Women, de Charles Bukowski
Littérature générale septembre 30th, 2009

Ca faisait longtemps que je n’avais pas lu de Bukowski. Il faut dire qu’à haute dose, ce n’est pas très conseillé pour la santé mentale. J’étais donc enthousiaste en commençant ce roman, cette autofiction où Bukowski nous raconte sa vie qui se résume à sa consommation d’alcool, de drogues et de femmes…
Ses bouquins sont toujours jouissifs, dotés d’un humour ultra gras franchement irrésistible qui colle bien avec ma propre mentalité. Buk est unique et il a le sens de la citation comme le prouvent ces deux extraits:
« Quand je rencontre un homme qui habite un endroit soigné, je sais qu’il y a quelque chose qui cloche. Et si c’est trop soigné, c’t un pédé. »
« Les écrivains posent un problème. Si ce qu’un écrivain écrit est publié et se vend comme des petits pains, l’écrivain se dit qu’il est génial. Si ce qu’un écrivain écrit est publié et se vend moyennement, l’écrivain se dit qu’il est génial. Si ce qu’un écrivain écrit est publié et se vend très mal, l’écrivain se dit qu’il est génial. Si ce qu’un écrivain écrit n’est jamais publié et qu’il n’a pas assez d’argent pour s’éditer à compte d’auteur, alors il se dit qu’il est vraiment génial. En fait, la vérité est qu’il y a très peu de génie. »
Ce livre renferme donc de nombreux passages franchement jouissifs, drôles, décapants mais en même temps, malgré tout, je dois dire qu’au bout de 250 pages ça commençait à devenir répétitif et lourd. Au début, on a l’effet de surprise, l’enthousiasme et puis au bout d’un moment, Buk commence à vieillir, à s’épuiser. C’est étrange de se dire qu’une vie pareille finit par devenir une routine.
Le défaut majeur, d’après moi, est l’absence d’histoire. C’est totalement linéaire, un enchainement de scènes de vie. Le bouquin finit comme il a commencé.
Quant au style, c’est épuré, sans la moindre emphase, pas un mot plus haut que l’autre. Bien sûr, au début, on l’aime cet écrivain dépressif et alcoolique, mais au bout d’un moment, malgré les éclairs de génie, malgré les passages cultes qui sauvent le bouquin, on finit par se lasser.
Autre défaut: les innombrables coquilles et une traduction qui me semble douteuse, sans avoir lu l’original. Parce que « - Tu as de la merde? – Ouais, je vais en rouler un. » à mon avis, à la place de « merde » il aurait été mieux avisé de laisser « chit ». Pour les coquilles, un nombre incalculable de « l » remplacés par des « t » ou par des « ! ». Au lieu de lire « ma » ou « mon » on lit « ton » ou « ta » et ça casse complètement la lecture, on sort du bouquin; bref extrêmement désagréable!
Heureusement, j’ai appris que le Diable Vauvert allait rééditer les bouquins de Buk. Ouf! Enfin des pros amateurs du travail bien fait pour nous sauver notre poète!
Au final, Women est un livre à lire, pas un chef d’oeuvre, juste de quoi avoir le sourire pendant quelques jours, il reste nettement inférieur aux bouquins de Welsh, qui maitrise bien mieux la littérature et le sujet.
Tags: buk, bukowski, chinaski, femmes, poete americain, roman, trash, wome
Frédéric Mitterrand, Roman Polanski, les artistes, le piratage, le viol et nous
Politique septembre 30th, 2009
http://www.dailymotion.com/videoxamlz5
Propos de Frédéric Mitterrand sur Europe 1.
Monsieur Mitterand aime les artistes. S’il avait été ministre au moment où Bertrand Cantat a tué Marie Trintignant, il aurait peut-être pu lui éviter la prison. Hé ouais c’est un mec comme ça, Mitterand, il a des principes. Pour lui les artistes sont des dieux qui peuvent tout se permettre. Il est donc logique qu’il défende ainsi avec acharnement leur droit à nous baiser, à nous sodomiser, à nous violer en toute impunité.
Enfin, je suis mauvaise langue, comme d’habitude. Non mais c’est vrai on parle quand même de Roman Polanski, là, un mec merveilleux, un immense réalisateur et… d’une pauvre fillette de 13 ans (qui a bien grandi depuis). C’est vrai qu’est-ce qu’ils veulent de plus ces salauds d’américains? Qu’il lui signe un autographe? Non parce que bon c’est quand même un sacré honneur de s’être fait défoncer la chatte par Roman Polanski, non? C’est trop la classe d’aller en cours et de dire « Wouah les keupines vous ne devinerez jamais par qui je me suis faite violemment dépuceler hier! Et puis trop romantique quoi! Il m’a sorti le grand jeu: il m’a drogué et bourré la gueule avant de me bourrer tout court. Un vrai gentleman, le mec! » Ca vaut quand même mieux que de se faire violer par son plombier, hein? Vous choisiriez quoi, vous? On vous laisse le choix entre votre plombier et Roman Polanski, vous choisissez qui?
