Pookeo, la critique
Divers novembre 23rd, 2009

Attention terrain glissant! Il y a visiblement beaucoup de mécontents qui n’hésitent pas à le dire et les créateurs de Pookeo m’ont l’air assez sur le nerfs donc je prends des risques avec cet article!
Mais c’est pas grave, moi pas peur!
Ca fait déjà quelques années que j’erre sur la blogosphère et j’ai eu l’occasion d’essayer quelques plateformes de blog.
J’ai commencé par Skyblog avant de me rendre compte que la large majorité des utilisateurs étaient des kikoolol beaucoup moins âgés que moi et que les outils proposés étaient vraiment très limités. Alors je suis passé par Bloguez.com et j’y ai trouvé mon compte. Une petite infidélité malgré tout, sur la fin, pour essayer Overblog, mais ça n’aura duré que quelques semaines. Je n’étais pas convaincu et je persistais à préférer Bloguez.
Alors pourquoi avoir choisi de faire migrer mon blog vers Pookeo, me demanderez-vous? Mais je vous l’ai dit: j’aime prendre des risques! Et puis les concepteurs de Bloguez nous présentaient ça comme une nouvelle évolution, avec fierté et conviction. C’est sans doute pour cette raison qu’une invitation à faire migrer son blog apparaissait sur les pages d’administration, prenant de plus en plus de place. Je me suis donc dit logiquement que Bloguez appartenait déjà au passé (au moins pour ses concepteurs) et qu’il fallait suivre le mouvement sous peine de se retrouver avec une plateforme de blogs qui vivote et n’innove plus.
C’était particulièrement risqué dans la mesure où il était précisé qu’une fois la migration effectuée, on ne pouvait plus revenir en arrière, risqué parce qu’après avoir bien cherché je n’ai trouvé aucun test, aucune évaluation sérieuse du site, risqué parce que la page d’accueil de Pookeo n’est pas très explicite, avec juste une petite bannière qui nous dit comment c’est trop bien et quelques maigres arguments en faveur de Pookeo. Bref, c’est risqué parce que c’est plus que tout nouveau: c’est une version bêta.
Hé ben je l’ai fait quand même!
Je comprends qu’il soit énervant et frustrant de voir des mois de travail et de passion ainsi dénigrés par pas mal de gens, mais il fallait s’y attendre. Déjà, à la base, dans ce genre de cas, il y a toujours des gens très contents qui s’empressent de prendre la défense des malheureux attaqués, des gens pas contents du tout qui profitent d’être planqués derrière leurs écrans pour cracher leur nostalgie de l’ancien temps et les autres qui ne disent rien. Ca s’appelle un accouchement.
Peut-être qu’avec une meilleure communication, plus d’infos, le phénomène aurait pu être moins fort, moins violent mais le phénomène se serait produit malgré tout. C’est comme ça et ça va passer.
Ceci étant dit, passons à la critique de Pookeo!
Première impression en arrivant sur la page d’administration: « Wahou c’est cool y a plein de trucs et de machins partout… je comprends rien, je suis paumé!!!! ». Là aussi, c’est normal. L’inverse aurait été nettement plus inquiétant puisque ça aurait voulu dire que tout a été simplifié et donc ça n’aurait pas été une évolution. Après quelques jours, j’ai à peu près retrouvé mes repères et je m’en sors plutôt pas mal (ce magnifique article en est la preuve flagrante, non?).
Première étape: choisir le thème du blog (thème graphique j’entends, hein?). Ca a été compliqué parce qu’il y en a plein. Autant sur Bloguez il n’y en avait pas des masses et ils étaient pour la plupart franchement pas terribles, autant là, comme on dit par chez moi, ils se sont pas foutus de notre gueule! Je ne sais pas combien il y en a mais on a largement le choix (ce qui va éviter d’avoir des blogs tous identiques) et j’en ai pas trouvé un seul de réellement pourri.
