John Rambo
Cinéma juillet 20th, 2008
Hé oui. On peut être écrivain, produire des oeuvres qui fustigent le racisme, lire du Céline, du Hugo, du Borgès, être abonné à Marianne et se gaver de films à la con… C’est sans doute parce que je ne suis moi-même qu’un écrivain à la con, un écrivaillon, un écrivastre comme disait à peu près Ronsard en son temps. Sans doute.
On peut aussi ne pas se prendre au sérieux et faire souffler ses neurones une heure et demie de temps en temps. C’est humain non?
Il est aussi humain de s’enivrer de violence, de sang et d’extrême virilité. A une époque on avait pas le cinéma, alors on prennait un fusil et on allait buter son voisin qui parlait pas la même langue, le saligod! Aujourd’hui on a John Rambo et ça va beaucoup mieux! Parce que non ça ne suffit pas toutes ces images de la guerre en Irak auxquelles on ne prête même plus attention tellement c’est devenu banal. 15 morts aujourd’hui? Ben ça va, on est loin du reccord de 56 morts, petite journée dis donc! Ben je vais me regarder Rambo du coup tiens!
Il y a des films de guerre, je suppose la plupart, qui dénoncent la guerre. Et John, au début du film, on sent qu’il s’est maté Full metal jacket et Apocalypse now peu de temps auparavant. Pas motivé le Johnny… Il nous fait sa chochotte, encore un coup. Et cette fois pas de colonel pour le motiver à buter du totalitariste et du génocideur… On se dit que ça craint quand même!
Mais en même temps il faut le comprendre. A passée la soixantaine, on a plus super envie de jouer aux petits soldats. Place aux jeunes! Bé oui mais c’est à dire que les légendes ne meurrent jamais. De la même façon qu’on a rappellé Zidane pour la dernière coupe du monde, là on a BESOIN de Rambo!!!! On s’est demandé pour Zidane et plus tard pour Thuram si c’était pas la coupe du monde ou l’euro de trop, et là on se le demande aussi… Pendant que d’autres arrêtent de buter tout ce qui bouge pour faire de la politique, notre bon Sly s’entête, refusant de raccrocher et faisant tout dans son film, comme un gamin tout excité. Et sur la pellicule, ça donne quoi?
Ca donne ça:



Tags: critique, deambulateur, film, John rambo, ridicule, silvester stalone, sly, tuerie
Les people battus
Conneries juillet 11th, 2008
L’émotion concernant les nouvelles statistiques sur les femmes battues commence à s’estomper. C’est toujours comme ça maintenant: beaucoup d’émotion à courte dose, le culte de l’éphémère, plus de mai 68, chacun fait grêve à tour de rôle, juste des soubresauts… Il faut dire que tout ça est tellement banalisé aujourd’hui. Les médias nous innondent chaque jour d’émotions et d’informations, si bien qu’on ne s’en émeut plus VERITABLEMENT. Tant de combats à mener, tant de scandales et de drames que pour finir on ne fait plus rien, juste un geste histoire de dire qu’on est pas content. Sans plus.
On en oublie même les plus à plaindre dans ces statistiques: les hommes battus. Ben oui parce que pour une femme, c’est douloureux, dégradant, scandaleux… Mais pour un homme, c’est déjà tout ça mais en plus… c’est franchement humiliant. Qui n’a pas souri, même intérieurement, en entendant ces stats sur les hommes battus? Vous vous imaginez être un homme et vous pointer au commissariat, tout penaud, tout craintif, dire à l’oreille du gardien de la paix qui fait l’accueil que votre femme est militaire et championne de kick boxing alors que vous êtes champion de mots croisés et président du club de Question pour un champion de Triffouillis les oies, et qu’elle vous a marrave votre race la nuit dernière parce que vous n’aviez pas fait la vaisselle? Pas facile hein?
