Louise Michel, la critique
Cinéma décembre 29th, 2008
On aurait pu opter pour un film plus classique, avec plein de pognon, genre Australia, de la bonne grosse star, de l’effet spécial… Mais non! Que nenni! On a choisi du film grolandais en pleine connaissance de cause.
Alors, en gros (landais), l’histoire… C’est une certaine Louise, qu’on appelle aussi parfois Jean Pierre, qui subit un coup foireux de son entreprise qui fait un joli ptit plan social, comme ça, en douce, laissant des indemnités de misère à ses employés. Lesdites employées (parce qu’il n’y a que des femmes) se regroupent donc dans un bistro histoire de savoir ce qu’elles vont faire de leur misère. Les propositions défilent, de la pizzeria en passant par le calendrier à poil façon déesses de l’usine poilues… jusqu’à l’idée de génie de Louise! Après un vote il est donc décidé d’utiliser leurs indemnités pour payer un tueur professionnel qui devra donc se charger de leur indélicat patron.
C’est là que Michel (qu’on appelle aussi parfois Katie) entre en scène. Evidemment c’est un tueur professionnel pitoyable. Même pas foutu d’abattre un clébard. C’est ainsi qu’une improbable, délirante, pathétique odyssée va démarrer.
Je peux pas dire que ce film est mauvais. Déjà parce qu’il m’a quand même bien fait marrer, avec une courte mais mémorable apparition de Poelvorde en génial paranoïaque; mais aussi parce que j’ai le sentiment que c’est moi qui suis mauvais. A force de bouffer du burger, des frites, des pates, quand on me fout de la bonne cuisine dans mon assiette, je tire une gueule de 15 mètres; pas initié quoi. Ben là c’est un peu pareil. Y a pas de cul, pratiquement pas d’effets spéciaux, pas de bombe anatomique, que du moche, du pauvre, du terne… et un long délire qui ne laisse jamais le temps de réfléchir et de comprendre qu’il faut se marrer. C’est du grand nin nin du début à la fin (l’entreprise s’appelle Nin nin et à la fin on voit un nain dans un autre nain (en plastique) se faire abattre, histoire de bien enfoncer le clou et assumer totalement le film). Il y a des longueurs aussi. Bref on peut sortir de la salle profondément écoeuré et ruiné de 8€60. Mais il y a aussi une certaine poésie, une tendresse latente qu’il faut être capable de voir. Et puis c’est un pur film de gauche, voire de gauchiste. Limite d’anarchiste (d’où la référence à Louise Michel, anarchiste notoire du XIXème siècle). Ambiance un peu punk que je ne peux qu’aimer quoi, et puis un film qui ne glorifie pas le pognon, la beauté et tout ça… Un film d’utilité publique, quoi…
Donc non je ne peux pas dire que ce film est mauvais, simplement avertir mes lecteurs qu’on n’est pas dans le tout public, le divertissement familial, qu’il faut un cerveau, une conscience, une âme et peut-être même un certain sens artistique pour apprécier ce film. C’est un film élitiste, une curiosité qui vaut le détour, si vous avez la chance d’avoir des places à tarif réduit…
Tags: Delepine, Groland, Kervern, Louise Michel, Yolande Moreau
Technique d'arnaque, la critique
Divers décembre 26th, 2008

