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Après m’être enfilé A Rebours, j’avais besoin d’un peu de simplicité et d’optimisme. J’avais L’Alchimiste sous la main, ça me semblait parfait.

Au départ, j’avoue avoir été charmé par ce livre. La petite histoire sur laquelle il s’ouvre est jolie et puis c’est un livre qui s’adresse à l’enfant qui sommeille en chacun de nous. Pourquoi pas?

D’emblée, j’avais l’impression de lire un croisement entre La Prophétie des Andes et du Saint-Exupéry. Seulement au bout de 150 pages, la simplicité (l’absence?) du style commençait à m’énerver.

L’histoire en elle-même n’est pas inintéressante: on se demande s’il va vraiment le trouver son trésor mais surtout on se demande ce qu’il va trouver. Ca me semblait impensable que ce fameux trésor soit constitué d’or et d’argent. (Ne lisez pas la suite si vous ne voulez pas savoir la fin) Seulement c’est le cas et c’est extrêmement décevant parce qu’un conte qui nous parle de métaphysique, de Dieu et d’amour se termine sur un matérialisme franchement pourri. Evidemment ce n’est qu’une métaphore, comme tout trésor, mais je pense qu’une autre image aurait été plus judicieuse.

Après, ça reste personnel, mais mélanger ainsi ce qui doit être du New Age avec de l’Islam et du Christianisme, ça me titille un peu. Encore une fois ce sont les mots qui sont mal choisis, la philosophie en elle-même entre en résonance avec mon expérience personnelle, ce que j’ai vécu et ce que je vis en ce moment, c’est de la poésie, c’est assez joli, on peut facilement se laisser emporter mais ça reste quand même gentillet, un conte pour enfants pour adultes, en somme.

Ce qui est intéressant, au-delà de tout ça, c’est la genèse d’une philosophie, d’une croyance, comment s’y prend Coelho pour emporter l’adhésion de ses lecteurs avec un peu de magie, en faisant appel à des traits communs universels, des questions existentielles auxquelles il apporte une réponse irréfutable (mais qu’il ne peut évidemment pas prouver non plus, comme l’existence de Dieu).

Bref, une curiosité par franchement désagréable à lire, reposante, intéressante même si moi ça ne m’a pas spécialement chamboulé.

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Je me suis rarement autant fait chier en lisant un bouquin… J’en ai lu pourtant des bouquins et des biens chiants par moments. Je suis plutôt bon public et quand il s’agit d’un classique je pense me montrer un minimum indulgent mais là… Non, vraiment je ne vois rien pour le sauver.

Qu’est-ce qui le rend donc aussi chiant ? Déjà, je n’appelle pas ça un roman. Il n’y a pas vraiment d’histoire, il ne se passe pratiquement rien (là je suis indulgent), c’est juste bien écrit et encore c’est parce que ça vient du XIXème siècle que je dis ça ! A Rebours, c’est juste une longue série de critiques, d’analyses, de recensions à propos de littérature, de peinture, de parfum, de gastronomie etc etc Bref c’est la même chose que ce blog, en plus court (encore heureux) et sans le moindre humour (j’y reviendrai à l’humour !). Différence primordiale : mon blog est contemporain et parle de sujets contemporains compréhensibles de tous (aujourd’hui mais probablement plus dans un siècle), Huysmans parle de sujet du XIXème siècle, pas forcément connus ou intéressants pour nous. Qu’il parle de Redon, de Zola, de Baudelaire, là ça va, on connait. C’est pas franchement intéressant mais on connait. Mais l’essentiel est constitué de sujets que je ne connais pas (malgré une certaine culture) et/ou dont je me fous pas mal.

Quant à l’humour… Le personnage principal est dépressif et s’emmerde à mourir. Il faut reconnaitre au moins ce talent à Huysmans : il sait communiquer aux lecteurs les émotions de ses personnages. Franchement il faut être à moitié dingue pour choisir un sujet pareil, non ? Inintéressant et déprimant. Une interminable crise existentielle… Ca peut être intéressant, remarque : Le Voyage au bout de la nuit, La Nausée toussa toussa c’est aussi de la crise existentielle, mais en moins chiant, en moins pédant, en plus intéressant.

En même temps j’aurais du me méfier. Un livre qui contient plus d’explications de texte que de texte alors que c’est une édition «normale» (pas une édition pour étudiants en lettres modernes quoi), y a anguille sous roche. Si dès le départ et à l’arrivée Huysmans a ainsi besoin d’aussi longues plaidoiries pour défendre son bouquin, c’est pas très normal. Ca veut dire au minimum que le texte ne se justifie pas par lui-même et que la pilule risque d’avoir du mal à passer. Cela dit, les plaidoiries en question sont plus intéressantes et moins chiantes à lire qu’A Rebours. Le lecteur averti peut aisément se contenter de lire les préfaces et notices et de laisser tomber le texte même, qui n’est finalement qu’un vilain noyau dans un fruit relativement mangeable. D’habitude c’est plutôt l’inverse mais il faut bien chambouler les habitudes.

Que dire de l’histoire, alors ? Hé bien c’est celle de Des Esseintes qui décide de s’établir à la campagne par mépris pour Paris et les gens, avec ses œuvres d’art, ses bouquins et ses domestiques. A force de solitude et d’ennui, il devient très vite dépressif et doit donc se contraindre à retourner à Paris et à réviser sa position concernant le catholicisme. Désolé de vous la raconter intégralement du début à la fin et en n’omettant pratiquement aucun détail, mais bon c’est pas l’histoire qui est importante, hein ? Ce qui est important c’est de passer à autre chose et d’oublier ce livre très vite !