En plus, l’avantage par rapport à Bloguez, au-delà de l’esthétique, c’est que les articles sont « rétractables ». Quand on se promène sur le blog, on en a un petit aperçu avec les premières phrases et il suffit de cliquer pour voir l’article complet. Ca n’a l’air de rien mais ça fait gagner en place et en esthétique, c’est nettement plus agréable pour les visiteurs.
Idem pour les commentaires, plus visibles que sur Bloguez donc plus tentants d’en laisser.
Deuxième étape: les réglages qui vont bien. Alors là, on a l’embarras du choix et je ne vais pas m’amuser à tous les énumérer. Je ne vais pas non plus revenir sur l’usage de Google Analytics dont j’ai déjà fait la critique.
Par contre, une petite remarque quant aux Widgets. Je m’attendais à ce qu’il y en ait plus et la possibilité de laisser un sondage pour mes visiteurs me manque. C’est de l’ordre du détail, j’imagine que ça sera corrigé d’ici quelques temps et qu’il doit être possible de bidouiller ça moi-même mais ça me semblait important à signaler.
De la même façon, je venais de me créer un compte Adsense pour mon blog, je l’avais bien intégré sur Bloguez et là pour le moment, ce n’est pas possible (mais d’après le support technique, ce sera corrigé d’ici très peu).
J’en viens donc à évoquer le support technique. Puisque ce n’est que la version bêta, la FAQ est réduite au minimum de chez minimum (deux questions/réponses), ce qui n’aide pas franchement à s’y retrouver dans cette foule de nouvelles options. En revanche, quand on utilise la messagerie interne pour poser ses questions au support technique, ça devient intéressant. J’avais plusieurs questions à poser et j’ai eu mes réponses très vite (six heures) et les réponses étaient pertinentes et m’ont parfaitement satisfait. Je trouve également normal que la FAQ en soit là dans la mesure où il faut bien qu’on leur adresse directement les questions qu’on se pose afin qu’ils aient un retour, qu’ils sachent comment leur site est perçu et surtout quelles questions reviennent le plus souvent.
Autre absent de marque par rapport à Bloguez: la pub. Certains usaient et abusaient de ce moyen pour faire connaitre leurs blogs, et je dois dire que c’était bien pratique. Ici, les pubs des blogueurs ont disparues, remplacées par un système de réseau social et surtout par un widget qui permet efficacement de communiquer avec les sites de réseaux sociaux comme Facebook, Twitter etc etc Pour l’instant, même si je ne m’en servais pas des masses, je regrette un peu le système de pub de Bloguez mais peut-être qu’à l’avenir je changerai d’avis si leur système de réseau social est efficace. J’ai quelques doutes mais je ne peux pas en juger dans l’immédiat.
Finalement, pour la création d’articles, il n’y a qu’un détail qui me dérange: je n’ai pas trouvé comment on réglait la taille de la police. Peut-être qu’en rédigeant l’article sous Word et en le copiant sur Pookeo, ça marcherait, je ne sais pas, je n’ai pas tenté. Autrement, je trouvais que le gros point faible de Bloguez était justement son éditeur fortement capricieux. Ici, de ce côté là, pas de souci. Hormis ce léger détail, le reste est nettement plus pratique et efficace.
Au final, Pookeo me semble bien plus prometteur que Bloguez mais sa plus grande richesse peut déstabiliser ou décourager les moins accros à l’informatique qui sont en quête de simplicité. L’interface n’est finalement pas plus compliquée à utiliser après un temps d’adaptation (je suis pas ingénieur en informatique et il m’a pas fallu plus de 3 jours) et offre de nouvelles possibilités très intéressantes.
Quelques absences par rapport à Bloguez peuvent être déplorées mais comme nous n’en sommes qu’à la version bêta, on peut espérer que les concepteurs trouveront le moyen d’améliorer ça et très franchement c’est pour le moment ma plateforme de blog préférée. Je ne regrette donc pas d’avoir migré de Bloguez pour utiliser Pookeo et j’espère que cet article sera lu par les concepteurs et qu’ils prendront en compte mes remarques, dans la mesure de leurs possibilités, pour améliorer encore le service.