Et puis merde depuis quand c’est les juges qui décident de qui est coupable et qui est innocent? Non mais dans quel pays on vit, j’vous jure… Hein? Il a plaidé coupable? Mais il a raison d’assumer ce merveilleux cadeau qu’il lui a fait à cette gamine! Comment pourrait-il plaider autrement? Et puis merde c’est vieux comme affaire… D’ailleurs je suis pour qu’on relâche Guy Georges et Francis Heaulmes, y a prescription maintenant. J’ai toujours trouvé ça profondément ridicule les peines de plus de 20 ans de prison, moi, surtout pour viol. C’est quoi un viol? C’est jamais qu’une bonne branlette… avec quelqu’un d’autre. C’est du plaisir qu’on donne à quelqu’un qui est trop con pour le recevoir.
En plus elle lui a pardonné la gamine qui n’en est plus une… Quoi? Pardonner ça veut clairement dire qu’il est bien coupable? Ouais mais ça veut dire que c’est pas grave… C’est pas comme télécharger illégalement, quoi… Ca c’est grave! Je comprends vraiment pas qu’on puisse faire tout un fromage pour un vieux viol alors que tous les jours ces salauds de gamins qui ne demandent que ça de se faire violer continuent à télécharger des films et des musiques illégalement! Ce sont eux les vrais criminels!
Retour au mode sérieux. Vous l’entendez Mitterrand? Vous l’entendez bien? Ca ne vous choque pas, vous, ce qu’il dit? Il parle de Polanski comme il DEVRAIT parler de sa victime. Un être humain tiendrait le même discours en inversant simplement les deux. Mais lui, non, il nous présente le coupable avéré comme la victime. Et la victime de viol? Il s’en branle, pas un mot. « Je suis très ému en en parlant car je trouve qu’il s’agit d’une chose épouvantable et totalement injuste. » Il parle du viol, là? Non, il parle de la justice et donc par extension du fait qu’une fillette puisse porter plainte pour viol contre un artiste comme Roman Polanski. Celui-ci, coupable de viol donc puisque c’est ce qu’il a plaidé à son procès, est un « homme merveilleux ». Le viol? « Une histoire qui n’a pas vraiment de sens ». Oui, oui c’est comme ça qu’il qualifie un viol (et pédophile avec ça). C’est « épouvantable » de voir un artiste être jugé. Il y a une « Amérique qui fait peur », celle qui juge avec acharnement les violeurs. Ca nous donne quand même une belle image de la justice dans notre pays, non? Et il conclue en invitant tous les français à « soutenir Polanski dans cette épreuve »…
Toutes les victimes de viol, dont je fais partie, apprécieront votre discours et votre profonde humanité.
Alors, monsieur Mitterrand, je vous le dis, vous ne parlez pas en mon nom. Si les français vous écoutent et vous suivent, je déchirerai ma carte d’identité française et je m’exilerai à la première occasion. Pour moi, vous avez perdu non seulement toute crédibilité pour « défendre les artistes », on sait maintenant contre quoi, contre qui vous les « défendez », mais vous avez perdu beaucoup plus encore. Vous avez également perdu votre statut de représentant du peuple et des artistes, dont je fais également partie. Je refuse que vous parliez en mon nom, je refuse d’être « défendu » par vous mais j’exige votre démission. Je peux supporter une politique de droite, je peux supporter une politique libérale, je ne peux supporter de tels propos, je ne peux supporter une telle image, je ne peux supporter un tel porte-parole.
Monsieur Mitterrand, vous avez perdu encore bien plus que ça: vous avez perdu votre humanité dans ce discours.
Je vous souhaite donc des nuits emplies de cauchemars, parce qu’étant moi-même encore humain, je ne peux vous souhaiter de subir la même chose que cette femme, que cette fillette de 13 ans, même perpétré par un homme aussi « merveilleux » que monsieur Polanski.
Tags: artistes, frederic mitterrand, hadopi, ministre culture, pedophilie, Piratage, roman polanski, viol
Dragon NaturallySpeaking 10, la critique
Divers septembre 28th, 2009

Bon ben ça y est, je suis dingue, c’est officiel ! Désormais je parle à mon ordinateur. Déjà que j’avais fait de cet engin de torture mon métier, devenant ainsi le véritable gourou d’une sorte de secte voilà que désormais je parle à un objet inanimé.