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Hé ben ça part dans tous les sens cette histoire dites-donc. Un vrai beau bordel mais surtout d’excellentes leçons de communication. Va falloir délayer un peu tout ça histoire de s’y retrouver alors…

Tout ça a commencé avec les propos de Mitterrand et de Koushner (que je n’oublie pas! Aucun risque!) à propos de l’affaire Polanski. Ulcéré par les déclarations de ces deux représentants du peuple j’ai été dans les premiers à exiger la démission de Mitterrand (mais là pour le coup j’avais injustement oublié Koushner, dans mon emportement. Je corrige aujourd’hui: je veux la démission des deux!) et Marine Lepen a saisi la perche et lancé sa pétition pour la démission de Mitterrand (mais pas de Koushner, pourquoi donc? Emportement aussi?). Faisons un premier arrêt sur image. Le FN, depuis 2007, est comateux, moribond, politiquement et médiatiquement. En plus De Villiers a décidé de se rallier à l’UMP, ce qui n’est pas non plus très bon pour les affaires. Ce parti avait donc un besoin vital de revenir sur le devant de la scène et en s’emparant de l’affaire ils ont réussi un fort joli coup. En effet, ils font parler d’eux tout en se donnant une belle image: ils sont du côté de la justice, des victimes, du peuple oppressé face aux puissants. J’aurais tellement préféré que ce soit le PS, le Front de gauche, le NPA, les Verts, le Modem ou même l’UMP qui lance cette pétition… Mais non. C’est le parti contre lequel je me bats et je milite depuis des années. J’ai failli en chialer.

Et ça pose deux problèmes.

1- Les gens sont, de façon très compréhensible, réticents à signer une pétition estampillée FN. On s’est habitués à penser que le FN ne pouvait dire que des conneries voire des horreurs et par instinct, par réflexe, par dégoût on n’a pas envie de cautionner le moindre de leurs agissements, de leurs paroles, de leurs actes. On n’a pas envie de les soutenir, pas envie de s’associer à eux quelle que soit la cause. C’est, à mon sens, une erreur intellectuelle, aussi compréhensible soit-elle, parce que les gens du FN ne disent pas QUE des conneries. On peut être en désaccord, comme je le suis, sur leurs valeurs, leurs idées, leurs programmes, leurs propos mais si Marine Lepen dit « Aujourd’hui il fait beau » ça ne veut pas dire qu’il fait de l’orage. Mais Mitterrand n’a pas raté l’occasion de sortir cet argument tout pourri, disant que c’est un honneur que de se faire attaquer par le FN. Belle façon d’esquiver et de retourner la situation: en procédant ainsi il ne répond pas à la question et se justifie en disant que le FN ne dit de toute façon que de la merde.

2- Très grave erreur de resortir des passages de La Mauvaise vie, le bouquin polémique de Mitterrand… Très grave erreur. Parce que forcément, pourquoi ne pas l’avoir dénoncé plus tôt? Il est sorti en 2005. Et puis c’est tellement plus facile pour Mitterrand de se défendre là-dessus. C’est trop tard, ce n’est que de la littérature, il ne fait pas l’apologie du tourisme sexuel ou de la pédophilie, au contraire, il ne parle pas explicitement de gamins… A cause de ça le débat a été totalement détourné du vrai sujet, c’est le bordel, ça part dans tous les sens… Et évidemment, une fois de plus, Mitterrand inverse les rôles en se faisant passer pour la pauvre victime d’une effroyable machination. Les médias louent son courage de s’être confessé et de faire face à cette abomination. C’est un art pour lequel cet homme est absolument génial: il nous fait passer Polanski qui a plaidé coupable pour la malheureuse victime et maintenant il nous joue encore exactement le même numéro avec lui-même. Un prestidigitateur ce mec! Respect!

Tout ça pour dire que personnellement je m’en fous de son bouquin, ça n’entre pas en ligne de compte, ça ne doit pas y entrer. Les passages cités sont ambiguës et Mitterrand a raison de dire qu’il est un mauvais écrivain et qu’il ne savait pas que le terme « gosse » ou que le terme « éphèbe » pouvait faire penser à des mineurs. Il ne maitrise pas le français, le malheureux et on l’attaque là-dessus, sur ces malancontreuses petites maladresses stylistiques. Par contre, il faut aussi préciser que ça l’arrange aussi financièrement qu’on parle de son bouquin: rien de tel pour faire exploser les ventes!

Idem, mais je vais passer rapidement là-dessus, pour son soutien à deux violeurs. Bien sûr ça ne plaide pas en sa faveur mais dans le cas présent le juge décidera s’il prend en compte son témoignage de moralité ou pas. Bref ça ne m’intéresse pas.

Ce qui m’intéresse c’est son art de la prestidigitation qui me pousse carrément à l’admiration pour lui. J’ai déjà dit qu’il avait réussi par deux fois le tour de force de faire passer un coupable pour une victime mais ça va encore plus loin que ça!

Ca va plus loin car il a également réussi le prodige de transformer la lâcheté en courage. C’est ça l’argument que sortent ses défenseurs depuis quelques jours: « Mais quel courage il a cet homme… » Le courage de s’être confessé, de faire face à ses détracteurs… Mais quel courage? J’ai beau faire un intense effort de concentration je n’en vois absolument aucun. Il passe son temps à se défiler, à détourner les questions… Pour moi un mec courageux c’est un mec qui assume, or il n’assume pas ses propos. Je lui trouverais du courage s’il démissionnait, s’il reconnaissait ses erreurs mais au lieu de ça il fait exactement l’inverse.