En tous cas, je ferai sans doute une mise à jour de cet article une fois que la version définitive sera lancée…
101112okTags: adsense, analytics, blog, bloguez.com, critique, hébergement, pookeo, pub, themes graphiques, word press
L'espoir, d'André Malraux
Littérature générale novembre 9th, 2009

J’avais déjà lu La Condition humaine et La Voie royale. J’aime bien Malraux mais je ne sais pas très bien pourquoi. Peut-être simplement parce qu’il s’agit d’un bon écrivain et qu’il ne faut pas chercher plus loin.
J’ai acheté L’Espoir également parce que ça parle de la guerre d’Espagne et que j’avais envie d’en savoir plus. L’éducation nationale n’en parle pas de cette guerre, étrangement. On nous dit juste qu’elle a existé, que Franco était un affreux méchant, même pas qu’il était fasciste et c’est tout. On nous parle des Etats-Unis, de la Russie, de L’allemagne mais de l’Espagne pratiquement pas. C’est ptête parce que notre rôle là-dedans à nous français n’est pas particulièrement reluisant puisqu’on a laissé Franco massacrer communistes, anarchistes, socialistes et républicains divers sans lever le petit doigt, pour ne pas effaroucher Hitler et Mussolini. Moralement et humainement c’était moche, et stratégiquement c’était d’une connerie pas possible: on connait les conséquences au moins!
Malraux nous raconte donc avec force détails cette guerre fratricide, ce sordide bordel qui a permis de tester les tanks et avions italiens et allemands. Il nous le raconte du côté des gentils, ce que je trouve dommage. Il aurait été intéressant de voir également ce conflit de l’autre côté du canon parce que du coup même s’il ne sombre pas complètement dans le manichéisme, il s’en rapproche tout de même un peu trop à mon goût.
Autre défaut également présent dans La Condition humaine: c’est dur dur de comprendre. C’est à la fois un défaut et une qualité parce que ça force un peu à se renseigner, à chercher sur Internet ce que c’est qu’un Alcazar, le C.N.T et autres petites choses qui vont de soi pour notre ancien ministre de la culture mais pas forcément pour moi. Idem pour les dialogues où il faut s’accrocher. C’est tantôt profond et très intellectuel, tantôt de l’insulte de bas étage mais la plupart du temps très difficilement compréhensible, un peu comme si les personnages se parlaient à eux-même. Pour bien faire, il aurait fallu une encyclopédie et des cartes de l’Espagne à l’époque. Mais peut-on vraiment reprocher à Malraux d’étaler sa culture sans prendre ses lecteurs pour des cons? Moi je dis non: c’est ma faute à moi, j’aurais du arrêter l’école plus tôt!
Et puis de toute façon c’est la guerre et le bordel, on ne sait plus qui est méchant et qui est gentil et il y a adéquation entre le livre et ce qu’il décrit. Dans le fond, le lecteur se retrouve plongé dans un conflit sanguinaire où personne ne comprend plus rien à rien en se raccrochant à la seule chose qui reste: l’espoir!
Le style de Malraux est agréable, les combats et bombardements bien retranscrits donc malgré tout cela reste un excellent livre, agréable à lire et permettant de se cultiver. Que demande le peuple?
Tags: anarchie, anarchismes, anarchistes, andre, communiste, critique, espoir, fasciste, franco, guerre, guerre espagne, malraux, ministre culture, revolution espagnole, syndicats
A Rebours, de Huysmans
Littérature générale octobre 22nd, 2009

Je me suis rarement autant fait chier en lisant un bouquin… J’en ai lu pourtant des bouquins et des biens chiants par moments. Je suis plutôt bon public et quand il s’agit d’un classique je pense me montrer un minimum indulgent mais là… Non, vraiment je ne vois rien pour le sauver.
