Sommaire théâtre

Théâtre mai 13th, 2009

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Voilà le sommaire de mes critiques sur les pièces de théâtre et autres spectacles. Si vous en avez à me recommander, allez-y:

- Félin pour l'autre, de Pierre Luc Inesta
- Shaytan cabaret, les Baltringues

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Les baltringues… C'est pas la première fois que je les vois en action, et j'espère que ce ne sera pas la dernière. C'est exactement mon idéal théâtral, spectaculaire. Enfin je ne sais pas exactement définir ce qu'ils font, parce qu'ils savent tout faire, qu'ils mélangent tout avec brio, alternent et mélangent les genres, ça part dans tous les sens avec une harmonie certaine…
Je suis souvent hard. Faut dire que la culture dans notre bel occident est en état de pourrissement depuis quelques années. On fait dans l'immédiat et le jetable. Alors voilà je suis pas content de toutes ces merdes qu'on nous fait bouffer.
Mais, parfois, on trouve de bonnes surprises, en cherchant un peu. Ce ne sont pas des stars en carton. C'est une bande de jeunes avec qui on peut discuter avant et après les représentations. Des vrais gens, des vrais artistes, qui bossent, qui voyagent, qui se foutent du téléchargement illégal pour leur intérêt propre parce qu'ils sont avec les gens, pas chez eux à contempler leur compte en banque s'enfler tout seul, ils sont sur les planches, dans les rues; et rien que ça les rend admirables à mes yeux.



Mais c'est pas tout! Les Baltringues, ils écrivent leurs spectacles, composent leurs musiques, se mettent en scène, fabriquent leurs décors, leurs costumes, jouent, chantent, jouent leur musique… Certains peuvent même jouer, chanter et faire des accrobaties en même temps!

Et ça marche! Avec Shaytan cabaret, on se retrouve face à un opéra rock grand guignolesque -pour reprendre leur propre présentation- qui met en scène Satan, trois de ses « bouffons » et une pauvre âme suicidée. En général, j'aime pas trop les spectacles où ça chante. Les passages chantés dans les films, ça me casse les couilles. Trop long. Mais là, la musique est bonne et surtout extrêmement bien mise en scène, et donc on ne s'emmerde jamais, on ne sait même plus où regarder tellement ça part dans tous les sens.

La grande force de ce spectacle, c'est la mise en scène. Limite on pourrait se passer des textes, qui pourrait être le point faible du cabaret, léger point faible mais en même temps c'est la règle du jeu de ce genre de performance. C'est un divertissement.


 Par contre, on est prévenu dès le départ: c'est le Shaytan, hein? C'est-à-dire la version arabe de Satan. Donc faut s'attendre à un peu de cul (léger…), de poses explicites, de pelotage de nichons… C'est pas pour me déplaire. C'est même pas vulgaire, c'est populaire dans le sens noble du terme (non pour moi c'est pas contradictoire de dire ça) et puis c'est le sujet.

Alors voilà, si vous voyez passer les Baltringues dans votre secteur, n'hésitez pas: c'est que du bonheur. Vaut mieux aller les voir que d'acheter Holalala ou Kiaducacakakicolléocucu, ou d'aller voir une production Besson… (certaines sont bonnes mais il est quand même nettement meilleur en réalisateur)

