Les Arcanes du chaos, de Maxime Chattam, la critique
Thriller janvier 6th, 2010
- Couverture trouvée sur http://www.decitre.fr
Introduction inutile :
Internet, c’est le Mal absolu. Internet viole les enfants avant et après les avoir mangés. C’est à cause d’Internet si la fréquentation des salles de cinéma a battu des records cette année en France. Ce n’est pas moi qui le dit mais nos gouvernants, c’est-à-dire les grands patrons.
Pour ce qui est du piratage, ça va, le problème est résolu grâce à l’HADOPI. Les pirates peuvent continuer à télécharger tranquillement en changeant à peine leurs habitudes et les grands patrons ont l’illusion que le problème est réglé, ce qui est parfait puisque pour le cinéma ils n’ont eu que l’illusion que le piratage posait un problème. Alors pourquoi s’en prendre une fois de plus à Internet ?
D’après l’inénarrable Frédéric Lefebvre c’est parce qu’Internet est un refuge pour les terroristes, les violeurs, Oussama Ben Laden, Dark Vador, Gargamel et les chinois juifs francs-maçons du FBI. Ce que je trouve étrange dans ses propos, c’est qu’il n’a pas sorti son baratin dans la presse mais devant ses congénères de l’Assemblée. Qu’il nous prenne pour des cons, ça va, on a l’habitude et en plus ça marche dans la plupart des cas, mais qu’il prenne ses congénères pour des cons, on passe un cap quand même. Parce que bon, un refuge, faut pas pousser mémé dans les ordis : en réalité c’est exactement l’inverse. Internet permet à tous ces gens mal intentionnés de laisser plein de vilaines traces de leurs passages et de leurs exactions facilement exploitables par les forces de l’ordre nouveau. Avant Internet, ils existaient déjà, avec Internet ils ne sont pas plus nombreux mais plus faciles à pister (ben oui Internet ne transforme pas les gens en violeurs autant que je sache).
Alors il est con ou il nous cache quelque chose ? A mon avis, il est loin d’être con. Parce qu’Internet, c’est une fantastique aubaine puisque on parle toujours de ficher les gens, ce qui engendre toujours des levées de bouclier alors qu’en fait les gens passent leur temps à se ficher eux-mêmes grâce au web 2.0, Facebook, Twitter, les blogs (et merde…) et compagnie. C’est très fort ! Avant l’intimité fallait pas y toucher, maintenant on réclame (et je m’inclue dedans) un viol permanent et massif de notre intimité. Plus besoin de se casser la nénette avec des systèmes complexes, enquêtes, puces et j’en passe, aujourd’hui les gens veulent être violés, ils veulent que tout le monde sache qu’ils font caca jaune, qu’ils ont voté à gauche, qu’ils ont mangé de la raclette ce midi et que Kévin n’est qu’un sale mytho. Donc, ça, c’est le Bien, ça dérange pas Frédo. Non, ce qui le dérange, c’est qu’Internet permet aux gens de communiquer. Pour certaines gens, c’est très bien, du moment qu’ils votent et si possible UMP, qu’ils ne sont pas musulmans ou à la rigueur s’ils mangent notre bon cochon et consomment notre pinard, ça passe mais les autres, là, la véritable opposition, les gens qui réfléchissent, qui remettent en cause et qui s’expriment, c’est plus possible. Non mais c’est vrai quoi déjà qu’ils font pas un métier facile si en plus ils se font assassiner sur Internet… Pourtant ça roulait bien avec le libéralisme, l’esprit de compétition, le chacun pour sa gueule, l’individualisme, la paranoïa générale, c’était nickel, on se tenait bien tranquille. Mais là ça commence à craindre sévère tout ça. Donc pour commencer on va en faire une liste de tous ces connards. On va ensuite les emmerder un maximum histoire de leur faire comprendre que la France on l’aime ou on la quitte et si vraiment ils veulent pas comprendre… BANG * Marc Anciel s’excuse pour l’interruption de ce blog dû à un décès provisoire lui-même dû à un accident domestique prémédité : en effet son pénis s’est malencontreusement coincé dans le ventilateur de son ordinateur alors qu’il était en train de rédiger cet article, nu, comme toujours. Les enquêteurs n’excluent toutefois pas la piste des chinois juifs francs-maçons du FBI qui, dit-on dans les milieux autorisés (mais pas trop dans les milieux interdits, de toute façon on sait même pas ce que c’est) qu’il aurait été pisté par ces fumiers adorateurs de la licorne bleue invisible sur Internet depuis des mois. Néanmoins, la suite de ce blog et de cet article sera malgré tout assurée par une personne tout à fait compétente et indépendante, certifiée et labélisé par notre bien aimé président dictateur général. *
L’histoire (honteusement volée sur evene.fr):
Quand les ombres envahissent ses miroirs, la vie de Yael bascule dans le cauchemar, la violence, la confusion. Pourquoi ces étranges messages l’invitant à regarder de l’autre côté du monde ? Qui sont ces hommes qui tentent de la détruire, et pourquoi ? Esotérisme, codes secrets, sectes millénaires. Des entrailles de Paris aux tours de Manhattan, Chattam entraîne le lecteur dans une terrifiante course contre la montre, contre la mort.