Qu’est-ce qui le rend donc aussi chiant ? Déjà, je n’appelle pas ça un roman. Il n’y a pas vraiment d’histoire, il ne se passe pratiquement rien (là je suis indulgent), c’est juste bien écrit et encore c’est parce que ça vient du XIXème siècle que je dis ça ! A Rebours, c’est juste une longue série de critiques, d’analyses, de recensions à propos de littérature, de peinture, de parfum, de gastronomie etc etc Bref c’est la même chose que ce blog, en plus court (encore heureux) et sans le moindre humour (j’y reviendrai à l’humour !). Différence primordiale : mon blog est contemporain et parle de sujets contemporains compréhensibles de tous (aujourd’hui mais probablement plus dans un siècle), Huysmans parle de sujet du XIXème siècle, pas forcément connus ou intéressants pour nous. Qu’il parle de Redon, de Zola, de Baudelaire, là ça va, on connait. C’est pas franchement intéressant mais on connait. Mais l’essentiel est constitué de sujets que je ne connais pas (malgré une certaine culture) et/ou dont je me fous pas mal.
Quant à l’humour… Le personnage principal est dépressif et s’emmerde à mourir. Il faut reconnaitre au moins ce talent à Huysmans : il sait communiquer aux lecteurs les émotions de ses personnages. Franchement il faut être à moitié dingue pour choisir un sujet pareil, non ? Inintéressant et déprimant. Une interminable crise existentielle… Ca peut être intéressant, remarque : Le Voyage au bout de la nuit, La Nausée toussa toussa c’est aussi de la crise existentielle, mais en moins chiant, en moins pédant, en plus intéressant.
En même temps j’aurais du me méfier. Un livre qui contient plus d’explications de texte que de texte alors que c’est une édition «normale» (pas une édition pour étudiants en lettres modernes quoi), y a anguille sous roche. Si dès le départ et à l’arrivée Huysmans a ainsi besoin d’aussi longues plaidoiries pour défendre son bouquin, c’est pas très normal. Ca veut dire au minimum que le texte ne se justifie pas par lui-même et que la pilule risque d’avoir du mal à passer. Cela dit, les plaidoiries en question sont plus intéressantes et moins chiantes à lire qu’A Rebours. Le lecteur averti peut aisément se contenter de lire les préfaces et notices et de laisser tomber le texte même, qui n’est finalement qu’un vilain noyau dans un fruit relativement mangeable. D’habitude c’est plutôt l’inverse mais il faut bien chambouler les habitudes.
Que dire de l’histoire, alors ? Hé bien c’est celle de Des Esseintes qui décide de s’établir à la campagne par mépris pour Paris et les gens, avec ses œuvres d’art, ses bouquins et ses domestiques. A force de solitude et d’ennui, il devient très vite dépressif et doit donc se contraindre à retourner à Paris et à réviser sa position concernant le catholicisme. Désolé de vous la raconter intégralement du début à la fin et en n’omettant pratiquement aucun détail, mais bon c’est pas l’histoire qui est importante, hein ? Ce qui est important c’est de passer à autre chose et d’oublier ce livre très vite !
Tags: a rebours, critique, depression, deprimant, existentialisme, huysmans, nevrose, religion, roman, xix, xixeme
Le journal d'un fou, de Nicolas Gogol
Littérature générale octobre 5th, 2009

Je neeeeeeeeeee suis qu’un fouuuuuuuuuuuuuu, un fouuuuuuuuuuuu d’aaaaaaaaaaaamouuuuuuuuuuuuuur… Voilà la chanson que j’ai dans la tête depuis que j’ai commencé ce bouquin. Et pas la version originale, hein? la version Johnny/Lara Fabian. C’est dire si je suis content d’en finir!
Blague à part, j’appréhendais franchement la littérature russe. Jusque-là, je n’avais lu que La Mouette, de Tchékhov. C’est une excellente pièce de théâtre naturaliste, La Mouette, hein? « Si un jour tu as besoin de mon coeur, viens et prends-le ». J’adore. Mais il m’a fallu un sacré moment pour m’y retrouver dans les personnages, et donc pour l’apprécier. Parce qu’ils n’ont pas des noms comme nous les russes. Y a une logique que je n’ai jamais comprise. Non seulement ils ont des noms difficilement prononçables quand on est habitué à des Jean Dupont mais en plus ils ont l’air d’en avoir plein, des noms, avec des diminutifs qui ne ressemblent pas à des diminutifs… Bref, il faut une initiation aux noms russes pour pouvoir suivre. Et comme je n’en ai jamais eu, j’avais peur.
