Mes liens préférés

Annonces novembre 9th, 2009

Comme c’est pas très visible ni parlant, je vous fais un petit article qui rassemble mes liens préférés:

Mon nombril:

- Ma page Netvibes

A tout seigneur, tout honneur comme il dit l’autre. Cette page recense justement tous mes sites à moi et mes sites préférés, avec les liens RSS qui vont bien (c’est un système qui permet de voir s’afficher en temps réel toutes les mises à jour sur les sites en question.) Bien pratique pour me pister partout où je vais, donc.

- Facebook

Parce qu’il faut être moderne, tout le monde connait ça, si malgré toutes mes conneries vous m’aimez bien, il vous suffit de taper Marc Anciel dans l’outil de recherche et de m’ajouter à vos (faux) amis.

- Le blog de ma peintre préférée

Amateurs de peinture moderne, ma chérie saura vous combler (mais pas sexuellement, ça c’est hors de prix pour vous!!!). En plus, d’ici quelques temps elle pourra vous faire de magnifiques tableaux, des tableaux de naissance et d’autres objets à la fois farfelus et indispensables.

Littérature:

- Le forum des Jeunes écrivains

Si vous voulez parler littérature avec moi et avec d’autres, c’est là que ça se passe! Vous y trouverez dans une ambiance chaleureuse voire torride des conseils, des avis, des critiques, des réflexions… Par contre n’oubliez pas de lire et de respecter les règles du forum sinon vous allez vous faire écraser par une division de Panzer très rapidement!

- Forum littéraire

Moins chaleureux, ambiance plutôt costard cravate, il m’arrive également de participer à cet incontournable forum littéraire plus destiné aux lycéens, étudiants et enseignants. Si dans le forum précédent le regard est plutôt tourné vers le présent, l’avenir et les littératures alternatives, celui-ci est clairement orienté passé et classiques. Moins chaleureux, moins foufou, pas torride du tout mais il peut être très utile quand même.

- Au Diable Vauvert

Parce que je n’ai jamais été déçu par leurs publications, parce qu’ils ont une très bonne réputation, parce qu’ils ont édité mon écrivain préféré, parce que leurs bouquins sont magnifiques et que la fille qui répond au téléphone aux boulets comme moi est super sympa et intéressante (et aussi parce que j’adorerais tellement me faire éditer par eux pour les raisons citées plus haut), je ne pouvais pas ne pas vous mettre le lien vers le site de cet éditeur qui prend des risques, qui a du flair et une philosophie qui me plait bien.

Actualité et réflexions:

- Le blog de Normand Baillargeon

Ce type est québécois, enseignant, libertaire (le nouveau mot qui va bien pour éviter de dire « anarchiste »), proche de Noam Chomsky et bigrement intéressant. Il porte sur l’éducation et les médias un regard neuf, humaniste, rationnel et très intéressant. A parcourir pour éviter de mourir idiot. Moi il m’a fait changer d’avis sur l’anarchisme.

- Politis

Si vous voulez penser comme tout le monde, le site du fameux journal indépendant n’est pas fait pour vous. Si vous préférez rester dans le rang, si vous croyez que Nicolas Sarkozy était bien à Berlin le 9 novembre 1989, si vous croyez que des journaux détenus par une poignée d’hommes, soumis aux recettes publicitaires délivrées par de grandes entreprises, ne subissent aucune influence alors ne le lisez surtout pas!

- Rezo.net

Comme pour Politis il s’agit d’un portail rassemblant divers articles rédigés par des personnes indépendantes et offrant un regard alternatif et raffraichissant sur l’actualité, loin des sentiers battus.

Détente et délires:

- Nioutaik

Nioutaik c’est le blog indispensable qui parle de l’inutile. C’est un blog de geek tenu par un geek avec un humour de geek (le geek étant l’espèce amenée à faire disparaitre la race humaine à moyen terme). C’est drôle, c’est n’importe quoi et ça a beaucoup plus de succès que mon blog à moi (pour le moment gnark gnark gnark!!!).

- Vie de merde

Depuis que je connais ce site, je ne rate pas une anecdote! Ce sont des tranches de vie, courtes, percutantes et incroyablement drôles. Tellement de succès que des illustrateurs s’y sont mis et que plusieurs bouquins sont sortis. A garder dans ses favoris et ouvert en permanence pour ne pas sombrer dans la dépression.