Les points positifs :
- Une histoire bien ficelée et bien amenée.
Chattam, que je découvre, sait parfaitement inventer et écrire des histoires. Il passe son temps à jouer avec le lecteur et anticipe parfaitement ses pensées, doutes etc Il joue également en permanence avec la réalité et la fiction donnant une impression de malaise, forçant à se poser des questions.
- Un livre bien documenté.
Les théories du complot, les idées de Noam Chomsky (qui ne parle jamais de complot mais démonte simplement les arcanes du système), les coïncidences troublantes… Chattam a bien étudié la question. Même si pour moi il n’y avait pas grand-chose de nouveau, le mélange qu’il fait de tout ça, bien enfermé malgré tout dans un cadre fictionnel était intéressant.
- Des personnages crédibles.
Même si on reste assez dans le manichéisme avec les gentils et les méchants, même si les personnages ne sont pas d’une grande profondeur, on n’est quand même loin des personnages non-inventés par Brown ou Werber. C’est appréciable.
Les points négatifs :
- Un livre trop formaté.
Même si on décèle une french touch, ça reste quand même l’école américaine du thriller. Chattam utilise (souvent) la technique du cliffhanger et l’histoire semble construite sur un modèle qui a fait ses preuves. On aime ou on n’aime pas, bien sûr, Brown connait toujours un immense succès et Chattam aussi mais je suis pour un peu plus de folie, d’originalité.
- Un style un peu trop plat.
Même remarque que pour le formatage : pas de prise de risque, peu de figures de style, donc un roman pas très marqué, sans réelle «patte», dans lequel on ne risque pas de relire trente fois la même phrase juste parce qu’elle nous a touché.
Conclusion :
Une bonne histoire, une bonne documentation pour un livre intelligent, intéressant et divertissant, après tout on ne lui en demande pas beaucoup plus. Par contre, on ne dira jamais assez qu’il s’agit d’une fiction et de rien d’autre. Chattam n’est pas Chomsky, il ne décrypte pas l’histoire, il en invente. Mieux vaut donc lire les bouquins de Chomsky pour connaître la réalité.
Digression scandaleuse :
Ca y est. Nous sommes en 2010, nous avons miraculeusement survécu à la crise, à la grippe A et saisonnière et même à la main de Thierry Henry contre l’Irlande… Nous sommes donc amenés à harceler les survivants avec des phrases tout droit sorties du congèle : «Bonne année, meilleurs vœux et la santé surtout, hein, c’est le plus important la santé !». Quand on y pense c’est horrible. Etre à ce point désespéré. Se sentir obligé de s’encourager mutuellement, même des gens dont on se fout royalement, qui peuvent crever que ça nous ferait ni chaud ni froid, par pure solidarité, il faut le dire quand même, vaille que vaille ! Et on la sent cette gêne dans les paroles, dans les regards. On n’y croit pas ! Pas une seconde ! On le sait bien qu’elle va être toute pourrie cette année avec la crise, la grippe qui va encore muter, les délocalisations, les guerres qui ne manqueront pas d’occuper nos chers journaleux qui n’attendent que ça, l’émergence de la Chine, l’islamophobie et j’en passe… On le sait bien tous que ce sera un miracle encore si on arrive jusqu’en 2011. D’habitude, on ne se parle pas, on ne se téléphone pas, on ne s’aime pas et là d’un coup on prend conscience qu’il faut se serrer les couilles quand même. Ho bien évidemment ça ne dure pas. Un petit mois et on repart dans notre routine et notre indifférence, tous transparents les uns pour les autres.
Allez, je vais faire comme tout le monde, par pur élan de générosité, et vous souhaiter à tous une bonne année 2010 ! Tâchez de survivre à celle-là une fois encore !