Mais il y a pire encore! Si si je vous assure! Imaginez: déjà vous êtes un homme, un nabot, certes, mais un homme, et un homme puissant qui plus est, très puissant, disons président de la République par exemple… Vous êtes marié, comme il se doit, à une très belle femme, disons un mannequin, qui fait donc 40 bons centimètres de plus que vous, et avec un sale caractère qui plus est… Autant dire que son genou arrive facilement au niveau de votre nez…
Hé ben si vous l’énervez, en faisant une remarque sur les italiennes et la vaisselles par exemple, ça donne ça:










Tags: battus, frappe, friends, hugh laurie, jude law, people battus, reine elizabeth, sarkozy battu, scarlet johansson, tom hanks
Hitman, le film
Cinéma juillet 7th, 2008
Et on y est tellement habitués qu’en plus… ça marche! Prenons un exemple concrêt: le Da Vinci code. C’est quand même une sacrée *****: des personnages sans la moindre vie, de vulgaires baudruches, une narration indigne de la bibliothèque verte sans la moindre recherche stylistique, le moindre effort de vocabulaire. Ce qui en fait le succès c’est la théorie du complot (on joue sur la paranoïa de masse, aspect essentiel de la psychologique améri… euh humaine je veux dire) et on utilise la technique bien connue du cliffhanger (on finit toujours un chapitre par un élément de suspense et on parle de tout autre chose dans le ou les chapitres qui suivent). Et voilà…
Il y a aussi Plus belle la vie… Alors là j’ai aucune explication. C’est un roman photo filmé. Les acteurs sont ultra mauvais. Le réalisateur est ultra mauvais. L’histoire est méga pourrie. Les dialogues sont improbables… Et ça cartonne, comme Les Feux de l’amour. Bon… Pourquoi pas?
Vous me direz « Ben toi aussi t’es fan des nanards, tu devrais comprendre non? » Ben non. Parce que je suis fan des nanars quand le nanar est évident. Si je vais au ciné, que je paye près de 9€ et que je tombe, involontairement, sur un nanar, je crie au scandale!!!! Ha non! Moi j’aime les nanars qui s’assument! Les nanars que quand tu vois le titre et l’affiche, tu sais que tu vas voir une ***** pas possible!!! Genre Ken le survivant… Alien versus Prédator requiem… Super Mario Bros… Street fighter… Là y a pas de surprise: celui qui paye 9€ pour aller voir ce genre de film en s’attendant à voir un chef d’oeuvre il a décidément rien compris à la life.
Bref, tout ça pour en venir à Hitman…
Je n’avais jamais joué au jeu vidéo dont il est issu mais j’en avais évidemment entendu parler. Je savais qu’il s’agissait d’un assassin. Rien de plus… Sur l’affiche, une bombe sexuelle et un crâne rasé avec des flingues. Je m’attends donc à des fusillades, du sang partout, des combats sans arrêt et du cul… Voilà du nanar qui s’annonce comme je les aime… ^^
Je vois la bande annonce: ça confirme. Effectivement ça canarde de partout. Alors je me lance et je regarde, avec ce petit pincement à l’estomac qui est là pour me dire que je suis en train de faire une belle connerie, que je vais très probablement regretter… Mais je m’en fous, je suis un ouf, je suis un dingue, je suis un aventurier, moi pas peur!!!
Bon autant le dire tout de suite: niveau cul je me suis fait arnaquer vertement. ^^ En même temps c’est ma faute: j’aurais du mieux me renseigner sur l’agent 47… C’est une machine à tuer, pas à baiser. Tuer il le fait mieux que personne. Baiser ça a jamais du lui arriver et visiblement il a pas du tout envie que ça lui arrive. (Mais quel *** ******… ^^).

Par contre niveau bagarre, fusillade, ça y va et ça rattrape. Les images sont belles, la meuf est belle aussi… Ca va aller, je devrais pas trop regretter.
Par contre, évidemment, le personnage de Hitman déjà… On dirait le même avec 15 ans de moins. Ce petit détail titille du début à la fin. Limite plus que son invincibilité. Parce que c’est vrai que là aussi ça ne frise pas le ridicule… c’est franchement n’imp. Vous avez vu Le Transporteur 2? Ben pire. En fait, l’agent 47 a été fabriqué de toute pièce dans un camp spécialisé où on récupère des gamins, orphelins, pour en faire des tueurs parfaits. Notre héros est le meilleur de ces assassins. Ok. Mais de là à mettre une rouste aussi facilement à 4 de ses congénères en même temps et à armes égales… Doit y avoir un bug dans le système…
Donc là déjà, ça *****. Dans le même genre on avait Léon, que je considère personnellement comme un excellent film de la meilleure période de Luc Besson, sauf que le tueur invincible… ne l’était pas totalement. Là c’est pareil sauf qu’à la place de l’attachante petite Nathalie Portman, on a une pute (mais quelle pute… ha la belle pute, vraiment ^^). Elle aussi chamboule un peu la vie de notre froid assassin. Et lui aussi pourrait faillir à cause de ça. On y croit. On y croit… Hé bé non. L’agent 47 a vu Léon lui aussi et il va pas se faire baiser par une pute! Peut-être avec une heure de film supplémentaire… Ou une suite. Mais non. Elle le fait chier, indubitablement, mais ça suffit pas. Monsieur 47 est invincible et pis c’est tout!