Il y a aussi plus direct, moins cérébral, genre le gars qui repère que vous n’avez pas de montre et qui vous demande l’heure. L’heure c’est pas grand chose, alors vous la donnez en sortant votre portable sauf qu’il en profite pour vous le choper, tout en vous expliquant qu’il vaudrait mieux que vous évitiez de lui courir après parce que c’est son quartier et qu’il a un couteau, un flingue et les armes de destruction massive de Saddam Hussein dans sa poche. Evidemment, dans le doute, vous lui laissez votre portable, même si vous étiez largement capable de lui défoncer sa sale gueule de ******* de merde avant qu’il ne dégaine ses armes (ptête fictives, ptête pas) ou qu’un de ses potes l’aperçoive et vienne lui « porter secours ». Pas envie de se prendre un coup de couteau pour un portable quand même! (ça aussi, c’est du vécu).
Mais il y a aussi plus élaboré, plus cérébral… Une technique qui est à la limite de la légalité et qui confine même à l’oeuvre d’art. Le genre où une fois que tu te retrouves comme un con, baisé jusqu’au trognon, t’es partagé entre la rage et l’admiration… Et là aussi, c’est du vécu.
Imaginez-vous donc en train de vous promener tranquillou, un dimanche, dans votre petite ville où il n’y a pas un chien. Soudain, une voiture s’arrête pour vous demander son chemin. Le type baisse la vitre et commence par vous demander si vous n’êtes pas raciste envers les espagnols. Le type a un léger accent mais il aurait aussi bien pu dire italien ou portugais ç’aurait été pareil. A ce genre de question, même si vous n’avez jamais raté une occasion de voter pour le front national, même si vous abhorez les italiens et tous les latinos du monde pour des raisons diverses, variées et toutes pourries, vous allez lui répondre que bien sûr que non. Pourquoi? Ben déjà le racisme envers les espagnols… Ca doit exister mais je pense qu’il faudrait vraiment pas avoir de cul. Envers les italiens, je connais. Envers les portugais, je connais. Envers les espagnols… Enfin soit, même si pour des raisons qui m’échapperont décidément complètement vous ne pouvez pas voir les espagnols en peinture, vous vous promenez tranquillou dans la rue, limite en sifflotant, vous êtes visiblement pas en mode « baston », alors histoire que tout continue à bien se passer dans le meilleur des mondes, vous lui dites que non, vous n’êtes pas raciste du tout! Que c’est moche le racisme berk berk berk et là déjà vous êtes tombé dans son premier piège, l’air de rien! Hein? Quel piège? Mais j’ai rien vu du tout! me direz-vous. Hé ben si! D’abord parce que ce type s’il soulève la question du racisme à son encontre c’est qu’il en a été victime, ce qui mobilise d’emblée votre empathie de bisounours pour le personnage. Et comme d’un coup vous le trouvez sympathique ce ptit malheureux tout parano, vous allez l’écouter et vous serez moins méfiant, d’autant que se faire passer pour une victime ça évite à l’inconscient de votre interlocuteur de se méfier d’un potentiel coupable… Vicieux hein?
Le contact étant établi et de la façon la plus positive qui soit (maintenant vous êtes tout disposé à lui démontrer que vous n’êtes vraiment pas raciste) le quidam vous demande donc de lui indiquer où se trouve la rue machin chose dans laquelle doit se trouver le café trucmuche. Vous connaissez la ville par coeur et… jamais entendu parler d’une telle rue et encore moins d’un tel café!!! Doit y avoir une erreur quelque part! Devant votre embarras et votre compréhensible incompréhension, le sympathique individu commence à vous expliquer… Et PAF! Deuxième piège dans lequel on ne peut que tomber à moins d’être le dernier des gros cons! Parce qu’avec sa recherche bidon qu’il a soit improvisé soit préparé devant le miroir de sa salle de bain il se tend lui-même une perche pour déballer le reste de son barratin: comme vous ne connaissez pas le lieu, il va vous expliquer ce qu’il est censé y faire, ptête que ça vous donnera une idée (enfin ça c’est ce que se dit la victime parce qu’en réalité il ne fait qu’enchainer sa série de pièges).
Il vous explique ainsi qu’il revient d’une foire dans laquelle il vendait des montres et qu’un certain nombre de ses montres lui sont restées sur les bras. Il comptait donc les donner à un ami espagnol censé posséder ce fameux café dans cette fameuse rue, sauf qu’apparemment il est pas dans la bonne ville. (c’est quand même ballot!) Là-dessus, il vous tend un très bel écrin contenant deux montres qui brillent et qui ont l’air de tout déchirer. Pendant que vous regardez plus l’écrin que les montres, il continue à vous parler, histoire que vous restiez concentré sur son histoire cro cro cro mignone et pas sur ses montres apparemment top classes et en fait trop pourries en plastique qui pue avec un poignet qui ne se règle pas. Il enchaine donc en vous expliquant qu’il ne tire aucun bénéfice de ses montres puisque tous les profits engrangés par les ventes seront reversés aux chtis enfants victimes des attentats de Madrid. Il vous redemande en même temps si vous n’êtes toujours pas raciste envers les espagnols et si vous aimez bien les chtis enfants trop meugnons et tout mutilés ou tout orphelin à cause des méchants terroristes qui sont même pas espagnols… Là c’est la série de pièges. Vous êtes donc en face d’un type d’une générosité sans borne (qui a pourtant une gueule à se foutre pas mal des gosses surtout s’ils sont mutilés mais bon…) qui vous soupçonne d’être un raciste sans coeur qui se fout pas mal des gosses espagnols surtout s’ils ont été mutilés par des méchants vilains pas beaux. Vous avez donc le choix entre:
1- Continuer à écouter le récit de Rémi sans famille avec un air franchement désolé pour lui et pour les chtis enfants.
2- L’envoyer bouler en lui faisant un gros fuck et ainsi passer pour un monstre sans coeur, ce qui ,pour pas mal de gens, risque d’engendrer une longue série de cauchemars et d’examen de conscience.