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Haaaaaaaa Montmartre, le plus joli coin de Paris
pour certains. Ses immeubles, son béton, ses gens pressés… Certes le
béton est un peu moins moche qu'ailleurs, certes la vue du Sacré Coeur
est belle, mais ça reste Paris, cette ville où il est impossible d'être
seul et où pourtant on peut se sentir seul en permanence. C'est le coin
des artistes, Montmartre, on y trouve effectivement beaucoup de petits
théâtres. C'est sympa à visiter, une fois de temps en temps, j'imagine.
Y vivre? Beeeeeeeeeeeeeeerk!!!
Cela dit, on ne pouvait passer par là
sans entrer dans un de ces petits théâtres, et effectivement, pour être
petit, il était petit celui-là!!! Je ne suis même pas sûr que 20
personnes y entrent. Là pour le coup, on devait être une une dizaine.
Si on enlève les amis et la famille des comédiens, metteur en scène etc
etc on devait être deux, ou trois, allez… Je me suis pas senti à
l'aise. Un peu comme à l'école quand on m'obligeait à me mettre au
premier rang, pas ma place quoi. J'aime à peu près autant mes moments
de solitude que le retrait, le recul.
Bref, la pièce de théâtre en
elle-même. Premier constat: à l'image du théâtre, c'est à dire petite,
courte, minimaliste. Deux comédiens et un décor bien tassés. Ca fait
beaucoup de contraintes, à leur décharge. Mais ils ont aussi des
avantages: les comédiens, excellents, charismatiques, Myriam Sarg
bénéficie en plus d'un physique qui pourrait justifier à lui seul le
déplacement et l'achat du billet (j'adore taquiner Pupuce lol! ).
Autre
point positif: les dialogues. J'entends souvent dans les critiques des
comparaisons avec Audiard (pas pour cette pièce, pour Bernie Bonvoisin
par exemple), ça m'horripile chaque fois à peu près autant que quand
j'entends « C'est peut-être le nouveau Zidane! » Mais là, pour le coup,
il y a des éléments de comparaison. La pièce est un polar donc la
tonalité et le vocabulaire sont ceux de « truands », façon durs et
tatoués quoi, mais à l'ancienne, façon Audiard donc, avec un humour
également proche du maître. On peut donc cette fois se permettre la
comparaison pour la simple raison qu'il s'agit d'une imitation,
évidente et… plutôt réussie, même si la « gueule » masculine détonne
franchement avec la façon de parler. Le jeunot n'a pas la gueule de
l'emploi et ses Converses All Star décrédibilisent encore plus le
personnage, décalage humoristique volontaire mais un peu raté. Prononcé
par un Bernard Blier ou un Francis Blanche, ça rend nettement mieux
parce que justement on ne s'attend pas à ce qu'ils fassent de l'humour,
ça contraste, ça détonne, efficacement. Là ça perturbe. Dommage. Ca
n'enlève pas l'intérêt des répliques qui arrachent des éclats de rire à
la salle et tiennent en haleine.
Jusqu'ici tout va bien.
Oui, mais…
Tout
le problème de la pièce vient de l'histoire, obscure, inintéressante…
Deux comédiens répètent une pièce policière. Là aussi, la confusion est
volontaire. On ne sait plus très bien quelles sont les limites entre
les deux histoires. Les deux personnages passent leur temps à vider des
bouteilles d'alcool. Alors forcément ils s'emmêlent les pinceaux, et
nous aussi… C'est le but. Mais quel intérêt? Artistiquement, rien de
neuf. On est au XXIème siècle, début XXème on aurait pu prendre ça pour
un coup de génie, là ça ne choque plus personne. Ca perturbe mais pas
de façon positive. Peut-être un total néophyte pourrait s'y laisser
prendre, sauf que le total néophyte risque plus de décrocher, et de ne
pas comprendre. Mauvais choix donc. Il en ressort que l'histoire, la
mise en abyme, n'est qu'un prétexte, rien de plus, pour le jeu des
comédiens et les répliques savoureuses. Pas de message sous-jacent, pas
de politique, pas de philosophie, pas de réflexion artistique, pas de
folle tentative. Juste du cabotinage réussi autour d'un prétexte.
Autre
détail ennuyeux: la mise en scène, un brin trop poussive. Visiblement,
le metteur en scène a eu beaucoup de mal à se sortir des contraintes
citées plus haut. Des déplacements sans but, du « meublage gestuel ». On
est dans la caricature, certes, mais ça n'affranchit pas des règles de
base du théâtre. Le corps parle autant sinon plus que la bouche. Les
répliques sont amusantes, la gestuelle nettement moins; pas à la
hauteur donc. Dommage…

En résumé, une belle tentative, qui
mérite d'être encouragée malgré l'histoire et les quelques défauts
relatés. On passe malgré tout un bon moment même si, par manque
d'audace, peut-être de moyens, on aurait pu avoir mieux de la compagnie
Les Zardents.