Bon. Ben ça c’est fait. J’ai enfin terminé ce livre pourtant court. C’était une question d’honneur.

Ce livre m’a été prêté par des amis et Odette Laplaze-Estorgues est une de leurs amis. Ils m’avaient prévenu: « c’est vraiment très bien écrit, elle emploie beaucoup de mots que je ne connaissais pas et donc c’est difficile à lire. » Mais surtout « C’est vraiment très très noir comme bouquin… » Je ne peux que confirmer…

Donc pour commencer, ce livre ne s’adresse pas au commun des mortels. Autant j’essaie d’écrire des textes accessibles à tout le monde, de créer des ponts entre élite intellectuelle et petit peuple, d’ouvrir le champ de la littérature à tout le monde, autant ce livre est élitiste et… franchement rebutant voire écoeurant pour quelqu’un qui ne dispose pas d’un lexique étendu. Si vous n’êtes pas un littéraire, si vous voulez vous mettre à la lecture, ne commencez surtout pas avec La Recluse!

Ce genre de bouquin a sa place dans le monde littéraire. Il en faut pour tout le monde, y compris pour les élites. Ca permet d’accroitre son niveau de langue, une fois qu’on a passé le stade de l’initiation. Seulement c’est pas spécialement ma tasse de thé. Je suis trop tourné vers le prolo pour ça. Là ça pue le prof de français à plein nez. Peut-on critiquer un amour de la langue tel que celui ci? Non.

Ca c’était pour la forme. En ce qui concerne le sujet, « noir », ça ne me semble pas très juste. Ce livre n’est pas « noir », il est franchement glauque et même extrêmement malsain. Odette nous raconte l’histoire de la recluse, une fille qui a couché avec un allemand et qui a donc été tondue et humiliée à la libération. Il en résulte qu’elle en éprouve un profond dégoût de la société et décide, aidée par ses parents, de s’enfermer dans sa chambre et dans le mutisme. Elle est une honte, alors on la cache. Le temps passe, les parents crèvent l’un après l’autre, puis l’un des deux frères… 40 années de réclusion, de phobie sociale, de démence, de survie…

Forcément, fatalement, on commence par se faire c***r terrible. Ben oui, déjà, il faut se faire au style, au lexique tout ça, mais en plus, l’histoire d’une fille qui se retrouve enfermée et qui parle pas… Génial… Les tondues de la libération, en ce qui me concerne, je connaissais déjà, et plutôt bien. Alors me faire un cours là-dessus et me démontrer les effets dévastateurs de la chose, c’était pas franchement nécessaire. En parallèle, on a l’histoire d’une nunuche qui part sur les traces d’Estelle Boulay, la recluse de montaignant, et qui s’identifie à elle, avec forces états d’âmes… Alors oui, on se fait c***r pendant la première moitié du bouquin, qui, heureusement, fait moins de 300 pages.

Et puis l’auteur a du s’en rendre compte en écrivant. Alors d’un coup, d’un seul, ça part dans le racolage actif. Le petit frère se barre pour ses études à Clermont-ferrand et là-bas il découvre le sexe entre les mains expertes d’une p**e immonde. Et à partir de là, ça part dans le super glauque, l’inceste, le trash, l’écoeurant, jusqu’à la scatophilie… et toujours l’identification du narrateur à son personnage. Berk berk berk!

Ca me rappelle la couverture de La Bible des sales blagues, livre un, où on peut voir un peintre devant sa toile représentant un étron fumant et bien enroulé, et derrière lui une critique bourgeoise disant « c’est vraiment de la merde ».

Le sentiment pendant et au sortir de ce bouquin, c’est que je me sens trop con. Ce bouquin est tellement bien écrit que je me dis que quelque chose doit m’échapper, qu’il est issu d’une élite dont je ne fais pas partie; trop complexe pour moi quoi. Ou alors ce bouquin est simplement mauvais, de mauvais goût et mal tourné. Ou alors le but était simplement de foutre le lecteur mal à l’aise. Dans tous les cas, hormis pour le niveau de langue, je n’ai rien tiré de positif de cette lecture. Je reste sceptique. Je cherche, réfléchis, m’interroge mais sans jamais avancer, sans réponse, sans début de réponse.

Peut-être que certains d’entre vous liront ce bouquin et que vous me direz que je suis totalement passé à côté, je le souhaite en tous cas.

Mais je ne sais pas si je dois le conseiller ou le bannir définitivement…

Sinon désolé pour le manque d’activité sur ce blog mais je déménage samedi donc forcément beaucoup de choses en tête et à faire. Et évidemment à partir de samedi il me faudra un certain temps avant de récupérer Internet. D’ici là je vais essayer de vous mettre un sommaire pour le blog avec des liens directs pour vous balader d’un article à l’autre tranquillement. Le tout est que je trouve le temps de faire ça…

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Dans le vaste projet de travaux de ce blog, je fusionne les photos datant d’avril en un (ou deux) articles histoire de prendre moins de place et de faire plus propre… Le bordel est un vaste problème chez moi… Une fois que j’aurais fini ce travail de suppression et de fusion, j’envisagerai de faire un petit sommaire en première page du blog histoire que tout le monde s’y retrouve et puisse naviguer sans trop galérer en allant directement sur ce qu’il cherche. Je vais aussi modifier les catégories. Enfin bref ça va me prendre du temps et en attendant on se replonge dans les vacances juste avant de se remettre au boulot…
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Rien que l’arrivée sur l’aéroport de Nice, ça fait plaisir… Enfin c’était avant qu’Easy jet connaisse de petits soucis avec un décollage raté. Prendrai ptête Air France quand même moi la prochaine fois…
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Tout ça c’était Cannes et maintenant on passe à Monaco, bizarrerie visuelle, trop moderne, géométrique, imaculée, réfléchie… Ca manque de vieille pierre, d’histoire, de pittoresque à mon goût.
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Et maintenant voici Nice:
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Et pour finir voici Mandelieu la Napoule:
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Bon il est possible que j’ai interverti certaines photos, notamment Cannes et Mandelieu mais en même temps c’est collé… Par contre si vous voulez d’autres photos, n’hésitez pas je suis loin d’avoir tout remis.

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The Dark Knight, la critique

Cinéma septembre 15th, 2008

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Oui j’ai mis un certain temps à le pondre cet article. Ca fait déjà de longues semaines que le batsignal sillonne le ciel et comme à mon habitude j’ai attendu un moment avant d’y répondre.

C’est pas que j’en avais pas envie, loin de là. Je n’ai entendu aucune critique négative sur ce film, bien au contraire. Partout je lisais ou entendais que le Joker était impressionnant, qu’il était nettement mieux que Batman begins, qui était déjà très bien, tout ça, tout ça. Seulement fallait que je trouve la bonne personne pour y aller. Bah non j’aime pas aller au ciné tout seul.

Et hier soir c’est enfin arrivé.

Je vais tâcher de faire court. D’abord, ce qu’on me disait du Joker, à savoir qu’il était plus réaliste, un vrai barge, schyzophrène tout ça, ne me rassurait pas. Je m’étais habitué à mon Joker caricatural, l’amuseur public, avec son look improbable et ses répliques bien senties, alors un Joker plus « réaliste »… pour moi ça voulait dire qu’il perdait tout son charme. Grossière erreur… Effectivement le personnage joué par le défunt Heath Ledger (monumental dans le rôle; à se demander si ce n’est pas le Joker qui l’aurait tué, ou du moins achevé…) est plus crédible, mais d’un autre côté il en ressort nettement plus charismatique. L’acteur, le scénariste et le réalisateur ont réussi la prouesse de montrer à l’écran un véritable clone du diable. Un personnage qui réussit à être vraiment inquiètant, grâce au contraste entre son humour noir et sa violence. Un personnage complexe, évidemment victime, ne serait-ce que pour ses mystérieuses cicatrices, qui tue en grande majorité… des criminels! La scène d’ouverture montre ses hommes en train de piller une banque… qui appartient à la pègre. Il ne cessera d’y faire le ménage… comme Batman! Rajoutez à ça l’ambigüité de Batman, qui veut sauver des vies et qui engendre encore plus de violence, et le léger détail auquel Batman n’avait jamais pensé: s’il y a un super gentil, il faut forcément un super méchant. Sans Batman, pas de Joker, sans Joker, pas de Batman. (logique qu’on retrouve également, avec moins de subtilité, dans Incassable) Tout ça fait que le Joker occulte totalement le personnage principal. On s’en fout de Batman, il est inintéressant, seul compte le Joker dans ce film. Le personnage est intriguant jusqu’à la fascination. On cherche une logique dans ses actes, parce qu’il est tout sauf dénué de logique, son intelligence est redoutable, et les réponses ne viennent jamais, peut-être parce qu’il n’y en a pas. On écoute chaque parole du Joker à cause de cette quête et on finit même presque par épouser sa cause. Après tout, ce fou n’aurait-il pas raison? Dans un monde, une ville, où règne la pègre, où plus de la moitié des flics sont corrompus, où on ne peut se fier absolument à personne, ne finit-on par devenir dingue, aussi dingue que lui? Le Joker sème le chaos et la destruction mais la destruction et le chaos ne sont-ils pas nécessaires pour purifier cette ville? D’ailleurs les plus ardents défenseurs de la justice ne finissent-ils pas eux-même par embrasser la cause du Joker?