Si on avait placé une caméra sur moi tout à l’heure, on aurait vu un type en train d’apprendre à son ordinateur à parler son propre langage c’est-à-dire que pendant de longues minutes il a fallu que je lui explique les mots qu’il ne connaissait pas comme bite, couille, *******, enculer, merde, ******… Personnellement ça m’a fait du bien. Ben oui vous n’imaginez pas à quel point ça peut soulager de dire autant d’injures en seulement quelques minutes! Mais tout cela était nécessaire pour rendre le logiciel opérationnel.
À la base, je m’attendais au pire. J’avais déjà fait l’expérience d’un logiciel de reconnaissance vocale il y a quelques années et le résultat était franchement pitoyable. Tout ce que je disais était transformé à la façon Gad Elmaleh (comme les pieds de Damoclès, par exemple). Mais là je dois dire qu’avec quelques heures d’apprentissage pour moi et pour lui, le résultat est assez bluffant. Pour preuve cet article réalisé pratiquement sans les mains. Si le fil avait été plus long ou carrément absent, j’aurais pu me claquer dans mon lit et rédigé cet article tout en faisant autre chose avec mes mains… En plus, plus on se sert du logiciel et plus il s’améliore. Donc là force est de constater que d’ici quelques semaines, une fois que moi-même je me serais bien habitué avec les commandes, ça risque d’être franchement impressionnant ! D’autant que le logiciel peut apprendre votre style et votre vocabulaire en étudiant vos textes ou vos mails.
Autre avantage, le logiciel ne prend pas seulement en charge les traitements de texte mais également la messagerie instantanée, les tableurs, Internet, e-mail etc. etc. La seule question que je me pose à l’heure actuelle est de savoir si ce logiciel peut être pratique pour écrire un roman ou une pièce de théâtre. Si tel est le cas il est probable que je gagne grâce à ça un temps assez faramineux. En attendant il est clair que je gagne du temps à la rédaction de cet article, ça risque d’être pratique également pour recopier des passages manuscrits sur ordinateur, mais surtout il m’est désormais possible de discuter sur MSN tout en regardant un film porno… en ayant les mains libres ! ! ! Mais quel bonheur ! ! !
En résumé, Dragon NaturallySpeaking 10, en plus d’être diablement efficace, est vraiment un truc de branleur, et j’adore ça ! ! !
Tags: dicte, dictee, dicter, dragon, dragon naturallyspeaking, dragon speaking, maitriser son ordinateur sans , naviguer sur internet a la voi, nuance, reconnaissance vocale, taper sans clavier
Le point Sander
Divers septembre 22nd, 2009

Avant même qu’elle n’existe, Marcel Pagnol l’avait faite. C’est même le grand Fernandel qui l’avait incarnée. Ca s’appellait Le Schpountz et c’était bien avant le fléau de la téléréalité.
C’est dire s’il ne date pas d’hier ce phénomène, c’est dire si elle est originale la petite Cindy. Mais il continue de s’accroitre et ça commence à devenir inquiètant (et irritant aussi!). C’est ainsi qu’on a eu droit il y a quelques temps à Amandine, la rappeuse du 38:
C’est à se demander s’ils ne font pas des… « trucs » tout pourris exprès pour qu’on parle d’eux, quitte à ce que la Terre entière se foute de leurs gueules. Au moins, ils existent! Parce qu’aujourd’hui, de plus en plus, on n’existe réellement que lorsqu’on est médiatisé. C’est ça, en particulier, qui est inquiétant. Notre société en est arrivée au point où les images, toutes virtuelles, toutes photoshopées, toutes biaisées, ces illusions finalement passent pour « plus réelles » que la réalité.
Il faut dire que les médias, comme je passe mon temps à le répéter sur ce blog et ailleurs, ont pour mot d’ordre seul et unique: la frustration! Il faut frustrer la Terre entière parce qu’un individu frustré est un consommateur forcené, accro au produit. Frustrer c’est faire du bénéfice, de l’audimat, remporter des parts de marché. Et la concurence en terme de frustration est très, très rude. Il faut à tout prix que ces vils consommateurs que nous sommes croient que le bonheur est à portée de leur main. Et Hermès créa la téléréalité…
C’est génial de perversité la téléréalité. On prend un quidam, humain, relativement normal, si possible avec plein de défauts qu’on soulignera au maximum, un humain auquel tout le monde pourra s’identifier d’une façon ou d’une autre et on en fait une star. Ainsi, tous ceux qui se seront identifiés à cet être humain croiront qu’eux aussi ils peuvent devenir des stars. Le bonheur à portée de main…
D’autant que maintenant il y a Youtube, Dailymotion, les blogs, les réseaux sociaux… Tout un tas d’outils qui permettent de s’exhiber, de se prostituer avec une possibilité d’audience pratiquement sans limite. Oui, aujourd’hui, on peut devenir une célébrité du jour au lendemain. Sauf que si tu n’as pas le talent véritable qui va avec, s’il n’y a pas un long cheminement, un long entrainement, une longue préparation derrière, ça risque de tourner court, de ne donner qu’une étoile filante, ça risque d’engendrer une ****** de dépression nerveuse parce que la médiatisation il faut l’encaisser, l’argent il faut savoir le gérer, être capable d’encaisser des critiques acerbes, des attaques ignobles, et puis ça peut donner un désastre total, comme Amandine, comme Cindy Sander: on devra garder toute sa vie une étiquette de bouffon, de raté. On aura été la risée de la Terre entière, et ça, c’est hard!
