efforts surhumains pour se retenir de rire face à tout ce petit peuple qui défile devant moi, ce petit peuple qui ne s’encombre pas d’une culture qui ne fera pas le ménage ou qui ne vissera pas des boulons à leur place, ce petit peuple qui souffre de ne pas rentrer dans le petit écran et qui se bourre la gueule ou se drogue pour combler le décalage pour eux-même et l’agrandir pour les spectateurs de leur déchéance. Alors oui c’est drôle, déprimant, révoltant, énervant, stressant, vivant enfin! Et il ne faut pas broncher. Rester stoïque et faire son boulot. J’y arrive mais je commence à développer des tics, que je parviens de moins en moins à réprimer, et quand je rentre le soir j’ai besoin de cracher tout ce que j’ai retenu, parce que les tics ne suffisent pas. J’ai besoin de ****** de bordel de merde. J’ai besoin de hurler « Putain mais quelle bande de *******s, meeeeeeeeeeerde! » C’est une question de survie.
Alors évidemment calme et deux de tensions, mon cul.
Pour le lunaire, c’est autre chose.

Je vais vous donner une idée de là où je vis par l’esprit.
Il faut bien comprendre que quand je vais chier, je prends avec moi un bouquin qui me permet de réviser ma grammaire ou mon vocabulaire, au pire je prends un magazine genre Marianne mais généralement il faut que ce moment primairement indispensable soit optimisé A MORT.
Quand on me parle, qu’elle que soit la personne, je me représente mentalement chacun de ses mots, corrigeant ce qu’il y a à corriger, reformulant au besoin, analysant le moindre lapsus ou jeu de mot volontaire ou pas. Sans vraiment le vouloir, je m’attache plus à la forme qu’au fond. Plus exactement, je m’attache d’abord à la forme et ensuite au fond. Ca me prend du temps, tout ça. Alors forcément, j’ai l’air dans la lune et dans une certaine mesure, j’y suis.
Parfois, il m’arrive de corriger une personne qui commet une erreur de syntaxe. C’est rarement pour faire mon chiant, c’est juste que la faute m’a tellement arraché le coeur et le cerveau que ça part tout seul, je pense à voix haute, culpabilisant immédiatement parce que j’ai tout de même conscience que c’est particulièrement chiant.
Il arrive aussi que mon interlocuteur me sorte un mot que je n’ai pas entendu depuis des lustres. Pour moi, ça s’appelle un moment de bonheur. Je suis VRAIMENT heureux de retrouver ce mot après aussi longtemps, peut-être plus que lorsque je retrouve un ami d’enfance. Quand ça arrive, c’est une pulsion: j’arrête la conversation et je manifeste mon bonheur de retrouver ce vieux compagnon. Je ne peux pas faire autrement que de remercier la personne qui me l’a ramené. J’imagine que ça doit sembler particulièrement étrange.
Autre cas de figure: mon interlocuteur sort un mot que je ne connais pas et que je n’arrive pas à définir, même en essayant le bon vieux coup de l’éthymologie. C’est pour moi un grand moment de désespoir parce que je me dis que je ne suis pas encore au point, pas encore mûr. Je suis comme un gamin qui rêve d’aller chercher le pot de Nutella dans le compartiment du haut du buffet, tout seul. Ca ne dure pas, ce désespoir fait assez vite place à une certaine euphorie, ravi que la route soit encore longue et que j’ai encore tant de nouveaux amis à rencontrer.
Dans une journée ordinaire il m’arrive régulièrement de repenser en boucle à un événement plus ou moins anodin. Je le décris, d’une manière, d’une autre, encore une autre pour le rendre plus intéressant, plus percutant, j’en modifie des éléments, je le transforme en littérature mentale. Souvent aussi, je fais ça avec des dialogues. Soit que je rejoue des dialogues déjà joués dans la réalité, avec des collègues, des amis, n’importe qui en les améliorant, parce que je les juge mauvais; soit des dialogues futurs qui auront lieu ou pas; soit des dialogues totalement fictifs. Je passe une bonne partie de ma vie à la rendre mentalement plus littéraire.
Le matin, si la nuit a été merdique, ce qui est très souvent le cas, je déprime parce que je sais qu’une fois ma journée terminée je ne serai pas capable d’écrire.
La nuit, quand je décide enfin de me coucher, je me raconte des histoires pour m’endormir. J’écris la suite de mes oeuvres, je corrige, j’analyse ce qui a déjà été fait, je tisse d’improbables toiles sémantiques, je me mets à la place de mes personnages, j’imagine… Ou alors je pars dans des délires où je suis quelqu’un d’autre, ce qui aboutira peut-être à d’autres oeuvres. Le problème c’est que je ne fais pas dans le genre Bisounours alors en général ça a tendance à m’empêcher de dormir pendant de longues heures, mais je ne peux pas faire autrement.
Comme je ne fais pas dans le Bisounours, je me représente la vie en deux dimensions: le comique et le tragique. Il n’y a donc que très peu de place pour l’amour, et ça c’est vraiment emmerdant. Les « je t’aime » faut me les arracher; ça leur donne d’autant plus de valeur mais en même temps les scènes d’amour banales me foutent mal à l’aise, je me sens comme dans un épisode des Bisounours, quelle horreur! Le résultat c’est que je suis toujours obligé de foutre en l’air l’ambiance en sortant une connerie ou en faisant le con. Au début, c’est rigolo, au bout d’un moment c’est franchement casse couille pour l’autre, et ça me rend d’autant plus mal à l’aise. Seulement dans mon univers en deux dimensions, si ce n’est comique, c’est nécessaire tragique… C’est quand même une sacrée merde d’être timbré comme moi, hein?