Son passage chez Drucker montre soit qu’il n’a décidément rien compris soit qu’il n’en a vraiment rien à foutre. Il nous fait une magnifique émission, évidemment pour redorer son blason déjà bien entamé, et au lieu de faire un mea culpa… il montre qu’il est un être humain, quelqu’un de très cultivé, d’intéressant, il s’affiche aux côtés de Dujardin, l’acteur le plus populaire du moment, accepte avec « modestie » les compliments de D’Ormesson, rit aux vannes de l’humoriste la plus populaire du moment, Roumanoff, qui n’hésite habituellement pas à flinguer tous les politiques… Et évidemment elle l’a flingué, mais gentiment. J’ai eu le sentiment qu’elle était frustrée et blasée de sa prestation, d’ailleurs elle n’a pas pipé un mot après ça, elle s’est assise et n’avait pas l’air franchement épanouie. Mais peut-être que je me trompe.

Pour résumer, il s’est défendu exactement comme il a défendu Polanski: en montrant à quel point il est formidable, cultivé, plein d’amis, humain. Sauf que c’est exactement ce qu’on lui reproche, cette défense évasive! Ce n’est pas parce qu’on est cultivé, qu’on est reconnu, talentueux et qu’on a été un mignon petit enfant qu’on est innocent!

Le problème c’est que ça a l’air de marcher parce que les gens bouffent tout ça sans mâcher. C’est un prestidigitateur, un communicant extrêmement talentueux qui a réussi à se faire passer pour la  courageuse victime d’une odieuse machination… Les gens ont déjà oublié que ce sont ses propos qui sont odieux et qu’il n’est que justice qu’on lui réclame des comptes et sa démission.

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La version 4.0 de La Guerre sainte touche à sa fin. Pour la première fois arrivé à ce stade, je doute. Ça doit s’appeler la maturité.

La version 4.0 est mauvaise, très mauvaise. Il y a de bons passages, de très bons passages même, mais l’ensemble reste décousu, incohérent, mal amené. En bref, c’est clairement du travail bâclé. Néanmoins, les bases me semblent solides. L’histoire générale est bonne. Les personnages sont bons. Le style inconstant, oscillant entre le très bon et le très mauvais.

Il va donc falloir passer à la version 4.1. On reprend tout depuis le début, on bouche les trous, on polit tout ça… Il va donc falloir étoffer mon histoire, rajouter un paquet de chapitres en réfléchissant bien à la cohérence d’ensemble, étoffer et corriger les chapitres déjà existants, faire intervenir un narrateur omniscient… Ça représente encore des mois de travail, de longs mois. Je vais devoir commencer par prendre un peu de recul que tout soit bien clair dans ma tête et puis m’y remettre, en avançant personnage par personnage.

J’espère que tout sera terminé pour le mois de mars et le salon du livre mais j’ai quelques doutes. J’en suis pour le moment à un peu plus de 160 pages mais je pense qu’au final il va facilement doubler de volume. J’ai commencé la rédaction de la 4.0 vers le mois de mars. J’ai donc écrit 160 pages en… 7 mois, et il me reste environ cinq mois pour en écrire à peu près autant. Ça va quand même être super tendu mais après tout ce n’est pas bien grave s’il n’est pas terminé pour le salon du livre.

C’est tout de même traumatisant de se dire qu’au final il ne sera peut-être pas édité…

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Je neeeeeeeeeee suis qu’un fouuuuuuuuuuuuuu, un fouuuuuuuuuuuu d’aaaaaaaaaaaamouuuuuuuuuuuuuur… Voilà la chanson que j’ai dans la tête depuis que j’ai commencé ce bouquin. Et pas la version originale, hein? la version Johnny/Lara Fabian. C’est dire si je suis content d’en finir!

Blague à part, j’appréhendais franchement la littérature russe. Jusque-là, je n’avais lu que La Mouette, de Tchékhov. C’est une excellente pièce de théâtre naturaliste, La Mouette, hein? « Si un jour tu as besoin de mon coeur, viens et prends-le ». J’adore. Mais il m’a fallu un sacré moment pour m’y retrouver dans les personnages, et donc pour l’apprécier. Parce qu’ils n’ont pas des noms comme nous les russes. Y a une logique que je n’ai jamais comprise. Non seulement ils ont des noms difficilement prononçables quand on est habitué à des Jean Dupont mais en plus ils ont l’air d’en avoir plein, des noms, avec des diminutifs qui ne ressemblent pas à des diminutifs… Bref, il faut une initiation aux noms russes pour pouvoir suivre. Et comme je n’en ai jamais eu, j’avais peur.

Néanmoins, l’auteur, que je ne connaissais que de nom et de réputation, s’appelle Nicolas Gogol. Donc, déjà, ça va. Je ne risque pas trop de me taper la honte en le disant ou en l’écrivant. En plus, j’ai trouvé ce bouquin lors d’une brocante (bon plan les brocantes pour faire le plein de bouquins pour po cher) et le vendeur m’avait rassuré en me disant que ce n’était pas du bon gros russe bien lourd mais au contraire un livre plutôt humoristique et… drôle. Les russes peuvent écrire des livres humoristiques et être drôles???? Moi je pensais que l’humour russe se limitait à ça:

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Vous remarquerez que ce mec génial qui fait super bien du judo, qui serre la main comme personne et qui signe sans trembler… n’a visiblement pas l’habitude de sourire. Pour le bien de la Russie, faites un don: envoyez tous vos vieux DVD de Bourvil et De Funès au Kremlin, vous pourriez contribuer à faire du monde un monde meilleur.

Mais revenons à Gogol. J’étais donc rassuré mais sceptique malgré tout. Comme je suis curieux et en plus un ouf, un dingue, j’ai commencé ma série de bouquins par celui-là et… ben en fait c’est vrai que c’est amusant et agréable à lire.