Là aussi on est en pleine mythologie: l’apocalypse, le déluge, Sodome et Gomhorre… L’antéchrist arrive et le sauveur suit, où l’inverse. Et tout ça pour épurer, par leur affrontement, une Terre souillée par le Mal. La destruction, la pacification par le feu purificateur.

The Dark Knight rompt donc totalement avec les précédents opus de Batman, orientés nettement vers le divertissement. Là il y a de l’action, beaucoup d’action, il y a du divertissement, du rire, du sourire, il y a de la peur et même une réflexion au demeurant fort intéressante. Bref, ce film a de plus une intensité, une profondeur et j’irai même jusqu’à dire: une âme. Il ne boxe pas dans la même catégorie que Batman et Robin…

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Que dire de plus? Batman est bien interprété une fois de plus par Christian Bale, mais complètement effacé. En plus il est énervant ce super gentil milliardaire qui passe son temps à se la péter, en s’affichant aux bras de superbes blondes à fortes poitrines… Katie Holmes a été remplacée, et c’est un bien. Oui je trouve qu’elle joue mal. Et puis son physique ne se prêtait pas trop au rôle, contrairement à sa remplaçante, plus subtile aussi bien physiquement que dans son jeu.

Y a-t-il des choses que je n’ai pas aimé? Ouais. Une furieuse envie de pisser au bout d’une heure et demie, il restait encore une heure: c’était la misère! Plus sérieusement, Pile-ou-face, un peu déçu par son apparence. Là aussi c’est relativement réaliste mais je sais pas, ça me gène un peu. Enfin ce qui m’a surtout géné c’est sa « longévité » sur laquelle je ne m’étalerais pas, pour ne rien dévoiler. J’aurais aimé que le personnage soit un peu plus posé, creusé… C’est lui aussi un personnage essentiel dans la mythologie Batman et pourtant il n’est qu’effleuré.

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En parlant de longévité: la longueur du film. Effrayante sur l’affiche (2h37), elle passe toute seule devant l’écran. Pas de temps mort, pas de longueur, pas le temps de bailler: il se passe toujours quelque chose, et pas forcément de l’action. Je trouve que c’est une prouesse. Certains très bons films durent une heure et demie et à un moment je finis quand même par me demander quand ça va se terminer que je puisse fumer cette foutue clope. Là: que dalle. Autant Titanic, à peine plus long, il m’a fallu le regarder en 3 fois tellement ça m’endormait et m’ennuyait, autant là je serais incapable de le regarder en 2 fois. (enfin faut quand même compter une tite pause pipi…) Par contre je serais très capable de retourner le voir une deuxième fois, et même sans avoir à attendre des mois. Bienvenue chez les chtis, ça m’a pas franchement empli de bonheur de devoir y retourner, et pourtant j’ai adoré, mais là sans souci. Etonnant non?

Bon ben on va conclure. Ce sera rapide. The Dark Knight est sans conteste le meilleur Batman jamais sorti (et surtout le meilleur Joker). The Dark Knight est le meilleur film avec un super héros que j’aie pu voir. The Dark Knight est l’un des meilleurs films d’action que j’aie pu voir. The Dark Knight est aussi sans doute l’un des meilleurs films que j’aie pu voir. Oubliez Babylon AD: c’est de la daube à côté!

Note de film normal: 5/5

Scorpion par vous Scorpion par vous Scorpion par vous Scorpion par vous Scorpion par vous

Note de nanard: 0/5
Et pis c’est tout!!

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Je flippe ma race… Je trouve enfin un boulot, je termine ma pièce, j’ai des projets plein la tête… et voilà que l’humanité vient me construire un générateur de trous noirs juste à côté de chez nous, français!!!!! Y a du foutage de gueule, moi je dis!

Lorsque j’ai appris, il y a quelques jours, que cet accélérateur de particule était enfin terminé et en phase de test, je n’y ai d’abord pas prêté attention. J’avais un peu oublié qu’il était en construction, détail que m’avaient révélé les frères aliens vaguement russes et vaguement scientifiques dans une émission que j’avais regardé un 31 décembre ou un 1er janvier si je ne m’abuse. Et puis la presse a attiré mon attention sur la possibilité de création d’un trou noir avec ce bazar là… Je tique un peu mais je pense aux avancées que ce truc va nous permettre et au sérieux de tous ces gens. Et puis quelqu’un vient me voir en me disant « Je suis paranoïaque! Je crois que ça va être la fin du monde! » Evidemment je rassure « mais non, faut pas pousser, les chances sont infimes tout ça… » N’empêche qu’après coup, j’ai commencé à réfléchir comme tout bon chômeur qui se respecte… (bah oui j’ai pas encore commencé à bosser)

Et là je me suis mis à penser à la Bible (hé oui j’ai quand même de solides références ^^) et à la fameuse maxime « Les voies du Seigneur sont impénétrables ». Parce que le but quand même de ce machin-là, une fois les tests terminés, ce sera de découvrir… Dieu, ou plutôt, en termes plus scientifiques: l’espèce de sous particule qui serait à l’origine du big bang et donc de la création de l’univers (le boson de Higgs), enfin tout ça c’est de la caricature évidemment. Vous savez bien que je suis aussi scientifique qu’un Pangolin, alors je fais ce que je peux…

Cela dit, on ne peut pas nier qu’on est en pleine mythologie avec tout ça. Hormis la Bible, cette connerie m’a aussi fait penser à Pandore. Bé oui, Pandore, cette grosse conne, assimilée à Eve, à qui on avait filé une boite en lui faisant promettre de jamais l’ouvrir (la boite, pas sa bouche; enfin de toute façon d’un côté comme de l’autre c’est foiré ^^). A ce propos, si Eve et Pandore sont quand même des grosses connes, vous m’accorderez tout de même que les dieux sont quand même des sacrés sadiques pervers pour donner un machin aussi dangereux aux hommes (j’allais dire à une femme mais ç’aurait été abusé ^^) et se plaindre après que l’homme a désobéi… En plus dans la Bible il est omniscient et intemporel, donc il a du prévoir… ou alors on nous aurait menti? Bref! Toujours est-il que nos ancêtres nous ont prévenu de faire gaffe à la curiosité, surtout en ce qui concerne le sacré… et là on est en plein dedans!!! (Je ne parle même pas des gens qui ont émis l’hypothèse du possible trou noir et qu’on a qualifié de « Cassandre » dans la presse… (Ha ben si, j’en ai parlé tiens! ^^)

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Les scientifiques se veulent pourtant rassurants, expliquant ainsi que leur but n’est sûrement pas de créer un trou noir mais au contraire de créer un mini big bang… Ca aussi je l’ai lu dans la presse. C’est vrai que c’est quand même vachement rassurant… Rien que le nom, moi ça me rassure. C’est vrai, quoi de moins dangereux qu’un big bang, et un mini en plus! Ils se prennent juste pour… Dieu, ben oui encore Lui. Quoi de plus rassurant?

