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Je suis partagé sur ce bouquin. Une partie de moi le trouve génial, une autre partie le trouve tout juste pas mal.

Déjà, faute sans doute à l’éditeur, il y a énormément de coquilles et fautes. Beaucoup trop. Et c’est très désagréable.

Mais surtout, ce qui m’a le plus emmerdé, c’est le premier personnage, Léonie. Elle est trop gentille, trop naïve, trop… Cosette, pour commencer; mais surtout qu’est-ce qu’elle peut être casse couille à comparer sans arrêt tous les gens qu’elle rencontre à des animaux… A chaque fois elle nous parle de Tante Destinée, la hyène et de Lucius, le paon, et de Johannes, le hibou et c’est franchement insupportable… Qu’elle utilise leurs noms ou qu’elle les désigne par leur animal mais pas les deux en même temps à chaque fois, bordel! Les trois premières pages c’est amusant, on comprend qu’elle a une autre culture que la nôtre mais passées les trois premières pages j’avais une furieuse envie de sauter tous les chapitres dans lesquels elle intervient.

Ensuite il y a le cliché totalement éculé de mettre un personnage bien blanc, bien favorisé et un tantinet raciste dans la peau d’une femme noire. L’intention est bonne, j’avais d’ailleurs l’idée d’écrire une histoire comme celle-là quand j’avais dix-huit ans mais littérairement, artistiquement c’est quand même pas terrible…

Et puis pour finir, il y a cette happy end, insupportable, absurde, improbable qui se rapproche du deus ex-machina.

Comment une partie de moi peut le trouver génial malgré tout ça? Mon âme d’enfant, simplement et puis mon côté anti-raciste. J’aime bien les bonnes intentions, les rêves, la naïveté… Hé oui j’ai encore quelques restes malgré la littérature trash que je lis et que j’écris.

Concernant l’histoire, c’est celle de trois personnages: Léonie, jeune africaine expatriée par sa tante pour être prostituée en France, Cyrian, jeune français intégrant une société secrète qui expérimente le transport d’âmes d’un corps à l’autre et Edmé, flic blasé qui attend la mort et qui tombe sur un charnier qui va le faire remonter jusqu’à cette confrérie.

Un livre pour lequel il vaut donc mieux être averti…

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Je connais cette saga depuis très longtemps, et pourtant je n’ai acheté ce bouquin qu’il y a peu de temps. Il faut dire que les adaptations ciné et télé m’avaient franchement découragé: qu’est-ce que ça pouvait être ennuyeux… Je n’ai même pas su les regarder jusqu’au bout. Les personnages passaient leur temps à discuter et avec un jargon inventé en plus. En revanche, je garde des excellents souvenirs des adaptations en jeux vidéo. J’ai terminé Dune et Dune 2 avec acharnement et plaisir. C’était il y a longtemps, très longtemps. Et puis on m’a reparlé du livre avec engouement. Alors je me suis dit: pourquoi pas?

Et j’ai rudement bien fait! Herbert est véritablement un génie. J’imagine la difficulté de créer ainsi un univers complet et, en plus de ça, une intrigue aussi complexe et prennante.

Autant pour Le Seigneur des anneaux je trouve qu’il vaut mieux voir la trilogie en film plutôt que de la lire (ce qui, chez moi, est exceptionnel!), autant là le bouquin est incontournable.

Pour ceux qui ne connaissent pas l’histoire, je vais tâcher de la résumer. L’univers est contrôlé par un Empereur, modéré par une sorte de Parlement. Plusieurs familles sont ses vassaux, dont les Harkonnen et les Atréïdes. Ces deux familles très différentes se haïssent profondément. Or, les Atréïdes doivent prendre la place des Harkonnen pour le contrôle d’une planète franchement inhospitalière mais stratégiquement primordiale: Arrakis, surnommée Dune en raison de la composition de son sol. Dune est une planète aride dont la faune et la flore sont quasi inexistants mais elle est peuplée par un des êtres mystérieux, les Fremen, et, surtout, elle est l’unique ressource dans l’univers d’une substance qu’on appelle « l’épice ». Cette épice a des propriétés étonnantes dont la principale n’est rien moins que la prolongation de la vie de ceux qui en consomment. On comprend alors l’importance de cette planète… ainsi que les complots qui gravitent autour d’elle.