Vous me direz « Oui mais Cindy Sander elle a des fans, des gens qui la soutiennent… ». Et je vous répondrai que ce n’est que partiellement exact. Cindy Sander, comme Amandine, comme les autres, a effectivement des gens qui la soutiennent. Mais dans la plupart des cas, ce n’est pas la personne qu’ils soutiennent mais… eux-même. Parce que ces gens ont envie d’y croire, parce qu’ils se disent qu’eux aussi pourraient être à sa place, parce que si elle y arrive alors pourquoi pas eux? Hé oui pourquoi pas? Comme ça tout le monde deviendrait une star et… il n’y aurait simplement plus de star. Déjà que ce statut continue de s’en prendre plein la poire et ne veut déjà plus dire grand chose… Il suffit de voir Paris Hilton, qui est une star, et qui n’a pourtant à ma connaissance aucun talent dans quoi que ce soit, hormis sans doute dans la com. Perso, je suis pas contre mais je doute que ça fonctionne. Ces faux fans sont aussi bien souvent des « petites mamans », qui n’admirent pas mais qui prennent en pitié. Moi-même, je dois dire que je suis très partagé entre l’envie de les tarter et la pitié, parce que c’est monstrueux ce qui leur arrive. D’un autre côté ils me font souvent bien marrer. De l’illusion, donc, toujours et encore mais une illusion qui malheureusement pour eux les conforte dans leur délire. De toute façon, devenus célèbres, ils n’ont plus le choix: soit ces largement minoritaires fans en carton ont raison soit ce sont vraiment des loosers (à ne pas confondre avec « losers » hein? Le loser est un perdant, le looser est quelqu’un qui se tape la honte, nuance!).
Mais encore tout ça n’est que la partie émergée de l’iceberg…
Parce qu’au cours de mon boulot, je me rends compte d’une chose qui me semble terrible. Les jeunes ont Internet et MSN. Sur MSN ils ont un nombre incroyable de contacts… qu’ils ne connaissent pas! Ils font une compétition internationale à celui qui aura le plus de contacts. Ils s’en foutent de savoir que dans leurs contacts il y a des pédophiles, des cons, des racistes, des mecs de droite du moment que leur liste s’étende à l’infini. De la même façon, ils ont des blogs, tous et ils veulent avoir le plus de commentaires possibles… même si les commentaires en question n’ont absolument aucun intérêt (genre: « slt! », ça leur suffit largement), plus ils en ont plus ils sont des stars… Et Facebook? Idem, il faut avoir le plus de contacts, le plus d’adhérents à son groupe de merde et être l’ami des stars pour pouvoir mettre en « message perso » sur MSN « G sui ami ak Barac Obama tro la clace lol »
On peut se préparer à une invasion des Cindy Sander si ça continue!
Mais le plus énervant, pour moi, ça reste sur les forums. Je participe à plusieurs forums littéraires et c’est là que j’ai eu l’idée de créer le Point Sander. Parce que pratiquement toutes les semaines il y a un type ou une fille qui débarque, fait son rebelle, se prend pour le nombril du monde. Et c’est insupportable autant que pathétique… Un type qui poste ses textes (tout pourris, toujours. Forcément: s’ils n’étaient pas pourris ils ne se sentiraient pas obligés de compenser par leur « personnalité » grotesque, ils n’auraient même pas besoin de venir sur des forums pour obtenir des critiques.) et quand on fait ce pour quoi le texte est là, c’est à dire une critique, tout de suite le type s’enflamme et parfois va jusqu’à dire que ses critiques sont des « mauvais lecteurs » ou autre « mais t’es qui pour me critiquer? » ou alors ils justifient leurs erreurs mais bon on ne peut pas comprendre c’est trop compliqué pour nous, c’est pas de notre niveau… Là je peux vous dire que l’invasion a largement commencé!