Bon, c’est pas du Bukowski non plus, vous allez pas vous abimer les synus en lisant Le Journal d’un fou mais ça reste un divertissement agréable et intelligent (et plutôt court en plus). Et puis ça fait toujours classe d’avoir lu un auteur russe, justement à cause des préjugés précités.

Au début, quand même, je vous avouerai que je me suis pas senti rassuré en voyant une bonne grosse description d’une rue de saint Pétersbourg. C’est du XIXème siècle quand même et au XIXème sévissait un monstre digne de la mythologie grecque qu’on nomme toujours Balzac! Moi qui suis un grand littéraire et qui adore les difficultés, je n’ai jamais pu finir un Balzac, ou plus précisément: je n’ai jamais pu aller au bout de sa première interminable description. J’ai essayé avec plusieurs de ses bouquins mais non, vraiment, toute cette somme de détails c’est très joli et ça prouve indubitablement le perfectionnisme du bonhomme mais qu’est-ce que ça peut être chiant… Mais justement Gogol en joue: les longues descriptions à la mode semblent l’emmerder autant que nous et il établit une connivence avec son lecteur pour s’en moquer.

Sinon pour le sujet, en gros on peut dire que c’est du fantastique/absurde: l’histoire d’un homme qui perd son nez, d’un tableau maléfique (inspiration du Portrait de Dorian Gray?), d’un fantôme voleur de manteaux… Du grand n’importe quoi qui se passe toujours dans les rues étranges et fantasmatiques de la capitale russe de l’époque: Saint Pétersbourg. Critique de la ville, satyre sociale en plus, tournée à la rigolade… Ben j’aime bien pour finir.

Pas un chef d’oeuvre mais j’apprécie les idées, la tonalité générale, l’ambiance… A lire sans réticences, donc.

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Ca faisait longtemps que je n’avais pas lu de Bukowski. Il faut dire qu’à haute dose, ce n’est pas très conseillé pour la santé mentale. J’étais donc enthousiaste en commençant ce roman, cette autofiction où Bukowski nous raconte sa vie qui se résume à sa consommation d’alcool, de drogues et de femmes…

Ses bouquins sont toujours jouissifs, dotés d’un humour ultra gras franchement irrésistible qui colle bien avec ma propre mentalité. Buk est unique et il a le sens de la citation comme le prouvent ces deux extraits:

« Quand je rencontre un homme qui habite un endroit soigné, je sais qu’il y a quelque chose qui cloche. Et si c’est trop soigné, c’t un pédé. »

« Les écrivains posent un problème. Si ce qu’un écrivain écrit est publié et se vend comme des petits pains, l’écrivain se dit qu’il est génial. Si ce qu’un écrivain écrit est publié et se vend moyennement, l’écrivain se dit qu’il est génial. Si ce qu’un écrivain écrit est publié et se vend très mal, l’écrivain se dit qu’il est génial. Si ce qu’un écrivain écrit n’est jamais publié et qu’il n’a pas assez d’argent pour s’éditer à compte d’auteur, alors il se dit qu’il est vraiment génial. En fait, la vérité est qu’il y a très peu de génie. »

Ce livre renferme donc de nombreux passages franchement jouissifs, drôles, décapants mais en même temps, malgré tout, je dois dire qu’au bout de 250 pages ça commençait à devenir répétitif et lourd. Au début, on a l’effet de surprise, l’enthousiasme et puis au bout d’un moment, Buk commence à vieillir, à s’épuiser. C’est étrange de se dire qu’une vie pareille finit par devenir une routine.

Le défaut majeur, d’après moi, est l’absence d’histoire. C’est totalement linéaire, un enchainement de scènes de vie. Le bouquin finit comme il a commencé.

Quant au style, c’est épuré, sans la moindre emphase, pas un mot plus haut que l’autre. Bien sûr, au début, on l’aime cet écrivain dépressif et alcoolique, mais au bout d’un moment, malgré les éclairs de génie, malgré les passages cultes qui sauvent le bouquin, on finit par se lasser.

Autre défaut: les innombrables coquilles et une traduction qui me semble douteuse, sans avoir lu l’original. Parce que « - Tu as de la merde? – Ouais, je vais en rouler un. » à mon avis, à la place de « merde » il aurait été mieux avisé de laisser « chit ». Pour les coquilles, un nombre incalculable de « l » remplacés par des « t » ou par des « ! ». Au lieu de lire « ma » ou « mon » on lit « ton » ou « ta » et ça casse complètement la lecture, on sort du bouquin; bref extrêmement désagréable!

Heureusement, j’ai appris que le Diable Vauvert allait rééditer les bouquins de Buk. Ouf! Enfin des pros amateurs du travail bien fait pour nous sauver notre poète!

Au final, Women est un livre à lire, pas un chef d’oeuvre, juste de quoi avoir le sourire pendant quelques jours, il reste nettement inférieur aux bouquins de Welsh, qui maitrise bien mieux la littérature et le sujet.

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Propos de Frédéric Mitterrand sur Europe 1.

Monsieur Mitterand aime les artistes. S’il avait été ministre au moment où Bertrand Cantat a tué Marie Trintignant, il aurait peut-être pu lui éviter la prison. Hé ouais c’est un mec comme ça, Mitterand, il a des principes. Pour lui les artistes sont des dieux qui peuvent tout se permettre. Il est donc logique qu’il défende ainsi avec acharnement leur droit à nous baiser, à nous sodomiser, à nous violer en toute impunité.