Parce qu’évidemment le but est de vous soutirer du pognon. Tout le reste, c’est de la psychologie (qu’on appelle également dans les milieux autorisés: du lubrifiant). Alors là c’est cadeau! Il vous offre les montres en vous demandant si ça ferait pas plaisir à quelqu’un cette jolie petite montre féminine. Forcément, là aussi, que pouvez-vous répondre sinon oui? Vous n’avez pas pu les regarder attentivement ces montres de merde. Elles brillent, sont vachement bien présentées et est-ce qu’on foutrait une montre toute pourrie dans un si joli écrin, franchement? Hé ben oui! Le fait est que l’écrin vaut plus cher que les deux montres réunies! C’est à l’image de l’arnaque: toute une mise en scène, un barratin super bien travaillé pour refiler une camelotte de merde. Le marketing poussé à son paroxysme.
Mais là vous me direz ben il a pas parlé de pognon là? Il dit qu’il nous les donne… C’est exact et c’est là que c’est le plus vicieux! Il vous donne donc les montres, elles sont à vous, c’est fait. Sauf que… Il vous reparle des chtis enfants madrilènes, le salaud! Evidemment ça n’a rien à voir, la montre il vous la donne, vous la méritez puisque vous n’êtes pas raciste et que vous êtes sincèrement désolé pour les chtis nenfants. Mais quand même ce serait bien si vous faisiez un don pour les chtis nenfants…
C’est quand même magnifique, non? Vous n’avez pas suivi? C’est pourtant simple. La montre il vous la donne, parce que vous êtes quelqu’un de bien. SEULEMENT, si vous ne donnez pas quelque chose pour les chtis enfants, c’est qu’il s’est trompé, que vous êtes un méchant et que vous ne méritez pas la montre… Fort, non? C’est pas une vente parce que la montre il vous la donne, c’est donc un don. Lui il vous donne quelque chose et il en a le droit, vous lui donnez quelque chose et vous avez le droit tout autant. A la limite de la légalité mais… légal!
Mais ça ne s’arrête pas là. Ben non, sinon il suffirait de lui filer un €uro et hop merci pour les montres. Même si elles sont pourries au final on a pas perdu grand chose, on aura perdu moins que lui. Alors il faut trouver une technique, déjà plus accrobatique que le reste, pour vous suggérer une somme. C’est là qu’il vous explique que d’habitude les gens donnent 20, 30, 50, 100€… Technique très fortiche parce que là psychologiquement, si vous proposez moins que 20€, vous passez pour un pingre en plus d’un monstre raciste et sans coeur. Bien évidemment il sait parfaitement que vous ne donnerez pas 100€, d’ailleurs personne n’a jamais donné 100€ mais plus il fait monter le tarif, plus il vous fait passer le tarif minimum pour quelque chose de dérisoire. Donc il sait très bien que vous donnerez entre 20 et 30€, histoire de pas passer pour un pingre raciste et sans coeur, et histoire de pas se ruiner non plus. Là en général, il y a un blanc; et le blanc c’est l’ennemi juré de l’arnaqueur parce que ça veut dire que la victime réfléchit et une victime qui réfléchit c’est pas franchement bon pour le « commerce »! Alors, dans ces cas là, on contre attaque! Il vous sort une autre paire de montres qui brillent en vous parlant de vos parents, que ça leur ferait sûrement plaisir, et que comme vous êtes quelqu’un qui a du coeur, il vous les donne aussi, si vous faites un don suffisamment généreux bien sûr. Avec une bonne victime, sur ce coup-là, il passe à 40€ direct. Avec le RMIste que j’étais, fallait pas pousser mémé dans les orties! Je suis ptête ni espagnol, ni enfant, ni mutilé mais je suis quand même un chômeur moi merde! Moi aussi je suis victime! Vais pas me saigner à blanc même pour un chtit enfant quand même hein?
J’ai donc fini par passer pour une moitié de monstre qui se fout de ses parents et qui va pas se sacrifier pour des gosses. Surtout que ça commençait à tilter dans ma tête et à vrai dire depuis un moment(ben oui quand même…). J’ai donc adopté une logique purement tordue. Je me suis dit que si c’était légal et véridique, j’aurais fait une bonne action, si c’est pas légal… hé ben j’aurais relevé sa plaque à cet enfant de salaud!
Je lui ai donc filé 20€. Je lui ai dit « au revoir » avec un grand sourire tout en mémorisant par coeur sa plaque d’immatriculation, et en me disant qu’au pire je pourrais toujours les vendre sur ebay, ces montres, histoire de récupérer un ptit quelque chose sur ma naïveté…
La suite de l’histoire c’est que par la suite et sans perdre de temps, je me suis renseigné auprès de personnes compétentes pour savoir si je m’étais fait baisé ou pas. Et la réponse est… ben oui, vous vous êtes fait baisé, et légalement en plus! QUOI??????? LEGALEMENT??????? AI-JE BIEN ENTENDU??????? Oui, oui, oui, lé-ga-le-ment. Il y a pas eu de vol puisque vous lui avez donné votre argent de votre plein gré. Les montres sont merdiques mais pas contrefaites. Et il n’y a même pas eu de commerce puisqu’il vous a donné les montres. Donc pas d’escroquerie…
C’est balèze. Je suis pas le seul à me faire baiser comme ça. C’est scandaleux mais aussi légal qu’une pub pour du shampooing qui montre une femme à poil sous la douche qui se prend un orgasme grâce à son champooing qui lave pas mieux qu’un autre… C’est la même logique en à peine plus vicieux.
Pour finir je n’ai donc pas été naïf de croire en son histoire, pour laquelle j’avais de toute façon de sérieux doutes depuis le départ; j’ai simplement été naïf de croire en la justice de mon pays. Me reste plus qu’à croire en la justice divine, histoire de me consoler en espérant un paradis récompensant ce genre d’injustice et de naïveté…
Mais le plus énervant dans tout ça c’est qu’à cause de ce genre de pourritures, on a de plus en plus de mal à donner quoi que ce soit à d’honnêtes malheureux. Parce que plus on se fait baiser, plus on a tendance à serrer les fesses très fort. On devient parano quoi. Alors on laisse crever…
Encore moi, ça va. Je suis altruiste de nature, alors je continue à donner, du temps et de l’argent, quitte à me faire baiser encore et encore. Parce qu’il faut avoir une certaine force de caractère. Il faut savoir se dire « merde c’est que du pognon et tant pis si je passe pour un con au moins je suis toujours du côté des gentils, moi! » Faut savoir oublier son ego. Parce que parfois on donne aux bonnes personnes, et on les aide vraiment. Même si c’est qu’une fois sur dix, peut-être que cette fois-là, elle vaut le coup. Peut-être que cette fois-là on sauve une vie…
Pour info, voici les montres en question. Si malgré tout ça intéresse quelqu’un, n’hésitez pas à me contacter hein?
Je vous les laisse pour 10€! Dépêchez-vous, je les ai pas encore mises sur ebay…