Au début, je m’énervais, vainement, contre ces gens qui n’ont pas de cerveau. C’était stupide de ma part. On ne peut pas discuter, argumenter avec un abruti qui se prend pour dieu, quelqu’un qui est persuadé que seules les critiques positives et admiratives sont justifiées et que le reste n’est que connerie humaine et… jalousie (comble de l’ironie…). Et puis on dit ça parce qu’on n’aime pas leur personnalité, hein? Ce n’est pas le texte qu’on juge. Franchement effarant…
Par la suite, j’ai tâché de les ignorer. Après tout, ce qu’ils veulent c’est de l’attention, comme tous ces gamins avec leurs blogs et MSN qui veulent des contacts et des commentaires, eux veulent des réactions: les négatives ils considèrent que c’est de la jalousie et les positives, évidemment, c’est tout bénef. Plus on les attaque, plus leur excitation augmente. Ils se sentent exister, on leur accorde de l’importance alors qu’ils n’en ont clairement pas.
Désormais, je me contenterai de leur attribuer un point Sander et rien d’autre. Le point Sander est bien évidemment inspiré du point Godwin: « La loi de Godwin est un adage, partie du folklore Usenet, énoncé en 1990 par Mike Godwin : « Plus une discussion sur Usenet dure longtemps, plus la probabilité d’y trouver une comparaison impliquant les nazis ou Hitler s’approche de 1. » Dans un débat, atteindre le point Godwin revient à signifier à son interlocuteur qu’il vient de se discréditer en vérifiant la loi de Godwin. » (Source Wikipédia).
Si tout le monde pouvait faire pareil, sur les forums, les blogs, MSN, Youtube et Dailymotion (entre autres) je pense que le monde aurait des chances de se débarrasser de ce fléau, et que ces gens-là pourraient enfin reposer leurs pieds sur Terre, et sans doute beaucoup moins souffrir…
Tags: amandine la rappeuse du 38, celebrite, cindy sander, egocentrisme, illusion, medias, naivete, schpountz, talent, television, vanite
L'Ordre moins le pouvoir – Histoire & actualité de l'anarchisme, de Normand Baillargeon
Philosophie septembre 18th, 2009

C’est incroyable le nombre de gens qui sont anarchistes… sans le savoir. A commencer par moi. La première leçon qu’on doit retenir de ce livre, c’est ça. On y apprend d’emblée que le pouvoir en place ne cesse de faire campagne, avec un énorme succès, pour que le peuple associe le mot « anarchie » au mot « chaos ». Et c’est vrai! Avant de lire ce livre je considérais l’anarchie comme une phase de transition difficile, chaotique voire souvent sanglante entre deux régimes. J’associais l’anarchie avec le punk, violent, alcoolique, drogué. J’associais l’anarchie avec une certaine forme de terrorisme, j’associais l’anarchie à la fainéantise. En bref, pour moi, être anarchiste supposait être terriblement con ou traumatisé.
Et puis je me suis intéressé à Noam Chomsky, et puis à Normand Baillargeon. Et j’ai été clairement interloqué. Plus je lisais, plus je m’intéressais à ces deux personnes et plus il m’apparaissait évident qu’ils étaient à des années lumières de tous ces clichés. Le Petit Cours d’autodéfense intellectuelle de Baillargeon, par exemple, démontre clairement que ce dernier est quelqu’un d’intelligent, de rationnel et forcément qui ne se laisse pas abuser. Donc quelque chose ne cadrait pas. J’étais manifestement dans l’erreur quelque part, et je devais savoir où.
C’est dans cette optique que je me suis acheté ce livre, et je ne suis pas déçu du voyage.
Que peut-on en retenir?
D’abord, comme je l’ai dit, qu’il ne faut pas se fier aux médias (ça je le savais depuis un moment) ni même aux dictionnaires… Hé oui, cette référence absolue qu’est le dictionnaire est contaminée par les clichés véhiculés par le pouvoir. Ce n’est probablement pas une volonté délibérée, c’est juste que pour le commun des mortels anarchie=chaos. C’est passé dans le langage courant et on a tous utilisé ce terme pour désigner un bordel, sans avoir conscience de l’erreur qu’on commettait. Hé oui car il est chargé, malgré lui, très, très négativement ce mot. Il est tellement chargé que les anarchistes d’aujourd’hui préfèrent utiliser le terme « libertaire » pour se désigner.