- Dans ton chat

Sur le même principe que Vie de merde mais cette fois ce sont des conneries de geek tapées sur un clavier par cette nouvelle race qui va conquérir le monde! Honnêtement moins bien que VDM mais on y trouve malgré tout de sacrées perles.

- Saint Seiya Cards

Vous aimez Les Chevaliers du zodiaque? Vous aimez les jeux en ligne? Vous aimez les cartes? Vous aimez la déconnade? Alors ce site conçu par des amateurs est fait pour vous.

Si vous voulez que je vous fasse de la pub, si vous avez un lien à me soumettre, n’hésitez pas à me laisser un commentaire: j’étudierai soigneusement la question.

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Fade. Déçu. Ces deux mots résument mon sentiment après la lecture de Vallauris Plage. J’étais curieux de découvrir Nicolas Rey depuis un moment, ce jeune homme très blanc à la coiffure inspirée par Star Trek qu’on voyait souvent non seulement dans des émissions littéraires mais aussi culturelles, émissions dans lesquelles il ramenait sa fraise sur de nombreux sujets. Je sais que cet auteur a fait partie de l’écurie du Diable Vauvert, qui ne m’a jusqu’alors jamais déçu.

J’avais 45€ de chèques « Lire » à dépenser. J’ai chopé la première FNAC qui trainait dans mon coin et j’ai commencé à l’écumer. J’avais la tête dans le cul alors je ne savais franchement pas quoi prendre. J’hésite sur le bouquin de Hugh Laurie, le fameux Docteur House, je le tourne et le retourne dans tous les sens. C’est un polar, rien à voir avec le Docteur House et pourtant partout on ne parle que de cette série et finalement très peu du bouquin. C’est pour cette raison que je l’ai reposé. Je ne lis pas un bouquin parce qu’il a été écrit par le Docteur House. Je lis un bouquin parce que le titre, l’histoire, l’auteur me plaisent ou m’intriguent. Là ça a failli être le cas mais les experts marketing ont raté le coche sur ce coup-là.

Après une bonne heure à respirer la bonne odeur de bouquins pas encore ouverts, tout vierges, mes sens commencent à se réveiller. J’embarque un Léonard, puis un Saint Seiya Lost Canvas. C’est un début un peu faible, je tape dans le classique mais ça m’aide à dormir ces conneries. Et puis je zappe vers plus intense, je cherche… L’homme qui rit, de Victor Hugo? Non. Balzac? Non je vais pas encore réussir à en lire plus de 30 pages. Tiens Les Diaboliques de Barbey D’aurevilly… Allez, j’embarque. Ernestine, de Sade… Je suis curieux de lire ça, j’embarque. Hell de Lolita Pill, ça m’intrigue, j’embarque. Et donc pour finir: Vallauris Plage de Nicolas Rey. J’avais pas trop le choix, c’est le seul bouquin de cet auteur que j’ai trouvé.

Une fois mon manga et ma bande dessinée lues, j’étais chaud pour entamer. J’hésite un peu… et j’opte pour ce bouquin.

Au début, je me suis franchement emmerdé. Je me consolais en me disant « Bon c’est que le début, à un moment, ça va démarrer. » D’emblée, on sait qu’il va y avoir un meurtre. Bien. On se retrouve avec un personnage principal qui nous raconte son improbable histoire et… on s’en tape. Il n’est pas attachant ce personnage et son histoire de passion folle pour une jeune femme fatale… Bof bof bof.

Heureusement qu’à la moitié du livre le personnage rencontre le major, une espèce de vieux pervers à moitié grabatère (si, si: ça existe « à moitié grabatère », dans mon cerveau au moins, c’est dire!) et totalement barge. Ca met un peu d’humour dans un récit radicalement fade où le personnage nous raconte qu’il a atrocement mal aux gencives.

Globalement, sur ce bouquin assez court, il y a 4 passages qui m’ont fait sourire. On ne peut pas dire que ce soit mal écrit mais on peut dire que Nicolas Rey n’était pas inspiré sur ce coup-là et qu’il aurait peut-être du s’abstenir de l’écrire ce bouquin qui me fera hésiter la prochaine fois que je serai dans une FNAC face à un autre de ses chefs d’oeuvres.