Alors pour ceux qui ont ou auront l’occasion de me rencontrer, vous saurez maintenant à peu près où je serai quand je vous donnerai l’impression d’être dans la lune… Peut-être serai-je en train de jauger si cette scène serait intéressante dans une nouvelle, un roman, une pièce de théâtre, si vous feriez un bon personnage ou s’il y a un moyen de rendre tout ça plus… littéraire.
Vous saurez également pourquoi je suis crevé en permanence…

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Absence

Mon nombril septembre 12th, 2008

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J’avais pris l’habitude d’écrire un billet par jour au minimum et là depuis quelques jours, plus rien…

Il y a des raisons à ça. Manque d’inspiration? Laissez-moi rire! Sida? Siphylis? Que dalle! Lassitude? Pas encore… Non c’est simplement que je suis un peu dans une phase de transition en ce moment. Déjà j’ai retrouvé un boulot et je signe mon contrat dans quelques heures (oui, oui faudrait que je dorme avant ce serait sympa…). Donc entretien, coups de fils, discussions, négociations… D’autant que j’ai pas mal de projets à côté de ça, comme animer des ateliers d’écriture ou reprendre les cours pour faire un master de lettres modernes. Il y a aussi d’autres raisons, nettement moins plaisantes dont il n’est pas question que je parle ici.

Et puis il y a ma nouvelle pièce de théâtre, pratiquement terminée, plus que quelques retouches à faire, quelques corrections, remaniements, suppressions, ajouts, précisions… C’est toujours comme ça. Quand je suis en train de terminer un gros texte du genre roman ou pièce de théâtre, je me focalise dessus, mon cerveau remarche en accéléré et il faut que je finisse avant de passer à autre chose. Et là je viens d’en terminer le synopsis, alors je vous le livre, en exclusivité internationale, en espérant que vous me direz ce que vous en pensez (sans me faire trop d’illusions: Bloguez.com est rempli de petits timides et les commentaires ne sont vraiment pas nombreux… Surtout les intéressants mais heureusement il y en a quand même quelques uns.):

Synopsis

L’Amour avec un grand @.