Les personnages principaux sont les Atréïdes et notamment le jeune Paul, fils du Duc, héritier en titre et potentiellement futur prophète. De par ses origines, son éducation et le contact avec l’épice, d’étranges pouvoirs vont se révéler en lui et changer ainsi le cours de l’Histoire…

Vous aurez compris que tout est fascinant dans cette histoire, on se prend au jeu des intrigues et du suspense dès les premières pages et il va falloir que je me procure rapidement la suite afin de connaître le destin du jeune Paul Atréïde…

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C’est plus ou moins la suite de L’Evangile du Serpent. Plus ou moins parce qu’il y est fait référence au nomadisme mais ce n’est pas vraiment présenté comme une véritable révolution, plutôt comme un non-événement. Je trouve ça un peu dommage mais c’est très subjectif.

L’Ange de l’abîme traite de l’islamophobie en poussant les logiques ou passions jusqu’à l’extrême. Malheureusement, le monde futur que Bordage nous présente est crédible. Oui il est possible que dans un avenir proche on se retrouve avec deux blocs ennemis, l’un islamiste et l’autre «chrétien», en partie à cause des Etats-Unis et de la «politique» de Bush, qui sème du terrorisme loin de son propre territoire, se foutant des conséquences de ses défaites sur le vieux continent. Oui, cela peut tourner en conflit et oui ça en arrangerait clairement beaucoup que ce conflit ait lieu, parce que lorsqu’on a un conflit externe on en oublie tous les conflits internes, et puis en temps de guerre, tous les coups sont permis, toutes les dictatures sont préconisées, tous les privilèges sont justifiés. Un ennemi c’est tout de même bien pratique. Ça fait tout oublier.

Il y a donc quelque chose de Barjavel dans les bouquins de Bordage, émancipation des mœurs en plus. Barjavel a un style un peu enfantin qui n’est pas déplaisant mais tout de même assez
frustrant. Comme Werber, ses personnages sont assez caricaturaux, manquant radicalement de personnalité. Ce n’est pas le cas chez Bordage donc à mon sens ça le rend nettement supérieur à Barjavel. Reste à voir l’épreuve du temps, voir si ses bouquins ont véritablement quelque chose de prophétique.

Dans tous les cas, ça reste particulièrement agréable de suivre l’épopée de Pibe, gamin de 13 ans qui a perdu toute sa famille d’un coup suite à l’explosion d’une bombe sur sa maison,
et Stef, gamine mystérieuse, un peu plus âgée qui lui apprendra à survivre et à ne pas avoir peur dans un monde chaotique où les ennemis sont partout : les SDF, les flics, l’armée, les gens qui essaient juste de survivre… Ils traversent ainsi ensemble l’Europe de long en large, de la France à la Roumanie, afin de rencontrer le monstre qui est à la tête de l’Europe, celui qui refuse de gagner ou de perdre sa guerre contre les musulmans, celui qui opprime tout un peuple au nom de Dieu.

Une magnifique métaphore filée des guerres saintes actuelles menées par les Etats-Unis, les groupuscules terroristes et les Israëliens.

Dans le même genre, vous aimerez aussi:

- L’Evangile du Serpent, de Pierre Bordage

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J’ai lu ce roman il y a déjà quelques années. C’était ma première uchronie et un très bon souvenir littéraire. Je vais donc en faire une
critique de mémoire.

Pour ceux qui l’ignoreraient, une uchronie est une branche de la science fiction qui consiste à changer un «détail» de l’Histoire réelle et d’imaginer tout ce que ce changement implique.

J’ai mis le mot «détail» entre guillemets parce que dans le cas de Fatherland, ce détail est tout simplement la victoire totale de l’Allemagne nazie…

L’histoire se passe donc les années 60 en Allemagne. On suit l’enquête d’un inspecteur très bien modelé par l’éducation nazie mais un tantinet trop curieux… A travers son regard le lecteur est donc amené à découvrir ce qui aurait pu se passer si les américains ne nous avaient pas filé un petit coup de main, avec notamment une technique de torture que je ne connaissais pas du tout et qui est vraiment… particulièrement sadique.

Le livre est très bien écrit. Les personnages ne sont absolument pas caricaturaux ou vides (façon Dan Brown). On se laisse porter par
l’histoire, hallucinante, édifiante. J’aime beaucoup les uchronies mais je ne me sens pas capable d’en écrire parce que je ne suis pas suffisamment bon en Histoire. Parce que là Robert Harris est visiblement très bon en Histoire. Son récit est truffé de détails historiques, de descriptions intéressantes et son univers est cohérent, très logique.

