On n'est pas couché, la critique
Divers, Politique mars 30th, 2009
En revanche, j’aime bien regarder cette émission, On n’est pas couché, tous les samedis soirs. Déjà à cause du créneau horaire: le dimanche matin, je peux me permettre de dormir. Et puis je m’étais habitué à Ardisson. J’aimais déjà bien son émission et j’ai été franchement déçu qu’elle s’arrête. Ca volait pas non plus très haut mais c’était pleinement assumé. C’était du divertissement et souvent on pouvait assister à des dérapages plus ou moins contrôlés.
Je me suis retrouvé d’autant plus déçu de savoir que c’était Ruquier qui prenait la relève. Je n’ai rien contre Ruquier mais sa folle équipe dans sa précédente émission avait le don de me faire zapper chaque fois que je tombais dessus, justement parce que c’était le summum de la non-intelligence et de la « pensée unique ». Le problème ne venait pas de Ruquier auquel je prête d’excellentes intentions, une excellente philosophie et souvent même quelques bons mots qui ne peuvent laisser indifférent le passionné que je suis. Ce n’étaient pas non plus tous les chroniqueurs que je condamnais. Mais certains… Enfin bon! Je ne citerai pas de noms. L’émission s’est arrêtée et c’est pas dommage. Alors on passe!
Je me suis donc retrouvé à bouder le samedi soir, passant à de plus saines occupations comme écrire ou lire, ou jouer à la console, parce que je suis humain quand même, merde! Et puis, petit à petit, je m’y suis intéressé, d’abord du bout des yeux, pour finir par n’en plus rater une seule. Souvent j’en regarde le début, et puis je me farçis le reste pendant la semaine, sur le site de France 2 qui le propose en streaming (géniale initiative d’ailleurs!).
Pourquoi donc ce changement de cap? Parce que ça change! Autant le dire tout de suite, le seul et unique intérêt de cette émission réside dans le choix des deux assassins grassement payés pour démonter… ce que je démonte moi-même ici, sur ce blog. Evidemment, pas toujours, les avis divergent souvent, notamment avec Zemmour, mais c’est ça, aussi, qui est bon. On peut le diaboliser autant qu’on veut ce type, il a au moins le mérite de faire réfléchir, de pousser à se remettre en question, d’approfondir des sujets profondément intéressants. Aussi critiqué soit-il, ce type est sans doute ce qui est arrivé de mieux à la télévision depuis des années; de longues années. Et chacun sait, ici, que je ne fais pas dans le cirage de pompe hypocrite. Mais j’y reviendrai.
Analysons donc l’émission en long, en large et dans ses travers.
- L’introduction, ceux qui n’ont pas pu venir:

Par contre, spéciale dédicace au décor. Je ne sais pas trop en quoi est fait l’espèce de tapis sur lequel les invités doivent marcher mais en général ils perdent toute classe, toute grâce, ils redeviennent de pauvres mortels, de malheureux êtres humains dès qu’ils posent le pied dessus. Un jour, ils inviteront Jean D’Ormesson, et il va se péter le col du fémur. Du coup on suit l’entrée des invités un peu comme on regarde le tour de France: en attendant que l’un d’eux se pète la gueule. C’est vicelard et donc j’adore.
- Le plat de résistance, défilé des invités:
C’est le meilleur moment de l’émission et heureusement c’est le plus long.
C’est un moment que l’on peut décortiquer aussi. Parce qu’il y a invités et invités.
Il y a les invités qui se pointent, qui se calent dans le « fauteuil de l’interview », qui restent un quart d’heure et qui se cassent aussi sec. Ce sont souvent les hommes et femmes politiques. Ce sont aussi ceux qui ne sont pas habitués à la télé, trop timides. Ce sont ceux qui ont un emploi du temps chargé, aussi, sans doute.
Il y a les invités qui, au contraire, arrivent en premier et restent toute l’émission. Et même celui qui se morfle toute l’émission, sans trop bouger, sans bouffer, qui a besoin d’une autorisation pour pisser ou pour se fumer une clope, et qui passe seulement à la toute fin, quand tout le monde est couché, quand même, et que le pauvre type en question est complètement KO. Une véritable torture cette émission…
Il y a aussi ceux qui, pour une raison X ou Y, échappent aux critiques. Ils viennent, présentent sagement leur truc et se cassent sans s’en être pris une seule dans la gueule, même pas positive. Je suppose qu’il doit y avoir accord, concertation et ptête même négociation pécunière, qui sait? ou favoritisme.