Ludo, de son propre aveu, est un loser. Il est timide, naïf, candide, mal dans sa peau et… désespérément seul. Pour remédier à cela, il envisage de faire comme des millions de personnes dans le monde : utiliser Internet pour trouver la femme de sa vie ! Totalement novice en la matière il va y découvrir ses infinies possibilités, ses joies, ses angoisses, ses déceptions, ses illusions… et finir par s’y perdre après avoir placé cet univers virtuel au centre de sa propre vie. Heureusement il est parfois nécessaire de se perdre pour mieux se retrouver et ses amis, virtuels et bien réels l’aideront dans son étrange quête. L’amour vrai, ce si précieux Graal, est-il au bout du chemin ? Existe-t-il seulement ou n’est-il qu’un mythe ?

Quoi de mieux qu’un monde de masques comme le théâtre pour parler d’un autre monde de masques ?

Voilà, voilà. Et comme toujours, si vous avez un sujet que vous aimeriez voir critiqué par mes soins, n’hésitez pas à m’en faire part…

Si vous voulez un site bien décalé sur la recherche du dahu, cliquez ici.

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J’aurais pas tenu longtemps. Aujourd’hui 12 clopes, mon maximum depuis quelques années. Pourquoi? Un blog ne doit pas servir à régler ses comptes. Situation tendue, très tendue. La personne incriminée a manqué de classe et de respect, ce ne sera pas mon cas.

Critiquer une politique, je considère ça comme un devoir: sans critique, on n’avance pas.

Critiquer une institution, même chose.

Critiquer un livre ou un film, c’est une bonne chose. Personnellement je préfère quand on critique mes oeuvres de façon négative plutôt que positive, parce que c’est comme ça que j’évolue.

Critiquer nommément une personne reconnaissable, retrouvable, non. Je peux être insultant, grossier, je peux être très énervé, je n’ai pas non plus envie de porter préjudice à la personne avec qui j’ai un problème, pas comme ça. Exception faite des puissants, des intouchables, des personnes publiques, dans certains cas particuliers. Une personne publiquement raciste par exemple, est déjà insultante elle-même. Un type qui n’hésite pas à recourir à l’injure (« casse toi pauv’ con »), je ne vois pas pourquoi on devrait s’en priver à son égard…

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Je me suis retrouvé aujourd’hui dans cette position, humilié, rabaissé, enterré, par une personne censée m’aimer. Ce n’est pas une personne publique, donc dans ce genre de cas, ça se règle entre quatre yeux.

Donc oui c’est une défaite pour moi. Le tabac a gagné, et la connerie aussi. Une bataille, certes, mais sûrement pas la guerre, pour l’un comme pour l’autre.

Le problème c’est qu’avec tout ça ma pièce de théâtre prend du retard. Ecrire une comédie quand on a 25 de tension artérielle, c’est pas franchement évident. J’ai déjà écrit des comédies dans de sales états, lors de coups de déprimes violents, mais il me faut un peu de temps pour réussir à canaliser mon énergie. Le rire est une fuite. Fuite de la mort, fuite de la souffrance. Le temps d’un bon mot ou d’une absurdité, on oublie qu’on n’est jamais qu’un tas de chair pourrissant, né pour crever. On oublie que l’amitié perd toute sa valeur avec les années qui passent. On oublie… La vie est une parodie. Un jour sans doute je repenserai à cette journée et la trouverai dérisoire; une vulgaire épine dans le pied pendant un si long chemin. C’est ce que je me disais quand j’étais au plus mal, et le temps a fini par me donner raison. Aujourd’hui c’est devenu un leïtmotiv.

Je me rends compte que mes innombrables épreuves m’ont appris à encaisser sans broncher. J’aurais pu réagir à vif et crucifier mon ennemi sur place. Je ne l’ai pas fait. J’ai temporisé, serré les dents, jusqu’au sang. Il va malheureusement pourtant falloir sévir. Je ne suis pas pour la répression, je préfère la prévention, le dialogue. Mais mes tentatives de prévention et de dialogue ont toutes échoué. Dans ces cas là, la répression devient une obligation.

