L'école RECRééS

Politique novembre 9th, 2009

Une fois n’est pas coutume: je me permet de faire un copier-coller afin de présenter à mes lecteurs une école associative qui marche et qui mérite largement qu’on s’attarde à son modèle pour éventuellement le généraliser.

Le lien se trouve à cette adresse.


Historique rapide : L’école RECRééS, école associative, agréée par l’éducation nationale, existe depuis septembre 2005. Nous vivons donc notre 5ème année scolaire. L’école a démarré avec 3 enfants pour atteindre un effectif actuel de 23 enfants. Des 2 pédagogues bénévoles au départ, l’équipe s’est enrichie et comporte aujourd’hui 3 pédagogues salariés, aidés d’une assistante pédagogique depuis début janvier 2009. Située au départ sur la commune de Mirabeau (84), l’école a également changé de lieu en début d’année scolaire ; elle est maintenant implantée à Grambois (84) sur le lieu de la colonie PTT.
C’est une école associative. Pour favoriser la dimension de coopération et d’échange, cette association est gérée par un collectif. Les parents font partie du collectif et sont donc impliqués complètement dans la vie de l’école. Ils gèrent et animent des commissions qui permettent à l’école et à l’association de fonctionner. L’association soutient le projet de l’école RECRééS qui a pour but de développer une pédagogie respectueuse du développement de l’enfant.

Pédagogies : MONTESSORI – FREINET

Les pédagogies utilisées sont basées sur les pédagogies Montessori et Freinet ;
pédagogies qui construisent l’individu et sa place au sein du groupe, et qui
s’inscrivent dans les rythmes du développement des enfants, tout en respectant les
programmes scolaires.

La pédagogie Montessori met l’accent sur l’autonomie de l’enfant et sur un
apprentissage par l’absorption au travers des sens et du corps grâce à un matériel
concret et ludique. Les enfants travaillent de manière individuelle, à leur rythme
et sans esprit de compétition.

La pédagogie Freinet développe la coopération, l’autonomie, le travail en groupe et
la créativité. Pour cela, elle utilise de nombreux outils tels que : la classe
unique, les conseils de coopération de classe et d’école, les ateliers collectifs,
le journal, la correspondance,…

Cette école utilise au maximum les techniques de coopération et de communication non
violente et ne met pas les enfants en compétition. Elle a pour but d’aider les
enfants à être autonomes, responsables, solidaires et créatifs tout en respectant le
programme de l’éducation nationale. Une grande place est accordée à la créativité et
à l’éducation à l’environnement.

Accueil d’enfants en difficultés

L’école permet à travers un programme spécifique à chaque enfant d’intégrer des
enfants en grande difficultés scolaires ou atteints de troubles neurologiques
(dyslexie, dyspraxie, dysphasie, dysgraphie, autisme léger, …) au sein d’un
groupe. Pour cela, elle utilise aussi l’environnement naturel (parc de 12 hectares).

Aspect solidaire, volonté d’être accessible financièrement

Cette école a également un aspect solidaire car le montant des scolarités est
fonction des revenus des parents. Cela permet de pouvoir réserver des places pour
des enfants dont les parents ne pourraient pas payer une scolarité dans une école privée hors contrat.

Tags: , , , , , ,

http://www.images-chapitre.com/ima2/original/681/48681_2651543.jpg

J’avais déjà lu La Condition humaine et La Voie royale. J’aime bien Malraux mais je ne sais pas très bien pourquoi. Peut-être simplement parce qu’il s’agit d’un bon écrivain et qu’il ne faut pas chercher plus loin.

J’ai acheté L’Espoir également parce que ça parle de la guerre d’Espagne et que j’avais envie d’en savoir plus. L’éducation nationale n’en parle pas de cette guerre, étrangement. On nous dit juste qu’elle a existé, que Franco était un affreux méchant, même pas qu’il était fasciste et c’est tout. On nous parle des Etats-Unis, de la Russie, de L’allemagne mais de l’Espagne pratiquement pas. C’est ptête parce que notre rôle là-dedans à nous français n’est pas particulièrement reluisant puisqu’on a laissé Franco massacrer communistes, anarchistes, socialistes et républicains divers sans lever le petit doigt, pour ne pas effaroucher Hitler et Mussolini. Moralement et humainement c’était moche, et stratégiquement c’était d’une connerie pas possible: on connait les conséquences au moins!