Niveau scénario évidemment c’est catastrophique mais ça, fallait s’y attendre. Adaptation de jeu vidéo oblige… Bizarrement c’est plus les adaptations de livres qui donnent de bons scénarios (et bien souvent de bons films, mais pas toujours: Da Vinci code…). Alors là… Pas compris. C’est le meilleur des meilleurs. Il se fait logiquement poursuivre par Interpol. La CIA est de son côté. Il tombe dans un complot à la *** en acceptant un contrat. Mais alors pourquoi son association à but purement lucratif décide de le tuer alors qu’il est le meilleur des meilleurs? Il remplit toujours ses contrats à la perfection, donc rapporte énormément de pognon… Et ils décident d’envoyer d’autres bons éléments se faire buter en essayant de le supprimer… Mouais… L’histoire du complot en lui-même déjà c’est vraiment pas clair. Enfin bref, tout ça n’est évidemment qu’un prétexte pour une bonne boucherie bien filmée, avec de belles images, des dialogues passables mais évidemment aucune fantaisie, aucune prise de risque… Production Besson quoi. Niveau réalisation, apperçu global, c’est de la même trempe que les Yamakasi, Taxi etc etc Du divertissement pur et dur, sans risque. Tout à fait louable donc… Personnellement je regrette juste qu’il n’y ait pas un peu plus d’autodérision dans ces films, histoire d’achever totalement d’assumer le côté nanar du projet. Enfin soit…

Pour conclure, je dirais simplement qu’on a là un bon nanar, sans plus, loin du kitch de Ken le survivant (que je conseille vivement, franchement c’est énorme!!! Téléchargez-le ou achetez-le (doit pas coûter bien cher mais doit être dur à trouver quand même…)) avec une belle meuf et une belle erreur de casting. Vous prenez pas la tête sur le scénario de toute façon il sert à rien. Profitez des images, des quelques répliques intéressantes et des fontaines d’hémoglobine. Exclusivement pour spectateurs avertis ayant parcouru cet article donc. ^^
Note normale: 1/5

Note nanar: 4/5




Tags: adaptation jeu video, film, hitman, nanar
Fête de la musique
Souvenirs, souvenirs... juillet 2nd, 2008
Hé oui! Le 21 juin c’est la fête de la musique depuis que l’ami Jack Lang l’a instauré, il y a maintenant un très long moment. Et grâce à ça sa côte de popularité a explosé…
Et donc le 21 juin on a le choix puisqu’à peu près toutes les villes fêtent la musique. Dans mon cas, en gros, j’avais le choix entre Lille et… Bouchain.
Bouchain… Commune de 4300 habitants qui vient juste de changer d’équipe à la mairie. Celle-ci a voulu frapper un grand coup pour son intronisation avec la fête de la musique. Et, effectivement, elle a frappé un ****** de grand coup en invitant une star internationale, un truc de ouf, une légende vivante de la variété française, hé oui mesdames et messieurs, j’ai nommé… Johnatan Cerrada!!!!!!!!!! Hein? Bé si enfin… Johnatan Cerrada! Vous avez forcément téléchargé son cultissime album et vous devez forcément chanter ses tubes dans votre voiture et sous votre douche enfin!!!! Non? Bon ben on va vous rafraîchir la mémoire. 2003. M6. La nouvelle star. Ha? Ca commence à vous titiller les souvenirs? Mais oui ce jeune bogosse tout blond avec une coiffure pas possible qui chantait « je t’attend je t’attend je t’attend je t’attend je t’attend » (hé ouais je suis un grand fan je connais sa chanson par coeur, là je vous l’ai sorti de tête, comme ça, sans chercher sur Internet, rien. Vous êtes calmés hein? Ca vous en bouche un groin hein? ^^).



Jack Lang!!!!!!!! Reviens!!!!!!!
Les Chaînes d'Eymerich de Valerio Evangelisti
Science fiction juillet 1st, 2008
On va commencer notre série de critiques avec un beau morceau: Les Chaînes d’Eymerich de l’italien Valerio Evangelisti.
Pour ceux qui l’ignorent, je suis un grand fan d’Evangelisti et de sa saga des Eymerich. Niveau SF, fantasy je suis plutôt du genre exigeant mais cet italien réussit chaque fois sans problème à combler mes attentes de lecteur. Le fait qu’il soit de gauche et qu’il pourfende les groupuscules d’extrême droite avec subtilité et discrétion dans chacun de ses bouquins n’y est certainement pas étranger. Cela dit je suis aussi fan de Dantec qui est plutôt droite droite droite (presque extrême le fumier) donc ça n’explique pas tout loin de là.
