
J’ai appris la nouvelle, assis sur mes chiottes; réalité quand tu nous tiens… J’avais attendu le coup de téléphone toute la journée. Une seconde après, un ami à qui je n’avais pas parlé depuis de longs mois m’appellait. Un peu plus tôt ça m’aurait fait plaisir, un peu plus tard aussi. « Je te rappelle tout à l’heure ». Aucun des deux n’a encore rappelé l’autre. Combien de temps ai-je attendu ce coup de téléphone? Une heure? Deux heures? Je crois plutôt que ça se compte en mois, voire en années. Aucune autre fin possible à ce trop court roman. La mise en scène était parfaite, hormis ma pitoyable prestation. Chacun avait pu lui dire tout ce qu’il avait à dire et elle avait dit à chacun ce qu’elle avait à dire. Elle a choisi de mourir le jour de l’anniversaire de son petit ami, et la veille du mien.
3 ans de souffrances, d’espoir, de désespoir, de dépressions, d’angoisses, de nausées, de vertiges, de piqûres, de cachets, de fausses nourritures, d’examens, de radios, de diagnostics, de questions existentielles, de larmes, de courage, de lutte, de dignité, de révolte, de beauté, de tragédie, de noblesse, enfin.
Le ciel était criblé d’étoiles. J’avais fini ma clope. En regardant le ciel, j’ai vu une énorme étoile filante, comme je n’en avais jamais vu de ma vie. J’ai compris en la voyant s’exploser que j’avais un roman à écrire, une vie à ressuciter, un combat à perdurer, et à gagner…
A ceux qui se plaignent de leurs vies, de leurs soucis, de leurs ruptures, de leurs boulots, je demande de penser à Marie-Claude et aux centaines de millions de gens qui sont infiniment plus malheureux qu’eux sur cette planète. On a tous des coups de déprimes, des passages à vide, des épreuves difficiles à supporter, même moi, mais si au lieu de nous dire que ça pourrait être mieux, on se disait que ça pourrait être bien pire, on se porterait tous beaucoup mieux.
Oui pour l’instant ce blog est plutôt triste, mais laissez-moi un peu de temps, et je vous en ferai un conte de fées…

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