Le Sarkothon 2009
Annonces janvier 25th, 2009
Le Sarkothon 2009
Le 28 janvier, Nicolas Sarkozyaura 54 ans, et il souffre d’une maladie, l’allergie à la littérature.C’est pourquoi nous lançons une grande opération thérapeutique:redonner le goût de la lecture à l’ennemi personnel de Mme de La Fayette
Monsieur le Président,
Serait-ce à force d’admirer les chiffres sur le cadran de votreBreitling que vous avez pris les lettres en horreur? Vous nous rappelezsans cesse que le but de notre vie, c’est de gagner plus. Hélas, sousvotre présidence, les Français n’ont plus d’argent. Des «cinq ou sixcerveaux» que vous prête votre moitié, aucun ne semble stimulé par lachose écrite. La chose comptée vous importe seule, et il n’est pasjusqu’aux sans-papiers, êtres humains parmi les êtres humains, que vousne dénombriez par paquets de mille. Un texte, semblez-vous demander,combien de divisions? Les richesses d’un livre, la multiplicité destons et des voix sont lettre morte pour vous. Pourquoi reconduire à lafrontière de votre conscience cette diversité-là?
Vous nous souhaitez bonne année dans la bibliothèque del’Elysée, mais ses livres trop bien rangés montrent assez que vous n’enavez lu aucun; vous aimez à vous parer d’Aimé Césaire et de Claude Lévi-Strausscomme d’un people et d’un top model, et tout le monde sent bien quec’est pour le show et la chanson. Après cela, étonnez-vous, Monsieur lePrésident, qu’on aille vous classer dans la variét’. Et si, au lieu de«faire du chiffre», vous faisiez des lettres? D’où le Sarkothon 2009.
En guidant vos lectures, nous voudrions tempérer un peu votre «fureur d’accumuler»,comme dit La Fontaine, et vous redonner le goût de notre patrie, de sagrandeur spirituelle et de son histoire littéraire. Puissent cesquelques ouvrages favoriser votre retour au pays natal.
« Surveiller et punir » de Michel Foucault*
• 17 novembre 2008: un maître-chien,accompagné de quatre gendarmes, lâche son molosse dans les classes del’Ecole des Métiers du Gers à la recherche d’une substance illicite. 19novembre: deux gendarmes lâchent un chien renifleur sans muselière dansune classe de troisième d’un collège de Marciac.
Le hussard noir de votre République, c’est donc le chien. Unmaître idéal. On se lève quand il entre dans la classe. Avec un pareilpédagogue, nul besoin d’IUFM. Presque aussi servile que XavierBertrand, il a, comme Rachida Dati, ce «bon sens» si bien partagé quiconsiste à emprisonner des mineurs de 12 ans. Et puis nulle lecturedangereuse ne parasite son pur esprit. Ce chien n’est pas homme à vousassommer avec un volume de Marcel Proust.Monsieur le Président, pour apaiser votre élan rintintinesque etsécuritaire, laissez-nous vous recommander très respectueusement«Surveiller et punir», un ouvrage où Michel Foucault déjoue lesstratégies de criminalisation et d’enfermement. Parce que «l’école durespect» n’est pas l’école des chiens. Et parce que cette lecture vouschangera de la conversation de Patrick Balkany.
(*) Gallimard.
« Le Rire » de Bergson*
• «Ilfaut passer d’une politique défensive à une politique offensive enmatière de diversité culturelle et de rayonnement de la culturefrançaise à l’étranger. » (Nicolas Sarkozy, à la convention UMP,janvier 2006.)

Nous voudrions attirer votre attention sur ce que vous appeliez,à l’époque heureuse où vous n’étiez que candidat, une «politiqueoffensive»: un rapport sénatorial indique que l’on est passé de 173centres culturels français en 1996 à 144 en 2008. Près de 30 antennesfrançaises à l’étranger rayées de la carte: ce n’est pas del’offensive, mais de l’offense – à la langue, à la culture, aupatrimoine français. Et nous passons, de peur de vous gêner, sur lapromesse non tenue. L’image de la France, qui se ternit à chacun de vosdéplacements à l’étranger (Grande-Bretagne, Vatican, Chine, Inde,Etats-Unis), se rétrécit à la même vitesse. Il est vrai que votre idéede la culture, qui se fonde sur le prestige médiatique de quelquesamuseurs, ne s’exporterait guère. Il fut un temps où l’on envoyait unphilosophe, Henri Bergson, auprès du président Wilson pour leconvaincre d’entrer en guerre contre l’Allemagne. Vous y auriez envoyéChristian Clavier ou Bernard Tapie, l’Oscar de la gauche. Nous vousoffrons donc «le Rire» de Bergson. Cadeau diplomatique.