En ce qui concerne les critiques, n’hésitez pas: défendez Sarkozy, expliquez-moi pourquoi les ASSEDIC ne peuvent pas agir autrement, défendez John Rambo… Je ne suis pas Dieu, je ne suis pas omniscient, je suis faillible et je suis assez humble pour reconnaître lorsque je me trompe, mais surtout j’ai envie d’apprendre et surtout de connaître les avis divergents. Quel intérêt de ne susciter que l’adhésion? Quel intérêt d’entendre toujours des gens dire qu’on a raison? Quel intérêt de ne fréquenter que des gens qui ont les mêmes opinions? Ce ne serait vraiment que de la masturbation mentale, de l’autosuffisance. Ce n’est pas mon approche. J’adore qu’on me contredise.

Alors n’hésitez pas…

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Bon ben voilà: deuxième jour de ma tentative pour arrêter de fumer et premier bilan. Déjà: l’arrêt violent, brutal du tabac c’est pas pour moi. Traduisez: dès le premier jour j’ai fait ma taffiolle. Cela dit, j’ai réduit ma consommation. Je suis passé d’une dizaine par jour à 4. Oui c’est minable mais pour moi c’est déjà pas mal. Aujourd’hui j’en suis à 3. Ceux qui me connaissent bien savent que je suis plutôt du genre warrior parce qu’en 28 ans j’en ai pris plein la tronche avec un père « inquiètant », un viol par un pédophile, une série de décès de proches, un passage d’une année et demi en mode clochard, une santé qui s’est barrée en live (suite à ce passage en mode clochard, logique) et à laquelle il a fallu plusieurs années pour se remettre sur pied et j’en passe… Donc il n’y a pas de raison pour que mon mental bute sur ça; sauf que la raison est peut-être là justement: à force d’accumuler les tragédies, forcément j’ai quelques séquelles et le plaisir malsain et relatif que procurent ces ******ries n’a pas été de trop dans ces moments difficiles. C’est un peu comme tourner le dos à un compagnon d’infortune. Et puis à part le sexe, qu’ai-je d’autre comme plaisir? L’alcool j’ai du arrêter à cause de ma santé vacillante et idem pour le cannabis qui aurait pu finir de me rendre dingue. C’est d’ailleurs cette dernière ******rie qui m’a foutu dedans. A force d’entendre que le cannabis est une drogue douce qu’on arrête facilement, on en finit par oublier que le cannabis se consomme avec du tabac. Donc oui le cannabis s’arrête relativement facilement (dans la mesure où on est pas entouré en permanence de fumeurs) mais après reste l’addiction au tabac. J’en connais qui ne fumaient que le joint, qui ont arrêté et qui se sont mis à fumer la clope…

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Tout ça pour dire qu’hier j’étais un guerrier prêt à en découdre, en chier pendant des semaines pour enfin vaincre et aujourd’hui… La démotivation totale. Enfin presque. J’ai réussi à diminuer, si j’arrive à garder le cap et à maintenir à ce niveau là un certain temps, je pourrai sans doute envisager de m’attaquer aux 4 dernières. Le hic c’est que jusque là ça a toujours foiré. Y a toujours un moment où je me dis « hé puis ***** rien à foutre… » Je me rassure en faisant le compte des cancers dans ma famille. Que dalle. Le problème serait plutôt d’ordre sanguin, diabète, tout ça. D’un autre côté le compte des fumeurs est aussi plutôt faible, et j’ai pas trop envie d’inaugurer ça. Enfin bref dure dure la volonté quoi. Heureusement il y a les comprimés à sucer Niquitin. Ca fait pas vraiment l’effet que j’attendais. Je m’attendais plus à un truc qui me passe l’envie de fumer mais concrêtement c’est juste un truc qui me met une grosse claque, tête qui tourne, gorge qui pique et qui m’invite à penser que si je rajoute une clope là-dessus je vais tomber dans les vappes. Donc ça a aussi son utilité: le temps du suçage (on dit comment? Pas féllation quand même? Moqueur) déjà no clope, et après coup il faut encore attendre un moment avant de pouvoir en refumer une (ou reprendre une pastille). Donc là ça me permet d’opter pour la méthode progressive.