La conséquence de ça c’est qu’aujourd’hui, comme je l’ai dit au tout début, beaucoup de gens ignorent qu’ils sont anarchistes parce qu’ils ignorent ce que signifie réellement ce mot et qu’ils n’ont aucune envie de se coller une étiquette pareille. C’est un très joli coup de la part du pouvoir puisque cette ignorance nous empêche de nous rassembler, d’en discuter, de mener des actions conjointes. Mais ça ne va pas durer. Nous vivons une époque très particulière, une époque charnière dans laquelle je vois, tous les jours, des signes encourageants. D’un côté on a une perte de confiance manifeste envers le pouvoir qui a tout de même trouvé la parade en brandissant le fléau du Front National… Si vous ne votez pas, bande d’anarchistes!, vous allez vous retrouver avec Lepen comme président! C’est ça que vous voulez hein? Bah en même temps pourquoi pas? Ca nous donnerait une excellente excuse pour renverser un pouvoir devenu illégitime et immoral. M’enfin je préférerais largement que cela se passe autrement: beaucoup trop de sang versé dans cette perspective et j’aime pas trop ça, moi, le sang. Dans les signes encourageants, on peut aussi noter le courant alter-mondialiste qui prend de plus en plus d’ampleur, la nécessité écologique qui suppose de stopper net la « logique » de surconsommation et puis, plus largement, les innombrables contradictions et paradoxes que je ne cesse de montrer du doigt sur ce blog, les semblants de démocraties incarnés par le PS ici en France qui parle toujours de la beauté de la démocratie et qui élit son premier secrétaire en trichant en sachant que la gagnante a simplement mieux tricher que la seconde, qui du coup voulait refaire l’élection pour mieux tricher ce coup-ci ou par le traité de Lisbonne, magnifique celui-là: on nous le propose une première fois, on dit « non merci », on nous le repropose en version abrégée (mais c’est exactement le même avec juste moins de baratin), on est bien obligés de l’accepter vu qu’on nous a pas donné le choix, les irlandais le refusent, on attend un peu et on leur repropose, sous-entendant ainsi qu’ils avaient mal voté et qu’ils sont sans doute moins cons aujourd’hui qu’hier… La démocratie est un leurre et on s’en rend de plus en plus compte, on ne peut que s’en rendre compte…
L’anarchie apparait donc comme une alternative à ce capitalisme que même les plus convaincus ont bien du mal à défendre et à un pouvoir qui, finalement, revient toujours aux mêmes. Une alternative nettement plus convaincante que les autres: le totalitarisme, personne n’en veut plus et c’est pas dommage et le communisme ça n’a jamais été qu’une dictature dont on ne veut plus non plus.
Restent néanmoins des questions que je me posais d’emblée: comment un non-état pourrait-il survivre sans pouvoir? La réponse est donnée clairement dans ce livre: il ne le peut pas! L’anarchie n’est pas contre TOUS les pouvoirs, ce serait absurde, mais l’anarchie s’inscrit dans la logique des Lumières en s’interrogeant sur la légitimité des différents types de pouvoir. Il me semble évident qu’un enfant a besoin du pouvoir de ses parents pour grandir et simplement survivre, il semble évident qu’une police est nécessaire pour traquer et trouver les psychopathes et autres égoïstes, il semble évident que l’armée est nécessaire pour protéger des pouvoirs extérieurs…
Autre question: sans contrainte comment des travailleurs pourraient-ils être productifs? Hé bien en réalité, ils le sont bien plus quand ils ne sont pas contraints parce qu’ils savent pourquoi ils vont bosser: pour eux-même et pour leurs camarades. Dans une anarchie, on travaille parce qu’il faut bien se procurer de quoi vivre et aussi par solidarité.
La seule question qui demeure après avoir lu ce bouquin reste la question de la faisabilité et de la viabilité. Parce qu’effectivement les concepts de liberté, d’égalité et de fraternité propres à l’anarchie (et non pas à la démocratie: vous vous sentez vraiment libres, égaux et solidaires, vous?) ont de nombreux et puissants ennemis. Si jamais un pays devenait anarchiste, il se passerait la même chose qu’à la Révolution française: les Etats voisins auraient peur que l’anarchie ne vienne chez eux et viendraient donc en renfort, manu militari, pour remettre nos élites au pouvoir, les grands patrons, les actionnaires ne pourraient supporter ça non plus parce qu’on s’en prendrait à la fois à leur marché et à leurs privilèges, les religions s’enflammeraient de cette hérésie qui prône l’égalité et le rationalisme… D’un autre côté, la démocratie a fini par gagner, avec énormément de sang répandu sur son drapeau. Est-ce aussi l’avenir de l’anarchie?
Tags: anarchie, anarchisme, chomsky, commune de paris, critique, l ordre moins le pouvoir, libertaire, Louise Michel, mai 68, normand baillargeon, propagande, proudhon
Porteur d'âmes, de Pierre Bordage
Science fiction, Thriller septembre 12th, 2009

Je suis partagé sur ce bouquin. Une partie de moi le trouve génial, une autre partie le trouve tout juste pas mal.
Déjà, faute sans doute à l’éditeur, il y a énormément de coquilles et fautes. Beaucoup trop. Et c’est très désagréable.