(*) PUF.
«La Culture générale pour les nuls»
de Florence Braunstein et Jean-François Pépin*
• André Santini,secrétaire d’Etat à la Fonction publique, a annoncé, en décembre 2008,qu’il projetait de supprimer les épreuves de culture générale auxconcours administratifs pour les remplacer par des «questions de bonsens».
Un serviteur de la République n’a que faire d’être un citoyen,de connaître des babioles comme la théorie de l’évolution, l’ImmaculéeConception, la nuit du 4-Août ou Tartuffe. Sans doute cette idées’inscrit-elle dans ce que vous appelez si drôlement «notre Renaissanceintellectuelle, artistique et morale». Trêve de plaisanterie, Monsieurle Président, vous savez ce qu’est la Renaissance. Cela relève-t-il devotre bon sens ou de votre culture générale? On peut être bonapartiste,autocrate, ennemi de la liberté de la presse, et n’en défendre pasmoins les humanités. Voyez Napoléon, qui dévorait Corneille et Racine.Il nous semble que vous sous-estimez les bienfaits de la culturegénérale, cette discipline où vous êtes passé maître et qui permet auxplus hautes autorités de l’Etat d’invoquer à tort et à travers lesLumières ou Jaurès. La pratique régulière de «la Culture générale pour les nuls» saura vous y convertir.
(*) Editions First.
« L’Age d’or » de Pierre Herbart*
• «On peut aimer Céline sans être antisémite comme on peut aimer Proust sans être homosexuel.» (Nicolas Sarkozy, lors d’une conférence de presse en Inde, le 29 janvier 2008.)

En somme, vous assimilez l’homosexualité à une doctrine raciste.Justement, les antisémites nazis mettaient les homosexuels dans lesmêmes chambres à gaz que les juifs. Vous le saviez, pourquoi feindre del’ignorer? Parce qu’au fond les homosexuels, pour vous, c’est folles,fiottes et compagnie. Mais vous ne pouvez pas le dire tout haut. Alorsvotre inconscient a parlé pour vous. Votre conscient aussi le faitparfois. «Je suis né hétérosexuel», avez-vous dit le 5 février2007 sur TF1. Il n’y a pas de quoi être fier. On en a connu de peuragoûtants, des hétérosexuels. Et puis qui sait ce que nous réservel’avenir?
Vous ne seriez pas le premier à changer de cap en cours de route. Maisvous avez raison: Proust, si ce n’est pas de la littérature pour lespédés, c’est de la littérature de pédé, au singulier. Même si, commevous, il se prétendait hétérosexuel-né. Nous vous offrons donc non pasdu Proust, mais un des plus beaux livres d’amour qu’on ait jamaisécrits, «l’Age d’or» de Pierre Herbart, «un livre, disait Jacques Brenner, qu’on ne voudrait mettre qu’entre des mains nettes». Nous prenons ce risque.
(*) Le Dilettante.
« La République » de Platon et « la Guerre des Gaules » de César*
•«Vous avez le droit de faire littérature ancienne, mais le contribuablen’a pas forcément à payer vos études de littérature ancienne.» (NicolasSarkozy, le 16 avril 2007.)
Vous n’aimez pas, n’est-ce pas, le latin et le grec? Cela coûtecher, cela ne sert à rien, il n’y a pas de débouchés. Vous êtes lepremier président de la Ve République à le dire. Le premier à ne pasavoir honte de le penser. Ce que nous serions, sans Rome et sansAthènes, n’est pas votre souci. Le latin, le grec, oublions tout cela;faisons de l’informatique. «L’Etat n’est pas obligé de financer les filières qui conduisent au chômage»,disiez-vous ce jour-là. Vous avez bien raison: les 20 millions dechômeurs supplémentaires que Juan Somavia, directeur général du Bureauinternational du Travail, prévoit pour 2009 ont manifestement gâchéleur belle jeunesse à traduire Juvénal et Euripide. Même leshellénistes et les latinistes de chez Lehman Brothers n’ont plus dejob. Bien fait pour ces bénédictins.