L’histoire et les personnages m’ont fait penser à du Amélie Nothomb, mais sans le style. C’est bien dommage parce que c’est tout de même son principal attrait à Amélie.

Donc un bouquin ni bon ni mauvais dont je me dépêche de faire la critique parce que dans une quinzaine de jours j’aurai oublié l’avoir lu…

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Passé 25 ans, le cerveau tend à se ramollir. C’est sans doute pour ça qu’il m’a fallu autant de temps pour percuter sur le jeu de mot. Betty Monde = bête immonde… Une évidence tellement évidente à l’Antéchrist que j’ai rien capté. Enfin l’honneur est sauf, je m’en suis rendu compte tout seul comme un grand.
J’étais tout de même curieux de le lire ce bouquin édité par le Diable Vauvert (qui d’autre?) et écrit par une ancienne actrice porno. Quand on ne connait quelqu’un qu’à travers une petite lucarne, déjà, ça limite la possibilité de jugement, mais quand en plus on ne la connait qu’à travers des films cochons (et j’en ai vu une bonne partie…), on ne peut pas plus limité je crois. Alors comme ça, ça peut aussi être cérébral une actrice porno? Hé bien oui, ça peut et d’ailleurs la pornographie en elle-même est un acte purement cérébral, une rébellion contre l’ordre établi, une invitation à remettre en question son existence, sa morale, ses principes, la société… Ultime résurgence du paganisme qu’ont écrasé nos cathédrales, sans les détruire, Aphrodite, la Grèce, Rome… Une époque où on vivait encore en harmonie avec la nature…

Et Betty Monde, c’est tout ça! Au premier abord, on pourrait le considérer comme un bouquin d’adolescente en pleine puberté, révoltée contre ses parents et surexcité par tout ce qui ressemble de près ou de loin à une bite, mais comme les films pornos, il faut voir plus loin et Coralie nous y invite par la parabole, démontant à longueur de pages l’absurdité judéo-chrétienne qui n’est finalement rien de plus qu’une perversion des polythéismes originels.
J’aurais adoré lire ce bouquin à 16 ans. Je suis sûr qu’en plus de m’exciter comme une puce il aurait fait de moi un ado meilleur. Il aurait fait pencher ma

Guerre sainte d’un autre côté (pour comprendre il faudra lire mes prochains bouquins).
Le problème de ce livre est qu’il est à l’image de son héroïne: sans un minimum de culture, de connaissances et d’ouverture d’esprit, on passe totalement à côté. C’est comme pour le jeu de mot: tellement énorme qu’on ne le voit pas. Si on le prend au premier degré, c’est un médiocre livre de rebelle de la life, l’histoire d’une ado déjantée et obsédée du cul qui n’arrive pas à mûrir et à s’adapter au monde. On pourra être charmé par les provocations répétées, les innombrables scènes de cul, le côté « sexe, drogue et rock n’roll », on pourra lui trouver autant d’intérêt qu’un film de cul ou un album de rap mais on passera totalement à côté de la substantifique moelle, de toutes les références, de tous les jeux de mots, de tout le second voire troisième degré. On ne percutera même pas que Gabriel est un ange…

Néanmoins, Betty Monde n’est pas non plus parfaite. Même si Coralie a, comme moi, décidé que La Fontaine avait raison mais qu’aujourd’hui il faut remplacer les animaux par du sexe et de la violence pour être écouté, il n’empêche que ce livre manque un peu d’ampleur à mon goût. La fin est brutale et un peu décevante, avec en plus un « cocktail Molotov ex machina » qui me dérange un tout petit peu. J’aurais aimé connaitre la suite. J’aurais aimé un peu plus de profondeur dans les réflexions, un shouïa plus de développement quoi. Il y a des bouquins comme

American Psycho qui devraient s’arrêter beaucoup plus tôt et d’autres qui devraient durer un peu plus longtemps.
Au niveau du style c’est djeune, frais, rythmé (avec quelques fautes qui ont échappé à la fois au Diable et à la diablesse) mais peut-être un peu trop « contemporain ». Aujourd’hui Tekken on connait, mais dans 50 ans? Betty Monde risque de se cantonner à une génération pour ensuite disparaitre dans l’oubli et c’est à mon goût dommage.

