Sommaire théâtre
Théâtre mai 13th, 2009
Voilà le sommaire de mes critiques sur les pièces de théâtre et autres spectacles. Si vous en avez à me recommander, allez-y:
- Félin pour l’autre, de Pierre Luc Inesta
- Shaytan cabaret, les Baltringues
Tags: baltringues, critiques, Inesta
Félin pour l’autre de Pierre-Luc Inesta
Théâtre juillet 1st, 2008
Haaaaaaaa Montmartre, le plus joli coin de Paris pour certains. Ses immeubles, son béton, ses gens pressés… Certes le béton est un peu moins moche qu’ailleurs, certes la vue du Sacré Coeur est belle, mais ça reste Paris, cette ville où il est impossible d’être seul et où pourtant on peut se sentir seul en permanence. C’est le coin des artistes, Montmartre, on y trouve effectivement beaucoup de petits théâtres. C’est sympa à visiter, une fois de temps en temps, j’imagine. Y vivre? Beeeeeeeeeeeeeeerk!!!
Cela dit, on ne pouvait passer par là sans entrer dans un de ces petits théâtres, et effectivement, pour être petit, il était petit celui-là!!! Je ne suis même pas sûr que 20 personnes y entrent. Là pour le coup, on devait être une une dizaine. Si on enlève les amis et la famille des comédiens, metteur en scène etc etc on devait être deux, ou trois, allez… Je me suis pas senti à l’aise. Un peu comme à l’école quand on m’obligeait à me mettre au premier rang, pas ma place quoi. J’aime à peu près autant mes moments de solitude que le retrait, le recul.
Bref, la pièce de théâtre en elle-même. Premier constat: à l’image du théâtre, c’est à dire petite, courte, minimaliste. Deux comédiens et un décor bien tassés. Ca fait beaucoup de contraintes, à leur décharge. Mais ils ont aussi des avantages: les comédiens, excellents, charismatiques, Myriam Sarg bénéficie en plus d’un physique qui pourrait justifier à lui seul le déplacement et l’achat du billet (j’adore taquiner Pupuce
).
Autre point positif: les dialogues. J’entends souvent dans les critiques des comparaisons avec Audiard (pas pour cette pièce, pour Bernie Bonvoisin par exemple), ça m’horripile chaque fois à peu près autant que quand j’entends « C’est peut-être le nouveau Zidane! » Mais là, pour le coup, il y a des éléments de comparaison. La pièce est un polar donc la tonalité et le vocabulaire sont ceux de « truands », façon durs et tatoués quoi, mais à l’ancienne, façon Audiard donc, avec un humour également proche du maître. On peut donc cette fois se permettre la comparaison pour la simple raison qu’il s’agit d’une imitation, évidente et… plutôt réussie, même si la « gueule » masculine détonne franchement avec la façon de parler. Le jeunot n’a pas la gueule de l’emploi et ses Converses All Star décrédibilisent encore plus le personnage, décalage humoristique volontaire mais un peu raté. Prononcé par un Bernard Blier ou un Francis Blanche, ça rend nettement mieux parce que justement on ne s’attend pas à ce qu’ils fassent de l’humour, ça contraste, ça détonne, efficacement. Là ça perturbe. Dommage. Ca n’enlève pas l’intérêt des répliques qui arrachent des éclats de rire à la salle et tiennent en haleine.
Jusqu’ici tout va bien.
Oui, mais… Tout le problème de la pièce vient de l’histoire, obscure, inintéressante…
Deux comédiens répètent une pièce policière. Là aussi, la confusion est volontaire. On ne sait plus très bien quelles sont les limites entre les deux histoires. Les deux personnages passent leur temps à vider des bouteilles d’alcool. Alors forcément ils s’emmêlent les pinceaux, et nous aussi… C’est le but. Mais quel intérêt? Artistiquement, rien de neuf. On est au XXIème siècle, début XXème on aurait pu prendre ça pour un coup de génie, là ça ne choque plus personne. Ca perturbe mais pas de façon positive. Peut-être un total néophyte pourrait s’y laisser prendre, sauf que le total néophyte risque plus de décrocher, et de ne pas comprendre. Mauvais choix donc. Il en ressort que l’histoire, la mise en abyme, n’est qu’un prétexte, rien de plus, pour le jeu des comédiens et les répliques savoureuses. Pas de message sous-jacent, pas de politique, pas de philosophie, pas de réflexion artistique, pas de folle tentative. Juste du cabotinage réussi autour d’un prétexte. Autre détail ennuyeux: la mise en scène, un brin trop poussive. Visiblement, le metteur en scène a eu beaucoup de mal à se sortir des contraintes citées plus haut. Des déplacements sans but, du « meublage gestuel ». On est dans la caricature, certes, mais ça n’affranchit pas des règles de base du théâtre. Le corps parle autant sinon plus que la bouche. Les répliques sont amusantes, la gestuelle nettement moins; pas à la hauteur donc. Dommage…
En résumé, une belle tentative, qui mérite d’être encouragée malgré l’histoire et les quelques défauts relatés. On passe malgré tout un bon moment même si, par manque d’audace, peut-être de moyens, on aurait pu avoir mieux de la compagnie Les Zardents.





About