Plongez dans «la Guerre des Gaules» de votre collègue César (Jules);et, pour le grec, «la République», parce que Platon y décrit un paysoù, pour reprendre une expression qui vous est chère, les artistes etpoètes, chômeurs professionnels, « n’ont pas vocation » à vivre.
(*) Les Belles Lettres.
« La Princesse de Clèves »de Mme de La Fayette*
• «L’autre jour, je m’amusais à regarder le programmedu concours d’attaché d’administration. Un sadique ou un imbécile avaitmis dans le programme d’interroger les concurrents sur “la Princesse de Clèves”.Je ne sais pas si cela vous est souvent arrivé de demander à laguichetière ce qu’elle pensait de “la Princesse de Clèves”.» (NicolasSarkozy, février 2006.)

Que votre volonté soit faite, Monsieur le Président. Du passéfaisons table rase. Kärchérisons toutes les fables qui façonnent notregrand récit national. Haro sur les «sadiques» et les «imbéciles». Viveles nihilistes! Discréditons l’effort, l’exigence, la subtilité.Claquons la porte des grands textes au nez de la petite guichetière.Vive notre président pilon! Gloire à l’autodafé d’Etat! Et disons à Mmede La Fayette, cette sœur spirituelle de Corneille: «Casse-toi, pauvre c…» «La Princesse de Clèves»? «J’ai beaucoup souffert par elle»,avez-vous déclaré, en juillet 2007. Dans la peur d’être accusés detorture par Amnesty International, nous vous en adressons, non le texteintégral, mais le «Profil d’une œuvre». En vous souhaitant une prompterésilience.
(*) Edition établie par Myriam Dufour-Maître et Jacqueline Milhit (Hatier).
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Bruno Coutier/YanVOUS AVEZ DES LIVRES, Nicolas Sarkozy n’en a pas.
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«Sarkothon 2009 du Nouvel Observateur».
Adressez-le à: Monsieur le Président de la République, 55, rue du Faubourg-Saint-Honoré, 75008 Paris.
Un petit mot d’accompagnement n’est pas superflu. L’anniversaire du président ne se fête qu’une fois par an.
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Personnellement je pense que je vais lui envoyer Le Meilleur des mondes, de Huxley; parce que sa logique c’est un peu celle du bouquin. Une guichetière à la Poste doit savoir tenir son guichet et puis c’est tout! Un peu comme les Epsylones qui doivent savoir faire ce qu’on leur demande (les basses tâches) et pis c’est tout! Non mais! Un ouvrier qui lit la Princesse de Clèves… On aura tout vu! L’ouvrier il regarde TF1 et pis c’est tout! Déjà que c’est pas normal qu’il aie le temps d’avoir des loisirs ce salopiaud!
Tags: apprendre a lire, lecture, litterature, Sarko, Sarkozy
Une Ordure, d'Irvine Welsh, la critique
Littérature générale janvier 18th, 2009

Et un de plus… C’est vrai que j’aurais pu parler de la guerre à Gaza entretemps mais je crois que tout a déjà été dit sur le sujet. L’ONU, pour « compenser » les crimes d’Hitler, a fait la pire connerie que l’Histoire aie jamais connu. D’ici une dizaine d’années, on pourra dire qu’ils auront fait pire que notre dictateur occidental préféré… Malheureusement, on ne peut plus condamner ces types pour connerie contre l’humanité, puisque les abrutis qui ont pris cette injuste décision sont tous morts (sauf erreur de ma part). Restent deux peuples qui n’en finiront jamais de se taper sur la gueule, sauf en cas de génocide, bien entendu. Comme je ne cautionne pas le génocide… hé bien j’aurai tendance à croire que la situation actuelle est ce que cette région peut connaitre de mieux. D’un autre côté, les israeliens sont contents, le Hamas est content, tout le monde est content donc je ne peux que me réjouir de cette magnifique victoire dans les deux camps! Parce que bon, faut être honnête quand même: personne ne veut la paix dans ce coin-là. Ca fait des années qu’on en parle (des décennies?), qu’on essaie mais que dalle! Le Hamas savait bien qu’avec deux-trois roquettes les israeliens allaient pas déménager, et les israeliens savaient bien qu’en rentrant dans le lard du Hamas ils allaient tuer quelques méchants… pour en fabriquer encore plus (un peu comme en Irak). Alors on arrête les conneries, la guerre c’est moche, ça va, on sait, c’est de notoriété publique.