Mais surtout, ce qui m’a le plus emmerdé, c’est le premier personnage, Léonie. Elle est trop gentille, trop naïve, trop… Cosette, pour commencer; mais surtout qu’est-ce qu’elle peut être casse couille à comparer sans arrêt tous les gens qu’elle rencontre à des animaux… A chaque fois elle nous parle de Tante Destinée, la hyène et de Lucius, le paon, et de Johannes, le hibou et c’est franchement insupportable… Qu’elle utilise leurs noms ou qu’elle les désigne par leur animal mais pas les deux en même temps à chaque fois, bordel! Les trois premières pages c’est amusant, on comprend qu’elle a une autre culture que la nôtre mais passées les trois premières pages j’avais une furieuse envie de sauter tous les chapitres dans lesquels elle intervient.
Ensuite il y a le cliché totalement éculé de mettre un personnage bien blanc, bien favorisé et un tantinet raciste dans la peau d’une femme noire. L’intention est bonne, j’avais d’ailleurs l’idée d’écrire une histoire comme celle-là quand j’avais dix-huit ans mais littérairement, artistiquement c’est quand même pas terrible…
Et puis pour finir, il y a cette happy end, insupportable, absurde, improbable qui se rapproche du deus ex-machina.
Comment une partie de moi peut le trouver génial malgré tout ça? Mon âme d’enfant, simplement et puis mon côté anti-raciste. J’aime bien les bonnes intentions, les rêves, la naïveté… Hé oui j’ai encore quelques restes malgré la littérature trash que je lis et que j’écris.
Concernant l’histoire, c’est celle de trois personnages: Léonie, jeune africaine expatriée par sa tante pour être prostituée en France, Cyrian, jeune français intégrant une société secrète qui expérimente le transport d’âmes d’un corps à l’autre et Edmé, flic blasé qui attend la mort et qui tombe sur un charnier qui va le faire remonter jusqu’à cette confrérie.
Un livre pour lequel il vaut donc mieux être averti…
Tags: ames, critique, pierre bordage, porteurs d ames
La Guerre sainte, le résumé
La Guerre sainte septembre 12th, 2009
J’avais « oublié » un point primordial dans la présentation de mon bouquin: son résumé. Des guillemets pour « oublié » parce que je ne suis pas si con que ça mais il y a tellement de choses à faire et j’ai si peu de temps pour m’y consacrer. D’autant que la priorité reste l’écriture dudit roman, tout de même…
Précisons que ce monstre se découpera en deux parties: la première s’intitule Mytholorgy et la seconde Démoncratie. Pourquoi Mytholorgie? Parce qu’il y est beaucoup question de mythologie mais aussi de sexe, déjà (le sexe n’étant pas simplement « ornemental ») mais aussi parce que les deux se mélangent dans une certaine logique mais j’y reviendrai dans un autre article.
Le résumé que je vais faire portera sur l’ensemble de La Guerre sainte, les deux étant clairement indissociables. En revanche, je précise que cette oeuvre comporte trois niveaux de lectures qui n’apparaitront au lecteur qu’à la fin. On croit lire une histoire et en fait… on en lit trois tout en même temps. Je ne résumerai donc que le premier niveau de lecture.
Le personnage principal de La Guerre sainte se nomme Ben. Celui-ci est une âme errante, torturée et… immortelle. Il est coincé entre l’humanité et la divinité, qu’il méprise. C’est donc un monstre qui n’aspire qu’à changer de statut. Il a tout vu, tout vécu, tout souffert, joui de toutes les façons possibles et imaginables. Après des millénaires d’existence et de solitude la Terre n’est plus pour lui qu’une minuscule prison, un malconfort, ces cellules dont parle Camus dans La Chute trop petites pour se tenir debout et pas assez larges pour pouvoir s’allonger, un malconfort qu’il entend bien quitter de gré ou de force, quitte à défier les dieux et à bousculer l’équilibre des forces terrestres.
Ben se partage la vedette avec Claudio, un français, nordiste, qui vit également dans un malconfort d’un autre genre. Il est employé libre service dans un supermarché, il met en rayon des yaourts, du beurre, du surgelé, comme Sisyphe poussait inexorablement sa pierre, comme tout le monde finalement. Il gagne honnêtement une vie qui ne l’intéresse pas, sans grandeur, médiocre. Il a le sentiment d’être un rouage facilement remplaçable d’une gigantesque machine à illusions. C’est pourquoi il finit par lâcher sa pierre et sa machine, persuadé qu’une meilleure vie et un grand destin l’attendent dans la rue. De toute façon, s’il se trompe, il préfère encore crever.
Marty vit à Jefferson City, dans le Missouri. Il est membre du Klu klux klan, tout comme son père adoptif. Il est chrétien pratiquant et considère la race noire comme le cancer de l’humanité. Il se sent investi de la mission divine de débarrasser son pays de cette engeance. Lui aussi vit dans un malconfort qui le rend dingue et qui va le pousser au crime le plus atroce.