Néanmoins, l’auteur, que je ne connaissais que de nom et de réputation, s’appelle Nicolas Gogol. Donc, déjà, ça va. Je ne risque pas trop de me taper la honte en le disant ou en l’écrivant. En plus, j’ai trouvé ce bouquin lors d’une brocante (bon plan les brocantes pour faire le plein de bouquins pour po cher) et le vendeur m’avait rassuré en me disant que ce n’était pas du bon gros russe bien lourd mais au contraire un livre plutôt humoristique et… drôle. Les russes peuvent écrire des livres humoristiques et être drôles???? Moi je pensais que l’humour russe se limitait à ça:
Vous remarquerez que ce mec génial qui fait super bien du judo, qui serre la main comme personne et qui signe sans trembler… n’a visiblement pas l’habitude de sourire. Pour le bien de la Russie, faites un don: envoyez tous vos vieux DVD de Bourvil et De Funès au Kremlin, vous pourriez contribuer à faire du monde un monde meilleur.
Mais revenons à Gogol. J’étais donc rassuré mais sceptique malgré tout. Comme je suis curieux et en plus un ouf, un dingue, j’ai commencé ma série de bouquins par celui-là et… ben en fait c’est vrai que c’est amusant et agréable à lire.
Bon, c’est pas du Bukowski non plus, vous allez pas vous abimer les synus en lisant Le Journal d’un fou mais ça reste un divertissement agréable et intelligent (et plutôt court en plus). Et puis ça fait toujours classe d’avoir lu un auteur russe, justement à cause des préjugés précités.
Au début, quand même, je vous avouerai que je me suis pas senti rassuré en voyant une bonne grosse description d’une rue de saint Pétersbourg. C’est du XIXème siècle quand même et au XIXème sévissait un monstre digne de la mythologie grecque qu’on nomme toujours Balzac! Moi qui suis un grand littéraire et qui adore les difficultés, je n’ai jamais pu finir un Balzac, ou plus précisément: je n’ai jamais pu aller au bout de sa première interminable description. J’ai essayé avec plusieurs de ses bouquins mais non, vraiment, toute cette somme de détails c’est très joli et ça prouve indubitablement le perfectionnisme du bonhomme mais qu’est-ce que ça peut être chiant… Mais justement Gogol en joue: les longues descriptions à la mode semblent l’emmerder autant que nous et il établit une connivence avec son lecteur pour s’en moquer.
Sinon pour le sujet, en gros on peut dire que c’est du fantastique/absurde: l’histoire d’un homme qui perd son nez, d’un tableau maléfique (inspiration du Portrait de Dorian Gray?), d’un fantôme voleur de manteaux… Du grand n’importe quoi qui se passe toujours dans les rues étranges et fantasmatiques de la capitale russe de l’époque: Saint Pétersbourg. Critique de la ville, satyre sociale en plus, tournée à la rigolade… Ben j’aime bien pour finir.
Pas un chef d’oeuvre mais j’apprécie les idées, la tonalité générale, l’ambiance… A lire sans réticences, donc.
Tags: critique, delire, gogol, journal fou, la perspective nevski, le nez, manteau, russe
L'Ordre moins le pouvoir – Histoire & actualité de l'anarchisme, de Normand Baillargeon
Philosophie septembre 18th, 2009

C’est incroyable le nombre de gens qui sont anarchistes… sans le savoir. A commencer par moi. La première leçon qu’on doit retenir de ce livre, c’est ça. On y apprend d’emblée que le pouvoir en place ne cesse de faire campagne, avec un énorme succès, pour que le peuple associe le mot « anarchie » au mot « chaos ». Et c’est vrai! Avant de lire ce livre je considérais l’anarchie comme une phase de transition difficile, chaotique voire souvent sanglante entre deux régimes. J’associais l’anarchie avec le punk, violent, alcoolique, drogué. J’associais l’anarchie avec une certaine forme de terrorisme, j’associais l’anarchie à la fainéantise. En bref, pour moi, être anarchiste supposait être terriblement con ou traumatisé.