Bon à leur décharge, admettons que tout ça n’est que de la vulgarisation, de la banalisation scientifique… Tous ces gens qui ont bac+24 savent très bien ce qu’ils font et j’ai lu aussi que les chances de créer un trou noir équivalaient à celles de gagner 7 fois de suite le gros lot au Loto. Là c’est rassurant! Ouais… Sauf que je parcoure le net et je vois plein de trucs insolites qui défient toutes les lois de la probabilité, tous les jours. Et moi-même je me considère comme une insulte à ces mêmes lois. Une fois je me suis même « amusé » à faire un petit calcul mental (houla dur dur!). J’ai compté le nombre de violeurs auxquels j’ai pu serrer la main dans ma courte vie. Hé bien je peux vous dire que c’est assez flippant et qu’en plus ils sont concentrés dans un tout petit périmètre. J’ai aussi calculé le nombre de personnes violées que je connaissais, forcément plus nombreuses… Hé ben l’air de rien ça fait du monde! Mais vous allez me dire que c’est à cause de mes mauvaises fréquentations et de ma propension à toujours me fourrer dans des situations délicates, mon attirance innée pour les marginaux tout ça, limite je les ai cherché ces personnes et ces monstres… Peut-être! Mais quand même…

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Gagner 7 fois de suite au Loto… N’empêche vous imaginez un peu le flip du gars qui va appuyer sur le bouton? Moi jamais vous me ferez faire un truc pareil. Avec le cul que j’ai, même pour 1 milliard d’€uro, y a pas moyen! Vous imaginez si ça foire? Hop là! 6 milliards devant saint Pierre, d’un coup, d’un seul! Le pauvre qui tombe tout de suite en dépression, surcharge de travail, le big chief qui pousse sa gueulante en voyant que le pauvre Pierrot a inversé les fiches de soeur Emanuelle et de Clara Morgane. Soeur Emanuelle qui se retrouve en enfer à se faire ******** par des démons au comble du bonheur et tout ça avec des ustensiles SM que même les pires SM du monde peuvent pas utiliser sous peine de casser leurs « jouets » immédiatement, et soeur Emanuelle qui continue à crier « Yallah, Yallah!! » tout ça pendant que Clara Morgane se retrouve à essayer d’allumer un Abbé Pierre encore plus fâché que de son vivant mais visiblement pas indifférent… « Mais non mais c’est pas possib’, c’est pas possib’ ça!!! »Ho non, non, non! N’imaginez pas ça! Rien que de l’imaginer c’est la damnation éternelle et c’est pas le moment! Et moi… Moi le pauvre gars à avoir appuyé sur le bouton… Aux portes du paradis, faisant la queue comme tout le monde. « Hé hé salut! » 6 milliards sur le dos à me massacrer, tuant le mort encore et encore à grands coups de suaires et d’injures… Et saint Pierre qui se prend un Lexomyl avant de hurler d’arrêter parce qu’il n’y aura pas assez de place en enfer pour tout le monde… Et une fois en enfer? C’est quoi le châtiment pour le gars qui aura génocidé l’humanité complète + toutes les créatures de Dieu? Aïe aïe aïe… Non non je vais m’abstenir et me tenir éloigné de ce machin là autant que je peux, hein?

Blague à part, je sais pas trop quoi penser de cet accélérateur de particules. Je ne suis pas parano, je fais relativement confiance aux scientifiques, mais quand même… La science a créé la bombe atomique. Elle a aussi créé des choses merveilleuses mais globalement la planète n’a quand même pas l’air super contente de nos progrès. Globalement aussi, on ne peut pas dire que l’homme soit devenu plus raisonnable. Il y a toujours des guerres. Il y a toujours du terrorisme. Il y a des violeurs et autres cinglés. Il y a toujours la guerre à la suprématie scientifique, à celui qui aura la plus grosse bombe, le meilleur char, le meilleur avion, les meilleures centrales nucléaires… Avec tout ça on reste quand même sur le fil et les enjeux et conséquences possibles sont tout de même de plus en plus importants.

Donc pas parano, mais pas franchement rassuré non plus…

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Absence

Mon nombril septembre 12th, 2008

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J’avais pris l’habitude d’écrire un billet par jour au minimum et là depuis quelques jours, plus rien…

Il y a des raisons à ça. Manque d’inspiration? Laissez-moi rire! Sida? Siphylis? Que dalle! Lassitude? Pas encore… Non c’est simplement que je suis un peu dans une phase de transition en ce moment. Déjà j’ai retrouvé un boulot et je signe mon contrat dans quelques heures (oui, oui faudrait que je dorme avant ce serait sympa…). Donc entretien, coups de fils, discussions, négociations… D’autant que j’ai pas mal de projets à côté de ça, comme animer des ateliers d’écriture ou reprendre les cours pour faire un master de lettres modernes. Il y a aussi d’autres raisons, nettement moins plaisantes dont il n’est pas question que je parle ici.

Et puis il y a ma nouvelle pièce de théâtre, pratiquement terminée, plus que quelques retouches à faire, quelques corrections, remaniements, suppressions, ajouts, précisions… C’est toujours comme ça. Quand je suis en train de terminer un gros texte du genre roman ou pièce de théâtre, je me focalise dessus, mon cerveau remarche en accéléré et il faut que je finisse avant de passer à autre chose. Et là je viens d’en terminer le synopsis, alors je vous le livre, en exclusivité internationale, en espérant que vous me direz ce que vous en pensez (sans me faire trop d’illusions: Bloguez.com est rempli de petits timides et les commentaires ne sont vraiment pas nombreux… Surtout les intéressants mais heureusement il y en a quand même quelques uns.):

Synopsis

L’Amour avec un grand @.

Ludo, de son propre aveu, est un loser. Il est timide, naïf, candide, mal dans sa peau et… désespérément seul. Pour remédier à cela, il envisage de faire comme des millions de personnes dans le monde : utiliser Internet pour trouver la femme de sa vie ! Totalement novice en la matière il va y découvrir ses infinies possibilités, ses joies, ses angoisses, ses déceptions, ses illusions… et finir par s’y perdre après avoir placé cet univers virtuel au centre de sa propre vie. Heureusement il est parfois nécessaire de se perdre pour mieux se retrouver et ses amis, virtuels et bien réels l’aideront dans son étrange quête. L’amour vrai, ce si précieux Graal, est-il au bout du chemin ? Existe-t-il seulement ou n’est-il qu’un mythe ?

Quoi de mieux qu’un monde de masques comme le théâtre pour parler d’un autre monde de masques ?

Voilà, voilà. Et comme toujours, si vous avez un sujet que vous aimeriez voir critiqué par mes soins, n’hésitez pas à m’en faire part…

Si vous voulez un site bien décalé sur la recherche du dahu, cliquez ici.

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Hard Gay, la critique

Jeux vidéo septembre 7th, 2008

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Mes avocats, ma mère et tout un tas de personnes qui tiennent à moi et à mon image, m’ont farouchement déconseillé de la faire, et pourtant je vais la faire quand même! Je suis un ouf, je suis un dingue!

Je veux bien sûr parler de Hard gay, un type, japonais de surcroit, ancien catcheur, qui est une célébrité dans son pays et que j’ai découvert il y a quelque jour sur le forum de Saint Seiya cards.

J’avais trouvé avant ça un article qui posait comme postulat que les fans de la série d’animation ainsi que du manga Saint Seiya (Les Chevaliers du Zodiaque) étaient tous soit gay, soit des gays refoulés. Ca m’avait fait bien rire même si certains arguments, comme la présence de Shun, chevalier d’Andromède, avec son armure rose équipé d’une voluptueuse poitrine et avec son comportement de vierge effarouchée, me semblaient tout à fait valables. Et là, j’ai découvert hard gay et avec lui ma passion pour ce type!

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Quoi???? Comment est-ce possible???? Un jeune homme pourtant si sérieux, si calme, si posé!!!!!!!! Hé bien oui c’est possible!! C’est possible parce que ce type est vraiment barge! Non seulement il a un look à tomber par terre, mais surtout il dispose d’un charisme, d’une bonne humeur et d’une énergie communicative. On regarde ses fresques au réveil, on a la patate et la banane pour toute la journée.

Et qu’est-ce qu’il fait donc de si désopilant? Hé bien déjà, ça passe par la gestuelle: il termine toutes ses phrases soit par « okayyyyyyy » soit par « fooooooooooo », tout en remuant son bassin de façon suggestive. Il fait crack crack avec le vent quoi… Tout ça avec une « chorégraphie » certes répétitive mais très travaillée et… en public, voire même en privé!!!

Imaginez: vous vous promenez tranquillement dans la rue, sans rien demander à personne, et, d’un coup d’un seul, vous avez ce quidam, au gabarit de catcheur, qui surgit devant vous en gueulant, avec un grand sourire. Votre chihuahua fait un infarctus mais vous n’y prêtez pas attention! Vous avez ce type qui vous parle, essayant de vous expliquer dans son langage ponctué de « fooooooooooooo » et de « okayyyyyyyy », tout en se frottant contre vous, que le papier de chewing gum que vous venez de jeter 10 mètres plus loin pollue les rues de la ville et qu’il faut le ramasser et le jeter dans une poubelle… Vous êtes pris en faute, vous avez honte et en même temps vous êtes mort de rire, incapable de trancher entre un rire nerveux et un vrai bon rire. Vous devez vous débarasser de ce quidam, c’est une obligation sociale, morale, médicale!! Alors vous allez vous remettre et ramasser votre papier pour le jeter dans une poubelle (et votre chihuahua avec puisqu’il est cassé…).