Bref, un excellent bouquin pour ceux qui aiment la science fiction et l’Histoire, et qui auraient une certaine envie d’en savoir plus sur le nazisme.

Dans le même genre:
La Brèche, de Christophe Lambert
Zoulou Kingdom, de Christophe Lambert

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Voici le sommaire de mes critiques de livres de science fiction. Cliquez sur le bouquin pour la voir:

- Dune 1, de Franck Herbert
- Fatherland, de Robert Harris
- Les Chaines d’Eymerich, de Valerio Evangelisti
- Le Mystère de l’inquisiteur Eymerich, de Valério Evangelisti
- La Brèche, de Christophe Lambert
- Zoulou Kingdom, de Christophe Lambert
- Fight club, de Chuck Palahniuk
- L’Evangile du serpent, de Pierre Bordage
- L’Ange de l’abîme, de Pierre Bordage

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Je connaissais pas du tout Bordage mais en me promenant comme je le fais de temps à autres sur le site du Diable Vauvert j’avais été attiré par la couverture, par le titre et par la présentation, et comme le Diable ne m’a jusqu’à présent jamais déçu, j’ai décidé de me le commander et de le lire. Hé bien je viens tout juste d’en commander deux de plus chez cet éditeur! A suivre donc d’ici quelques temps Betty Monde de Coralie Trin Thi (si elle est aussi bonne écrivain que bonne actrice porno et bonne tout court, ça doit donner!) et la suite de L’Evangile du serpent: L’Ange de l’abîme. Affaire à suivre donc.

Par où commencer? Peut-être déjà en notant qu’il s’agit de science fiction, une science fiction sans vaisseaux spatiaux et sans haute technologie. Bordage a décidé de s’imaginer qu’un Christ nouveau faisait son apparition à la naissance du troisième millénaire et il brode là-dessus.
On se retrouve ainsi avec un Christ de l’Aubrac qui répand sa bonne parole, pas vraiment catholique, en France. Au niveau philosophie c’est du hippie sans drogue mais avec le fameux serpent cosmique. C’est quoi donc que le fameux serpent cosmique dont nous parle Dantec dans Babylon babies et qu’on retrouve également dans le (mauvais) film Blueberry de Jan Kounen?  Pour de plus amples informations, je vous invite à fouiller un peu sur le net, mais pour résumer disons que c’est une croyance chamanique issue de tribus d’Amérique du sud qui se défoncent grâce à une drogue mégapuissante provenant d’une liane et qui, dans leurs délires, voient toujours un serpent double, censé être le créateur de l’univers et celui qui le tient en place. Certains occidentaux ont tenté l’expérience et trouvé que bizarrement ce serpent cosmique ressemblait foutrement à l’ADN et que c’était quand même étrange qu’on retrouve toujours le serpent dans toutes les cultures du monde, toutes les religions et toujours avec une image positive… sauf chez nous où cet enfoiré a donné la pomme à Eve qui l’a donné à Adam. Mais même là, le serpent est lié à la connaissance et à la genèse. Alors forcément ça enflamme les imaginations et en particulier celle de Bordage qui nous en a fait un bouquin du tonnerre de Zeus.

Voilà donc pour le postulat de départ: un Jésus hippie sans drogue mais à fond avec la nature liée au serpent double qui professe le néonomadisme, l’abandon du verbe avoir pour le verbe être et surtout de vivre dans l’instant présent, en laissant tomber le passé et en évitant de se projeter dans l’avenir, nécessairement anxyogène.
Et bien sûr, ça ne plait pas à tout le monde, cette philosophie parce que beaucoup de gens sont bien contents d’avoir beaucoup et n’ont pas envie de perdre. Il y a les religions qui voient débarquer un nouvel adversaire… Bref, pas facile de se convertir au néonomadisme!

Pourquoi ce livre est bon?
Je dirais qu’il est un mélange de Werber, de Brown, de Dantec mais avec plus de talent qu’eux tous réunis (sauf peut-être pour le Dantec des débuts), ce qui n’est pas bien compliqué. La différence majeure entre Bordage et les deux premiers c’est que Bordage sait écrire: il a du style. Autant Brown et Werber font de la littérature pour enfants avec le style d’une page de Wikipédia autant Bordage écrit pour des adultes qui sont relativement exigeants en la matière. Soyons honnête: c’est pas non plus du Aragon mais c’est quand même pas mal. L’autre différence provient des personnages: contrairement à Werber et à Brown, on trouve des personnages dans L’Evangile du serpent! Hé oui, des vrais, avec une personnalité, une part d’ombre, des qualités, des défauts, des doutes… Ca sent la vie, quoi et pas la vulgaire baudruche. Si je les compare c’est parce qu’ils traitent des mêmes thèmes et aussi parce que Bordage utilise le même procédé que Brown: le cliffhanger (c’est à dire terminer un chapitre sur un élément de suspense pour se focaliser sur un autre personnage) et le bonheur c’est que lui ne fait pas reposer son bouquin uniquement là-dessus.
Alors franchement, ça fait du bien de lire ça…