Le style est parfait. Il n’en fait ni trop ni pas assez. Tout est compréhensible sans être destiné à des demeurés. On en apprend pas mal sur la fin du moyen âge, l’inquisition, les religions, le pouvoir de l’époque…
Le personnage principal, inquisiteur de son état, est toujours aussi anti-charismatique et on passe plusieurs heures à se dire des trucs du genre « Ha le batard!!!! » ce qui est évidement jouissif. On prend un plaisir sadique à voir comment ce petit bonhomme va réussir à massacrer tous les hérétiques tout en leur prouvant qu’ils sont dans l’erreur et tout ça « sans excès » et dans les règles de l’art, avec charité chrétienne, miséricorde et torture, mais seulement quand c’est nécessaire… Allez savoir pourquoi mais en lisant ce livre Eymerich m’a fait penser à notre président de la République national…
Cette fois, notre joyeux luron se doit d’éradiquer une menace cathare située en Savoie. La secte y est parait-il implantée et on peut y voir des monstres étranges mais pas méchants…
En parallèle, le XXème siècle et le nazisme. Hitler rassemble des scientifiques pour éradiquer les races inférieures mais aussi la race parfaite, si possible immortelle…
Comment l’hérésie cathare du moyen-âge rejoint elle les méfaits de l’eugénisme allié au nazisme au XXème siècle? Vous le saurez en lisant ce livre, l’un des meilleurs de la saga qui, en plus, vous réserve une fin complètement inattendue et prenante.
Amateur de bonne littérature, vous devez lire Les Chaînes d’Eymerich!!
Tags: critique, evangelisti, les chaines d eymerich, valerio evangelisti
Forteresse digitale de Dan Brown
Thriller juillet 1st, 2008
Gnark gnark gnark… La critique de Forteresse digitale de Dan Brown… J’adore les bouquins de ce type. Ils incarnent tout ce que je déteste en littérature. Je les ai tous lu. Contradiction? Non: mon père est vraiment fan et donc il les achète
tous dès qu’ils sortent. Et moi comme je suis souvent en dèche de livres…
Et puis concrètement, du Dan Brown, ça se lit tout seul: pas de mot compliqué (ou alors dans les rares cas où ça arrive il consacre toujours un paragraphe ou deux pour l’expliquer), pas de style, sujet, verbe complément, des personnages sans aucune psychologie… C’est un peu comme bouffer des chips: la main fait des va et vient du paquet à la bouche sans qu’on s’en rende vraiment compte. En même temps c’est pour ça qu’il en vend autant, ça se vend comme des paquets de chips! Ben oui parce que grâce à lui n’importe quel décérébré peut donner l’impression d’être intelligent: il lit! Et il ne lit pas n’importe quoi en plus: du techno thriller… Ca en jette quand même!!
J’ai donc lu tout ses livres: le Da Vinci code, Anges et démons, Deception point et donc, forteresse digitale, dans l’ordre. Petit détail amusant: sur l’édition que se procure mon père, c’est toujours marqué derrière que c’est son premier roman, pour les 4!!! Mais bon, en même temps on sait tous que Brown est un mythomane patenté, c’est même son fond de commerce. Grâce à ça, le Da Vinci code est devenu un best seller mondial et lui une légende. Il suffisait de faire passer sa théorie sur le Graal pour véridique et paf on n’a plus parlé que de ça… Bref, si Brown est un érivain très médiocre il est en revanche un excellent marketeur. Réussir à vendre des romans comme ceux-là à des millions d’exemplaires, c’est franchement génial.
Enfin, je suis un peu dur: pour un premier roman, le Da Vinci code est sincèrement excellent. Même s’il fait passer pour vrais des éléments totalement faux, on se laisse prendre au jeu et il amène le lecteur à se poser des questions pertinentes. Et puis, concrêtement, tout écrivain est, par essence, un mythomane… On passe notre vie à mentir, à manipuler le lecteur, à inventer des histoires, des mythes et même, souvent, on s’invente une vie, on devient soi-même un personnage (comme Jean Ray ou Malraux). A la base, si on écrit, c’est qu’en général notre réalité ne nous plait pas, alors on se réfugie dans d’autres mondes inventés de toute pièce. Perso j’en suis pas au point de m’inventer une vie: la mienne est suffisamment « romanesque » pour m’en contenter.