C’est ça hard gay. Ce qui est drôle ce n’est pas tant le personnage, dont on finit par se lasser, mais les réactions des gens. Certains sont vraiment très très génés, d’autres sont morts de rire, d’autres encore le prennent en photo…

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Je ne suis pas franchement fan de japanimation. Certes j’aime bien les mangas, les animés, mais niveau manga, j’en ai 4 (et pas 4 séries hein? 4 livres) et niveau séries hormis les classiques du Club Dorothée, que j’aime bien revoir de temps en temps et Saint Seiya que je regarde peut-être un peu trop, j’y connais que dalle. Quant à la télévision japonaise… J’ai toujours trouvé ça d’une débilité effarante!!! Ces programmes où les japonais se donnent en spectacle… C’est amusant dans un bétisier mais à forte dose je pense que je trouverais ça encore plus lourd que le Big deal, c’est dire… Mais là… Je dois dire que je suis fan. Hard gay renvoie Jackass et Michaël Youn au vestiaire. Jackass je trouve ça souvent très crade et trop con. Michaël Youn, c’est plus de mon âge et bien souvent, il m’éverve, il m’agace.

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Donc, pour tous les gens dépressifs, je conseille fortement une bonne dose de Hard gay tous les matins. Au bout d’une semaine vous irez mieux, vous commencerez à aller au boulot avec de la pêche, de l’énergie et en finissant vos phrases par « okayyyyyyyyyyyyy » ou par « foooooooooo » ce qui propagera cette bonne humeur autour de vous.

Si vous n’êtes pas dépressif mais que vous avez de l’humour, ça ne peut pas vous faire de mal et en plus je suis sûr que vous allez faire tourner ces vidéos à tous vos amis, histoire de propager la bonne parole.

Allez pour le plaisir je vous mets tous les liens qu’on m’a donné et je vous laisse vous faire votre propre opinion. N’hésitez pas à en faire part à tout le monde…

http://www.dailymotion.com/videoxssrs

http://www.dailymotion.com/videox325fu http://www.dailymotion.com/videox4e0bi http://www.dailymotion.com/videox2ef26 http://www.dailymotion.com/videox325do http://www.dailymotion.com/videox3262q http://www.dailymotion.com/videox1sni0

Ha oui désolé mais c’est sous-titré okayyyyyyyyyyyyyy!

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Cela faisait un paquet de temps que je n’avais pas pondu une critique de bouquin, et pour cause: je lisais Gonzo Highway, qui est un délectable pavé. En plus de ça, j’ai toujours ma nouvelle pièce de théâtre à terminer, un scénario et je me suis abonné à Marianne, qui est un copieux hebdomadaire. J’ai donc pris mon temps pour savourer ce bouquin, et je n’en ai aucun regret.

Quand je l’ai acheté, sur Internet, je ne savais pas vraiment ce que c’était. J’avais vu le film « Las Vegas Parano » et adoré, donc j’avais lu « Las Vegas Parano » et adoré, ça m’a semblé une phase de test convainquante autour du nom de Thompson pour acheter à l’aveugle ce bouquin post mortem; d’ailleurs on pourrait facilement l’assimiler à une autopsie.

Et je ne suis déçu que d’une seule chose, après avoir terminé ce bouquin, c’est que cet enfoiré soit mort.

J’ai pourtant été surpris en l’ouvrant pour la première fois. Je m’attendais à un roman qui clôturerait ma grande série des fous furieux provocateurs anglophones, hé bien que dalle! Ce livre est en fait une compilation de la correspondance de Thompson de 1955 à 1975. Mais j’ai vite compris que ça ne faisait pas une grande différence parce que Thompson est un véritable personnage, un improbable personnage qui ne cesse de confondre réalité et fiction, peut-être à cause d’un excès de drogue, à moins que ce ne soit l’inverse. Et c’est d’ailleurs ça, le gonzo (avant que ça ne devienne un « genre cinématographique porno, dont je ne parlerai pas ici…), le nouveau journalisme inventé et porté par Thompson, un journalisme entre fiction et réalité, un journalisme subjectif, et une littérature qui en est aussi, forcément, contaminée. On découvre ainsi que Las Vegas Parano est une fiction réelle. Gné? Une quoi? Tu te fous de moi là? Là aussi je m’explique: aussi invraisemblable que puisse paraitre cette histoire de dingue, il y a une forte part de réalité. Oui Thompson se fait passer pour Duke. Oui il a vraiment été assister au Mint 4000, la course de motos. Oui il a vraiment assisté à la conférence sur les drogues. Oui il était accompagné de son ami avocat. Oui Las Vegas ressemblait vraiment à ça. Non il n’était pas défoncé du début à la fin, mais il connait bien toutes les drogues dont il parle et s’il ne les a pas consommé là-bas, il les a consommé ailleurs. Cela rend son roman à moitié vrai et pour l’autre moitié très crédible.

[Après cette courte interruption, je reprends mon article. Pour info, ceux qui ont un peu suivi mes articles savent que j'ai une luxation/fêlure de la mâchoire et contre la douleur, la stomato m'avait donné du Tetrazepam. J'ai terminé la boite et donc maintenant je dois faire ça à ce qu'on appelle le "sevrage". Ben oui ce médoc est plutôt violent, provoque une dépendance et quand on arrête "brutalement"... Bah on s'en prend plein la tronche! Je m'y attendais pas, surtout de la part d'un "médicament", censé soigner et pas rendre malade, mais soit! Passons!]

On découvre donc à travers ce bouquin la réalité du personnage Thompson. Et c’est pas triste!!! Mais ça c’est le plus divertissant, ce qui est, à mon sens, le plus intéressant dans ce bouquin, c’est l’Amérique qui y est dépeinte, l’Amérique qui a généré un personnage comme lui, qui a généré les Hell’s Angels, qui a généré les Hippies…

L’anti-américanisme est une connerie, au même titre que l’antisémitisme ou le racisme. On ne peut pas mettre tout le monde dans le même sac. Il y a Georges Bush et Michaël Moore. Evidemment, la plupart du temps on dit « les américains » par raccourci, pour désigner Bush et ceux qui le soutiennent, tout en faisant, intérieurement, la nuance. Moi aussi ça doit m’arriver, mais il faut faire attention. Et là, dans ce bouquin, on voit justement une Amérique qui n’est absolument pas monolithique. La lecture de ce livre par un français relativement vierge de culture américaine est aussi intéressante. Tout au long du livre je n’ai pas arrêté de me dire « Nom de Dieu! Mais il ne se fait jamais attaqué en justice ce mec???? » et à la fin on nous explique tout de même que si, et régulièrement encore. Et on respire…

Parce que Thompson écrit à tout le monde, vraiment tout le monde! Ca passe des hommes politiques (Carter, Nixon, des sénateurs, gouverneurs, conseillers…) à son dentiste, en passant par ses amis et ses employeurs. Cela permet de découvrir un peu tout le monde et… le rapport que Thompson entretient avec chacun d’eux. Et ce rapport est généralement un rapport de force. Thompson est vulgaire (bien plus que moi, c’est dire…), agressif, parano… Mais il s’en justifie auprès d’une vieille dame qui se dit choquée par son style:

« Vous avez vécu assez longtemps pour savoir que les mots ne sont que des outils pour celui qui écrit, et quand j’écris sur Richard Nixon, j’utilise tous les outils à ma disposition pour que les gens comme vous se demandent pourquoi il a bénéficié d’un raz de marée électoral en 1972. Mon idée première, chaque fois que je m’apprête à écrire, est d’obtenir l’attention de gens comme vous, de faire en sorte que vous réfléchissiez – et la lettre que vous avez envoyé à Obey pour suspendre votre abonnement me fait dire qu’avec vous, j’ai réussi mon coup.