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Porteur d'âmes, de Pierre Bordage
Science fiction, Thriller septembre 12th, 2009

Je suis partagé sur ce bouquin. Une partie de moi le trouve génial, une autre partie le trouve tout juste pas mal.
Déjà, faute sans doute à l’éditeur, il y a énormément de coquilles et fautes. Beaucoup trop. Et c’est très désagréable.
Mais surtout, ce qui m’a le plus emmerdé, c’est le premier personnage, Léonie. Elle est trop gentille, trop naïve, trop… Cosette, pour commencer; mais surtout qu’est-ce qu’elle peut être casse couille à comparer sans arrêt tous les gens qu’elle rencontre à des animaux… A chaque fois elle nous parle de Tante Destinée, la hyène et de Lucius, le paon, et de Johannes, le hibou et c’est franchement insupportable… Qu’elle utilise leurs noms ou qu’elle les désigne par leur animal mais pas les deux en même temps à chaque fois, bordel! Les trois premières pages c’est amusant, on comprend qu’elle a une autre culture que la nôtre mais passées les trois premières pages j’avais une furieuse envie de sauter tous les chapitres dans lesquels elle intervient.
Ensuite il y a le cliché totalement éculé de mettre un personnage bien blanc, bien favorisé et un tantinet raciste dans la peau d’une femme noire. L’intention est bonne, j’avais d’ailleurs l’idée d’écrire une histoire comme celle-là quand j’avais dix-huit ans mais littérairement, artistiquement c’est quand même pas terrible…
Et puis pour finir, il y a cette happy end, insupportable, absurde, improbable qui se rapproche du deus ex-machina.
Comment une partie de moi peut le trouver génial malgré tout ça? Mon âme d’enfant, simplement et puis mon côté anti-raciste. J’aime bien les bonnes intentions, les rêves, la naïveté… Hé oui j’ai encore quelques restes malgré la littérature trash que je lis et que j’écris.
Concernant l’histoire, c’est celle de trois personnages: Léonie, jeune africaine expatriée par sa tante pour être prostituée en France, Cyrian, jeune français intégrant une société secrète qui expérimente le transport d’âmes d’un corps à l’autre et Edmé, flic blasé qui attend la mort et qui tombe sur un charnier qui va le faire remonter jusqu’à cette confrérie.
Un livre pour lequel il vaut donc mieux être averti…
Tags: ames, critique, pierre bordage, porteurs d ames
Forteresse digitale de Dan Brown
Thriller juillet 1st, 2008
Gnark gnark gnark… La critique de Forteresse digitale de Dan Brown… J’adore les bouquins de ce type. Ils incarnent tout ce que je déteste en littérature. Je les ai tous lu. Contradiction? Non: mon père est vraiment fan et donc il les achète
tous dès qu’ils sortent. Et moi comme je suis souvent en dèche de livres…
Et puis concrètement, du Dan Brown, ça se lit tout seul: pas de mot compliqué (ou alors dans les rares cas où ça arrive il consacre toujours un paragraphe ou deux pour l’expliquer), pas de style, sujet, verbe complément, des personnages sans aucune psychologie… C’est un peu comme bouffer des chips: la main fait des va et vient du paquet à la bouche sans qu’on s’en rende vraiment compte. En même temps c’est pour ça qu’il en vend autant, ça se vend comme des paquets de chips! Ben oui parce que grâce à lui n’importe quel décérébré peut donner l’impression d’être intelligent: il lit! Et il ne lit pas n’importe quoi en plus: du techno thriller… Ca en jette quand même!!
J’ai donc lu tout ses livres: le Da Vinci code, Anges et démons, Deception point et donc, forteresse digitale, dans l’ordre. Petit détail amusant: sur l’édition que se procure mon père, c’est toujours marqué derrière que c’est son premier roman, pour les 4!!! Mais bon, en même temps on sait tous que Brown est un mythomane patenté, c’est même son fond de commerce. Grâce à ça, le Da Vinci code est devenu un best seller mondial et lui une légende. Il suffisait de faire passer sa théorie sur le Graal pour véridique et paf on n’a plus parlé que de ça… Bref, si Brown est un érivain très médiocre il est en revanche un excellent marketeur. Réussir à vendre des romans comme ceux-là à des millions d’exemplaires, c’est franchement génial.