Enfin bref! Ce qui me dérange plus c’est que normalement l’écrivain se bonnifie avec le temps. On s’améliore, découvre de nouvelles techniques, corrige ses erreurs, approfondit sa culture générale… Alors que lui c’est de pire en pire! Je pensais qu’il aurait du mal àtomber plus bas que Deception point, hé ben il a réussi le salaud!!! Franchement respect, robustesse…
Faire le catalogue de tout ce qui ne va pas me semble impossible. Du début à la fin j’ai eu le sentiment d’être pris pour un con. Non seulement ses personnages sont des caricatures et toujours les mêmes (le bel universitaire super intelligent (et blanc) et sa copine super belle et super intelligente qui le reprend chaque fois qu’il fait une boulette, le couple parfait quoi!!), non seulement la langue est digne de la bibliothèque verte (je suis gentil là encore…) mais en plus il se casse même pas le cul à changer la structure de son récit… C’est toujours rigoureusement le même schéma, la même happy end avec le couple qui se retrouve dans le même lit, les mêmes rebondissements aux mêmes moments… Résultat: au premier on se demande un peu qui est le méchant et comment ça va se finir, au quatrième c’est fini. Dès qu’on croise le méchant pour la première fois, on sait que c’est lui le méchant: il est toujours présenté comme un gentil qui peut pas être méchant. Il y a aussi le faux méchant, mais lui on sait tout de suite qu’il est pas méchant puisqu’il est présenté comme le méchant… C’est simple: c’est le premier bouquin que je lis où je sais tout ce qui va se passer au moins 4 chapitres avant que ça arrive!! Le pire c’est la scène finale avec le compte à rebours (le fameux compte à rebours si stressant et si pratique pour faire monter la tension du lecteur…) avec des types qui ont tous au moins bac +8, sans compter l’expérience et à qui on a envie de dire mais vous êtes complètement cons c’est pas possible… Il y a au moins 20 pages où on les voit s’agiter et paniquer pour trouver un code qu’on avait déjà trouvé avant qu’ils commencent à chercher… Et évidemment on sait qu’ils vont le trouver, mais pas trop tôt ni trop tard, juste à la dernière seconde…
Brown est passionné par les codes et les énigmes et donc il en truffe tous ses romans. Le problème c’est que là c’est niveau sixième, alors que ses personnages sont des cryptologues, professeurs d’université et informaticiens, et les meilleurs du monde en plus… Donc d’après Brown il faut croire que je suis plus intelligent que les plus brillants cerveaux du monde. Flatteur mais vraiment pas crédible. Je n’ai même pas espéré que le niveau remonterait à un moment ou à un autre. Avec Brown, plus on avance, plus le niveau baisse. Cette fois il a même été jusqu’à comettre des boulettes monumentales: un tueur sourd qui entend les pas de sa cible (…) et des personnages plongés dans les ténèbres complètes qui voient, d’un coup d’un seul, et puis qui voient plus, sans explication… Bref du travail bâclé du début à la fin. Consternant!
Bon, je vais quand même évoquer les côtés positifs. Si si! Il y en a… Déjà, les livres de Brown ont l’avantage d’amener à la lecture des gens qui ne lisent jamais et qui n’ont pas envie de se taper la honte à lire des Oui oui ou la Bibliothèque verte histoire de se cultiver un peu. Dans un monde où la vidéo prend de l’ampleur par rapport au livre, je trouve ça quand même intéressant.
L’autre avantage c’est que Brown se renseigne pas mal pour chaque bouquin. Donc lire du Dan Brown cultive… On y découvre des cathédrales, de la géographie, tout un tas de petits détails assez intéressants qui ne font de mal à personne. Le problème c’est que Brown est un mytho et qu’il mélange la réalité avec l’invention, donc tous ces petits détails sont à prendre avec des
pincettes…
Tags: copier coller, critique, dan brown, forteresse digitale, grosse merde, livre de gare, merde
La Prophétie des Andes de James Redfield
Littérature spirituelle juillet 1st, 2008
Comme promis, voici la fiche de lecture de la Prophétie des Andes, de James Redfield.
En
préambule, je tiens à souligner que ce livre est un best seller, vendu
à plusieurs millions d'exemplaires à travers le monde et qu'il a changé
la vie de pas mal de gens.
Car ce livre est un roman mais c'est
avant-tout un livre de « spiritualité ». Je le conseille vivement (il
m'est même arrivé de l'offrir (à mon pire ennemi d'ailleurs ^^)) à tous
ceux qui cherchent leur chemin, qui sont saturés par la société de
consommation, qui ont besoin de trouver un sens à leur vie, de
retrouver un peu de sérénité.
