Vous avez déjà croisé dans la rue quelqu’un qui rit tout seul ou qui sourit d’un coup? Hé ben moi ça m’arrive assez souvent ça. Je suis dans la rue, tranquille, mes pensées vagabondent et, pour une raison ou une autre, je pense à un truc qui m’a fait choper une grosse barre (et il y en a…) et là je suis obligé de me mordre méchamment les lèvres pour pas me taper la honte. Mais il y a des moments où je peux me mordre jusqu’au sang, ça sort quand même.
Exemple: Cours d’économie en amphi. Après la pause syndicale, je retourne à ma place, avec mon pote. Du tout début de la reprise jusque bien après le cours, je pouffais de rire. J’essayais de me retenir, et, en fait, je me retenais, parce que c’est pas pouffer que je faisais intérieurement, je pleurais de rire, fier de ma connerie. Pourquoi? Tout simplement parce qu’en revenant à ma place, il fallait passer devant une fille, au demeurant assez jolie. Elle se serre contre la table de derrière, je passe devant et à ce moment précis, je crois lâcher une toute petite flatulence toute discrète. Le genre de truc qu’on fait 20 fois dans la journée sans même s’en rendre compte. Et en faisant ça, intérieurement, je me dis « Tiens, toi! Prends-toi ça dans la gueule! ». Oui oui, je sais c’est pathétique, puéril, profondément débile mais je SUIS débile, que voulez-vous? C’aurait pu s’arrêter à cette satisfaction personnelle, ce flattage d’ego que de se lâcher sur une jolie fille, mais non… Cruel destin, cruel estomac… « Y en a un qui s’est lâché là non? » me demande mon pote. Je renifle à mon tour pour prendre conscience que la question est d’une connerie terrible. Cela dit, quand on pose cette question c’est une façon de dire: « C’est pas à moi, ça!!!! » et moi de répondre avec mon air le plus innocent: « Ha ouais et puis bien en plus le salaud!!! ». La « petite flatulence toute discrète » était en fait un redoutable agent double! Jamais je me serais imaginé ça. Je venais de recomposer dans mon ventre le redoutable zicklon B qui a exterminé tant de juifs!!! J’exagère à peine: pendant 10 minutes, partout autour de nous, on voyait les gens se boucher le nez et se plaindre. Les 3 bombes qui étaient juste devant nous: « Non mais c’est horrible! », les zigotos de derrière: « Putain faut ouvrir les fenêtres, je vais tomber dans les pommes! ». J’avais été dupé par mes sensations gastriques!!! Je venais de perpétrer à mon insu un véritable attentat. Je n’ai pas osé regarder la jeune fille à qui j’avais fait ce cadeau innocemment bien empoisonné. Je l’imaginais toute raide, toute tendue et surtout verte, jaune ou bleue (Bioman, Bioman, héros de l’univers!!!!! Ok je sors…), proche de la syncope. Je ne pouvais pas revendiquer un tel crime. J’avais déjà du mal à croire que j’étais le responsable de ce chaos. D’ailleurs qui me dit que j’en étais bien le responsable? Si ça tombe c’est elle la coupable!!!!! Si ça tombe elle a fait exactement comme moi mais en plus sadique. Enorme coïncidence mais pourquoi pas?
Toujours est-il que tout le restant du cours j’étais hilare et fier. A mon avis, en voyant mes épaules bouger et en m’entendant souffler de rire toutes les 30 secondes, les gens de derrière ont du me griller. Et après le cours, une fois seuls, j’ai quand même avoué mon crime à mon pote qui m’a traité, évidemment. Mais encore maintenant quand on y repense c’est avec la larme à l’oeil…

Bon l’humour scato, c’est fait. Ben oui que voulez-vous? Je suis capable du meilleur comme du pire (mais dans le pire c’est moi le meilleur, maintenant que Coluche nous a quitté. ^^). Je suis capable de déclarations enflammés, d’envolées lyriques, de poèmes passionnés… Je suis capable de faire réfléchir, d’émouvoir, de faire pleurer… Le destin m’a donné ce don en me donnant une vie riche et intense. Enfin bref, je suis capable de tout ça, et… je suis capable aussi d’une bassesse et d’une vulgarité pareille… Ben oui j’ai pas été élevé dans la noblesse mais dans le fumier faut pas l’oublier. Ma noblesse elle me vient du coeur, pas d’autre chose. Et puis, même Seiya a des flatulences…