Et puis il y a les autres, qui passent sur le grill, qui sont, parfois, rarement, congratulés, et, souvent explosés par les implacables, incorruptibles chroniqueurs.
Les chroniqueurs:

Déjà, on peut lui reconnaitre un mérite: il a atomisé Fogiel en jouant dans sa cour. Plus charismatique, plus intelligent, plus cultivé, plus intéressant, moins agaçant, il a réussi à le dégager et à l’envoyer aux oubliettes, même s’il lui doit sans aucun doute sa place actuelle. Fogiel lui a dégagé le terrain, a trimé pour ouvrir le créneau de la provoc dans un talk show mais c’est Zemmour, plus talentueux dans l’art de la polémique, pour résumer, qui remporte la palme. C’est une bonne chose.
A vrai dire, je suis ce petit féneck depuis quelques années. Je l’ai vu se faire inviter à de nombreuses reprises dans C dans l’air, sur la 5. Je ne l’imaginais pas se retrouver aussi bien installé, sur France 2, quelques années plus tard. Bien joué. Il faut croire que le style a plu.
Un moment, après ce qu’on pourrait appeler l’affaire Cali, je m’étais dit que ce pauvre type (Zemmour) avait totalement raté le coche. Il faut dire que, quoi qu’on pense de Cali (perso j’en suis pas franchement fan même si j’apprécie le boulot et la sincérité, la vérité du mec), ce soir là, ils se sont gravement chié dessus, tous les deux. Parce que cette émission est un talk show et que dans talk show il y a… show. Et c’est ce qu’a fait Cali, du show. Quand on veut juste du talk, on n’accepte pas de devenir chroniqueur dans On n’est pas couché, on envoie un CV à Mots croisés… Oui c’est énervant. Oui c’est du boulot. C’est même peut-être dommage mais c’est la règle du jeu. J’ai vu Naulleau dans une émission expliquer pourquoi il était aussi cinglant et je pensais qu’il avait compris. Apparemment pas… Et donc je m’étais dit « Dommage les gars, vous avez raté votre vocation. Vous n’êtes pas à votre place! »
Mais j’ai changé d’avis. J’ai changé d’avis parce que je suis sûr qu’On n’est pas couché fait plus d’audience que Mots croisés. Dans tous les cas, ils ne touchent pas le même public et le public d’On n’est pas couché a sans doute plus besoin des discours que ces deux là tiennent que le public de Mots croisés. Du divertissement et de la culture, du débat. La version moderne de La Fontaine, en somme. Et donc j’adhère à 200%.
Quant au contenu, c’est une autre histoire. Il est, certes, de droite, mais en même temps, je pense que c’est par résignation. Dans ses propos, je sens comme une obsession et une profonde déception vis à vis de la gauche. Il a affirmé il y a peu avoir été marxiste avant la remplaçante d’Arlette Laguiller et dit souvent qu’il est normal d’être de gauche à 20 ans, moins normal de ne pas être de droite à 40 ans… D’ailleurs il n’a pas totalement tort sur ce point. L’électorat de la gauche ce sont les étudiants et les chômeurs. Même plus les ouvriers. Autrement dit, ce sont ceux qui n’ont rien à partager qui demandent qu’on partage… A force de rentrer dans le jeu de la droite à toujours parler de pognon et de pouvoir d’achat, forcément, ils ne sont plus crédibles. C’est pas ça, la gauche. La gauche, c’est les 35 heures: travailler moins pour vivre mieux. Enfin bref, tout ça pour dire que je pense qu’il est de droite uniquement par défaut. Ce qui ne l’empêche pas de sortir des énormités qui me font bondir sur mon siège! Mais au moins, ça a le mérite de toucher un point sensible et de me faire réfléchir, d’ajuster mon point de vue et mes arguments. Il est toujours plus intéressant d’écouter quelqu’un qui a un avis différent plutôt que de toujours rester dans le « C’est clair! ».
Alors oui il est critiquable mais en même temps il fait du bien au PAF grâce à sa liberté de parole. Il casse totalement les idées toutes faites, ne sombre pas dans les facilités et apporte une certaine fraicheur culturelle et intellectuelle à un média qui en a gravement besoin.
Pour reprendre Voltaire: « je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai pour que vous ayez le droit de le dire. »

Eric Naulleau…
Je vais faire plus court. Malheureusement pour lui, il n’est que le faire-valoir de Zemmour. C’est Obélix. Ben ouais pas de bol. Son temps de parole est sensiblement moindre et il attire beaucoup moins l’attention. Il a moins d’énergie, gesticule moins… C’est dommage. C’est pas une question cérébrale, c’est une pure question nerveuse.