Comme roman d'aventure, il faut bien
le reconnaître, c'est vraiment nul. L'action est linéaire, pas vraiment
de suspense, les personnages n'ont aucune psychologie, le tout est mal
amené, le style est pauvre… Bref, si vous voulez du roman d'aventure,
tournez-vous plutôt vers La Voie royale de Malraux, vous y trouverez
votre compte.
Cela dit, on ne peut pas lui enlever un certain charme
dans ses descriptions des magnifiques paysages du Pérou, même si (hé
oui je suis exigeant mais je pense que c'est normal) Redfield aurait pu
faire bien mieux.
Au niveau spiritualité en revanche, je comprends
que ce livre soit devenu une Bible pour des dizaines voire des
centaines de milliers de personnes. Par moments, on a même un peu peur
de se trouver face au texte fondateur d'une secte, mais à ma
connaissance Redfield n'est pas un gourou. Il a du faire fortune avec
ses bouquins (il en a sorti plusieurs (dont la suite) dans le même
genre histoire de perfectionner un peu son système) mais je ne pense
pas qu'il cherche à manipuler qui que ce soit. Qu'en est-il de sa
philosophie? Difficile à résumer en quelques lignes. La base de tout,
ce sont les coïncidences qui arrivent dans nos vies. Tout le monde
connait ça, les coïncidences: on pense à quelqu'un et paf il nous
téléphone, on rêve de quelque chose et paf ça arrive… D'après
Redfield chaque coïncidence est un message ou un indice qui nous aider
à trouver notre véritable voie, celle qui nous permet de nous épanouir.
D'après lui, Dieu existe mais non sous la forme d'un vieux barbu un
brin tyranique mais d'une énergie infinie et omniprésente dans laquelle
nous pouvons puiser à loisir. Le but du livre est de nous aider à voir,
à sentir et à maîtriser cette énergie qui nous permet de nous sentir
rassuré, confiant, heureux et épanoui. La maîtrise de cette énergie et
de son fonctionnement permet non seulement de trouver sa voix mais
aussi de gérer parfaitement ses relations avec les autres, d'appaiser
ses tentions, ses angoisses…
Expliquer les neufs chapitres serait
trop long mais je pense qu'il y a sans aucun doute du vrai dans ce
qu'il dit. Pourtant, je ne l'appliquerai pas. J'aime trop le « mal » pour
ça. Ce que je veux dire c'est que la vie que promet Redfield me fait
penser au paradis: un monde peuplé uniquement de gentils, sans
passions… La Petite Maison dans la prairie sans Nelly Olson quoi…
Ca doit être mon côté écrivain mais… berk berk berk! Ca n'engage que
moi mais j'adore l'Histoire, les faits divers, les épreuves, les
passions, le rock'n roll… Hé oui je suis un méchant déguisé en gentil
^^ Non mais c'est vrai un monde sans Linkin park, sans Trainspotting,
sans alcool, sans sucre, sans cholestérol… Mais quelle horreur! Du
Francis Lalane et des enfants de coeur partout… Oui, je dois le
reconnaître: le monde se porterait bien mieux sans gens comme moi! Mais
j'y suis et j'ai l'intention d'y rester et c'est pas Redfield qui va me
faire changer d'avis nom de Dieu de bordel de *****!!!
Bon mise à
part cette appréciation toute personnelle, l'énergie et l'aura dont il
parle m'intéresse au plus haut point. Ceux qui ont lu mon blog
attentivement savent qu'il m'ait arrivé des phénomènes pas clairs dans
ma ptite vie dont « l'explosion d'une sorte d'aura » autour de moi. Donc
quand un type dit qu'on a tous une aura plus ou moins forte de
différente couleur suivant son état et ses pensées, et qu'en plus il
explique que la matière (depuis Einstein) n'est rien d'autre que de
l'énergie en mouvement (ce qui en plus me fait penser à l'explication
de Marine à Seiya sur le cosmos, cette grande aura qui apparait quand
un chevalier s'énerve et s'apprête à lancer une attaque qui va défoncer
la race maudite de sa grand-mère à son ennemi juste en face!!!) ça
m'interpelle. Donc si vous me voyez en train de regarder bizarrement
mes doigts ou une plante verte, vous inquiétez pas: je cherche à voir
le cosmos, enfin l'aura quoi! ^^
Sinon niveau histoire: une
ancienne amie dévoile au personnage principal la découverte d'un
manuscrit contenant neuf révélations écrite en araméen (la langue de
Jésus) au Pérou, il paraitrait que le manuscrit peut changer le monde
du coup l'Eglise et le gouvernement sont moyennement d'accords.