Ca fait d’autant plus du bien que ce livre nous renvoie une image intéressante de nous-même, de notre société et de la place que nous, individus, occupons sur cette planète. Bordage évite les clichés et les caricatures, preuve d’intelligence et de subtilité et on sent un profond humanisme transpirer dans tout le livre. Il ne condamne pas, il ne juge pas, ne jette aucune pierre… sans jamais tomber dans la mièvrerie, le bisounours. Bien joué.

Ce livre se présente à peu près comme le nouveau Testament: on trouve d’abord les évangiles, une focalisation sur les quatre apôtres qui présentent, en focalisation 0 (avec un narrateur omniscient quoi), leur petite histoire liée au Christ de l’Aubrac, appelé également Vaï’ Kaï, en alternance. Ces apôtres sont un tantinet différents de ceux de la Bible puisqu’on trouve d’abord Mathias, tueur à gage de son état, Lucie, cyber stripteaseuse de son état, Marc, journaliste pour un magazine corompu et à grand succès et Yann, étudiant paumé, engagé quand même, et flanant sur les rave party à l’occasion. Que du bon pécheur quoi! Et ça se termine avec les actes (hé non pas de psaumes ni d’apocalypse mais peut-être dans la suite, qui sait?) qui sont plutôt courts.

Un excellent bouquin que je recommande donc chaudement.

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Bon! Déjà, ça commence mal! Avec un nom pareil, on prend un pseudo quand même! Jamais il aura pensé au pauvre gars qui va devoir faire une critique de son bouquin lui!!!!!! Résultat: j’ai pas fini de galérer à recopier son nom à coucher dehors!!!!! Du coup vais faire la critique de son bouquin en étant mal luné!!! C’est très intelligent, ça je vous jure!!! Bon ben du coup moi je vais faire sa critique en boycottant totalement son nom. Au moins je suis tranquille!

Alors… J’ai pu lire sur certains forums, que le film est une merde, en comparaison du bouquin. J’ai eu un gros avantage pendant plusieurs années puisque j’avais vu le film sans avoir lu le bouquin. J’ai donc trouvé le film excellent. Et puis j’ai lu le bouquin… et ça change pas mon appréciation sur le film. Evidemment c’est un bon blockbuster hollywoodien mais je trouve qu’il ne manque pas grand chose par rapport au bouquin et qu’il est bien foutu, bien joué. Fincher aux manettes: il nous avait déjà fait le coup avec Seven, et là il transforme à nouveau l’essai.
Il faut dire que le bouquin lui-même n’est pas très loin du blockbuster littéraire. Il est également très court et très simple à lire. C’est pas non plus le Da Vinci code mais ça reste très éloigné d’Aragon.

En ce qui concerne la thématique, pour ceux qui n’auraient pas vu le film, il s’agit d’une pure rébellion contre la société de consommation, posant le postulat que ladite société rend dingue et qu’elle donne une furieuse envie de s’autodétruire, si possible en l’emmenant avec nous.
Et du coup ça nous fait faire un flash back sur

La Nausée de Sartre et La Chute de Camus, puisque Fight club en est le descendant direct. Hé oui, après s’être pris la tête pendant plusieurs décennies sur la notion d’existence, son absurdité, le malconfort, l’absence de sens à toute vie, hé ben l’homme a décidé de se révolter, d’agir, de partir en couille, et ça donne Fight club! J’imagine bien monsieur qui -couche-dehors se prendre la tête toute son adolescence sur sa vie de merde, totalement inutile pour finir par devenir un éternel ado, écoutant toujours NTM et se demandant « Mais qu’est-ce, mais qu’est-ce qu’on attend pour foutre le feu? » Au risque de décevoir et de choquer, ce bouquin ne vole pas plus haut que ça niveau idéologie.
Irai-je jusqu’à dire que c’est de la merde? Que sacager la forêt amazonienne pour ça est un sacrifice vraiment inutile?
Je n’irai peut-être pas jusque là.
Je n’irai pas jusque là parce que malgré ses défauts, c’est un livre qui se laisse lire. C’est un livre qui permet de se défouler, c’est un livre à l’histoire bien pensée, un livre provoc qui conserve certains aspects jouissifs dans le sens où il permet à l’humain que nous sommes de satisfaire ses penchants les plus immoraux.