Si vous lisez l’article joint (’The Scum Also Rises’) avec un tant soi peu d’esprit, vous constaterez que ce que vous prenez pour de la ‘vulgarité’ n’est qu’un accessoire pour vous amener à tendre l’oreille… »

Je rajouterai également, pour couper l’herbe sous le pied de ceux qui me jugeraient vulgaire, que le terme vulgaire est issu du latin « vulgus » qui signifait « le peuple », le « petit peuple ». Je suis issu et j’appartiens toujours à ce petit peuple, et je le revendique parce que je l’aime ce petit peuple. J’ai bossé 9 mois dans un centre social, j’ai été au contact en permanence d’un peuple encore plus « petit » que le mien, et j’espère bien ressigné d’ici peu, parce que j’y ai pris beaucoup de plaisir (pas toujours certes mais c’est tout de même agréable pour le peu qu’on ne soit pas « précieux » et qu’on soit un minimum altruiste. Mon objectif est d’être lu par ce petit peuple, comme vous le voyez je connais le latin (un peu), j’ai fait des études littéraires et je pourrais utiliser un langage châtié, mais mon objectif n’est pas de rentrer à l’Académie française, mon objectif est de rester proche de mes racines et si possible de les élever grâce à ce langage hybride. Un texte tellement français qu’il en est incompréhensible a le droit d’exister, mais moi je préfère créer des ponts virtuels, un peu comme les arc-en-ciel (hé oui ça vient de là, entre autres…) pour tenter de relier élites et petit peuple. Si un jour j’abandonne ce langage, ce sera que j’aurai renié mes racines. Tous ces arguments en plus de ceux de Thompson, bien évidemment.

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Voilà donc pour l’intérêt: la découverte du Gonzo (je me demande si le magazine Marianne n’est pas un descendant direct de ce style d’ailleurs), la découverte d’un personnage emblêmatique des Etats-Unis et la découverte des Etats-Unis durant une longue période à travers le regard aiguisé de ce type souvent qualifié de génie.

Personnellement, je ne sais pas si Thompson était génial. En tant qu’écrivain il était très bon, mais n’a pas énormément écrit de romans et a tout de même essuyé pas mal d’échecs. Sa correspondance est terrible, Las Vegas Parano délectable mais de là à en faire un génie… Niveau invention, il n’est pas bon. La preuve c’est qu’il n’invente jamais, il déforme mais n’écrit jamais de fiction. C’était un personnage qui écrivait son histoire. En ce sens on peut trouver la démarche intéressante mais je ne suis pas sûr qu’elle ait été mûrement réfléchie. Thompson est une curiosité littéraire.

Au delà de ça, Thompson reste malgré tout humain, avec ses qualités et ses défauts. Il est agressif et contre la guerre du Vietnam. Drogué, alcoolique et membre de la NRA (le lobby qui soutient que chaque citoyen américain devrait avoir au moins une arme). C’est un provocateur qui cultive les ambiguités et qui a fini… par se tirer une balle dans la tête! Ses vices ont fini par l’achever, à un âge pourtant respectable. En le lisant, j’aurais juré qu’il n’aurait jamais passé le cap de la cinquantaine. Hé bien si!

Moi qui adore les marginaux, les provocateurs et les écrivains prolos, j’ai été servi!

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On pourrait facilement écrire une thèse sur ce bouquin et sur ce personnage. D’ailleurs le livre est agrémenté de commentaires qu’il ne faut surtout pas sauter si on ne veut pas passer totalement à côté du bouquin. Des gens qui l’ont cotoyé donnent leurs avis et leurs pistes de lecture. Moi je pense que je vais m’arrêter là en vous conseillant farouchement ce bouquin histoire de ne pas mourir idiot. Il est jouissif et instructif pour le peu qu’on s’intéresse aux Etats-Unis et aux marginaux, et qu’on supporte l’omniprésente vulgarité bien sûr:

« Mon cher Tom,

Espèce d’ordure. Je viens juste de recevoir ta lettre du 25 février envoyée du grand hôtel à Rome, sale porcif! Alors ******, comme ça tu fais le mariole… »

Une page prise au hasard, juste à titre d’exemple…

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A suivre niveau littéraire: La Recluse d’Odette Laplaze-Estorgues. Pas du tout le même style: l’histoire aussi badante que possible d’une fille soupçonnée d’avoir couché avec un allemand et donc tondue foutue à poil humiliée à la libération, tout ça dans un langage totalement contraire à celui de Thompson, quelqu’un qui veut rentrer à l’Académie, quoi…

Ensuite un peu plus Rock’n roll, je me suis commandé Les Bonbons chinois de Mian Mian et deux autres bouquins de Welsh, mon chouchou: Une Ordure et Recettes intimes de grands chefs.

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Vaste sujet que celui-là. On peut facilement en faire une thèse, une contre-thèse, voire même un mémoire… (ptit clin d’oeil personnel ^^)

La question mérite pourtant d’être posée, puisqu’on me l’a posé plusieurs fois déjà. Ma mère, nottamment, ainsi que d’autres membres de la famille, angoissés et méprisants à l’idée que je perde mon temps avec des conneries inutiles, qui n’apportent vraiment rien. La question se posait en ces termes: « A quoi que ça sert de lire? A quoi que ça sert d’écrire? ». Sur le coup, j’ai eu quelques problèmes pour argumenter. C’est un peu comme quand on vous demande « Comment que ça s’écrit ANPE? », ça vous semble tellement évident, que vous ne savez pas comment répondre!

Aussi évident que cela puisse donc paraître, la question se pose et mérite d’être posée.

Tout d’abord il faut distinguer deux utilités: l’utilité individuelle et l’utilité collective.

En ce qui concerne l’utilité collective, deux aspects entrent en compte de façon immédiate: le divertissement ou l’évasion et l’instruction. Le cinéma, comme la littérature ou la bande dessinés est un art. Tout le monde regarde des films ou lit, ou les deux. Il y a donc un besoin, besoin qui n’est certes pas aussi vital que manger, dormir, copuler, mais cela reste un besoin. Le fait est que l’homme s’est distingué de l’animal grâce à ce besoin, à mon sens du même ordre que le besoin de Dieu (comme disait Voltaire: « si Dieu n’existait pas, il faudrait l’inventer »), de métaphysique, de sens à la vie. Cet étrange besoin, cette « anomalie » de la nature est à la fois un atout et un handicap par rapport au règne animal. Un handicap parce que c’est un besoin supplémentaire, et donc une contrainte. Un avantage parce que ce besoin a permis une évolution rapide de l’homme, évolution qui lui a permis de prendre le contrôle de la planète. Je pourrais ajouter que cet avantage en est devenu avec le temps un handicap pour la planète et donc un handicap supplémentaire, non pour l’homme en tant qu’individu mais pour l’humanité dans son intégralité, mais je déborderais sur le sujet. L’art permet donc de s’évader d’une vie routinière, parfois moche, presque toujours absurde ou inutile. On va tous crever, un jour ou l’autre, pour la plupart dans le plus grand anonymat. Alors il faut bien se divertir, s’amuser, s’évader, rendre cette vie moins désagréable ou plus agréable, multiplier les expériences, prendre du plaisir, pour rentabiliser le peu de temps que nous avons à rester sur Terre, et pour oublier l’espace d’un instant ce triste constat. Les films, livres, bandes dessinées permettent de s’identifier à quelqu’un d’autre et donc de vivre une autre vie, 1h, 1h30, 2h, 3h… Grâce à ces disciplines, en une vie, on peut en vivre énormément d’autres.

L’autre grand intérêt est l’instruction. Quand on lit un livre, on apprend, on perfectionne ou maintient son niveau de langue, de vocabulaire, on découvre des choses, on réfléchit aux thèmes évoqués par l’auteur, on voyage, sans bouger, dans de lointaines contrées, dans des monuments, on fait connaissance avec d’autres cultures… Mais alors qu’en est-il d’un tableau ou d’une sculpture? Hé bien c’est à peu près la même chose parce que là aussi on découvre une culture et un tableau est comme une description, il peut illustrer une idée ou même raconter une courte histoire en se focalisant sur une scène: les tableaux religieux racontent la Bible par exemple. Idem pour les sculptures, qui ont permis et permettent encore de découvrir ou d’approfondir nos connaissances de nos ancêtres, leurs techniques, leurs croyances, leurs obsessions, leurs modes de vie…

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Ce qui me permet d’enchainer sur un nouveau point: le prestige! Un peuple qui néglige l’art est un peuple qui se néglige lui-même… et qui sera donc négligé par le reste du monde, avec tout ce que cela comporte comme désagréments. On parle très souvent de guerre, de guerre économique mais rarement de guerre culturelle. Effectivement, il existe plusieurs moyens de combattre ses voisins: la guerre avec des armes, la guerre avec de l’argent ou des ressources, mais il y a aussi la guerre à coups de chef d’oeuvre… La façon la plus durable pour conquérir un peuple, ou pour éviter de se faire conquérir passe par là. Le français est considéré comme une langue classe, l’anglais est considéré comme la langue des affaires. L’Académie se bat pour conserver la langue française la plus française et la plus pure possible. La langue de Molière, comme la langue de Shakespeare sont respectées. Le monde admire la culture française, ses monuments, ses artistes. Ca donne envie d’être français, comme le cinéma américain donne aussi envie d’être américain. La guerre entre ces deux langues est farouche et c’est à lui dont la culture sera la plus prestigieuse, les artistes les plus mondialement reconnus… Nos ancêtres en avaient déjà pleinement conscience: à quoi peuvent bien servir ces gigantesques édifices? Les pyramides? Les temples? Les statues justement? Sinon à impressionner les voisins, les adversaires: voici de quoi est capable mon peuple! Vous pouvez constater à quel point mon peuple est plus civilisé et plus avancé que le vôtre!!