Et puis je me suis intéressé à Noam Chomsky, et puis à Normand Baillargeon. Et j’ai été clairement interloqué. Plus je lisais, plus je m’intéressais à ces deux personnes et plus il m’apparaissait évident qu’ils étaient à des années lumières de tous ces clichés. Le Petit Cours d’autodéfense intellectuelle de Baillargeon, par exemple, démontre clairement que ce dernier est quelqu’un d’intelligent, de rationnel et forcément qui ne se laisse pas abuser. Donc quelque chose ne cadrait pas. J’étais manifestement dans l’erreur quelque part, et je devais savoir où.
C’est dans cette optique que je me suis acheté ce livre, et je ne suis pas déçu du voyage.
Que peut-on en retenir?
D’abord, comme je l’ai dit, qu’il ne faut pas se fier aux médias (ça je le savais depuis un moment) ni même aux dictionnaires… Hé oui, cette référence absolue qu’est le dictionnaire est contaminée par les clichés véhiculés par le pouvoir. Ce n’est probablement pas une volonté délibérée, c’est juste que pour le commun des mortels anarchie=chaos. C’est passé dans le langage courant et on a tous utilisé ce terme pour désigner un bordel, sans avoir conscience de l’erreur qu’on commettait. Hé oui car il est chargé, malgré lui, très, très négativement ce mot. Il est tellement chargé que les anarchistes d’aujourd’hui préfèrent utiliser le terme « libertaire » pour se désigner.
La conséquence de ça c’est qu’aujourd’hui, comme je l’ai dit au tout début, beaucoup de gens ignorent qu’ils sont anarchistes parce qu’ils ignorent ce que signifie réellement ce mot et qu’ils n’ont aucune envie de se coller une étiquette pareille. C’est un très joli coup de la part du pouvoir puisque cette ignorance nous empêche de nous rassembler, d’en discuter, de mener des actions conjointes. Mais ça ne va pas durer. Nous vivons une époque très particulière, une époque charnière dans laquelle je vois, tous les jours, des signes encourageants. D’un côté on a une perte de confiance manifeste envers le pouvoir qui a tout de même trouvé la parade en brandissant le fléau du Front National… Si vous ne votez pas, bande d’anarchistes!, vous allez vous retrouver avec Lepen comme président! C’est ça que vous voulez hein? Bah en même temps pourquoi pas? Ca nous donnerait une excellente excuse pour renverser un pouvoir devenu illégitime et immoral. M’enfin je préférerais largement que cela se passe autrement: beaucoup trop de sang versé dans cette perspective et j’aime pas trop ça, moi, le sang. Dans les signes encourageants, on peut aussi noter le courant alter-mondialiste qui prend de plus en plus d’ampleur, la nécessité écologique qui suppose de stopper net la « logique » de surconsommation et puis, plus largement, les innombrables contradictions et paradoxes que je ne cesse de montrer du doigt sur ce blog, les semblants de démocraties incarnés par le PS ici en France qui parle toujours de la beauté de la démocratie et qui élit son premier secrétaire en trichant en sachant que la gagnante a simplement mieux tricher que la seconde, qui du coup voulait refaire l’élection pour mieux tricher ce coup-ci ou par le traité de Lisbonne, magnifique celui-là: on nous le propose une première fois, on dit « non merci », on nous le repropose en version abrégée (mais c’est exactement le même avec juste moins de baratin), on est bien obligés de l’accepter vu qu’on nous a pas donné le choix, les irlandais le refusent, on attend un peu et on leur repropose, sous-entendant ainsi qu’ils avaient mal voté et qu’ils sont sans doute moins cons aujourd’hui qu’hier… La démocratie est un leurre et on s’en rend de plus en plus compte, on ne peut que s’en rendre compte…
L’anarchie apparait donc comme une alternative à ce capitalisme que même les plus convaincus ont bien du mal à défendre et à un pouvoir qui, finalement, revient toujours aux mêmes. Une alternative nettement plus convaincante que les autres: le totalitarisme, personne n’en veut plus et c’est pas dommage et le communisme ça n’a jamais été qu’une dictature dont on ne veut plus non plus.