Evidemment, le personnage est intrigué et va partir à la recherche du
manuscrit à travers le Pérou, bravant le danger et mille morts, et
s'éveillant progressivement à la nouvelle sagesse du manuscrit
ancien… Neuf révélations, neuf chapitres. Pas compliqué: chaque
chapitre c'est un peu d'histoire qui sert pas à grand chose, thèse,
antithèse, rethèse, exemple illustrant la thèse, synthèse et on
enchaîne sur la prochaine révélation en s'assurant que les précédentes
sont bien assimilées.
Donc un livre intéressant dans tous les cas,
même si on n'applique pas toutes les révélations pour devenir le
nouveau Jésus, on peut quand y apprendre certaines petites choses
utiles quand on est un peu dans le brouillard, notamment. Je le
conseille donc.
Tags: james redfield, lecons de vie, manuscrit des andes, new age, prophetie des andes, religion, secte, spiritualite
Le Mystère de l'inquisiteur Eymerich de Valerio Evangelisti
Science fiction juillet 1st, 2008
Après avoir terminé l’interminable Voyage au bout de la nuit de Céline, je me suis adonné à la lecture d’un de mes écrivains préférés: Valerio Evangelisti.
C’est le quatrième roman de ce célèbre auteur italien que je dévore et toujours avec le même plaisir.
Comment décrire cette véritable folie que sont ses romans? D’abord, vous remarquerez sur la couverture la mention « Science fiction ». Evidemment, c’en est mais… si vous aimez le fantastique, la fantasy ou le roman historique vous devriez adorer également cette série. Effectivement, l’histoire centrale se passe au XVIIème siècle; étrange pour de la science fiction non? Mais ses romans contiennent toujours au moins deux histoires en parallèle et on cherche toujours jusqu’à la fin les liens qui existent entre ces histoires, en général: le passé, le présent et le futur…
Le personnage principal de tous ses romans se nomme Nicolas Eymerich et exerce l’intéressante fonction d’inquisiteur. Lorsqu’on découvre Evangelisti, on est d’emblée désarçonné par pas mal de chose, à commencer par son personnage qui est le plus anti héros de toute l’histoire de la littérature… Il pourrait tout avoir pour lui: il est au service de Dieu, du Bien donc, il est extrêmement intelligent, brave la mort et les pires souffrances sans aucun problème… sauf que… Eymerich est présenté indirectement comme la pire pourriture que la Terre ait jamais porté. Il est complètement paranoïaque, intolérant jusqu’à l’extrême, traître, menteur, fourbe, sadique, sans la moindre trace de pitié, implacable… Bref, il passe son temps à préparer des plans, à faire torturer, à interroger violemment, à juger et tout ça dans le seul et unique but d’imposer par tous les moyens SA propre conception du monde et de la religion…
Ce qui surprend également ce sont les interractions entre le passé et donc les actions de notre tendre inquisiteur et le futur, parfois contemporain, parfois lointain. On ne le voit en général qu’à la fin du roman mais les horreurs du passé ont des conséquences extraordinaires sur le futur et même souvent les événements du futur peuvent avoir des conséquences sur le passé… Bref, du début à la fin du roman, on hallucine!
Pour revenir à celui-ci en particulier, 3 histoires sont narrées. D’un côté, Eymerich se retrouve sur un bateau en partance pour la Sardaigne avec toute une armée dirigée par le roi Pierre IV. On y découvrira que la présence d’Eymerich là-bas est liée à des pratiques païennes pour le moins troublantes, à la présence de forces obscures terrifiantes et de maladies… peu ragoutantes. La deuxième histoire se passe au XXème siècle avec Wilhelm Reich, disciple de Freud aux théories très controversées qui doit faire face à la haine nazie, à la
morale puritaine américaine et au tabou généralisé sur l’orgasme… La troisième histoire se passe dans un futur post apocalyptique (qu’on découvre dans un roman antérieur à celui-ci) où l’amérique est divisée en 3 nations qui sont de véritables dictatures qui envoient les malades et les opposants (même s’ils ne sont pas conscients d’être des opposants eux-même) dans un endroit terrifiant appellé « Lazaret » qu’on découvre à la fin.
Bref un excellent bouquin que je recommande à tous mes fidèles lecteurs en quête d’excellente littérature.
Tags: critique, evangelisti, le mystere de l inquisiteur ey, valerio evangelisti
Acide sulfurique d'Amélie Nothomb
Littérature générale juillet 1st, 2008

Dans la série Amélie Nothomb voilà le ptit dernier. Pas le dernier sorti, le dernier dans ma collection.
Je dois dire que je suis un peu déçu. Bien sûr il y a toujours le style, la peinture des moeurs, le cynisme tout ça… Mais après Antechrista je le trouve un peu fade.