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Voilà donc l’utilité de l’art au niveau collectif, comme on le voit, c’est loin d’être négligeable.

En ce qui concerne l’utilité individuelle… hé bien déjà on peut reprendre les points évoqués plus haut qui sont d’autant plus valables pour l’artiste que pour le public ou les peuples. L’artiste a tout autant besoin de s’évader, de se divertir, sinon plus et comme pour les peuples, l’artiste a aussi l’ambition, l’orgueil d’accéder au prestige, de devenir immortel en laissant derrière lui ses statues, ses tableaux, ses oeuvres, qui peuvent faire perdurer son existence, son nom, son talent, sa philosophie, son témoignage… Et plus ce besoin est grand, plus l’artiste a de chances d’accèder à ce prestige, parce que ce besoin sera un moteur pour lui, qui le poussera à essayer encore et encore, à prendre des risques, à se surpasser…

Au delà de tout cela, il y a aussi l’intérêt financier. La créativité se monnaye, et plus on a besoin de reconnaissance (comme expliqué au dessus), plus on s’investit et plus on a besoin d’un retour sur investissement, ne serait-ce que pour vivre. L’argent, le luxe, la volonté de monter dans la société, de se sortir du prolétariat et du « comment qu’on écrit ANPE? » sont des moteurs importants, et l’art, parfois, avec beaucoup de chance, d’acharnement, de talent, de réflexion peut permettre d’y arriver.

Il y a aussi les artistes militants ou illuminés, qui se croient (ou qui sont réellement) investis d’une mission divine, métaphysique, sociale, politique… Ceux là ont aussi besoin d’argent, mais cela devient secondaire, ils ne sont pas forcément contre la reconnaissance personnelle mais préfère que ce soit leurs idées, leurs combats qui soient reconnus. Utilité collective et utilité individuelle se rejoignent donc dans l’altruisme de l’auteur, même si l’auteur fait parfois fausse route, par des idées haineuses ou dangereuses, bien sûr. Mais même ces erreurs là sont utiles dans le sens où on s’en servira de contre-exemple; il faut parfois du temps, un génocide et une guerre avant de s’en rendre compte mais l’individu comme l’humanité avancent aussi grâce à leurs erreurs.

Parmi les « illuminés » (dénomination totalement arbitraire de ma part) il y a aussi ceux qui ne peuvent s’imaginer faire autre chose qu’écrire, peindre, sculpter… Dans ce cas, l’art peut-être salvateur, ou destructeur s’il en est empêché… Et ça amène à la psychologie (ou la psychiatrie, à vrai dire j’en sais trop rien) qui propose parfois l’art, comme les médecins proposent le sport, pour exprimer des refoulements, des tensions, des angoisses et ainsi s’en soulager et s’épanouir. A contrario, certains artistes se droguent ou boivent pour créer, considérant d’une part qu’ils sont bien meilleurs en état d’ivresse ou de défonce, et d’autre part que leur santé passe après leur oeuvre. Mais ceux-là, paradoxalement, se complaisent dans cette situation, comme certains sont masochistes, et on ne peut donc pas dire pour eux que l’art est une contre-utilité.

Au final (on sent quand même le gars qui a envie de reprendre ses études: introduction, développement, conclusion… j’ai pas trop perdu la main quand même ^^), on se rend compte que l’art est paradoxalement utile. Paradoxalement parce que ce n’est pas un besoin primaire, vital, mais un besoin psychologique qui le différencie de l’animal, paradoxalement parce que l’art peut être une arme, paradoxalement parce que l’art peut être destructeur aussi bien que salvateur. Mais il en ressort surtout que, collectivement ou individuellement, l’art n’a rien d’inutile, bien au contraire. Un peuple sans art se tournera forcément vers Dieu (et ça, les religieux, toute confession confondue, l’ont bien compris; il suffit de regarder l’Afghanistan avant la guerre (et probablement après le retrait des troupes occidentales…) ou l’Europe à l’époque de l’inquisition.) et un peuple sans Dieu se tournera forcément vers l’art. Les deux peuvent d’ailleurs cohabiter s’ils se soutiennent mutuellement ou en cas de polythéisme comme pour les grecs anciens. (Et hop! à la fin de la conclusion, un petit élargissement vers une autre problèmatique, c’est pas beau tout ça? Merci l’éducation nationale de nous avoir bien calibré!!!)

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Suite à cet article: un commentaire d’une spécialiste qui a souhaité réagir sur ce sujet. Son blog est dans mes favoris alors n’hésitez pas à y faire un tour ;-)

Ahhhh… l’utilité de l’art? à quoi servent les artistes? Il est vrai que c’est une question à laquelle on ne réfléchit pas forcément… et qui mérite effectivement une rédaction de mémoire , et un petit approfondissement du questionnement par la suite ne ferait pas de mal me semble-t-il… au moins pour introduire un élément supplémentaire dans la réception collective de la place de l’art dans
notre société. (promis pour dans 2 ans)

En tant qu’écrivain, on pouvait s’en douter, tu as un postulat bien précis sur la question.
Tout le monde ne voit pas d’utilité à l’art. La plupart des personnes (et je soupçonne fortement le fait que ces mêmes personnes n’entretiennent aucun lien avec quelque forme d’art) considère l’art comme une production purement égoïste et égocentrique, dont le but ne résumerait qu’à se faire plaisir en négligeant totalement les enjeux économiques de notre chère France d’aujourd’hui….si si, j’ai même des extraits pour le prouver !!! Et bien oui, le postulat populaire (ou du moins tout me laisse penser cela) est de dire que l’art, dans un premier temps ne sert à rien, mais dans un second temps ralentirait en quelque sorte le système capitaliste dans lequel nous baignons…. ben oui, faire de l’art mais pourquoi? L’artiste maudit qui peint seul dans son grenier dans une
détresse inhumaine, qui ne sait se faire connaître et qui dépérit seul dans d’atroces souffrance, dans le misérabilisme le plus total et sans le sou est bel et bien une image encore très encrée dans nos chères petites têtes (pas la mienne hein? lol… on est d’accord!).

Aujourd’hui le monde de l’art est un véritable marché économique.. mais pourquoi cela ne se sait-il pas??? demandez à notre cher gouvernement…!

Je n’ai plus les chiffres exacts, mais l’art et la culture sont un véritable outil économique et de développement de notre pays car ils produisent plusieurs millions d’euros par an. Mais ça, bien évidemment, on se cache de le faire savoir… c’est une véritable « entreprise » avec ses emplois, ses responsables, ses fonctions, ses politiques… bref, je ne vous apprends rien.

Je passe le sujet et reviens à ton article. Je suis tout à fait d’accord avec ton point de vue, à la différence que jusque là je n’avais pas fait la relation avec la religion. Oui je sais, l’art et la religion étaient intimement mêlés jusqu’à il n’y a pas si longtemps que ça, surtout dans un but d’instruction (tout le monde ne sachant pas lire l’art était un très bon moyen d’instruire sans écris) entre autre… mais en ce qui concerne l’art contemporain je ne m’étais jamais positionné dessus, ça mérite une petite réflexion.