Malraux nous raconte donc avec force détails cette guerre fratricide, ce sordide bordel qui a permis de tester les tanks et avions italiens et allemands. Il nous le raconte du côté des gentils, ce que je trouve dommage. Il aurait été intéressant de voir également ce conflit de l’autre côté du canon parce que du coup même s’il ne sombre pas complètement dans le manichéisme, il s’en rapproche tout de même un peu trop à mon goût.

Autre défaut également présent dans La Condition humaine: c’est dur dur de comprendre. C’est à la fois un défaut et une qualité parce que ça force un peu à se renseigner, à chercher sur Internet ce que c’est qu’un Alcazar, le C.N.T et autres petites choses qui vont de soi pour notre ancien ministre de la culture mais pas forcément pour moi. Idem pour les dialogues où il faut s’accrocher. C’est tantôt profond et très intellectuel, tantôt de l’insulte de bas étage mais la plupart du temps très difficilement compréhensible, un peu comme si les personnages se parlaient à eux-même. Pour bien faire, il aurait fallu une encyclopédie et des cartes de l’Espagne à l’époque. Mais peut-on vraiment reprocher à Malraux d’étaler sa culture sans prendre ses lecteurs pour des cons? Moi je dis non: c’est ma faute à moi, j’aurais du arrêter l’école plus tôt!

Et puis de toute façon c’est la guerre et le bordel, on ne sait plus qui est méchant et qui est gentil et il y a adéquation entre le livre et ce qu’il décrit. Dans le fond, le lecteur se retrouve plongé dans un conflit sanguinaire où personne ne comprend plus rien à rien en se raccrochant à la seule chose qui reste: l’espoir!

Le style de Malraux est agréable, les combats et bombardements bien retranscrits donc malgré tout cela reste un excellent livre, agréable à lire et permettant de se cultiver. Que demande le peuple?

Tags: , , , , , , , , , , , , , ,

http://www.mollat.com/cache/Couvertures/9782748900972.jpg

C’est incroyable le nombre de gens qui sont anarchistes… sans le savoir. A commencer par moi. La première leçon qu’on doit retenir de ce livre, c’est ça. On y apprend d’emblée que le pouvoir en place ne cesse de faire campagne, avec un énorme succès, pour que le peuple associe le mot « anarchie » au mot « chaos ». Et c’est vrai! Avant de lire ce livre je considérais l’anarchie comme une phase de transition difficile, chaotique voire souvent sanglante entre deux régimes. J’associais l’anarchie avec le punk, violent, alcoolique, drogué. J’associais l’anarchie avec une certaine forme de terrorisme, j’associais l’anarchie à la fainéantise. En bref, pour moi, être anarchiste supposait être terriblement con ou traumatisé.

Et puis je me suis intéressé à Noam Chomsky, et puis à Normand Baillargeon. Et j’ai été clairement interloqué. Plus je lisais, plus je m’intéressais à ces deux personnes et plus il m’apparaissait évident qu’ils étaient à des années lumières de tous ces clichés. Le Petit Cours d’autodéfense intellectuelle de Baillargeon, par exemple, démontre clairement que ce dernier est quelqu’un d’intelligent, de rationnel et forcément qui ne se laisse pas abuser. Donc quelque chose ne cadrait pas. J’étais manifestement dans l’erreur quelque part, et je devais savoir où.

C’est dans cette optique que je me suis acheté ce livre, et je ne suis pas déçu du voyage.

Que peut-on en retenir?

D’abord, comme je l’ai dit, qu’il ne faut pas se fier aux médias (ça je le savais depuis un moment) ni même aux dictionnaires… Hé oui, cette référence absolue qu’est le dictionnaire est contaminée par les clichés véhiculés par le pouvoir. Ce n’est probablement pas une volonté délibérée, c’est juste que pour le commun des mortels anarchie=chaos. C’est passé dans le langage courant et on a tous utilisé ce terme pour désigner un bordel, sans avoir conscience de l’erreur qu’on commettait. Hé oui car il est chargé, malgré lui, très, très négativement ce mot. Il est tellement chargé que les anarchistes d’aujourd’hui préfèrent utiliser le terme « libertaire » pour se désigner.