Bref! Revenons à nos moutons avec ce nouvel opus welshien que je viens de terminer avant d’enchainer sur un classique (tention les enfants: quand je dis classique je veux pas parler forcément d’oeuvre appartenant au courant classique au XVIIème siècle, hein? C’est une commodité de langage, ça, rien de plus! (aaaaargh prof de littérature de la fac sort de ce corps!!!!!!), à savoir: La Nausée de monsieur Sartre.
Est-on du niveau de Porno? La réponse est houlala non. J’irai même jusqu’à dire que c’est le plus mauvais bouquin de Welsh que j’aie pu lire jusqu’à présent. Ca veut dire qu’il est mauvais??? Houlala non plus, faut pas pousser dans les extrêmes comme ça les enfants!
Déjà, qu’est-ce que ça nous raconte? C’est l’histoire d’un mec (vous la connaissez?), écossais, d’edimbourg et flic de son état. Et comme son nom l’indique, c’est une ordure, une vraie, dans la plus pure tradition de Welsh. Cet enfoiré enquête à reculons sur la mort d’un black. En réalité, y a pas vraiment d’histoire. On dirait plus un exercice de style. On a comme d’habitude une bonne grosse focalisation interne (pour les non littéraires, ça veut dire que c’est un personnage qui parle) qui nous permet d’assister de l’intérieur aux méfaits du monsieur, avec ses motivations, l’exhibition de son comportement autodestructeur devrais-je plutôt dire; parce que bon, niveau motivation, c’est plutôt simple: il veut niquer tout ce qui bouge de la pire façon possible et monter en grade tout en se défonçant le crâne à grands coups de binouzes, de coco et de chichon.
Et c’est là justement qu’est le problème. L’absence d’histoire, c’est tout de même embêtant et on tourne un peu en rond (déjà essayé de tourner en carré, ça donne la nausée…); de fait, on se retrouve uniquement avec de l’exhibition, voire de la prostitution. Je me suis habitué à trouver chez Welsh de la contestation politique, sociale etc etc Là, on en trouve mais c’est quand même très faible. Dans ses autres bouquins, il nous livre une histoire complexe avec plusieurs focalisations internes qui rendent tout super intéressant (d’ailleurs j’ai décidé d’adopter la focalisation interne à partir de maintenant, parce que niveau description et tout ça, c’est dépassé à cause du cinéma). Chaque fois il nous sort une jubilatoire cacophonie de personnages tous plus savoureux les uns que les autres, portant des jugements entre eux, ce qui donne une autre dimension au bouquin. Là, non. Et c’est quand même dommage!
Restent malgré tout le style inégalable de mon écossais préféré et son sens de la provoc, et du trash. Reste aussi une fin inattendue qui vaut le détour.
Un livre que je conseille, donc, même s’il est loin d’être le meilleur de Welsh.
Tags: critique, ecossais, flic, ordure, pourri, roman, Welsh
De l'autre côté du lit, la critique
Cinéma janvier 13th, 2009

Je dois dire quand même qu’au début j’ai quand même eu quelques rires. Pas des éclats, faut pas pousser mais quelques rires. Seulement à force ça s’est transformé en sourires et puis en rien du tout. M’a fallu une trentaine de minutes pour commencer à me faire chier sévère.
Comment j’ai pu me faire chier avec Dany Boon cabotinant face à moi? Ben parce que l’histoire est pas drôle déjà. C’est une romance et plutôt une tragédie. Parce que les situations sont convenues, banales, pas du tout décalées même si elles sont à peine caricaturées. Et puis au delà du comique, c’est absolument blindé de clichés. C’est pas grave quand on en fait une vraie bonne comédie, qu’on les utilise sciemment ces clichés pour les tourner en dérision, mais là c’est pas du tout le cas. Ca se finit sur une espèce de morale à deux balles du genre « faut pas abuser quand même… »
Alors, concrêtement, c’est quoi l’histoire? Ben c’est celle d’un couple dont le mari passe tout son temps au boulot pour permettre à sa famille de vivre correctement – ce qui est pas très très bien – et d’une femme au foyer qui n’a jamais le temps de rien faire. Ils s’engueulent et du coup ils décident d’échanger leurs rôles. Sophie Marceau va donc bosser à la place de son mari et Dany Boon va faire la femme au foyer… Mon Dieu que c’est original… Et donc voilà ils vont galérer un peu au début et s’en sortir à la fin, et le mari va plus vouloir quitter sa nouvelle place, contrairement à Sophie Marceau. Histoire qu’il y ait un peu de conflit quand même parce que sinon c’est encore moins drôle.