Je voulais ajouter une notion à ta réponse, elle est plus ou moins sous-entendu mais pas vraiment définie. L’art et la visée sociale.  Grands mots. L’art a eu beaucoup de buts, ou tout du moins on a voulu lui en donner… le beau et le joli tout mignon, le politique dans la dénonciation et la critique, la réalité irréel dans le partage de la vision du monde de l’artiste au monde… etc. Mais aujourd’hui l’art commence à être utilisée en tant qu’accompagnement (eh oui, on en revient toujours à la même chose ). Tu parlais de l’art comme une « compensation » ou d’un « plus » à une vie morne ou qui mériterait un peu plus de sublime…. l’art tient incontestablement ce rôle-là, avec une subtilité parfois qui tient à l’accompagnement de processus douloureux… je m’explique en prenant exemple sur un collectif d’artistes ayant accompagné un projet. Artois Comm
(communauté d’agglo de Béthune) a fait appel à ce collectif pour accompagner la destruction d’une barre HLM. Pour quoi faire? Mais qu’est-ce qu’ils foutent ces artistes dans un truc qui ne les regarde pas? Et bien grâce à eux ce projet de destruction n’a pas eu les retombées catastrophiques que l’on connaît à la destruction de lieux de vie. Durant une longue période, les artistes ont pris possession de ces lieux pour les mettre en valeur (par le biais de la photographie) afin de restituer au plus juste l’image que les habitants avaient du
lieu avec leurs témoignages, garder une mémoire en quelque sorte. Un autre travail a été d’imaginer avec les habitants ce que pourrait devenir cet endroit après destruction de l’immeuble… je ne vais pas trop expliquer ce serait assez long. Mais au final, les habitants se sont sentis concernés et surtout compris. Ils ont participés à ce long processus de destruction et en ont fait leur combat, ont construits des rêves et des ambitions sur ce qui, dans la quasi-totalité des cas est vécu comme une catastrophe, une déshumanisation. Au lieu de créer des problèmes supplémentaires, des contradictions flagrantes et des catastrophes humaines, l’apparition de l’art et des artistes a tenu une place de médiation entre deux états et a permis de renouer, sinon consolider, une cohésion sociale. Il existe d’autres exemple, mais celui-là me semble le plus parlant, et je connais un peu moins les autres.

C’est une vision des choses qui est fortement contestée aujourd’hui et qui donne beaucoup de fil à retordre à nos chers sociologues, théoriciens et chercheurs.

Il y a également la notion de rencontre dans l’art. Rencontre triangulaire (et oui, on en oublie souvent un…) artiste-oeuvre-spectateur (ou plus grossièrement appelé « receveur »). Mais je ne développerai pas le sujet car tu as déjà remarqué toi-même que tu avais oublié ce petit aspect de l’utilité de l’art… je te laisse donc le soin de compléter ta réflexion. (dsl mais là mes neuronnes sont lobotomisés et leur syndicat refusent que je continue à les réduire en esclavage de la sorte !!)

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Comme je l’avais dit je fais fusionner les articles sur ma pièce de théâtre, Différent, comme tout le monde, histoire que ce blog soit un peu moins bordélique. De nouvelles dates bientôt, à Jeumont, au Maroc et à Feignies encore une fois, j’en parlerai en temps voulu, et peut-être d’autres… Si vous êtes intéressés et si vous avez une salle à nous proposer, n’hésitez pas à me le dire.

En attendant, voici les photos:

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L’équipe au complet, comédiens, producteur, techniciens, rappeur et même l’auteur… mais où est l’auteur? ^^
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Bon par contre c’est pas dans l’ordre, là c’est le dernier acte par exemple… On voit Lyppo et Espoir, par terre.
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Morritz et Kumble.
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L’ambiguë Malaya…
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Espoir et Elfynia.

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Eomor, l’Impératrice (qui nous a quitté et a donc été remplacé), Morritz et Kumble.

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Big up pour mister Buquegneau pour ce grand moment de mise en scène ^^

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Et big up pour le public, venu nombreux, que j’ai entendu beaucoup rire… Merci!


Une chaleur diffuse et bienfaisante… Une certaine lassitude… On doit être entre les midis… (Tiens ça sent la lavande)… Les volets sont fermés à moitié… La cuisine… Rose… (Maman prépare le thé. J’ai trop mangé. C’était quoi déjà?)… Edith Piaf… C’est la radio… C’est une belle journée… L’Algérie… Et je vais me coucher… (Mon père lit le journal)… Je vois la vie en rooooose… Le bonheur… La sonnette retentit… çi sûrement Lucien. Khalis mon fils va ouvrir s’il ti plait… C’était Lucien… Lucien est gendarme… Gendarme… Noir et blanc… Quand il me prend dans ses bras… Il avance dans la cuisine… Bonjour… Comment vas-tu? … Hamdoulila… La besse?… La besse chouïa ma ptite dame, la besse chouïa… Des rires… (Il est marrant Lucien)… Le thé n’est pas encore prêt… Et ça me fait quelque chooooose… Un ptit virre di rouge en attendant?… Quel charmant accent vraiment… Il sent bon le soleil… Oui il fait chaud aujourd’hui… (Mon père…)… Ha Marseille… Leurs moustaches… Bien être… Pas trop di travail en ce moment?… Le soleil… Qu’il me parle tout bas… Vous savez bien que Trappes est la ville la plus tranquille du monde… Des sourires… Et les études gamins?… (Ça se passe bien monsieur)… Lucien… Pas de monsieur… Pas de monsieur… Monsieur… Le thé… (Mon père…)… Une raclée à la belote ce soir?… Chez Fernand… Son vélo… Pas de proublème… La chaleur… L’heure de partir… Leurs vélos posés devant… Des jeunes assis dans l’entrée… A L’ombre… Leurs regards… Lucien part de son côté en sifflant… Il me dit des mots d’amour… Des mots de tous les jours… (Mon père part du sien… mon père…)… avant de disparaître dans les méandres oniriques.

Ce n’était qu’un rêve. Qu’en restait-il déjà? Des lambeaux informes de perception, un arrière goût d’un mélancolique paradis, un embryon de larme.

Khalis ne voulait pas émerger de ce monde, il ne voulait pas comprendre, analyser, poser les pieds sur cette terre si froide. Son portable se mit à sonner: Allaaaaaaah… L’appel à la prière. Tout revint d’un coup: son court séjour en Algérie, le film en noir et blanc qui se passait à Marseille, la lapidation du fourgon de police… Par contre Edith Piaf… Et cette obsession sur la mort de son père. Cette image où il partait en vélo à l’usine, pour la dernière fois. C’était il y a si longtemps. C’était hier. C’est encore demain. Le chaos s’était quelque peu dissipé, il était temps de se lever, après avoir remercié Dieu pour ces quelques instants de bonheur virtuel.

Zarma zarma… Anissa, sa mère, était dans la cuisine, discutant avec sa cousine. Une cassette tournait dans le vieux lecteur. Salaam aleikoum. Aleikoum salaam. T’as bien dormi fils? Oui et toi? Il l’embrassa tendrement avant d’aller dans la salle de bain pour y faire ses ablutions. Anissa vouait un véritable culte à son fils, le seul que Dieu avait bien voulu lui donner. Son mari était parti trop tôt et il lui ressemblait tellement. Khalis était l’espoir.

Une fois les ablutions terminées, il retourna dans sa chambre, sortit le tapis de prière avec une petite boussole à son extrémité de sous son lit, le déroula, le dirigea vers l’est et se mit en position. Il faudrait une fois de plus lutter contre le diable; la djihad. La prière commença. Au bout de quelques secondes, les images commencèrent à fuser. Toute sa souffrance explosait en lui. Il se sentait bien et honteux à la fois. Bien d’être avec Dieu. Honteux de toutes ces images tantôt violentes, tantôt érotiques qui jaillissaient de ses ténèbres. Il pria trois fois de suite pour prendre de l’avance sur les autres prières de la journée, qu’il ne pourrait faire parce que la fac ne permet pas ce genre d’excentricités.

Le regard perdu sur le béton de sa cité et sur le froid de l’hiver qui se jette sur la fenêtre de leur bloc, il avalait sans conviction ses céréales au chocolat. Il tentait de chasser la peur qui lui pénétrait l’estomac. (Ce monde ne veut pas de nous.) Il invoqua Dieu une fois de plus pour qu’Il lui donnât la force. Il lava son bol et sa cuillère comme tous les jours et alla s’habiller chaudement pour affronter l’hiver nucléaire.

Son sac sur le dos, il prit une grande inspiration avant de sortir de son immeuble. Ce matin là, Khalis traversa son univers avec le regard d’un autre: La cité des fleurs… Comment des fleurs pourraient-elles pousser ici? Il y en avait pourtant eu, avant que le mot «cité » ne se charge de sens péjoratif, avant que tout ce béton ne transforme ses habitants en asociaux. Un lieu isolé du monde civilisé. Un microcosme de Tchernobyl hanté par des morts-vivants dont les veines sont remplies de drogues, de vampires assoiffés de violence, de loups-garous lubriques, de monstres anonymes, et tellement d’autres dont tout le monde se fout; comme Khalis. Du béton pour éviter la contamination radioactive. Enfermer ces dieux étranges issus de caduques mythologies; les laisser se venger sur ces pauvres âmes, les posséder, sacrifiés sur l’autel du capitalisme; refermer sur eux la boite de Pandore. Tant que le diable est là, il n’est pas ailleurs, empêchons-le de sortir! Mais la boite est trop petite, le cancer se propage de plus en plus. L’enfer gagne en puissance et sera bientôt incontrôlable. La peur s’immisce dans tous les foyers via la télévision qui amplifie, démultiplie et dramatise pour rentabiliser ce fléau récupéré par la politique, le commerce, l’art. A croire que quarante ans de paix ça pèse sur les nerfs.