Tags: arnaque, critique, escroquerie, technique
Recettes intimes de grands chefs, d'Irvine Welsh, la critique
Littérature générale décembre 23rd, 2008

Le dernier en date de la collection de mon auteur fétiche… Quel bonheur… Puisse-t-il encore nous en pondre une bonne dizaine minimum des comme ça… Il ne me reste plus à lire qu’Une Ordure pour en avoir, provisoirement, terminé avec sa collection.
Alors donc, que cache cet étrange titre plutôt culinaire? Tout simplement une réadaptation du Portrait de Dorian Gray, du célèbre Oscar Wilde. Oeuvre majeure figurant parmi les très rares livres qui m’ont fait ressentir le besoin de les relire (avec Les Fleurs du Mal et La Guerre de Troie n’aura pas lieu). Tout ça ne pouvait donc augurer que du meilleur…
Evidemment l’histoire, les personnages, le contexte sont très différents de la VO, Welsh n’ayant conservé que le principe du « reflet absorbant » si je puis résumer ça de la sorte. Cette étrange malédiction a donc été transposée à notre époque et dans le lieu visiblement cher à l’auteur, Leith, banlieue ordurière d’Edimbourg (tout comme l’Ecosse est la banlieue ordurière de l’Angleterre, comme le dénonce Welsh mais aussi tout un tas d’amoureux du pays tels que Sean Connery), sorte de cour des miracles où règne la loi de la jungle et où il faut errer très longtemps avant de trouver une Cosette ou un Jean Valjean (oui, je sais: c’est pas Notre Dame de Paris, ça, c’est Les Misérables, mais ça se rejoint dans la thématique de Hugo). A la place du fameux portrait, on trouve… un pauvre type, un loser, l’éternel puceau, le petit ange bien sous tout rapport, tellement terne, lourd… l’anti-héros welshien dans toute sa splendeur; tout le contraire d’un Mark Renton ou d’un Sick Boy, les « héros » de Trainspotting et de Porno.
Mais ce n’est pas lui le héros, même si la transformation de cet être pitoyable dans lequel beaucoup d’entre nous pourront malgré tout se reconnaître constitue un des grands intérêts du livre. Non, le héros n’est pas Kibby, le héros s’appelle Danny Skinner, et c’est une pourriture comme je les aime. Lui aussi va subir une transformation inattendue, à cause de cette malédiction. Welsh démontre encore une fois tout son génie pour décrire les différentes natures humaines, les « caractères » comme eût dit le sieur La Bruyère, sans jamais sombrer dans le manichéisme. Bien sûr ça commence avec un gentil et un méchant, mais ce qui est intéressant dans tout ça, c’est l’évolution de ces personnages interagissant plus ou moins volontairement et consciemment l’un sur l’autre.
Pourquoi donc appeler ce bouquin Recettes intimes de grands chefs, m’objecterez-vous? C’est quoi le ****** de rapport bordel???? Pour reprendre le vocabulaire de l’auteur… Hé bien tout simplement que nos deux personnages bossent pour la mairie d’Edimbourg en tant qu’inspecteur d’hygiène des restaurants. Ca vous cloue le bec, hein? Quoi « c’est tout? » Ca vous suffit pas? Alors sachez que le fil conducteur de ce livre est la recherche désespérée et compulsive de Skinner après son père, parce que maman Skinner a toujours refusé de lui dire qui était ce petit salopiaud qui l’a mise en cloque dans sa tendre jeunesse punk… Son seul indice est que cet enfoiré était cuistot et qu’il avait sans doute fréquenté une espèce de bouiboui qui s’appelle encore l’Archange… Et justement l’un des suspects est devenu un chef très célèbre qui a sorti un bouquin s’intitulant Recettes intimes de grands chefs… Hahaaaa, la boucle est donc bouclée… Luke, je suis ton père! Beaucoup de reprises quand même dans ce bouquin, plus j’y réfléchis…
Y-a-t-il des défauts à ce livre? Hé bien oui! Déjà, l’édition qui a laissé beaucoup trop de coquilles à mon goût. Je suis un peu soupe au lait quand on me gâche mon plaisir avec des mots qui manquent… Et puis la fin aussi, un peu bancale, rapide et pas facile à comprendre. Une première pour Welsh! Mais ça reste mineur et subjectif. Reste aussi que j’ai eu un peu plus de mal à rentrer dedans, mais ça c’est un peu une habitude, pas trop mauvaise au demeurant, qui est d’installer une progression dans le récit, de la normalité jusqu’à l’apothéose littéraro-pyrotechnico-trash. En gros, on passe des préliminaires tout mignons à l’orgasme anal, tout en douceur…
Je vais résumer mon propos en appelant ça une tuerie, encore une fois; je pense que ça résume plutôt bien. Moins bien que Porno, moins bien que Trainspotting, avec une scène bien trash pas forcément justifiée qui fait un peu racolage mais c’est un peu pour ça que je l’aime, hum?
Tags: chefs, critique, dorian gray, grands, intimes, Irvine, recettes, recettes intimes de grands che, Welsh
La publicité, la critique
Politique décembre 21st, 2008

