
Ce week end, je suis passé par toutes les émotions: le stress, l’angoisse, le rire, la joie, le plaisir, le bonheur, la frustration, la fierté, la gène, l’embarras, la tristesse, la douleur, l’inquiétude, le soulagement, le doute, la déprime, le manque, la fatigue, l’exaltation, l’excitation…
J’en oublie certainement.
Il y a d’abord eu Différent, comme tout le monde. Plus d’un an que la pièce est terminée. Deux ans que le projet est en marche. On y était. On aurait pu ne jamais y être, mais on l’a fait.
Je suis arrivé dans l’après midi, pour prendre la température, voir les comédiens, partager leur stress, leurs rires, tout ça quoi. La tension montait, petit à petit. Des clopes ont été descendues. Le texte, pas encore parfaitement maîtrisé par certains. Les réglages, le son, les invitations… « -T’inquiète pas on sera là jeudi! – Jeudi? Il se passe quoi jeudi? – C’est pas le 28? – Je t’ai toujours dit que c’était samedi 23… » Des sièges vides, pour la frustration. Celle qui m’a inspiré la pièce qui m’a appelé, après, ne pouvant être là… Des gens invités qui ne viennent pas, d’autres que je n’avais pu inviter qui seraient bien venus…
On oublie tout ça, rideau, la pièce commence, sur une plage…
Premier constat: les gens rient là où je voulais qu’ils rient, comme je voulais qu’ils rient. Personne ne s’endort. La mise en scène laisse de belles surprises. Quelques petits défauts dans le jeu, rien de méchant, le stress de la première, les difficultées pendant les répétitions. Tout ça va s’arranger de représentation en représentation.
Et puis l’après, flamboyant. Deuxième constat: j’ai fait mouche partout où je voulais faire mouche. J’entends que les comédiens pouvaient se permettre d’être mauvais tellement le texte était bon. C’est exagéré. Ca fait plaisir. Les références, sous-entendus ont été perçues. Un ancien prof d’histoire me félicite. AXIOME me félicite, haut et fort. Les journalistes veulent m’interviewer. La Voix du Nord, France 3, je ne sais plus quelle radio couvrent l’évènement. Je discute avec un type qui est passé à Tout le monde en parle il y a un an, qui est passé partout. Je discute avec un chorégraphe qui doit me recontacter pour un projet. Et puis mes amis, les gens que j’aime, ma soeur, pupuce, tous fiers de moi, tous ayant passé un bon moment. Aujourd’hui les collègues, qui semblent porter sur moi un regard différent. Pas l’habitude. Loin d’être désagréable. Les comédiens, le producteur, le metteur en scène qui me remercient, et moi aussi je les remercie. C’est un travail d’équipe. Et moi je me sens comme un grand bonhomme, je me sens comme un type bien, comme un type talentueux. J’entends « génial ». J’entends « excellent »…
Ca se termine à Valenciennes, au Little Rock, avec la garde rapprochée, autour d’une bière. Les gens qui comptent pour moi. Heureux. On rigole. On se moque. On profite…
Un grand moment.
Un vrai grand moment.
Seulement il faut se réveiller après tout ça. Encore crevé. Avec une ****** de barre au crâne.
Et là, on se fait larguer. Et on sait pas trop comment réagir. Scène insolite. Des larmes. Un torrent de larmes. Pas les miennes. « Je veux pas être une corvée pour toi » J’ai merdé quelque part. Une corvée? A quel moment? Oui je t’ai protégé, du mieux que j’ai pu, maladroitement sans doute. Oui on a vécu des moments désagréables, tous les deux. C’était autant une corvée pour moi que pour toi. Tu m’as apporté énormément. Je n’ai aucun regret. Tu vaux largement la peine d’être connue. Non je ne souffrirai pas en regardant Paris de Klapisch, comme je ne souffre pas en regardant ce fameux canapé.
Et puis des larmes, bien à moi celle-là, parce que ******, je suis pas insensible. Parce que ****** c’est dur de faire souffrir, involontairement, quelqu’un qui vous aime, quelqu’un qui vous a tant apporté. Parce que ****** c’est dur de se retrouver tout seul, comme un con, dans un moment qu’on a envie de partager. Parce que ****** c’est dur de se retrouver tout seul, comme un con. Et tout ça pourquoi? Tout ça pour que je puisse me retrouver moi-même, retrouver qui je suis, ce que je veux…
Jamais je ne t’aurais infligé ça. Putain c’est dur de se faire débarquer d’un navire en train de couler, alors qu’il y a toujours des femmes et des enfants à bord. Jamais je ne t’aurais infligé ça, et toi tu te l’es infligé, toi-même, pour te punir de je-ne-sais-trop-quoi.
Je vais respecter ta volonté. Laisser passer du temps. Faire face au vide, à l’inquiétude et aux doutes. Et puis tu sauras, quand moi-même je saurai, de quelle nature est cette douleur.
Je ne te dis pas adieu. Je te dis merci.









) déjà no clope, et après coup il faut encore attendre un moment avant de pouvoir en refumer une (ou reprendre une pastille). Donc là ça me permet d’opter pour la méthode progressive.
) mais de façon acceptable si je continue à ce rythme-là.









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