En revanche, je ne ferai pas l’affront de dire qu’il est bien écrit. Faut pas pousser non plus. C’est encore plus répétitif que Le Coran (et merde, je vais encore me faire excommunier…), les métaphores sont sympas, mais globalement le style n’est pas vraiment transcendant et c’est même souvent assez énervant.

Donc au final, Fight club est un bon divertissement, tout comme son adaptation ciné, mais sans plus. Pour moi il n’a rien d’un livre culte. Il est intéressant si on veut se suicider ou perpétrer des attentats, fabriquer des bombes artisanales, tout ça tout ça, ou encore fabriquer du savon, tout simplement. Pour le reste, rien de très grandiose à mon sens…

Et voilà ce qui arrive quand on refuse de prendre un pseudo pour garder un nom à coucher dehors!!!!!

(à suivre: L’Etranger, de Camus)

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Voilà un peu de neuf après un week-end assez space pour moi, niveau personnel. Ce week-end m’a également permis d’aller deux fois au cinéma,et au prix du billet (8€60) ça relève quand même de l’exploit, voire de l’arnaque!!! A ce propos il faudra un jour que je fasse un article sur le piratage, parce que j’ai pas mal de choses à dire sur le sujet!

Je me permets aussi une petite parenthèse pour dire que je suis crevé, généralement mes articles je les écris d’une traite sans respirer, sous l’impulsion et donc parfois je fais quelques fautes, quelques tournures malheureuses… Quand j’ai le courage, je me corrige après coup mais faut pas oublier que je suis quand même une grosse feignasse. Donc un peu d’indulgence pour un écrivain très diminué J’en profite aussi pour signaler une erreur de débutant que j’ai commis dernièrement avec Flickr, le site qui héberge mes images. En rentrant de vacances j’y ai hébergé toutes mes photos, ce qui m’a permis de découvrir que n’ayant pas souscrit à la version « pro », je suis limité niveau poids pour les images que j’envoie. Donc j’y ai toutes mes photos de vacances non retouchées mais je ne peux plus y ajouter d’images à moins de créer un autre compte mais ça ferait quand même le troisième (toutes mes photos de vacances passaient déjà pas sur le premier); il va donc falloir attendre le mois de septembre pour admirer à nouveau mes conneries visuelles (ou alors pour se retrouver à nouveau consterné devant tant de débilité et de nullité réunies, c’est selon…).Heureusement, ça ne nous fait qu’une petite semaine à patienter.

Bref,venons-en à Babylon AD. On avait le choix ce vendredi soir: Batman, La Fille deMonaco, ou Babylon AD. J’étais plutôt chaud pour Batman que tout le monde trouve absolument génial mais ma chérie d’amour, pas trop. Va donc falloir que je me trouve un autre spécimen plus testostéronifié pour aller constater les faits. Ma chérie était plus curieuse pour le dernier film de Lucchini. Parfaite entente faisant, nous avons donc été voir le film plus ou moins entre Batman et La Fille de Monaco.

Il faut dire que j’étais assez curieux de le voir, non à cause de bons échos que j’en aurais eu, mais simplement parce que j’ai lu et aimé le livre dont il est issu, qui s’intitule Babylon babies de Maurice G. Dantec. J’ai été fan dudit Dantec pendant un temps. Ses trois premiers romans sont excellents, surtout le deuxième (Les Racines du Mal), mais par la suite j’ai découvert un personnage(l’auteur) inquiètant et ambiguë, et, surtout, un quatrième roman intitulé Villa Vortex… que je n’ai pas su finir, loin s’en faut. J’ai lu la Bible plusieurs fois, le Coran deux fois, j’ai lu l’Eneïde, j’ai lu du Aragon, aucours de mes études on m’a fait étudier plusieurs des bouquins les plus difficiles à lire de la planète et le pire c’est que dans pratiquement tous les cas j’y ai pris du plaisir, au point de lire pour mon plaisir personnel d’autres ouvrages de ces auteurs. Mais là, im-po-ssi-ble! Les 200 premières pages, ça se lit comme du Dantec, le reste, c’est-à-dire les 400 dernières pages, ça ressemble à un délire mégalo-parano-vanito-métaphysique. Ca forme des phrases construites. Les mots existent et ont bien un sens. Mais malgré un vocabulaire dont je suis plutôt satisfait voire fier, il aurait fallu que je sorte le dictionnaire au moins deux fois par phrase, et pourquoi? Pour en venir où? J’aime pas particulièrement me sentir *** quand je lis un livre, encore moins exclu par manque de vocabulaire. J’apprécie beaucoup qu’on me mette des mots exotiques, techniques, scientifiques de temps en temps parce que ça m’enrichit, grâce au contexte on peut comprendre, là fallait déjà comprendre le contexte pour pouvoir comprendre le mot en question! (au passage, vous avez vuça: deux critiques pour le prix d’une! C’est pas du bon article ça madame?  )Donc après ça je n’ai plus osé retenter l’expérience, au prix du bouquin à notre époque…