Un sujet qui me tient particulièrement à coeur, la publicité… C’est totalement d’actualité puisqu’on parle (beaucoup) de la virer d’un côté pour en mettre deux fois plus de l’autre, et parce que c’est la crise, aussi.
Je ne vais pas faire un article sur la réforme de l’audiovisuel public, c’est pas le sujet. Je vais pas non plus parler de la crise, j’y viendrai sans doute plus tard.
Non, là je veux parler de la pub, pour laquelle je semble avoir une aversion particulière. En réalité, je suis beaucoup plus nuancé que ça. Il y a des pubs que je gerbe, et d’autres que j’applaudis. Malheureusement les pubs que j’applaudis sont quand même plus rares que celles que je gerbe.
Il faut quand même être concrêt: les pubs sont nécessaires. Comment se faire connaître sans cet outil? Comment financer bloguez.com sans pub? Comment organiser un événement culturel ou sportif sans sponsors?
D’ailleurs l’un des gros avantages de bloguez.com est de permettre à ses utilisateurs de se faire sa pub sur le site. Et je me sers de cette possibilité assez régulièrement donc ce serait totalement hypocrite et stupide de ma part de ne pas nuancer mon propos.

Alors, concrêtement toujours, qu’est-ce qui m’écoeure à ce point dans la pub? En 5 mots: « si juvabien, c’est… » Ca c’est le genre de truc qui me pourrit totalement ma journée!!! Le gros problème de la pub, c’est que la régulation est franchement insuffisante. On peut se permettre de pousser le bouchon très loin, sauf en matière de créativité, mais ça c’est assez particulier à la France, d’autres pays étant bien plus créatifs que nous. Nous avons donc des pubs franchement pourries qui, à défaut de marquer par leur originalité, leur beauté, leur humour… marquent par le bourrage de crâne, voire par des ******s de techniques de manipulation mentale dignes des nazis… (je vais pas développer le sujet, Beigbedder l’a déjà très bien fait dans son livre, 99F) Et je ne parle même pas de l’effet de frustration dont j’ai déjà parlé dans ma critique de la société de consommation; créer des besoins, créer un manque, frustrer, blesser, voilà le but de la majeure partie des publicitaires, tout ça pour quoi? L’argent, l’argent, l’argent et nous faire croire qu’on ne peut être heureux qu’en consommant, en affichant du luxe, du botox etc etc
Voilà donc ce qui m’écoeure dans tout ça. Et je pense qu’on peut et qu’on doit réguler ça, de façon juste bien entendu, j’irai même jusqu’à dire de façon morale. Je pense aussi qu’en ces temps de crise et suite à la grosse claque que s’est prise le capitalisme, il n’y aura jamais de meilleur moment. On aurait pas de nous parler de « moraliser le capitalisme », hé bien j’applique!
Comment moraliser ça? Déjà je pense qu’il faudrait créer un site Internet qui permettrait de « juger » les publicités. Chaque citoyen pourrait ainsi donner son avis sur chaque publicité (évidemment on ne pourra pas toutes les mettre mais celles qui passent sur les grands médias, les grosses campagnes de pub etc) et ainsi faire disparaitre celles qui n’auraient pas la moyenne.
De la même façon, il me semblerait normal que les entreprises qui délocalisent ou qui virent du monde malgré des bénéfices soient interdits de publicité sur notre territoire. Même sort pour les entreprises empoisonneuses qui ne respecteraient pas la santé du consommateur ou qui détruiraient la couche d’ozone.
Ainsi, les entreprises qui feraient de la publicité ne seraient plus que des entreprises saines et honnêtes qui méritent qu’on s’intéresse à elle, qu’on leur donne une bonne image et qu’on consomme leurs produits; et leurs publicités seraient forcément plus agréables à regarder, moins agressives, plus honnêtes, plus dosées…
Démagogie, idéalisme ou idée révolutionnaire qui mériterait au moins d’être creusée?