L’histoire se déroule dans le futur. La télé réalité fait des ravages et le dernier concept s’appelle « Concentration ». Il s’agit tout simplement de prendre des gens au hasard dans la rue et de les enfermer dans un camp de concentration nazi, avec des gardes castés, payés et incapables de casser leur contrat sans rejoindre les prisonniers. Tous les jours deux personnes meurent, un peu comme à la star ac; les prisonniers sont torturés, insultés, humiliés, forcés à effectuer des travaux pénibles le ventre vide… et tout ça devant des dizaines de caméras qui diffusent les images pour les millions de gens qui se délectent ou s’offensent du spectacle, mais qui regardent, dans tous les cas.
Dans ce camp il y a une héroïne. C’est la seule prisonnière à conserver sa noblesse et sa dignité malgré les efforts acharnés des bourreaux. Jamais elle ne plie, quelles qu’en soient les conséquences… Et il y a aussi une anti-héroïne, qui va finir par l’admirer, et même par l’aimer, à force d’échecs…
Tout un roman, qui se lit en deux jours, sur les notions de Bien, de Mal, de grandeur, de bassesse, de rapports de force… Une critique de la téléréalité mais… d’un autre côté elle ne fait que pousser à l’extrême le phénomène en s’en servant elle-même et je ne suis pas sûr que ses fins soient plus artistiques que mercantiles.
Bref, je lui préfère nettement Antechrista et Métaphysique des tubes, mais toujours sympathiques quand même. ![]()
Tags: acide sulfurique, amelie nothomb, bof, bon style, critique, livre, pas terrible, sans plus, tele realite
La Brèche de Christophe Lambert
Science fiction juillet 1st, 2008

Hé non Highlander ne se met pas à écrire des bouquins et heureusement pour nous il s’agit d’un homonyme! Si je devais résumer ce livre de science fiction en un mot je choisirais: « Pfffffffiiouuu ».
Je dois dire que je désespérais un peu de me retrouver un nouvel auteur capable de me faire triper et hérisser les poils des fesses. Hé bien me voilà soulagé…
Le genre ressemble à celui d’Evangelisti, même si ce dernier reste un peu plus fou et un peu moins « conventionnel ». Effectivement le seul reproche que je puisse faire à Lambert réside avant tout dans ses personnages un peu trop clichés, même si on est loin des coquilles vides de Dan Brown. On a ainsi le beau héros aventureux et son second nettement moins beau, plus branché « bouquins » que « action ».
En revanche, au niveau documentation, Lambert n’a rien à envier à son aîné et il a également un énorme avantage par rapport à Brown: l’honnêteté. Là où Brown nous fait passer des vessies pour des lanternes, Lambert sépare clairement réalité et fiction dans un court épilogue. Un auteur qui respecte ses lecteurs, ça mérite d’être souligné.
Pour l’histoire, il s’agit d’une uchronie (sous-branche de la SF où on revisite l’histoire en y apportant quelques modifications). En 2061, après avoir abandonné les recherches spatiales, les américains ont réussi à maîtriser les voyages dans le temps. Suite à des magouilles politiciennes, l’utilisation de ces machines est réservée à l’armée et… à une chaîne de télévision qui s’est empressée de rentabiliser l’affaire en proposant un nouveau concept de téléréalité. Risquant de semer le chaos ou de changer l’histoire ils envoient des reporters dans le passé afin de montrer aux téléspectateurs l’assassinat de Kennedy ou la mort de Marilyn Monroe en « direct ». Seulement, passé le phénomène de nouveauté, l’audimat faiblit dangereusement et pour redresser la barre un jeune arriviste propose de filmer et de diffuser le Jour-J, le débarquement des alliés en Normandie… Ils trouvent donc deux reporters suffisamment fous et suicidaires pour se plonger en enfer et en ramener des images. Sauf que tout ne se passe pas exactement comme prévu…
Après un début un peu mou, on se retrouve dans l’action où forcément ça n’arrête pas d’enchaîner, on se demande qui survivra, on se demande ce qui va se passer, on est friands de détails sadiques… Bref on ne lâche plus le bouquin.
Au niveau style c’est jeune, original, simple à lire sans être, là non plus, du Dan Brown, respect du lecteur oblige.
Conclusion:
Un livre original, novateur, instructif et divertissant. Tous les ingrédients sont réunis pour passer un bon moment tout en faisant travailler son cerveau. Monsieur Lambert a gagné un nouveau fan.
Tags: christophe lambert, critique, ecrivain, excellent livre, la breche, lambert, uchronie




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