Restent néanmoins des questions que je me posais d’emblée: comment un non-état pourrait-il survivre sans pouvoir? La réponse est donnée clairement dans ce livre: il ne le peut pas! L’anarchie n’est pas contre TOUS les pouvoirs, ce serait absurde, mais l’anarchie s’inscrit dans la logique des Lumières en s’interrogeant sur la légitimité des différents types de pouvoir. Il me semble évident qu’un enfant a besoin du pouvoir de ses parents pour grandir et simplement survivre, il semble évident qu’une police est nécessaire pour traquer et trouver les psychopathes et autres égoïstes, il semble évident que l’armée est nécessaire pour protéger des pouvoirs extérieurs…
Autre question: sans contrainte comment des travailleurs pourraient-ils être productifs? Hé bien en réalité, ils le sont bien plus quand ils ne sont pas contraints parce qu’ils savent pourquoi ils vont bosser: pour eux-même et pour leurs camarades. Dans une anarchie, on travaille parce qu’il faut bien se procurer de quoi vivre et aussi par solidarité.
La seule question qui demeure après avoir lu ce bouquin reste la question de la faisabilité et de la viabilité. Parce qu’effectivement les concepts de liberté, d’égalité et de fraternité propres à l’anarchie (et non pas à la démocratie: vous vous sentez vraiment libres, égaux et solidaires, vous?) ont de nombreux et puissants ennemis. Si jamais un pays devenait anarchiste, il se passerait la même chose qu’à la Révolution française: les Etats voisins auraient peur que l’anarchie ne vienne chez eux et viendraient donc en renfort, manu militari, pour remettre nos élites au pouvoir, les grands patrons, les actionnaires ne pourraient supporter ça non plus parce qu’on s’en prendrait à la fois à leur marché et à leurs privilèges, les religions s’enflammeraient de cette hérésie qui prône l’égalité et le rationalisme… D’un autre côté, la démocratie a fini par gagner, avec énormément de sang répandu sur son drapeau. Est-ce aussi l’avenir de l’anarchie?
Tags: anarchie, anarchisme, chomsky, commune de paris, critique, l ordre moins le pouvoir, libertaire, Louise Michel, mai 68, normand baillargeon, propagande, proudhon
Porteur d'âmes, de Pierre Bordage
Science fiction, Thriller septembre 12th, 2009

Je suis partagé sur ce bouquin. Une partie de moi le trouve génial, une autre partie le trouve tout juste pas mal.
Déjà, faute sans doute à l’éditeur, il y a énormément de coquilles et fautes. Beaucoup trop. Et c’est très désagréable.
Mais surtout, ce qui m’a le plus emmerdé, c’est le premier personnage, Léonie. Elle est trop gentille, trop naïve, trop… Cosette, pour commencer; mais surtout qu’est-ce qu’elle peut être casse couille à comparer sans arrêt tous les gens qu’elle rencontre à des animaux… A chaque fois elle nous parle de Tante Destinée, la hyène et de Lucius, le paon, et de Johannes, le hibou et c’est franchement insupportable… Qu’elle utilise leurs noms ou qu’elle les désigne par leur animal mais pas les deux en même temps à chaque fois, bordel! Les trois premières pages c’est amusant, on comprend qu’elle a une autre culture que la nôtre mais passées les trois premières pages j’avais une furieuse envie de sauter tous les chapitres dans lesquels elle intervient.