Tags: antipub, critique, frustration, pub, publicite, reclame, societe de consommation
Différent, comme tout le monde, reportage photo sur la générale…
Ma pièce de théâtre décembre 18th, 2008
Dans la série je fais le ménage et je fusionne mes articles pour gagner de la place et perdre du bordel, voici le récit photo de la générale de ma modeste pièce Différent, comme tout le monde.

L’écrivain sur son pied d’estal qui essaie de capter un minimum dans un hôtel de m******* pour organiser un peu la soirée!!!!!!

Malaya/Lypo qui se repose un peu avant de commencer le show…

Julien alias Kumble, qui fait un peu son Brad Pitt…

Cath/Elfynia qui fait sa… euh… Amy Winehouse je crois.

Abdoulah qui fait son… enfin sa… sa pétasse quoi, hein?

Cath qui se détend à même le sol, à moins qu’elle attende quelqu’un…

En tous cas je remarque que mon public a de beaux crânes. Ha les beaux crânes quand même, non? Quoi je fais le crâneur? Quoi elles sont nazes mes vannes?

Et voilà mossieur Achraf Echkaou, producteur, initiateur du projet de son état, et aussi présentateur de la pièce et citateur d’Aimée Césaire. Dommage qu’il souffre d’un Alzheimer précoce…
Le piratage, la critique
Politique décembre 7th, 2008

Vaste sujet qui me tient à coeur, le piratage ou téléchargement illégal est sujet à débat et notre bon président a décidé d’agir et fermement pour lutter contre ce fléau.
Rentrant moi-même dans la catégorie « artiste », je devrais être aussi outré et adopter la technique du caniche en passant mon temps à gueuler contre les pirates à base de « bouh c’est pas bien comment tu voles les choses des gens »!!!!! Mais non. Pas vraiment. Déjà parce que le pognon et le besoin de rentabilité ont totalement pourri depuis des années tous les arts en les tirant totalement vers le bas, alors saigner un peu ce monde là à blanc, d’une certaine façon, ça pourrait lui faire du bien. Mais il y a plein plein plein d’autres raisons qui m’amènent à me taper violemment le front ou à ricaner quand je vois notre cher et tendre président gesticuler dans tous les sens et montrer du doigt… tous les français!
Ben oui, parce qu’il faut voir les choses concrêtement. Nous sommes tous des pirates, et depuis très longtemps, avant même la démocratisation d’Internet. Déjà on parle de plus de 10 millions de délinquants et en même temps on parle de prisons trop remplies. Contradiction ou paradoxe? Mais à cette grosse dizaine de millions il faut rajouter ceux qui se cachent mieux que ceux-là et aussi… ceux qui ont déjà enregistré La Soupe au chou sur une bonne vieille VHS, ou encore la compil de son pote sur une bonne vieille cassette audio… Ben oui. C’est quoi la différence entre le type qui enregistre l’énième rediffusion de La Soupe au chou sur une VHS et celui qui la télécharge sur Internet? Les deux sont aussi délinquants l’un que l’autre, seulement… partant de ce principe… quel juge, quel procureur, quel avocat, quel commissaire peut juger ce délinquant-là? De la même façon, celui qui télécharge La Soupe au chou est aussi coupable que celui qui télécharge Quantum of Solace… Quelle que soit la décision rendue par la justice, dans ces conditions, elle sera toujours absurde et… profondément injuste!
Ha oui, pardon! C’est une question d’échelle! Sauf que je ne vois dans aucun projet de loi la notion d’échelle apparaître… Peut-être ai-je mal lu… D’un autre côté, à partir de combien de kilos de musique ou de film serait-on coupable? Un demi kilo suffit à nous rendre coupable, un peu comme pour la drogue, non? Bref, on est dans l’hypocrisie, le foutage de gueule et l’absurde total, et c’est pas parti pour s’arranger…