Enfin, je suis mauvaise langue, comme d’habitude. Non mais c’est vrai on parle quand même de Roman Polanski, là, un mec merveilleux, un immense réalisateur et… d’une pauvre fillette de 13 ans (qui a bien grandi depuis). C’est vrai qu’est-ce qu’ils veulent de plus ces salauds d’américains? Qu’il lui signe un autographe? Non parce que bon c’est quand même un sacré honneur de s’être fait défoncer la chatte par Roman Polanski, non? C’est trop la classe d’aller en cours et de dire « Wouah les keupines vous ne devinerez jamais par qui je me suis faite violemment dépuceler hier! Et puis trop romantique quoi! Il m’a sorti le grand jeu: il m’a drogué et bourré la gueule avant de me bourrer tout court. Un vrai gentleman, le mec! » Ca vaut quand même mieux que de se faire violer par son plombier, hein? Vous choisiriez quoi, vous? On vous laisse le choix entre votre plombier et Roman Polanski, vous choisissez qui?

Et puis merde depuis quand c’est les juges qui décident de qui est coupable et qui est innocent? Non mais dans quel pays on vit, j’vous jure… Hein? Il a plaidé coupable? Mais il a raison d’assumer ce merveilleux cadeau qu’il lui a fait à cette gamine! Comment pourrait-il plaider autrement? Et puis merde c’est vieux comme affaire… D’ailleurs je suis pour qu’on relâche Guy Georges et Francis Heaulmes, y a prescription maintenant. J’ai toujours trouvé ça profondément ridicule les peines de plus de 20 ans de prison, moi, surtout pour viol. C’est quoi un viol? C’est jamais qu’une bonne branlette… avec quelqu’un d’autre. C’est du plaisir qu’on donne à quelqu’un qui est trop con pour le recevoir.

En plus elle lui a pardonné la gamine qui n’en est plus une… Quoi? Pardonner ça veut clairement dire qu’il est bien coupable? Ouais mais ça veut dire que c’est pas grave… C’est pas comme télécharger illégalement, quoi… Ca c’est grave! Je comprends vraiment pas qu’on puisse faire tout un fromage pour un vieux viol alors que tous les jours ces salauds de gamins qui ne demandent que ça de se faire violer continuent à télécharger des films et des musiques illégalement! Ce sont eux les vrais criminels!

Retour au mode sérieux. Vous l’entendez Mitterrand? Vous l’entendez bien? Ca ne vous choque pas, vous, ce qu’il dit? Il parle de Polanski comme il DEVRAIT parler de sa victime. Un être humain tiendrait le même discours en inversant simplement les deux. Mais lui, non, il nous présente le coupable avéré comme la victime. Et la victime de viol? Il s’en branle, pas un mot. « Je suis très ému en en parlant car je trouve qu’il s’agit d’une chose épouvantable et totalement injuste. » Il parle du viol, là? Non, il parle de la justice et donc par extension du fait qu’une fillette puisse porter plainte pour viol contre un artiste comme Roman Polanski. Celui-ci, coupable de viol donc puisque c’est ce qu’il a plaidé à son procès, est un « homme merveilleux ». Le viol? « Une histoire qui n’a pas vraiment de sens ». Oui, oui c’est comme ça qu’il qualifie un viol (et pédophile avec ça). C’est « épouvantable » de voir un artiste être jugé. Il y a une « Amérique qui fait peur », celle qui juge avec acharnement les violeurs. Ca nous donne quand même une belle image de la justice dans notre pays, non? Et il conclue en invitant tous les français à « soutenir Polanski dans cette épreuve »…

Toutes les victimes de viol, dont je fais partie, apprécieront votre discours et votre profonde humanité.

Alors, monsieur Mitterrand, je vous le dis, vous ne parlez pas en mon nom. Si les français vous écoutent et vous suivent, je déchirerai ma carte d’identité française et je m’exilerai à la première occasion. Pour moi, vous avez perdu non seulement toute crédibilité pour « défendre les artistes », on sait maintenant contre quoi, contre qui vous les « défendez », mais vous avez perdu beaucoup plus encore. Vous avez également perdu votre statut de représentant du peuple et des artistes, dont je fais également partie. Je refuse que vous parliez en mon nom, je refuse d’être « défendu » par vous mais j’exige votre démission. Je peux supporter une politique de droite, je peux supporter une politique libérale, je ne peux supporter de tels propos, je ne peux supporter une telle image, je ne peux supporter un tel porte-parole.

Monsieur Mitterrand, vous avez perdu encore bien plus que ça: vous avez perdu votre humanité dans ce discours.

Je vous souhaite donc des nuits emplies de cauchemars, parce qu’étant moi-même encore humain, je ne peux vous souhaiter de subir la même chose que cette femme, que cette fillette de 13 ans, même perpétré par un homme aussi « merveilleux » que monsieur Polanski.

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Bon ben ça y est, je suis dingue, c’est officiel ! Désormais je parle à mon ordinateur. Déjà que j’avais fait de cet engin de torture mon métier, devenant ainsi le véritable gourou d’une sorte de secte voilà que désormais je parle à un objet inanimé.

Si on avait placé une caméra sur moi tout à l’heure, on aurait vu un type en train d’apprendre à son ordinateur à parler son propre langage c’est-à-dire que pendant de longues minutes il a fallu que je lui explique les mots qu’il ne connaissait pas comme bite, couille, *******, enculer, merde, ******… Personnellement ça m’a fait du bien. Ben oui vous n’imaginez pas à quel point ça peut soulager de dire autant d’injures en seulement quelques minutes! Mais tout cela était nécessaire pour rendre le logiciel opérationnel.