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Le hic aussi c’est que je suis en train d’écrire une pièce de théâtre et un scénario pour un long métrage, et quand j’écris… ma consommation augmente grandement. L’état de transe des artistes que voulez-vous? Jamais le bon moment pour arrêter. Mais le fait est, aussi, que depuis hier je suis pas vraiment en état d’écrire. Trop tendu, pas la tête à ça. Donc dilemme. Il y a un choix à faire et j’ai des délais à respecter. Délais qui seront de toute façon dépassés (ça aussi défaut d’artiste Mort de rire) mais de façon acceptable si je continue à ce rythme-là.

En résumé: ça craint!!!!!!!!

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Enième bronchite en 15 jours, mon organisme supporte de moins en moins le tabac. J’ai déjà du passer aux « light », les tubes d’abord et les normales ensuite étant devenus trop forts pour moi. Mon organisme me réclame du sport et de l’air pur. Ma chérie déteste ce penchant et Marie est morte d’un cancer des poumons, et c’était franchement pas beau à voir. Je sais que je réclame le droit à crever, et comme je veux, mais pas aussi tôt que ça en fait.

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Quelle idée à la *** j’ai pu avoir de m’y mettre: maintenant je vais en chier pour le restant de mes jours.

Je ne comprends quand même pas qu’on puisse autoriser ces ******ries dans un pays civilisé. Le trou de la sécu serait rebouché depuis longtemps sans cette engeance. On invente d’injustes franchises médicales, on taxe les mutuelles… mais qu’on interdise le tabac bordel! ou qu’au moins on contrôle ce que ces salopards foutent dedans, cette fameuse « sauce » qui les rend « meilleures », c’est à dire plus addictives! Mais non, les partis politiques sont régulièrement et copieusement arrosés par ces milliardaires, partout dans le monde, journalistes, scientifiques et écrivains aussi. Alors on taxe, prétextant le bien être de ses concitoyens, alors qu’en réalité on se sert de cette addiction pour remplir les caisses. Dans un siècle ou deux, les livres d’Histoire parleront de ça comme d’un scandale sans nom, une abomination, et d’ici là je serai mort, de ça ou d’autre chose.

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Ma volonté va être soumise à rude épreuve, je le sais. Il me reste 3 paquets et demi, que je vais garder, parce qu’il est stressant de se dire que de toute façon on n’a plus le choix, d’être dos au mur. De toute façon, je sais qu’il y a toujours des clopes qui trainent dans cette maison, pas les miennes, et je sais où les trouver, et au pire, il y a un tabac pas loin. Ce seront, je l’espère, les 3.5 derniers paquets de ma life.

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Pour rendre ça plus acceptable, on va dire que M. L. fumait avant de mourir pour céder sa place à Marc Anciel, autre personnalité, autre caractère, autre vie. Pour compenser, j’écrirai un billet, comme celui-ci, que je rendrai public, chaque fois que j’aurai une pointe de manque. En cas de rechute, ma faiblesse sera ainsi connue de tous, et je devrai faire face à mon échec, à la honte. En cas de réussite ce sera l’inverse.

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Toute la question, désormais, est de savoir si je préfère torturer mon corps ou mon esprit…

A votre avis, je vais tenir combien d’heures, de jours, de semaines, de mois, d’années?

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Week end de fou furieux apogée d'un début d'année intense...