Enfin, je suis un peu dur: pour un premier roman, le Da Vinci code est sincèrement excellent. Même s’il fait passer pour vrais des éléments totalement faux, on se laisse prendre au jeu et il amène le lecteur à se poser des questions pertinentes. Et puis, concrêtement, tout écrivain est, par essence, un mythomane… On passe notre vie à mentir, à manipuler le lecteur, à inventer des histoires, des mythes et même, souvent, on s’invente une vie, on devient soi-même un personnage (comme Jean Ray ou Malraux). A la base, si on écrit, c’est qu’en général notre réalité ne nous plait pas, alors on se réfugie dans d’autres mondes inventés de toute pièce. Perso j’en suis pas au point de m’inventer une vie: la mienne est suffisamment « romanesque » pour m’en contenter.
Enfin bref! Ce qui me dérange plus c’est que normalement l’écrivain se bonnifie avec le temps. On s’améliore, découvre de nouvelles techniques, corrige ses erreurs, approfondit sa culture générale… Alors que lui c’est de pire en pire! Je pensais qu’il aurait du mal àtomber plus bas que Deception point, hé ben il a réussi le salaud!!! Franchement respect, robustesse…
Faire le catalogue de tout ce qui ne va pas me semble impossible. Du début à la fin j’ai eu le sentiment d’être pris pour un con. Non seulement ses personnages sont des caricatures et toujours les mêmes (le bel universitaire super intelligent (et blanc) et sa copine super belle et super intelligente qui le reprend chaque fois qu’il fait une boulette, le couple parfait quoi!!), non seulement la langue est digne de la bibliothèque verte (je suis gentil là encore…) mais en plus il se casse même pas le cul à changer la structure de son récit… C’est toujours rigoureusement le même schéma, la même happy end avec le couple qui se retrouve dans le même lit, les mêmes rebondissements aux mêmes moments… Résultat: au premier on se demande un peu qui est le méchant et comment ça va se finir, au quatrième c’est fini. Dès qu’on croise le méchant pour la première fois, on sait que c’est lui le méchant: il est toujours présenté comme un gentil qui peut pas être méchant. Il y a aussi le faux méchant, mais lui on sait tout de suite qu’il est pas méchant puisqu’il est présenté comme le méchant… C’est simple: c’est le premier bouquin que je lis où je sais tout ce qui va se passer au moins 4 chapitres avant que ça arrive!! Le pire c’est la scène finale avec le compte à rebours (le fameux compte à rebours si stressant et si pratique pour faire monter la tension du lecteur…) avec des types qui ont tous au moins bac +8, sans compter l’expérience et à qui on a envie de dire mais vous êtes complètement cons c’est pas possible… Il y a au moins 20 pages où on les voit s’agiter et paniquer pour trouver un code qu’on avait déjà trouvé avant qu’ils commencent à chercher… Et évidemment on sait qu’ils vont le trouver, mais pas trop tôt ni trop tard, juste à la dernière seconde…
Brown est passionné par les codes et les énigmes et donc il en truffe tous ses romans. Le problème c’est que là c’est niveau sixième, alors que ses personnages sont des cryptologues, professeurs d’université et informaticiens, et les meilleurs du monde en plus… Donc d’après Brown il faut croire que je suis plus intelligent que les plus brillants cerveaux du monde. Flatteur mais vraiment pas crédible. Je n’ai même pas espéré que le niveau remonterait à un moment ou à un autre. Avec Brown, plus on avance, plus le niveau baisse. Cette fois il a même été jusqu’à comettre des boulettes monumentales: un tueur sourd qui entend les pas de sa cible (…) et des personnages plongés dans les ténèbres complètes qui voient, d’un coup d’un seul, et puis qui voient plus, sans explication… Bref du travail bâclé du début à la fin. Consternant!
Bon, je vais quand même évoquer les côtés positifs. Si si! Il y en a… Déjà, les livres de Brown ont l’avantage d’amener à la lecture des gens qui ne lisent jamais et qui n’ont pas envie de se taper la honte à lire des Oui oui ou la Bibliothèque verte histoire de se cultiver un peu. Dans un monde où la vidéo prend de l’ampleur par rapport au livre, je trouve ça quand même intéressant.
L’autre avantage c’est que Brown se renseigne pas mal pour chaque bouquin. Donc lire du Dan Brown cultive… On y découvre des cathédrales, de la géographie, tout un tas de petits détails assez intéressants qui ne font de mal à personne. Le problème c’est que Brown est un mytho et qu’il mélange la réalité avec l’invention, donc tous ces petits détails sont à prendre avec des
pincettes…
Tags: copier coller, critique, dan brown, forteresse digitale, grosse merde, livre de gare, merde







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