À la base, je m’attendais au pire. J’avais déjà fait l’expérience d’un logiciel de reconnaissance vocale il y a quelques années et le résultat était franchement pitoyable. Tout ce que je disais était transformé à la façon Gad Elmaleh (comme les pieds de Damoclès, par exemple). Mais là je dois dire qu’avec quelques heures d’apprentissage pour moi et pour lui, le résultat est assez bluffant. Pour preuve cet article réalisé pratiquement sans les mains. Si le fil avait été plus long ou carrément absent, j’aurais pu me claquer dans mon lit et rédigé cet article tout en faisant autre chose avec mes mains… En plus, plus on se sert du logiciel et plus il s’améliore. Donc là force est de constater que d’ici quelques semaines, une fois que moi-même je me serais bien habitué avec les commandes, ça risque d’être franchement impressionnant ! D’autant que le logiciel peut apprendre votre style et votre vocabulaire en étudiant vos textes ou vos mails.

Autre avantage, le logiciel ne prend pas seulement en charge les traitements de texte mais également la messagerie instantanée, les tableurs, Internet, e-mail etc. etc. La seule question que je me pose à l’heure actuelle est de savoir si ce logiciel peut être pratique pour écrire un roman ou une pièce de théâtre. Si tel est le cas il est probable que je gagne grâce à ça un temps assez faramineux. En attendant il est clair que je gagne du temps à la rédaction de cet article, ça risque d’être pratique également pour recopier des passages manuscrits sur ordinateur, mais surtout il m’est désormais possible de discuter sur MSN tout en regardant un film porno… en ayant les mains libres ! ! ! Mais quel bonheur ! ! !

En résumé, Dragon NaturallySpeaking 10, en plus d’être diablement efficace, est vraiment un truc de branleur, et j’adore ça ! ! !

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Le point Sander

Divers septembre 22nd, 2009

Point Sanders parodie par vous

Avant même qu’elle n’existe, Marcel Pagnol l’avait faite. C’est même le grand Fernandel qui l’avait incarnée. Ca s’appellait Le Schpountz et c’était bien avant le fléau de la téléréalité.

C’est dire s’il ne date pas d’hier ce phénomène, c’est dire si elle est originale la petite Cindy. Mais il continue de s’accroitre et ça commence à devenir inquiètant (et irritant aussi!). C’est ainsi qu’on a eu droit il y a quelques temps à Amandine, la rappeuse du 38:

C’est à se demander s’ils ne font pas des… « trucs » tout pourris exprès pour qu’on parle d’eux, quitte à ce que la Terre entière se foute de leurs gueules. Au moins, ils existent! Parce qu’aujourd’hui, de plus en plus, on n’existe réellement que lorsqu’on est médiatisé. C’est ça, en particulier, qui est inquiétant. Notre société en est arrivée au point où les images, toutes virtuelles, toutes photoshopées, toutes biaisées, ces illusions finalement passent pour « plus réelles » que la réalité.

Il faut dire que les médias, comme je passe mon temps à le répéter sur ce blog et ailleurs, ont pour mot d’ordre seul et unique: la frustration! Il faut frustrer la Terre entière parce qu’un individu frustré est un consommateur forcené, accro au produit. Frustrer c’est faire du bénéfice, de l’audimat, remporter des parts de marché. Et la concurence en terme de frustration est très, très rude. Il faut à tout prix que ces vils consommateurs que nous sommes croient que le bonheur est à portée de leur main. Et Hermès créa la téléréalité…

C’est génial de perversité la téléréalité. On prend un quidam, humain, relativement normal, si possible avec plein de défauts qu’on soulignera au maximum, un humain auquel tout le monde pourra s’identifier d’une façon ou d’une autre et on en fait une star. Ainsi, tous ceux qui se seront identifiés à cet être humain croiront qu’eux aussi ils peuvent devenir des stars. Le bonheur à portée de main…

D’autant que maintenant il y a Youtube, Dailymotion, les blogs, les réseaux sociaux… Tout un tas d’outils qui permettent de s’exhiber, de se prostituer avec une possibilité d’audience pratiquement sans limite. Oui, aujourd’hui, on peut devenir une célébrité du jour au lendemain. Sauf que si tu n’as pas le talent véritable qui va avec, s’il n’y a pas un long cheminement, un long entrainement, une longue préparation derrière, ça risque de tourner court, de ne donner qu’une étoile filante, ça risque d’engendrer une ****** de dépression nerveuse parce que la médiatisation il faut l’encaisser, l’argent il faut savoir le gérer, être capable d’encaisser des critiques acerbes, des attaques ignobles, et puis ça peut donner un désastre total, comme Amandine, comme Cindy Sander: on devra garder toute sa vie une étiquette de bouffon, de raté. On aura été la risée de la Terre entière, et ça, c’est hard!

Vous me direz « Oui mais Cindy Sander elle a des fans, des gens qui la soutiennent… ». Et je vous répondrai que ce n’est que partiellement exact. Cindy Sander, comme Amandine, comme les autres, a effectivement des gens qui la soutiennent. Mais dans la plupart des cas, ce n’est pas la personne qu’ils soutiennent mais… eux-même. Parce que ces gens ont envie d’y croire, parce qu’ils se disent qu’eux aussi pourraient être à sa place, parce que si elle y arrive alors pourquoi pas eux? Hé oui pourquoi pas? Comme ça tout le monde deviendrait une star et… il n’y aurait simplement plus de star. Déjà que ce statut continue de s’en prendre plein la poire et ne veut déjà plus dire grand chose… Il suffit de voir Paris Hilton, qui est une star, et qui n’a pourtant à ma connaissance aucun talent dans quoi que ce soit, hormis sans doute dans la com. Perso, je suis pas contre mais je doute que ça fonctionne. Ces faux fans sont aussi bien souvent des « petites mamans », qui n’admirent pas mais qui prennent en pitié. Moi-même, je dois dire que je suis très partagé entre l’envie de les tarter et la pitié, parce que c’est monstrueux ce qui leur arrive. D’un autre côté ils me font souvent bien marrer. De l’illusion, donc, toujours et encore mais une illusion qui malheureusement pour eux les conforte dans leur délire. De toute façon, devenus célèbres, ils n’ont plus le choix: soit ces  largement minoritaires fans en carton ont raison soit ce sont vraiment des loosers (à ne pas confondre avec « losers » hein? Le loser est un perdant, le looser est quelqu’un qui se tape la honte, nuance!).