Le froid, le silence, la menace permanente, des rues désertes, un paysage en noir et blanc qui appelle le sang et nie la vie. Quelques tags en guise d’espoir. Des snipers d’infortune derrière les fenêtres?

C’était ça la banlieue pour le monde civilisé. Un repère de barbares. (De barbares…) Khalis réfléchit sur ce mot. Étaient-ce les Grecs ou les Romains qui l’avaient inventé pour désigner ces peuples dont ils ne comprenaient pas la langue? Eux, on les appelle les «Wech-wech ». C’était pareil. L’occupation romaine en Gaule avait donné le Français… Khalis resta quelques instants suspendu à cet idéal qui avait pour nom: métissage.

Et puis il vit son monde avec ses yeux à lui, bleus comme l’espoir: un nouveau langage naissait dans ce lieu isolé comme pour hurler cette enrichissante différence. Une nouvelle identité. Un nouveau peuple. L’avenir. Dans le ventre de la France, le chaos de la maternité et un enfant non désiré qui voulait déjà sortir et respirer et hurler son existence. Trop tard pour les regrets, trop tard pour l’avortement. Inch’Allah la démocratie. En attendant, c’était un monde en pleine Histoire qui émergeait. Des personnages en pleine crise d’identité et même d’adolescence. Un monde qui ne cesserait jamais de fasciner et de terrifier par sa laideur et sa splendeur, sa richesse, sa pauvreté, sa complexité, son dynamisme. C’était l’Histoire dans la non-Histoire.

Khalis aurait voulu figer ses pensées que déjà éparpillait le Léthé, mais il lui fallait encore traverser le Styx.

Le métro parisien… Un trafic quotidien de milliers d’âmes. Des milliers de visages blêmes, angoissés, nerveux ou déconnectés. Il faut payer son obole à un Charon automatisé, attendre son tour et se noyer dans ses eaux noires et ses contemporains. Combien ont suffisamment peur pour avoir une arme sur eux? Qui est un ennemi potentiel? Ambiance sombre et sale où règne l’inquiétude. L’âme y fait des efforts désespérés pour quitter son corps. On s’évade. L’esprit ne peut rester dans un tel lieu. Parfois, l’esprit part et ne revient jamais. Qu’est-ce qu’il a ce grand type chauve à écarquiller les yeux et à sourire bêtement? Et cette femme qui baisse les yeux, quels supplices a-t-elle enduré sur ce seuil pour avoir autant envie de trembler? Et ce vieux au visage écœuré et épuisé que fait-il ici à sept heures du matin à chercher un regard un peu trop insistant ou trop fuyant pour être honnête? Khalis regardait par la fenêtre comme à son habitude. Se tourner vers le néant, s’ignorer soi-même pour être ignoré par les autres, compter les stations, parfois, regarder les gens menacés pour raccrocher avec l’extérieur, les compter pour se rassurer sur le monde et essayer de deviner leurs pensées, pour se distraire. (Ce monde ne veut pas de nous…). Il pensa à sa famille, sa grande famille. Lui était fils unique par la force des choses. Fallait-il encore faire des enfants? Khalis se souvint de ses lectures concernant la fin du monde. (Est-ce que le soleil s’est levé à l’ouest ce matin?) Le jugement dernier… L’ultime quiétude; la fin du chaos. Il n’y avait pas de miracle en vue. Il devait donc rester encore un peu de temps. Prochaine station: Elysion. L’arrivée enfin.

La faculté de sciences humaines. Khalis retrouva son angoisse. Il pénétra à l’intérieur du bâtiment. À l’entrée, de futurs enseignants fumaient leur cigarette du matin et buvaient leur café, histoire d’avoir une bonne haleine pour la journée. À l’intérieur, c’était la meilleure image que pouvait donner la démocratie: des couleurs partout, sur les murs, sur les poubelles et sur les gens. Une population mondiale. Des parisiens bien sûr, ce qui signifiait déjà des blancs, des noirs, des jaunes, des rouges, des bleus… Et puis d’autres venus d’Espagne, d’Allemagne, d’Italie, de Pologne, d’Angleterre, de Croatie, de toute l’Europe. Et d’autres encore venus d’Afrique, des anciennes colonies cherchant dans la métropole à perfectionner leur savoir et à découvrir cette puissance mondiale qui les avait dominés, asservis. Khalis restait fasciné par cette improbable diversité. Il regardait avec délice cette espèce de néo-punk avec une crête incroyable sur sa tête et probablement une grand potentiel à l’intérieur, ces jeunes filles excentriques qui ne ressemblaient à rien d’autre qu’à elles-même avec leur look néo-hippy. Une large majorité de filles aux visages angéliques ou démoniaques, pour tous les goûts. Khalis ne s’imaginait pas le Paradis autrement, avec un peu plus de nature peut-être. Ici le diable avait trouvé sa juste place: dans les chiottes où au milieu de graffitis à peine pubères on pouvait voir de la publicité pour l’extrême droite. Aucune contrainte, Khalis était libre de venir en cours ou de sécher. Partout résonnaient les mots: liberté, égalité, fraternité.

Il se dirigea vers le distributeur de boissons et y inséra quatre vingt centimes d’€uros, puis il alla s’asseoir sur un banc attendre Catherine, comme d’habitude. Il regardait sans cesse l’heure sur son portable. Le suspense devenait insoutenable. Catherine arriva enfin, resplendissante même avec la tête dans le cul. Elle s’approcha, l’embrassa et alluma la clope du matin.

- C’est si stressant que ça de m’embrasser? Lui dit-il avec un sourire au coin des lèvres.

- Il me faut pas grand chose pour avoir un orgasme, du moment que ça vient de toi.

Ils se regardèrent avec un sourire complice. Il l’aimait. Ça lui était tombé dessus comme ça, un accident bête. Elle s’était mise à côté de lui en cours, un de ces cours sans intérêt où on cherche pendant un semestre comment ce prof avait pu se passionner pour cette matière, plutôt que d’écouter son cours. C’était comme ça qu’elle l’avait abordé. Elle ne pouvait jamais s’empêcher de parler, même pas pendant son sommeil. La timidité du jeune homme l’avait touchée, sa beauté si simple aussi, ce qu’on appelle la grâce; il lui fallut quelques semaines avant de s’en rendre compte. Khalis avait essayé de la fuir, elle et ce qu’il avait ressenti dès que son parfum eût pénétré ses récepteurs olfactifs et ressuscité de vieux souvenirs, un vague bien-être. Il ne voulait pas. Seulement, sa beauté éclatante, son assurance, son charisme, son charme quoi! cette parfaite harmonie entre ces deux corps, cette façon de le regarder quelques secondes sans pouvoir rien dire, elle! Ce besoin d’amour qui soupirait de son âme l’avait fait céder: il n’avait rien trouvé de moins poétique que de lui prendre sa main, le lexique étant toujours ridicule et inapproprié  pour rendre cette chaleur qu’on doit communiquer. Ça lui vaudrait sans doute un infini séjour en enfer. Mais Dieu peut-il condamner l’amour?

- Pas trop tendu pour ton exposé?

Catherine savait que les exposés étaient une véritable torture pour lui, qu’il détestait s’afficher et qu’il manquait cruellement d’assurance. Elle se disait que cela devait être du au manque de sexe, et, plus généralement, au manque de conquêtes.

- Non… non, ça va.

Il ne mentit pas par orgueil. Il le fit à la fois pour ne pas l’inquiéter mais surtout pour s’auto persuader. Elle le savait très bien. Tout trahissait l’angoisse chez lui: son regard plus bas que d’habitude, son visage tiré, son poing serré et sa jambe droite qui frétillait sans même qu’il s’en rendît compte.

Il  regarda une fois encore l’heure sur son portable, il était temps de monter en cours. Il termina sa boisson et la jeta dans une grande poubelle bleue. Il prit Catherine par la main, comme un collégien, et ils se dirigèrent vers l’escalier, lui priant secrètement pour qu’elle se convertisse à l’Islam, elle se demandant comment lui avouer qu’elle était juive…

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