Lessivé et paumé, voilà comment je commence ma semaine.
Ce week end, je suis passé par toutes les émotions: le stress, l’angoisse, le rire, la joie, le plaisir, le bonheur, la frustration, la fierté, la gène, l’embarras, la tristesse, la douleur, l’inquiétude, le soulagement, le doute, la déprime, le manque, la fatigue, l’exaltation, l’excitation…
J’en oublie certainement.
Il y a d’abord eu Différent, comme tout le monde. Plus d’un an que la pièce est terminée. Deux ans que le projet est en marche. On y était. On aurait pu ne jamais y être, mais on l’a fait.
Je suis arrivé dans l’après midi, pour prendre la température, voir les comédiens, partager leur stress, leurs rires, tout ça quoi. La tension montait, petit à petit. Des clopes ont été descendues. Le texte, pas encore parfaitement maîtrisé par certains. Les réglages, le son, les invitations… « -T’inquiète pas on sera là jeudi! – Jeudi? Il se passe quoi jeudi? – C’est pas le 28? – Je t’ai toujours dit que c’était samedi 23… » Des sièges vides, pour la frustration. Celle qui m’a inspiré la pièce qui m’a appelé, après, ne pouvant être là… Des gens invités qui ne viennent pas, d’autres que je n’avais pu inviter qui seraient bien venus…
On oublie tout ça, rideau, la pièce commence, sur une plage…
Premier constat: les gens rient là où je voulais qu’ils rient, comme je voulais qu’ils rient. Personne ne s’endort. La mise en scène laisse de belles surprises. Quelques petits défauts dans le jeu, rien de méchant, le stress de la première, les difficultées pendant les répétitions. Tout ça va s’arranger de représentation en représentation.
Et puis l’après, flamboyant. Deuxième constat: j’ai fait mouche partout où je voulais faire mouche. J’entends que les comédiens pouvaient se permettre d’être mauvais tellement le texte était bon. C’est exagéré. Ca fait plaisir. Les références, sous-entendus ont été perçues. Un ancien prof d’histoire me félicite. AXIOME me félicite, haut et fort. Les journalistes veulent m’interviewer. La Voix du Nord, France 3, je ne sais plus quelle radio couvrent l’évènement. Je discute avec un type qui est passé à Tout le monde en parle il y a un an, qui est passé partout. Je discute avec un chorégraphe qui doit me recontacter pour un projet. Et puis mes amis, les gens que j’aime, ma soeur, pupuce, tous fiers de moi, tous ayant passé un bon moment. Aujourd’hui les collègues, qui semblent porter sur moi un regard différent. Pas l’habitude. Loin d’être désagréable. Les comédiens, le producteur, le metteur en scène qui me remercient, et moi aussi je les remercie. C’est un travail d’équipe. Et moi je me sens comme un grand bonhomme, je me sens comme un type bien, comme un type talentueux. J’entends « génial ». J’entends « excellent »…
Ca se termine à Valenciennes, au Little Rock, avec la garde rapprochée, autour d’une bière. Les gens qui comptent pour moi. Heureux. On rigole. On se moque. On profite…
Un grand moment.
Un vrai grand moment.

Seulement il faut se réveiller après tout ça. Encore crevé. Avec une ****** de barre au crâne.
Et là, on se fait larguer. Et on sait pas trop comment réagir. Scène insolite. Des larmes. Un torrent de larmes. Pas les miennes. « Je veux pas être une corvée pour toi » J’ai merdé quelque part. Une corvée? A quel moment? Oui je t’ai protégé, du mieux que j’ai pu, maladroitement sans doute. Oui on a vécu des moments désagréables, tous les deux. C’était autant une corvée pour moi que pour toi. Tu m’as apporté énormément. Je n’ai aucun regret. Tu vaux largement la peine d’être connue. Non je ne souffrirai pas en regardant Paris de Klapisch, comme je ne souffre pas en regardant ce fameux canapé.
Et puis des larmes, bien à moi celle-là, parce que ******, je suis pas insensible. Parce que ****** c’est dur de faire souffrir, involontairement, quelqu’un qui vous aime, quelqu’un qui vous a tant apporté. Parce que ****** c’est dur de se retrouver tout seul, comme un con, dans un moment qu’on a envie de partager. Parce que ****** c’est dur de se retrouver tout seul, comme un con. Et tout ça pourquoi? Tout ça pour que je puisse me retrouver moi-même, retrouver qui je suis, ce que je veux…
Jamais je ne t’aurais infligé ça. Putain c’est dur de se faire débarquer d’un navire en train de couler, alors qu’il y a toujours des femmes et des enfants à bord. Jamais je ne t’aurais infligé ça, et toi tu te l’es infligé, toi-même, pour te punir de je-ne-sais-trop-quoi.
Je vais respecter ta volonté. Laisser passer du temps. Faire face au vide, à l’inquiétude et aux doutes. Et puis tu sauras, quand moi-même je saurai, de quelle nature est cette douleur.