Lui affirme être de gauche, et pourtant qu’est-ce qu’il en met dans la gueule à la gauche… Je me demande donc quelle gauche? Enfin soit! Ses remarques sont tantôt pertinentes, tantôt très subjectives. Ca ne me dérange pas plus que ça: il a le droit d’avoir un avis personnel et d’en faire part. Mais c’est, à mon sens, subjectivement parlant, moins intéressant. Il faut dire qu’il se lance moins dans de grandes tirades… Enfin il reste dans l’ombre de Zemmour (ce qui est paradoxal…).
Et puis, pour finir, il y a le dessert, qui arrive en plein plat de résistance:
Jonathan Lambert.
Encore un que je suis depuis quelques temps, d’abord sur Comédie et puis dans feu l’Hyper Show (ou quelque chose comme ça) sur Canal +. Emission qui n’a pas fait long feu. J’aimais bien pourtant. Mais sans doute trop déjantée pour le créneau. Enfin j’ai pas bien compris.
Lambert, donc, j’en attendais beaucoup. Il fait de l’humour facile, dans le style énergique et plein d’accessoires. Ca me faisait bien marrer et ça continue de me faire marrer, mais de moins en moins. Je trouve qu’il commence à s’essouffler depuis un moment. Moins d’énergie, moins d’envie, peut-être. Ou moins d’inspiration. Ce n’est peut-être qu’une période. Toujours est-il qu’il s’est grandement assagi depuis Comédie et son passage fulgurant sur Canal. Je préférais avant. C’est le contraire de Roumanoff. D’un autre côté, avant, c’était quand même extrême. Ca plaisait pas à tout le monde. Donc forcément pour progresser, faut se calmer un peu.
Je préférais Foresti quand même. Mais là aussi c’est subjectif. Elle faisait grosso modo la même chose mais peut-être avec un peu plus de talent. Son humour est plus fin, plus recherché, moins bourrin.
Au final, On n’est pas couché reste une très bonne émission et une des seules regardables du PAF. Malheureusement, à force de liberté de ton et de parole, j’ai l’impression que la liste des invités qui n’ont pas pu venir s’allonge au détriment de ceux qui viennent. Il faut dire qu’en général on vient pour faire sa promo, et quand on se fait littéralement déglinguer devant du peuple… J’imagine que ça doit rester en travers de la gorge. Il ne restera donc bientôt plus que les courageux et les humbles, c’est-à-dire pas grand monde. Ou alors consigne sera donnée aux critiqueurs de fermer leurs gueules ou de se calmer, ou de se casser. J’ai ainsi du mal à envisager un avenir radieux pour mes samedis soirs… J’anticipe déjà une nouvelle déception. J’anticipe de me retrouver avec un vieux talk show tout convenu, tout terne… parce que la société de consommation et ses parasites ne supporteront pas indéfiniment la liberté de ton.
Tags: critique, naulleau, on n est pas couche, provoc, provocation, ruquier, talk show, tele, zemmour
Black out du net
Politique mars 8th, 2009
On y est presque ! C’est toujours les mêmes qui vont prendre. Une fois de plus, la société de consommation montre toute son absurdité et sa profonde injustice. Oui, bientôt,dans quelques jours, la fameuse loi sur le téléchargement illégal va passer.
C’est la victoire des riches sur les pauvres, la victoire d’un système absurde qui refuse envers et contre tout de se remettre en question, c’est la victoire du pognon sur l’humanité, la victoire de l’immoralité.
Je me souviens. C’était l’année dernière. Un film est sorti en salle. A peine sorti, on m’avait prêté, sans que je demande rien, un CD avec ce film dessus. Une version pirate. J’avais la possibilité de regarder ce film chez moi, tranquillement, et surtout gratuitement. Et vous savez ce que j’ai fait ? Ben j’ai fait comme tout le monde : je suis allé voir ce film au cinéma. Et j’y suis retourné avec un ami qui n’avait pas encore eu la chance de le voir. Il aurait pu le télécharger. Lui aussi en avait une version piratée d’ailleurs. Hé ben non. J’ai dépensé 17€ pour voir et revoir ce film. Comme 16 millions de personnes. La salle était pleine, à chaque fois. C’était Bienvenue chez les chtis. Un film qui a failli battre Titanic, cette insipide romance de plus de 3h,sortie avant la démocratisation du peer to peer. Un film qui a battu La Grande Vadrouille, qui était sorti bien avant l’arrivée d’Internet dans nos foyers. C’était un bon film. Et français avec ça !