Babylon babies est donc le dernier bouquin lisible et bon de l’auteur avant qu’il ne sombre dans la folie. Cela dit on sent une progression déjà bien avancée. Le premier bouquin de Dantec, La Sirène rouge (adapté également au cinéma avec le même titre et d’une qualité très moyenne), était presque convenu, par rapport au reste. Dans le second, il commence déjà à bien se déchainer, mais dans le bon sens, dans le troisième ça part dans tous les sens mais ça donne un résultat très lisible et intéressant.

Par contre, je me suis interrogé d’emblée: pourquoi avoir adapté le premier, le troisième et pas le deuxième entre temps? Parce qu’il faut savoir que les deux premiers n’ont pas vraiment de rapport mais le troisième, Babylon babies donc, est la suite de chacun d’eux: Hugo Toorop est le personnage principal de La Sirène rouge et Darquandier celui des Racines du mal, et les deux se réunissent à la fin de Babylon babies… Sans doute parce qu’il n’y a pas de logique de production, les deux étant indépendantes vis à vis de l’autre. Dommage mon préféré reste donc toujours à adapter.

En ce qui concerne le film en lui-même, rien à redire quant à la réalisation: c’est du Kassovitz. C’est propre, bien amené, bien pensé, bien réalisé, bien monté. Pas de folies particulières comme ç’avait été le cas avec le noir etblanc pour la haine ou l’exhibitionisme morbide et traumatisant pourAssassin[s] mais ça passe très bien, comme un bon blockbuster hollywoodien.

Pour les acteurs, il n’y aura pas d’oscar: Vin Diesel joue un Toorop très crédible, mais Toorop est une brute, idéaliste mais une brute quand même. Michelle Yeoh est la même que dans chacun de ses films. Mélanie Thiérry est la plus touchante en « paquet » surhumain à livrer aux Etats-Unis. Paradoxe: elle y joue une sorte de surfemme et pourtant c’est elle la plus fragile, la plus humaine.On la retrouvera sans doute par la suite dans des films d’horreur… Par contre déçu par le choix de casting pour Darquandier: Lambert Wilson. Lui est excellent comme à son habitude mais je n’imaginais pas Darquandier, le savant fou, obsédé notoire et toxicomane tout à fait comme ça. Je l’imaginais beaucoup moins posé, beaucoup moins classe. Mais bon… Babylon AD n’étant pas Babylon babies (j’y reviendrai plus en détail par la suite) ça devient acceptable, mais dommage, ç’aurait rajouté une petite touche de folie avec un acteur plus correspondant. Le Banner joue la brute incapable de parler mais avec un coeur, absolument parfait donc. Depardieu joue un Gorsky répugnant à souhait. Et Rampling joue une gourou classieuse et inhumaine avec son talent habituel. En conclusion: pas grand chose à redire, hormis peut-être pour le doublage deToorop/Vin Diesel qui se retrouve avec une voix à la Joey Starr. Je ne saurais pas trop dire pourquoi ça me titille, mais ça m’a titillé pendant tout le film. En plus, Jean Marc Barr (Le Grand Bleu) avait joué ce rôle dans La Sirène rouge et je trouvais qu’il correspondait bien plus. Enfin à vrai dire, je cherche un peu la petite bête là.