Je ne te dis pas adieu. Je te dis merci.

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Mon vrai bordel

Mon nombril février 1st, 2008

Mon vrai bordel
Bon alors là je peux pas faire l’inventaire complet. Pour ceux qui n’auraient pas reconnu il s’agit d’un bureau, le mien. Alors, pèle mêle on trouve:

- 3 boites de Doliprane pas très efficaces, posées à côté du PC pour mes céphalées persistantes.
- 2 imprimantes, une multifonction qui n’imprime plus mais qui scanne encore et une simple qui imprime très bien.
- Des CD vierges mais foutus à cause de mon ancien graveur qui merdait.
- Des CD en vrac dont je ne me sers quasiment jamais.
- Une lampe qui passe son temps à se péter la gueule.
- Une boite vert pomme pour accumuler les piles usagées.
- Une ceinture.
- Une boite de tubes dont je ne me sers plus depuis des mois.
- Des câbles USB.
- Du Axe je-sais-plus-trop-quoi.
- Les Contes de la folie ordinaire de Bukowski avec un marque page tract politique.
- Des échantillons gratos de Nocibé.
- Une accumulation de petits cahiers avec mes cours et surtout mes brouillons littéraires, philosophiques, intimes et j’en passe depuis 2001.
- De la paperasse, toujours et encore, courriers divers, carnets de chèque…

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Alors là je vais pas faire l’inventaire, il y en a beaucoup trop. Au cas où quelqu’un oserait se poser la question: OUI, je les ai tous lu et ce qui ne se voit pas forcément c’est qu’il y a deux rangées l’une devant l’autre et qu’évidemment ils n’y sont pas tous…

Ecrivain? Vous avez bien dit écrivain?

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Une déco… merdique. Une bibliothèque… prête à exploser. Une télé noir et blanc… encombrante et inutile. Une nappe sous la chaise pour éviter de faire du bruit qui empêcherait mes parents de dormir (!?). Un accordeur pour guitare. Un tarot de Marseille qui prend la poussière. Un cadeau d’une ancienne amie que je regarde avec regrets et un immense sentiment de gâchis. Deux cartouches de Marlboro light même pas belges. Une boite de conserve contenant un parfum hyper cher mais qui sent hyper bon. Un sac que je traîne depuis le lycée ou la fac, qui a appartenu à mon père et qui aujourd’hui contient une clé USB et plein de documents sur le centre social. Une vraie télé qui ne m’appartient même raccordée à aucune antenne, branchée sur un PS1 et une PS2 avec quelques malheureux jeux au-dessus, dont un qui attend depuis plusieurs un adversaire qui a préféré fuir loin de moi. Un walk man cassette acheté (ou chouré même) en Allemagne quand j’étais au collège.
Ma mère peut hurler tant qu’elle veut: je l’adore mon bordel!! C’est mon disque dur, à l’image de celui qui se trouve dans ma caboche…

Ma chambre, ce bordel...

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Maaaaaaaaaaaaaaaaaaan qu’il est mignon avec sa morve qui coule…

Bon allez une ptite deuxième pour ma pupuce ^^

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