Je repense également à Radiohead,un groupe de musiciens qui respecte non seulement son public mais surtout son art. Un groupe qui a sorti un album et qui l’a proposé sur le net, gratuitement ou pas. C’était au public de décider du prix à mettre pour acquérir leur album.On pouvait l’avoir pour rien ou pour 100 000€, si on le voulait. Chacun mettait ce qu’il voulait. Le public a apprécié et a remercié le groupe, en l’achetant massivement.
Voilà ce qui arrive quand on respecte le public. Voilà ce qui arrive quand on fait de la qualité. Le téléchargement illégal n’est rien de plus qu’un symptôme d’une maladie qu’on refuse de traiter, et même de voir. On nous sort de la merde qu’on nous vend hyper cher,à la chaîne. Et on nous montre du doigt parce qu’on refuse d’acheter ça. Une place de cinéma, ça coûte une heure de smic. En chier pendant une heure, pour se faire chier ou s’endormir pendant une heure et demie. Vous trouvez ça juste,vous ?
Mais évidemment, c’est notre faute… On doit absolument acheter au prix fort des CD qu’on écoutera 5 fois dans sa vie.
Hé bien non. Moi je dis :stop ! Faut arrêter de nous prendre encore et toujours à la fois pour des cons et pour des vaches à lait. Soit vous revoyez votre système de merde en vous remettant un ptit peu en question, en vous demandant pourquoi Bienvenue chez les Chtis Taxi 32, soit vous nous trouvez une solution plus acceptable.
Si vous êtes d’accord avec moi,faites un tour sur le site de la Quadrature du net et arborez comme moi sur vos sites, blogs, profils Facebook et autres Myspace, l’étendard noir de la résistance !
Voici, en bonus, les commentaires d’un type que j’estime beaucoup trouvé sur Yahoo mail:
Jacques Attali : le texte antipiratage est absurde et scandaleux
A quelques heures du début des débats à l’Assemblée Nationale, Jacques Attali a publié une tribune pour le moins hostile au texte Création et Internet. Objectif : dénoncer un projet d’un autre âge qui est aussi est un véritable scandale. Une salve de missiles à lire sur son blog. Lire la suite l’article
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«Qu’on puisse dans la France de 2009 présenter et faire voter au Parlement, avec les voix de toute la droite et d’une partie de la gauche, une loi aussi indigne que celle qui vient en débat cette semaine à l’Assemblée nationale est un signe de plus d’un pays dont les élites politiques et économiques ne comprennent plus rien ni à la jeunesse, ni à la technologie, ni à la culture. D’un pays où les mots distraction, culture, art, spectacle, commerce, chiffres d’affaires sont employés de façon indifférenciée » explique l’auteur.
Attali estime ainsi le texte absurde et scandaleux. Absurde « « parce que plus personne ne télécharge : on regarde ou écoute en streaming .Absurde parce que toute volonté de crypter est sans cesse contournée par des moyens de le dépasser. Absurde parce qu’on prétend interdire d’accès à internet toute une famille, qui en a besoin pour son travail,parce qu’un enfant utilise l’ordinateur familial pour écouter de la musique. Absurde parce que les vrais artistes n’ont rien à perdre à faire connaitre leurs œuvres, ce qui leur attire de nouveaux spectateurs et les protège, à terme, contre l’oubli ».
Et scandaleuse puisque le texte va générer une surveillance des réseaux,tout en bunkérisant des rentes de situation d’une industrie sclérosée.« Scandaleuse surtout parce que, pour une fois qu’on pouvait donner quelque chose gratuitement à la jeunesse, première victime de la crise, voilà qu’on préfère engraisser les majors de la musique et du cinéma, devenues aujourd’hui cyniquement, consciemment, les premiers parasites de la culture. Et en particulier, comment la gauche, dont la mission est de défendre la gratuité contre le marché, peut-elle se prêter à une telle hypocrisie ? »
Attali avait déjà défendu un système proche de la licence globale dans son rapport remis au prédisent de la République. « Tout ce que vous proposerez, nous le ferons », avait promis Nicolas Sarkozy à Jacques Attali avant la remise de ce rapport.
Tags: boycott, hadopi, licence globale, loi, Piratage, protestation, telechargement





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