Mais le bordel ne s’arrête pas là, puisque parmi les plaignants on trouve, par exemple, Sony qui en profite pour vendre des lecteurs divx, lecteurs MP3 etc etc Foutage de gueule? Ironie? Humour? Quand je pense que ce sont des mecs avec des Rolex qui accusent des types qui n’ont même pas les moyens de s’acheter ce qu’ils regardent, qui pleurent parce qu’on les vole de façon éhontée…
Il faut voir aussi POURQUOI les gens téléchargent… Déjà parce que la possibilité leur est offerte. Logique. C’est simple, pas bien méchant et plutôt sympathique à faire. Et puis ensuite… sans doute que, comme énoncé un peu plus haut, le monde artistique est pollué par le pognon. On doit payer de plus en plus cher pour des merdes de plus en plus fumantes.
Evidemment il y a de bons films. Ca va sans dire. Mais regardez un peu un programme ciné à l’année. Combien vous voyez de « 2″, de « 3″, de « 4″ voire même de « 6″? Combien d’adaptations toutes pourries qui n’ont aucune raison d’être? J’ai vu que Dragon ball était en court d’adaptation… Franchement… Vous voulez VRAIMENT payer pour voir ça? Combien de fois je suis sorti du ciné en pestant sur les 9€ que j’avais du raquer pour me faire violemment chier pendant 2 heures? Avouez que ça peut avoir le don d’énerver quand même, non? On vit une époque où 9€, ou même 7€ dans les petites salles ou avec une réduction, c’est une somme. Alors quand on la met cette somme, on veut en avoir pour son pognon et ça me semble tout à fait normal. Je me souviens aussi d’une fois, c’était le printemps du ciné, où on devait faire une queue de 15 kilomètres pour aller voir un film qu’on avait choisi par défaut. C’était pas cher, genre 2€ la place, mais fallait se battre pour avoir une place. « Franchement j’ai pas envie de faire la queue pendant une heure et de m’asseoir sur des escaliers pendant 2 heures pour regarder un film que je penserais même pas à télécharger… » Tout est là. On nous dit que ce sont les pirates les fautifs. Mon cul!
Autre exemple: la musique. On vit à une époque où faire de la musique est donné à tout le monde. Suffit d’avoir un ordinateur. Beaucoup de rapeurs n’ont aucun talent particulier, leurs textes sont bourrés de fautes, on comprend que dalle à ce qu’ils racontent et pour la musique ils mélangent juste informatiquement plusieurs autres musiques. La techno et tous ses dérivés, j’en parle même pas. Et on a atteint le summum avec « holalala ». C’est même pas un mot mais ça fait un titre de chanson. Les gens écoutent ça parce que campagne de propagande, bourrage de crâne, effet de masse, déculturisation, pendant 2-3 mois… et puis le CD trouve la poubelle ou pourrit sur son meuble, parce que passée la période, quel intérêt d’écouter des merdes pareilles? Seulement il faut bien les payer, société de consommation de merde, au même prix que les autres, c’est à dire tellement trop cher…
Le piratage est donc la sanction automatique du public à l’encontre du monde de l’art, qui ferait mieux de faire le ménage. C’est également un pur symptôme du libéralisme; une aberation libérale dirais-je même. C’est quoi déjà le fondement? La somme des égoïsmes de chacun permet au marché de s’autoréguler, un truc dans le genre, non? CQFD… Sauf qu’au final, et comme d’habitude, c’est pas les bonnes personnes qui sont sanctionnées. Parce qu’il faut pas se foutre de la gueure du libéralisme hein? Consomme et ferme bien ta gueule!!! C’est, je pense, un bon résumé de la loi Olivennes. Et, évidemment, je suis pas très très d’accord avec ça.
C’est bien gentil tout ça, mais tu proposes quoi toi alors????
C’est une très bonne question, merci de me la poser. Déjà, la licence globale, ça me semblait pas trop mal. Une bonne contrepartie quoi. Moi je pense qu’il faut développer un peu plus efficacement la VOD (vidéo à la demande), parce que là le choix est quand même très limité et tout pourri. L’initiative de CDiscount de proposer de télécharger des films gratuitement, financée par de la pub (beeeeeeeeerk) va aussi plutôt dans le bon sens (ben ouais, en partant du postulat que la pub existe et qu’il faut bien faire avec pour le moment…) et qu’il faut donc encourager ce genre d’initiative. Je pense aussi qu’il faut admettre qu’une oeuvre passée à la télévision échappe à la propriété intellectuelle, donc on ne peut pas sanctionner les téléchargements d’oeuvres déjà télédiffusées. Reste ensuite à revoir les délais de télédiffusions et les sommes déboursées par les chaines pour diffuser une oeuvre (film ou musique d’ailleurs). Et puis bien évidemment développer la vidéo à la demande en proposant des tarifs intéressants, notamment avec des forfaits. Les tarifs seront bien évidemment dégressifs avec le temps (idée proposée par Luc Besson mais pour les tarifs il pousse franchement mémé dans les orties!), plus cher qu’une place de ciné à la sortie du film et puis de moins en moins cher pour arriver jusqu’à la quasi gratuité une fois télédiffusée. Là déjà, on vivrait dans un monde un peu plus logique… Ensuite, il faudrait que les FAI facturent les consommateurs suivant leurs téléchargements (les entreprises et professions libérales pouvant acquérir des « laisser télécharger » s’ils justifient d’un usage professionnel), avec un seuil assez large où les tarifs ne bougent pas, et passé le cap des 50 gigas (pas vraiment réfléchi au chiffre, je balance ça comme ça) par mois, paf on augmente, si c’est 100 gigas, on augmente encore d’un palier…
Par contre je dois avouer que pour la musique c’est plus délicat. Cela dit le groupe Radiohead a inauguré une initiative qui mérite d’être étudiée en proposant au public de télécharger leur dernier album… contre ce qu’ils veulent, de rien à 10000€ ou plus, et ce geste ne les a pas ruiné pour un poil. Le problème c’est que pour les producteurs de merde en galette, c’est un système trop honnête et humaniste pour leur convenir. Seulement, à mon sens, la place d’un chanteur, musicien, comme la place d’un comédien, est sur scène et pas ailleurs. Chier un album en passant quelques heures sur son ordinateur et attendre que la thune tombe sans rien foutre, c’est un peu trop facile non? Normal que le public se rebelle. Etonnant que notre président veuille remettre tout le monde au boulot, y compris le dimanche et même jusqu’à 70 ans… sauf eux!
Quelque chose à ajouter à ce débat et à mon énoncé?