Mais encore tout ça n’est que la partie émergée de l’iceberg…

Parce qu’au cours de mon boulot, je me rends compte d’une chose qui me semble terrible. Les jeunes ont Internet et MSN. Sur MSN ils ont un nombre incroyable de contacts… qu’ils ne connaissent pas! Ils font une compétition internationale à celui qui aura le plus de contacts. Ils s’en foutent de savoir que dans leurs contacts il y a des pédophiles, des cons, des racistes, des mecs de droite du moment que leur liste s’étende à l’infini. De la même façon, ils ont des blogs, tous et ils veulent avoir le plus de commentaires possibles… même si les commentaires en question n’ont absolument aucun intérêt (genre: « slt! », ça leur suffit largement), plus ils en ont plus ils sont des stars… Et Facebook? Idem, il faut avoir le plus de contacts, le plus d’adhérents à son groupe de merde et être l’ami des stars pour pouvoir mettre en « message perso » sur MSN « G sui ami ak Barac Obama tro la clace lol »

On peut se préparer à une invasion des Cindy Sander si ça continue!

Mais le plus énervant, pour moi, ça reste sur les forums. Je participe à plusieurs forums littéraires et c’est là que j’ai eu l’idée de créer le Point Sander. Parce que pratiquement toutes les semaines il y a un type ou une fille qui débarque, fait son rebelle, se prend pour le nombril du monde. Et c’est insupportable autant que pathétique… Un type qui poste ses textes (tout pourris, toujours. Forcément: s’ils n’étaient pas pourris ils ne se sentiraient pas obligés de compenser par leur « personnalité » grotesque, ils n’auraient même pas besoin de venir sur des forums pour obtenir des critiques.) et quand on fait ce pour quoi le texte est là, c’est à dire une critique, tout de suite le type s’enflamme et parfois va jusqu’à dire que ses critiques sont des « mauvais lecteurs » ou autre « mais t’es qui pour me critiquer? » ou alors ils justifient leurs erreurs mais bon on ne peut pas comprendre c’est trop compliqué pour nous, c’est pas de notre niveau… Là je peux vous dire que l’invasion a largement commencé!

Au début, je m’énervais, vainement, contre ces gens qui n’ont pas de cerveau. C’était stupide de ma part. On ne peut pas discuter, argumenter avec un abruti qui se prend pour dieu, quelqu’un qui est persuadé que seules les critiques positives et admiratives sont justifiées et que le reste n’est que connerie humaine et… jalousie (comble de l’ironie…). Et puis on dit ça parce qu’on n’aime pas leur personnalité, hein? Ce n’est pas le texte qu’on juge. Franchement effarant…

Par la suite, j’ai tâché de les ignorer. Après tout, ce qu’ils veulent c’est de l’attention, comme tous ces gamins avec leurs blogs et MSN qui veulent des contacts et des commentaires, eux veulent des réactions: les négatives ils considèrent que c’est de la jalousie et les positives, évidemment, c’est tout bénef. Plus on les attaque, plus leur excitation augmente. Ils se sentent exister, on leur accorde de l’importance alors qu’ils n’en ont clairement pas.

Désormais, je me contenterai de leur attribuer un point Sander et rien d’autre. Le point Sander est bien évidemment inspiré du point Godwin: « La loi de Godwin est un adage, partie du folklore Usenet, énoncé en 1990 par Mike Godwin : « Plus une discussion sur Usenet dure longtemps, plus la probabilité d’y trouver une comparaison impliquant les nazis ou Hitler s’approche de 1. » Dans un débat, atteindre le point Godwin revient à signifier à son interlocuteur qu’il vient de se discréditer en vérifiant la loi de Godwin. » (Source Wikipédia).

Si tout le monde pouvait faire pareil, sur les forums, les blogs, MSN, Youtube et Dailymotion (entre autres) je pense que le monde aurait des chances de se débarrasser de ce fléau, et que ces gens-là pourraient enfin reposer leurs pieds sur Terre, et sans doute beaucoup moins souffrir…

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C’est incroyable le nombre de gens qui sont anarchistes… sans le savoir. A commencer par moi. La première leçon qu’on doit retenir de ce livre, c’est ça. On y apprend d’emblée que le pouvoir en place ne cesse de faire campagne, avec un énorme succès, pour que le peuple associe le mot « anarchie » au mot « chaos ». Et c’est vrai! Avant de lire ce livre je considérais l’anarchie comme une phase de transition difficile, chaotique voire souvent sanglante entre deux régimes. J’associais l’anarchie avec le punk, violent, alcoolique, drogué. J’associais l’anarchie avec une certaine forme de terrorisme, j’associais l’anarchie à la fainéantise. En bref, pour moi, être anarchiste supposait être terriblement con ou traumatisé.

Et puis je me suis intéressé à Noam Chomsky, et puis à Normand Baillargeon. Et j’ai été clairement interloqué. Plus je lisais, plus je m’intéressais à ces deux personnes et plus il m’apparaissait évident qu’ils étaient à des années lumières de tous ces clichés. Le Petit Cours d’autodéfense intellectuelle de Baillargeon, par exemple, démontre clairement que ce dernier est quelqu’un d’intelligent, de rationnel et forcément qui ne se laisse pas abuser. Donc quelque chose ne cadrait pas. J’étais manifestement dans l’erreur quelque part, et je devais savoir où.