Passons donc au scénario… J’ai lu Babylon babies il y a quelques années et donc le souvenir n’en est plus très frais. Cela dit, je peux tout de même affirmer queBabylon AD est très différent du livre. C’est sans doute pour ça qu’ils ont légérement changé le titre. En gros, ça se passe dans le futur (déjà il me semble que dans le livre ça se passe au début des années 2000, mais j’en suis plus très sûr). Une partie de la planète est en guerre, l’autre en paix. L’autre partie c’est les Etats-unis.Toorop est un mercenaire, catalogué comme terroriste aux Etats-unis et donc interdit de séjour. Un jour, Gorsky, un type louche qui vit dans un char d’assaut à l’intérieur luxueux, lui propose un contrat: mener une gamine jusqu’aux Etats-unis, en échange d’une nouvelle identité et d’une somme conséquente. Toorop accepte et fait donc traverser la gamine, jusque là protégée du monde extérieur par l’enceinte de son couvent, détenu par une secte pas très nette, un monde en plein chaos où on ne peut faire confiance à absolument personne. Entretemps ils se feront courser par une bande de Yamakasi à peine pubères dont je n’ai pas non plus le souvenir dans le livre…Finalement, ils découvriront la stupéfiante vérité quant à cette jeune fille et le but de ce voyage.

Il apparait donc que Kassovitz ait voulu apporter quelques modifications plutôt majeures à l’histoire. Il faut dire que les romans de Dantec ne sont pas vraiment des hymnes à l’humanité, mais bien des brûlots mysanthropes au possible, pessimistes et angoissés jusqu’à la paranoïa. Babylon AD n’en est pourtant pas une adaptation humaniste et philantrope, loin de là. Il faut dire que la science fiction n’est généralement pas un genre très optimiste mais plutôt une mise en garde sur ce que pourrait être l’avenir si on n’y prend pas garde. Là, Kassovitz semble plutôt prendre le parti d’une oeuvre moins engagée vis à vis de l’actualité (Dantec, ça je m’en souviens critiquait vertement et ouvertement les pays occidentaux pour leur non-engagement notamment dans les tensions en Europe de l’est (avec la Géorgie on tombe enplein dans l’actualité)). Donc là on se met dans le futur, on n’attaque personne directement ni clairement et on se focalise plus sur la baston, l’action que sur les revendications politiques. Sage décision: maturité de la part d’un réalisateurqui est le responsable du premier film sur les banlieues françaises, lançant ainsi la mode et géniteur d’un évident sentiment d’insécurité? Parce qu’effectivement La Haine, bien qu’assez jouissif et très bien réalisé, ne donne pas une image très positive des jeunes de banlieue et a même fortement tendance à foutre le feu à la poudrière. Quand on bosse dans le show business il faut faire parler de soi, susciter des débats. Là ce film a eu ce mérite là, bien joué de sa part, mais son influence reste contestable, discutable. Ici, on en est tout de même assez loin, je m’attendais à quelque chose de plus virulent, et au final je me retrouve avec un Babylon babies grand spectacle mais édulcoré. Pourquoi pas? Après tout je vais au cinéma pour voir des effets spéciaux, de la baston, des balles, du sang, du grand spectacle, et je lis pour réfléchir. Donc ça ne me dérange pas.

Au final on peut donc dire que Babylon AD, sans être le film du siècle, ni de l’année et même pas du mois (je suppose toujours que Batman est le film du mois, sinon faudra que je me corrige…) mais que c’est un bon film d’action et de science fiction. On a passé un bon moment, on en a eu plein les mirettes, Kassowitz a trouvé le ton juste, ni trop, ni pas assez et on peut l’en féliciter parce que c’était vraiment pas évident.