La conséquence de ça c’est qu’aujourd’hui, comme je l’ai dit au tout début, beaucoup de gens ignorent qu’ils sont anarchistes parce qu’ils ignorent ce que signifie réellement ce mot et qu’ils n’ont aucune envie de se coller une étiquette pareille. C’est un très joli coup de la part du pouvoir puisque cette ignorance nous empêche de nous rassembler, d’en discuter, de mener des actions conjointes. Mais ça ne va pas durer. Nous vivons une époque très particulière, une époque charnière dans laquelle je vois, tous les jours, des signes encourageants. D’un côté on a une perte de confiance manifeste envers le pouvoir qui a tout de même trouvé la parade en brandissant le fléau du Front National… Si vous ne votez pas, bande d’anarchistes!, vous allez vous retrouver avec Lepen comme président! C’est ça que vous voulez hein? Bah en même temps pourquoi pas? Ca nous donnerait une excellente excuse pour renverser un pouvoir devenu illégitime et immoral. M’enfin je préférerais largement que cela se passe autrement: beaucoup trop de sang versé dans cette perspective et j’aime pas trop ça, moi, le sang. Dans les signes encourageants, on peut aussi noter le courant alter-mondialiste qui prend de plus en plus d’ampleur, la nécessité écologique qui suppose de stopper net la « logique » de surconsommation et puis, plus largement, les innombrables contradictions et paradoxes que je ne cesse de montrer du doigt sur ce blog, les semblants de démocraties incarnés par le PS ici en France qui parle toujours de la beauté de la démocratie et qui élit son premier secrétaire en trichant en sachant que la gagnante a simplement mieux tricher que la seconde, qui du coup voulait refaire l’élection pour mieux tricher ce coup-ci ou par le traité de Lisbonne, magnifique celui-là: on nous le propose une première fois, on dit « non merci », on nous le repropose en version abrégée (mais c’est exactement le même avec juste moins de baratin), on est bien obligés de l’accepter vu qu’on nous a pas donné le choix, les irlandais le refusent, on attend un peu et on leur repropose, sous-entendant ainsi qu’ils avaient mal voté et qu’ils sont sans doute moins cons aujourd’hui qu’hier… La démocratie est un leurre et on s’en rend de plus en plus compte, on ne peut que s’en rendre compte…

L’anarchie apparait donc comme une alternative à ce capitalisme que même les plus convaincus ont bien du mal à défendre et à un pouvoir qui, finalement, revient toujours aux mêmes. Une alternative nettement plus convaincante que les autres: le totalitarisme, personne n’en veut plus et c’est pas dommage et le communisme ça n’a jamais été qu’une dictature dont on ne veut plus non plus.

Restent néanmoins des questions que je me posais d’emblée: comment un non-état pourrait-il survivre sans pouvoir? La réponse est donnée clairement dans ce livre: il ne le peut pas! L’anarchie n’est pas contre TOUS les pouvoirs, ce serait absurde, mais l’anarchie s’inscrit dans la logique des Lumières en s’interrogeant sur la légitimité des différents types de pouvoir. Il me semble évident qu’un enfant a besoin du pouvoir de ses parents pour grandir et simplement survivre, il semble évident qu’une police est nécessaire pour traquer et trouver les psychopathes et autres égoïstes, il semble évident que l’armée est nécessaire pour protéger des pouvoirs extérieurs…

Autre question: sans contrainte comment des travailleurs pourraient-ils être productifs? Hé bien en réalité, ils le sont bien plus quand ils ne sont pas contraints parce qu’ils savent pourquoi ils vont bosser: pour eux-même et pour leurs camarades. Dans une anarchie, on travaille parce qu’il faut bien se procurer de quoi vivre et aussi par solidarité.

La seule question qui demeure après avoir lu ce bouquin reste la question de la faisabilité et de la viabilité. Parce qu’effectivement les concepts de liberté, d’égalité et de fraternité propres à l’anarchie (et non pas à la démocratie: vous vous sentez vraiment libres, égaux et solidaires, vous?) ont de nombreux et puissants ennemis. Si jamais un pays devenait anarchiste, il se passerait la même chose qu’à la Révolution française: les Etats voisins auraient peur que l’anarchie ne vienne chez eux et viendraient donc en renfort, manu militari, pour remettre nos élites au pouvoir, les grands patrons, les actionnaires ne pourraient supporter ça non plus parce qu’on s’en prendrait à la fois à leur marché et à leurs privilèges, les religions s’enflammeraient de cette hérésie qui prône l’égalité et le rationalisme… D’un autre côté, la démocratie a fini par gagner, avec énormément de sang répandu sur son drapeau. Est-ce aussi l’avenir de l’anarchie?

Tags: , , , , , , , , , , ,