Cassandra ne vit dans un aucun malconfort: c’est elle qui distribue les cartes. Pour elle, la vie n’est qu’un jeu, une vaste plaisanterie que la plupart des gens prennent beaucoup trop au sérieux. Elle est mannequin et accessoirement la petite amie de Marty. Parfois, il lui arrive d’avoir des illuminations, de prédire l’avenir mais évidemment personne ne l’écoute, d’ailleurs elle ne s’écoute pas elle-même.
Ophelia n’a pas d’illumination mais elle a des oreilles aux bons endroits. Comme Ben, c’est un monstre, ni humaine ni déesse, mais en nettement plus sadique. Contrairement à Ben, elle semble apprécier son existence, jouissant en permanence de l’attraction qu’elle produit sur tous les hommes, et également sur les femmes. Elle jouit surtout de sa nette supériorité par rapport à eux. Ophelia est un personnage ambigü, séduisant et malsain à la fois.
Ces personnages semblent n’avoir aucun rapport entre eux mais ils vont pourtant se croiser, s’aimer, se haïr, se combattre. Leur histoire est une épopée où chacun est clairement marqué par la fatalité.
La Guerre sainte oscille entre un réalisme révolté et désabusé d’un Irvine Welsh et une inspiration homérique. La Guerre sainte est un pavé dans la mare des religions, du politiquement correct, des clichés et de toutes ces chimères quotidiennes qui nous étouffent et peuvent nous rendre dingue. Ce livre est une fable mensongère qui veut nous rapprocher de la Vérité.
J’espère qu’en lisant La Guerre sainte vous rirez, vous pleurerez, vous sourirez, vous réfléchirez et vous rêverez…
Tags: djihad, guerre sainte, resume, roman
La liberté d'expression
Politique septembre 2nd, 2009

Il y a certaines choses qui m’échappent dans ce pays. Nous sommes le pays des droits de l’homme, le pays de l’auteur du Traité sur la tolérance auquel on attribue souvent et peut-être à tort la phrase: « Je ne partage pas vos idées mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous puissiez les exprimer » et pourtant…
Pourtant, comme tout pays des droits de l’homme, se revendiquant de la liberté d’expression, nous nous sommes dressés comme un seul homme pour défendre le droit à la caricature lorsque celles faites sur Mohamed ont été attaquées. C’est bien. Mais pourquoi diable Dieudonné et Sinné se sont-ils faits écharper sans être très défendus pour une autre caricature et un sketch???? Non, vraiment, je ne comprends pas. Est-ce parce que ce sketch n’était pas drôle? J’ai effectivement le souvenir qu’il ne m’a pas vraiment fait rire. Mais « drôle », c’est subjectif, non? D’une personne à l’autre une chose peut-être drôle ou pas. Alors quoi? Je n’ai pas envie de penser que c’est simplement parce que certains sont plus français que d’autres… Ce serait vraiment mal venu! Et puis ce serait vraiment énorme… Burlesque!
En plus de ça, il faut voir les conséquences: Dieudonné s’est radicalisé dans ses convictions et a lancé un parti antisionniste, après avoir flirté avec le Front National et Sinné a fondé son propre journal où il peut caricaturer comme il veut. Surtout, ça a énervé toute une minorité! Déjà qu’ils ne se sentaient pas en odeur de sainteté chez nous, voilà qu’on leur explique qu’on peut se foutre de leur gueule, par contre, les autres, ceux que j’ai trop peur de nommer, on ne peut pas, VIP. Et quand je dis que j’ai peur de les nommer, je n’exagère qu’à peine! Il y a une paranoïa terrible autour de ce phénomène… Grands dieux! Ne surtout pas parler d’eux! Pourtant ils ont beaucoup d’humour! Nos meilleurs comiques sont de ces gens-là! Je ne me lasse pas de leurs spectacles, de leurs films, même de leurs interventions télévisuelles! Pourquoi?
Qu’on censure Faurisson, illustre négationiste, je peux le comprendre mais pour moi la justice est de laisser chacun s’exprimer. Faurisson sort un livre qui nous raconte que les chambres à gaz c’était en fait des salles de spectacles (imaginons…), il suffit de le descendre médiatiquement, de sortir un livre pour démonter son point de vue. On sort une blague sur ces gens-là, qu’ils sortent un spectacle sur nous… On se moque d’eux, qu’ils se moquent de nous… Ce serait tout de même plus sain, non?
Ben non, au lieu de ça, on attise les rancoeurs, les haines, les jalousies… On donne l’impression aux gens comme moi qu’on nous cache quelque chose, qu’il y a un complot derrière tout ça et ça ne rend service à personne, absolument personne.
Tags: caricature mohamed, dieudonne, judaisme, liberte expression, sinne, sionisme
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