Tags: hadopi, Olivennes, Piratage, propriete intellectuelle, telechargement
Les Bonbons chinois, la critique
Littérature générale décembre 3rd, 2008

Et nous voilà reparti pour les critiques que j’espère constructives en commençant par Les Bonbons chinois de Mian Mian. Ben oui vous pensiez pas que je me tournais les pouces pendant que j’étais privé d’Internet quand même? Certes j’ai assez peu lu comparé à mes habitudes, mais c’est assez normal:déjà je viens de déménager, ensuite j’ai « eu » un décès, j’ai repris le boulot et en plus j’ai un scénario de long métrage à écrire ainsi que d’autres projets. Est-il utile de préciser que j’ai aussi parfois besoin de m’abrutir le cerveau avec des jeux vidéos et autres séries américaines (sur lesquelles je reviendrai dans un autre article).
Alors donc! Mian Mian. Je ne connaissais pas du tout. C’est en allant sur l’un des intéressants blogs que j’ai mis dans mes amis que j’ai découvert ça. En général je marche comme ça d’ailleurs, à la recommandation. Et dans ce cas j’étais curieux. Culture chinoise=propagande rouge? Une révoltée, rebelle écorchée vive chinoise? C’est possible ça? Et oui, c’est possible.
Le principal intérêt du livre vient de là, la surprise. Je ne m’attendais pas à un tel récit émanant d’un pays aussi censuré que celui-là. Je ne savais d’ailleurs pas trop à quoi m’attendre… La Chine est un pays qu’on connait mal, parce qu’il y a la propagande coco et parce qu’il y a la propagande occidentale. Alors évidemment se retrouver confronter à un récit particulièrement humain, sans concession, sans angélisme et surtout… totalement sex, drug and rock n’roll… ça déstabilise un peu ça.
Les Bonbons chinois ça n’a absolument aucun rapport avec les ******ries qu’ils ont l’habitude de nous refourguer (et qu’ils consomment eux-même également d’ailleurs) pour nous empoisonner et nous piquer notre boulot ainsi que notre pognon (ce qui est de bonne guerre, somme toute). C’est tout simplement une parodie (dans le sens originel du terme, une « copie » quoi) de… Trainspotting! Mêmes thèmes, mêmes univers, mêmes sortes de personnages… en bruns. Et encore, je soupçonne fort les punks chinois de se teindre les cheveux. Oui, oui, il y a des punks en Chine, il y a aussi des camés et des putes et des groupes de rock, et toute une génération admirative de notre révolte et de notre dépravation bien occidentale.
A la lecture de ce bouquin on dirait que notre culture underground est le pire missile qu’on aie pu balancer à la gueule de la Chine… A tous ceux qui semblent penser qu’écrire, peindre, sculpter et lire aussi ne sert à rien, je vous conseille fortement de lire ça avant de dire ce genre de conneries. Parce que là c’est frappant: il existe en Chine une jeunesse qui résiste à la propagande et qui rêve de nous ressembler. D’ici à ce que ce rêve ne se transforme en révolte organisée et victorieuse, il n’y a qu’un pas. La guitare électrique plus forte que tout, que les frontières, que les bourrages de crâne, que les cultures séculaires voire même quadri millénaires… J’ad-ore! Pour moi, ça suffit largement à conseiller ce bouquin.
Evidemment, comme je suis une vraie ******rie qui trouve toujours quelque chose à redire, il y a quand même quelques défauts. Niveau écriture, c’est pas Welsh non plus, nettement moins riche et flamboyant. Le style reste assez pauvre, l’énergie… pas assez énergique. Faute à la langue et à la tradution peut-être. Forcément je ne peux pas me prononcer sur le sujet, mais c’est quand même assez embêtant.
Autre défaut: le récit en lui-même, autobiographique, est assez répétitif et s’embourbe assez souvent dans des considérations qui ne méritaient peut-être pas autant de pages. Son histoire d’amour avec Saining est certes intéressante, elle est de toute façon centrale dans sa vie mais au bout d’un moment ça fait un peu Feu de l’Amour, et moi perso ça me donne envie de zapper rien que d’entendre le nom… Enfin, entre deux, il y a la drogue, le sexe et la musique qui sont là pour consoler, unir et déchirer tout le monde dans la dépravation, et ça rajoute assez de piment dans la soupe, heureusement…
Au final, un bon bouquin que je conseille fortement même s’il n’atteint toujours pas le niveau de Trainspotting et de Porno, décidément indétrônables dans mon coeur, tout en traitant les mêmes sujets.



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