C’est dans cette optique que je me suis acheté ce livre, et je ne suis pas déçu du voyage.

Que peut-on en retenir?

D’abord, comme je l’ai dit, qu’il ne faut pas se fier aux médias (ça je le savais depuis un moment) ni même aux dictionnaires… Hé oui, cette référence absolue qu’est le dictionnaire est contaminée par les clichés véhiculés par le pouvoir. Ce n’est probablement pas une volonté délibérée, c’est juste que pour le commun des mortels anarchie=chaos. C’est passé dans le langage courant et on a tous utilisé ce terme pour désigner un bordel, sans avoir conscience de l’erreur qu’on commettait. Hé oui car il est chargé, malgré lui, très, très négativement ce mot. Il est tellement chargé que les anarchistes d’aujourd’hui préfèrent utiliser le terme « libertaire » pour se désigner.

La conséquence de ça c’est qu’aujourd’hui, comme je l’ai dit au tout début, beaucoup de gens ignorent qu’ils sont anarchistes parce qu’ils ignorent ce que signifie réellement ce mot et qu’ils n’ont aucune envie de se coller une étiquette pareille. C’est un très joli coup de la part du pouvoir puisque cette ignorance nous empêche de nous rassembler, d’en discuter, de mener des actions conjointes. Mais ça ne va pas durer. Nous vivons une époque très particulière, une époque charnière dans laquelle je vois, tous les jours, des signes encourageants. D’un côté on a une perte de confiance manifeste envers le pouvoir qui a tout de même trouvé la parade en brandissant le fléau du Front National… Si vous ne votez pas, bande d’anarchistes!, vous allez vous retrouver avec Lepen comme président! C’est ça que vous voulez hein? Bah en même temps pourquoi pas? Ca nous donnerait une excellente excuse pour renverser un pouvoir devenu illégitime et immoral. M’enfin je préférerais largement que cela se passe autrement: beaucoup trop de sang versé dans cette perspective et j’aime pas trop ça, moi, le sang. Dans les signes encourageants, on peut aussi noter le courant alter-mondialiste qui prend de plus en plus d’ampleur, la nécessité écologique qui suppose de stopper net la « logique » de surconsommation et puis, plus largement, les innombrables contradictions et paradoxes que je ne cesse de montrer du doigt sur ce blog, les semblants de démocraties incarnés par le PS ici en France qui parle toujours de la beauté de la démocratie et qui élit son premier secrétaire en trichant en sachant que la gagnante a simplement mieux tricher que la seconde, qui du coup voulait refaire l’élection pour mieux tricher ce coup-ci ou par le traité de Lisbonne, magnifique celui-là: on nous le propose une première fois, on dit « non merci », on nous le repropose en version abrégée (mais c’est exactement le même avec juste moins de baratin), on est bien obligés de l’accepter vu qu’on nous a pas donné le choix, les irlandais le refusent, on attend un peu et on leur repropose, sous-entendant ainsi qu’ils avaient mal voté et qu’ils sont sans doute moins cons aujourd’hui qu’hier… La démocratie est un leurre et on s’en rend de plus en plus compte, on ne peut que s’en rendre compte…

L’anarchie apparait donc comme une alternative à ce capitalisme que même les plus convaincus ont bien du mal à défendre et à un pouvoir qui, finalement, revient toujours aux mêmes. Une alternative nettement plus convaincante que les autres: le totalitarisme, personne n’en veut plus et c’est pas dommage et le communisme ça n’a jamais été qu’une dictature dont on ne veut plus non plus.

Restent néanmoins des questions que je me posais d’emblée: comment un non-état pourrait-il survivre sans pouvoir? La réponse est donnée clairement dans ce livre: il ne le peut pas! L’anarchie n’est pas contre TOUS les pouvoirs, ce serait absurde, mais l’anarchie s’inscrit dans la logique des Lumières en s’interrogeant sur la légitimité des différents types de pouvoir. Il me semble évident qu’un enfant a besoin du pouvoir de ses parents pour grandir et simplement survivre, il semble évident qu’une police est nécessaire pour traquer et trouver les psychopathes et autres égoïstes, il semble évident que l’armée est nécessaire pour protéger des pouvoirs extérieurs…

Autre question: sans contrainte comment des travailleurs pourraient-ils être productifs? Hé bien en réalité, ils le sont bien plus quand ils ne sont pas contraints parce qu’ils savent pourquoi ils vont bosser: pour eux-même et pour leurs camarades. Dans une anarchie, on travaille parce qu’il faut bien se procurer de quoi vivre et aussi par solidarité.

La seule question qui demeure après avoir lu ce bouquin reste la question de la faisabilité et de la viabilité. Parce qu’effectivement les concepts de liberté, d’égalité et de fraternité propres à l’anarchie (et non pas à la démocratie: vous vous sentez vraiment libres, égaux et solidaires, vous?) ont de nombreux et puissants ennemis. Si jamais un pays devenait anarchiste, il se passerait la même chose qu’à la Révolution française: les Etats voisins auraient peur que l’anarchie ne vienne chez eux et viendraient donc en renfort, manu militari, pour remettre nos élites au pouvoir, les grands patrons, les actionnaires ne pourraient supporter ça non plus parce qu’on s’en prendrait à la fois à leur marché et à leurs privilèges, les religions s’enflammeraient de cette hérésie qui prône l’égalité et le rationalisme… D’un autre côté, la démocratie a fini par gagner, avec énormément de sang répandu sur son drapeau. Est-ce aussi l’avenir de l’anarchie?

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