Note finale: 4/5

Note nanard: 0/5

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On va commencer notre série de critiques avec un beau morceau: Les Chaînes d’Eymerich de l’italien Valerio Evangelisti.
Pour ceux qui l’ignorent, je suis un grand fan d’Evangelisti et de sa saga des Eymerich. Niveau SF, fantasy je suis plutôt du genre exigeant mais cet italien réussit chaque fois sans problème à combler mes attentes de lecteur. Le fait qu’il soit de gauche et qu’il pourfende les groupuscules d’extrême droite avec subtilité et discrétion dans chacun de ses bouquins n’y est certainement pas étranger. Cela dit je suis aussi fan de Dantec qui est plutôt droite droite droite (presque extrême le fumier) donc ça n’explique pas tout loin de là.
Le style est parfait. Il n’en fait ni trop ni pas assez. Tout est compréhensible sans être destiné à des demeurés. On en apprend pas mal sur la fin du moyen âge, l’inquisition, les religions, le pouvoir de l’époque…
Le personnage principal, inquisiteur de son état, est toujours aussi anti-charismatique et on passe plusieurs heures à se dire des trucs du genre « Ha le batard!!!! » ce qui est évidement jouissif. On prend un plaisir sadique à voir comment ce petit bonhomme va réussir à massacrer tous les hérétiques tout en leur prouvant qu’ils sont dans l’erreur et tout ça « sans excès » et dans les règles de l’art, avec charité chrétienne, miséricorde et torture, mais seulement quand c’est nécessaire… Allez savoir pourquoi mais en lisant ce livre Eymerich m’a fait penser à notre président de la République national…
Cette fois, notre joyeux luron se doit d’éradiquer une menace cathare située en Savoie. La secte y est parait-il implantée et on peut y voir des monstres étranges mais pas méchants…
En parallèle, le XXème siècle et le nazisme. Hitler rassemble des scientifiques pour éradiquer les races inférieures mais aussi la race parfaite, si possible immortelle…
Comment l’hérésie cathare du moyen-âge rejoint elle les méfaits de l’eugénisme allié au nazisme au XXème siècle? Vous le saurez en lisant ce livre, l’un des meilleurs de la saga qui, en plus, vous réserve une fin complètement inattendue et prenante.

Amateur de bonne littérature, vous devez lire Les Chaînes d’Eymerich!!

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Après avoir terminé l’interminable Voyage au bout de la nuit de Céline, je me suis adonné à la lecture d’un de mes écrivains préférés: Valerio Evangelisti.
C’est le quatrième roman de ce célèbre auteur italien que je dévore et toujours avec le même plaisir.
Comment décrire cette véritable folie que sont ses romans? D’abord, vous remarquerez sur la couverture la mention « Science fiction ». Evidemment, c’en est mais… si vous aimez le fantastique, la fantasy ou le roman historique vous devriez adorer également cette série. Effectivement, l’histoire centrale se passe au XVIIème siècle; étrange pour de la science fiction non? Mais ses romans contiennent toujours au moins deux histoires en parallèle et on cherche toujours jusqu’à la fin les liens qui existent entre ces histoires, en général: le passé, le présent et le futur…
Le personnage principal de tous ses romans se nomme Nicolas Eymerich et exerce l’intéressante fonction d’inquisiteur. Lorsqu’on découvre Evangelisti, on est d’emblée désarçonné par pas mal de chose, à commencer par son personnage qui est le plus anti héros de toute l’histoire de la littérature… Il pourrait tout avoir pour lui: il est au service de Dieu, du Bien donc, il est  extrêmement intelligent, brave la mort et les pires souffrances sans aucun problème… sauf que… Eymerich est présenté indirectement comme la pire pourriture que la Terre ait jamais porté. Il est complètement paranoïaque, intolérant jusqu’à l’extrême, traître, menteur, fourbe, sadique, sans la moindre trace de pitié, implacable… Bref, il passe son temps à préparer des plans, à faire torturer, à interroger violemment, à juger et tout ça dans le seul et unique but d’imposer par tous les moyens SA propre conception du monde et de la religion…
Ce qui surprend également ce sont les interractions entre le passé et donc les actions de notre tendre inquisiteur et le futur, parfois contemporain, parfois lointain. On ne le voit en général qu’à la fin du roman mais les horreurs du passé ont des conséquences extraordinaires sur le futur et même souvent les événements du futur peuvent avoir des conséquences sur le passé… Bref, du début à la fin du roman, on hallucine!

Pour revenir à celui-ci en particulier, 3 histoires sont narrées. D’un côté, Eymerich se retrouve sur un bateau en partance pour la Sardaigne avec toute une armée dirigée par le roi Pierre IV. On y découvrira que la présence d’Eymerich là-bas est liée à des pratiques païennes pour le moins troublantes, à la présence de forces obscures terrifiantes et de maladies… peu ragoutantes. La deuxième histoire se passe au XXème siècle avec Wilhelm Reich, disciple de Freud aux théories très controversées qui doit faire face à la haine nazie, à la
morale puritaine américaine et au tabou généralisé sur l’orgasme… La troisième histoire se passe dans un futur post apocalyptique (qu’on découvre dans un roman antérieur à celui-ci) où l’amérique est divisée en 3 nations qui sont de véritables dictatures qui envoient les malades et les opposants (même s’ils ne sont pas conscients d’être des opposants eux-même) dans un endroit terrifiant appellé « Lazaret » qu’on découvre à la fin.

Bref un excellent bouquin que je recommande à tous mes fidèles lecteurs en quête d’excellente littérature.

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