Ensuite il y a le cliché totalement éculé de mettre un personnage bien blanc, bien favorisé et un tantinet raciste dans la peau d’une femme noire. L’intention est bonne, j’avais d’ailleurs l’idée d’écrire une histoire comme celle-là quand j’avais dix-huit ans mais littérairement, artistiquement c’est quand même pas terrible…
Et puis pour finir, il y a cette happy end, insupportable, absurde, improbable qui se rapproche du deus ex-machina.
Comment une partie de moi peut le trouver génial malgré tout ça? Mon âme d’enfant, simplement et puis mon côté anti-raciste. J’aime bien les bonnes intentions, les rêves, la naïveté… Hé oui j’ai encore quelques restes malgré la littérature trash que je lis et que j’écris.
Concernant l’histoire, c’est celle de trois personnages: Léonie, jeune africaine expatriée par sa tante pour être prostituée en France, Cyrian, jeune français intégrant une société secrète qui expérimente le transport d’âmes d’un corps à l’autre et Edmé, flic blasé qui attend la mort et qui tombe sur un charnier qui va le faire remonter jusqu’à cette confrérie.
Un livre pour lequel il vaut donc mieux être averti…
Tags: ames, critique, pierre bordage, porteurs d ames
Dune 1, de Franck Herbert
Science fiction août 27th, 2009

Je connais cette saga depuis très longtemps, et pourtant je n’ai acheté ce bouquin qu’il y a peu de temps. Il faut dire que les adaptations ciné et télé m’avaient franchement découragé: qu’est-ce que ça pouvait être ennuyeux… Je n’ai même pas su les regarder jusqu’au bout. Les personnages passaient leur temps à discuter et avec un jargon inventé en plus. En revanche, je garde des excellents souvenirs des adaptations en jeux vidéo. J’ai terminé Dune et Dune 2 avec acharnement et plaisir. C’était il y a longtemps, très longtemps. Et puis on m’a reparlé du livre avec engouement. Alors je me suis dit: pourquoi pas?
Et j’ai rudement bien fait! Herbert est véritablement un génie. J’imagine la difficulté de créer ainsi un univers complet et, en plus de ça, une intrigue aussi complexe et prennante.
Autant pour Le Seigneur des anneaux je trouve qu’il vaut mieux voir la trilogie en film plutôt que de la lire (ce qui, chez moi, est exceptionnel!), autant là le bouquin est incontournable.
Pour ceux qui ne connaissent pas l’histoire, je vais tâcher de la résumer. L’univers est contrôlé par un Empereur, modéré par une sorte de Parlement. Plusieurs familles sont ses vassaux, dont les Harkonnen et les Atréïdes. Ces deux familles très différentes se haïssent profondément. Or, les Atréïdes doivent prendre la place des Harkonnen pour le contrôle d’une planète franchement inhospitalière mais stratégiquement primordiale: Arrakis, surnommée Dune en raison de la composition de son sol. Dune est une planète aride dont la faune et la flore sont quasi inexistants mais elle est peuplée par un des êtres mystérieux, les Fremen, et, surtout, elle est l’unique ressource dans l’univers d’une substance qu’on appelle « l’épice ». Cette épice a des propriétés étonnantes dont la principale n’est rien moins que la prolongation de la vie de ceux qui en consomment. On comprend alors l’importance de cette planète… ainsi que les complots qui gravitent autour d’elle.
Les personnages principaux sont les Atréïdes et notamment le jeune Paul, fils du Duc, héritier en titre et potentiellement futur prophète. De par ses origines, son éducation et le contact avec l’épice, d’étranges pouvoirs vont se révéler en lui et changer ainsi le cours de l’Histoire…
Vous aurez compris que tout est fascinant dans cette histoire, on se prend au jeu des intrigues et du suspense dès les premières pages et il va falloir que je me procure rapidement la suite afin de connaître le destin du jeune Paul Atréïde…
Tags: arrakis, atreides, critique, culte, dune, franck herbert, harkonnen, herbert




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