Les acteurs jouent bien. Surtout Sophie Marceau, impériale, mais absolument pas faite pour la comédie. Autant Dany Boon m’a fait marrer quelques fois, autant elle que dalle. Elle joue trop bien quoi… Elle doit pas pouvoir prendre les mimiques amusantes, le ptit décalage, le ptit truc qui aurait pu la rendre amusante. Là elle est juste charismatique, séduisante… Sophie Marceau quoi.
Donc pour conclure, je peux pas dire que je vous le conseille pas, vu que tout le monde s’est marré dans la salle. Je vais juste vous dire qu’il faut pas vous attendre à une grosse comédie et encore moins à un film intelligent qui va vous apprendre des choses ou vous amener à vous poser des questions existentielles. Le propos c’est juste de dire que trop bosser spa bien du tou du tou, faut penser à soi et à sa famille aussi. Et pis faut pas croire: l’autre aussi a des problèmes et sa vie est pas forcément aussi facile qu’on le croit! Enfin bref, ras des paquerettes quoi…
Un film qui peut être agréable, mais qu’on oubliera au bout de 15 jours.

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Tags: comedie, critique, Dany boon, de l autre cote du lit, sophie marceau
Vilaine, la critique
Cinéma janvier 1st, 2009
Décidément, j’ai plus de cerveau depuis quelques temps. J’oublie tout! C’est terrible quand même… D’un autre côté, quand on a deux boulots, donc deux emplois du temps à gérer et qu’en plus on est écrivain, sur pas mal de chantiers à la fois, je pense que ça doit être excusable. (non? Bon ben désolé alors…) Et du coup j’en ai oublié de faire la critique de Vilaine, que j’ai vu il y a déjà quelques semaines.
Comme pour Louise Michel, il y avait une grosse prise de risque. En même temps, chaque fois qu’on va au ciné, on prend un risque. A 8€60 la place, on est plutôt crispé chaque fois qu’on rentre dans une salle obscure. C’est de l’incitation à télécharger le film avant d’aller le voir ce tarif quand même!
Vilaine est pourtant une excellente surprise. Une sorte de mélange réussi entre Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain et Le Père Noël est une ordure. Ce n’est pas le meilleur film que j’ai vu, mais je me suis bien marré, et c’est tout ce que je voulais…
Bon évidemment, pour les défenseurs des animaux, vaut mieux éviter d’aller le voir: un chat et un chien se font maltraiter de façon franchement délirante mais purement sadique; du coup ça pourrait gâcher le plaisir des plus émotifs.
Oui les personnages de ce film sont des pourritures, dans la plus pure tradition du Splendid de la grande époque. Affreux, sale et méchant, et qu’est ce que c’est bon, bordel! Enfin une comédie française qui ne s’inspire pas des comédies américaines… Même l’affiche est originale et échappe au fameux fond blanc avec deux têtes d’affiches qu’on nous sort désormais pour chaque comédie.
En ce qui concerne l’histoire, on peut dire que c’est celle d’une grosse moche toute gentille qui se fait écraser, exploiter et humilier à longueur de journée par tout le monde. Un jour, elle pète un câble. C’est pas facile, elle doit faire des efforts mais elle devient une vilaine, méchante, et se venge bien évidemment de tous les cons qui se sont foutus de sa poire! Et quelle belle vengeance… Le gros moche boulet qui sommeille en nous tous peut enfin prendre son pied!
En résumé: un film jouissif, original, inventif et qui semble indiquer un renouveau du cinéma français qu’il faudra suivre de près. Un film pour lequel je mets 8€60 sans aucun regret.
On peut aussi féliciter la prestation de Marilou Berry, fille de l’inénarrable Josiane Balasco, et évidemment PEF, des Robins des bois, toujours fidèle à lui-même en patron macho et un tout ptit peu con…
![[Photo vilaine_] - cliquez pour l'avoir en haute résolution](http://www.dvdrama.com/imagescrit2/v/i/l/vilaine_3.jpg)
Tags: Balasco, Chantal Lauby, comedie, Frederique Bel, Marilou Berry, Vilaine
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