Pour résumer il s’agit d’un premier bouquin encourageant qui promet, avec un peu de recul, de bons conseils et beaucoup de travail, un avenir littéraire intéressant. A l’occasion, je lirai peut-être La Voie Humide, son deuxième bouquin, afin de confirmer ou d’infirmer mon point de vue.

Dans le même genre, si vous avez aimé

Les Bonbons chinois de Mian Mian, vous adorerez Betty Monde!

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Je connaissais pas du tout Bordage mais en me promenant comme je le fais de temps à autres sur le site du Diable Vauvert j’avais été attiré par la couverture, par le titre et par la présentation, et comme le Diable ne m’a jusqu’à présent jamais déçu, j’ai décidé de me le commander et de le lire. Hé bien je viens tout juste d’en commander deux de plus chez cet éditeur! A suivre donc d’ici quelques temps Betty Monde de Coralie Trin Thi (si elle est aussi bonne écrivain que bonne actrice porno et bonne tout court, ça doit donner!) et la suite de L’Evangile du serpent: L’Ange de l’abîme. Affaire à suivre donc.

Par où commencer? Peut-être déjà en notant qu’il s’agit de science fiction, une science fiction sans vaisseaux spatiaux et sans haute technologie. Bordage a décidé de s’imaginer qu’un Christ nouveau faisait son apparition à la naissance du troisième millénaire et il brode là-dessus.
On se retrouve ainsi avec un Christ de l’Aubrac qui répand sa bonne parole, pas vraiment catholique, en France. Au niveau philosophie c’est du hippie sans drogue mais avec le fameux serpent cosmique. C’est quoi donc que le fameux serpent cosmique dont nous parle Dantec dans Babylon babies et qu’on retrouve également dans le (mauvais) film Blueberry de Jan Kounen?  Pour de plus amples informations, je vous invite à fouiller un peu sur le net, mais pour résumer disons que c’est une croyance chamanique issue de tribus d’Amérique du sud qui se défoncent grâce à une drogue mégapuissante provenant d’une liane et qui, dans leurs délires, voient toujours un serpent double, censé être le créateur de l’univers et celui qui le tient en place. Certains occidentaux ont tenté l’expérience et trouvé que bizarrement ce serpent cosmique ressemblait foutrement à l’ADN et que c’était quand même étrange qu’on retrouve toujours le serpent dans toutes les cultures du monde, toutes les religions et toujours avec une image positive… sauf chez nous où cet enfoiré a donné la pomme à Eve qui l’a donné à Adam. Mais même là, le serpent est lié à la connaissance et à la genèse. Alors forcément ça enflamme les imaginations et en particulier celle de Bordage qui nous en a fait un bouquin du tonnerre de Zeus.

Voilà donc pour le postulat de départ: un Jésus hippie sans drogue mais à fond avec la nature liée au serpent double qui professe le néonomadisme, l’abandon du verbe avoir pour le verbe être et surtout de vivre dans l’instant présent, en laissant tomber le passé et en évitant de se projeter dans l’avenir, nécessairement anxyogène.
Et bien sûr, ça ne plait pas à tout le monde, cette philosophie parce que beaucoup de gens sont bien contents d’avoir beaucoup et n’ont pas envie de perdre. Il y a les religions qui voient débarquer un nouvel adversaire… Bref, pas facile de se convertir au néonomadisme!

Pourquoi ce livre est bon?
Je dirais qu’il est un mélange de Werber, de Brown, de Dantec mais avec plus de talent qu’eux tous réunis (sauf peut-être pour le Dantec des débuts), ce qui n’est pas bien compliqué. La différence majeure entre Bordage et les deux premiers c’est que Bordage sait écrire: il a du style. Autant Brown et Werber font de la littérature pour enfants avec le style d’une page de Wikipédia autant Bordage écrit pour des adultes qui sont relativement exigeants en la matière. Soyons honnête: c’est pas non plus du Aragon mais c’est quand même pas mal. L’autre différence provient des personnages: contrairement à Werber et à Brown, on trouve des personnages dans L’Evangile du serpent! Hé oui, des vrais, avec une personnalité, une part d’ombre, des qualités, des défauts, des doutes… Ca sent la vie, quoi et pas la vulgaire baudruche. Si je les compare c’est parce qu’ils traitent des mêmes thèmes et aussi parce que Bordage utilise le même procédé que Brown: le cliffhanger (c’est à dire terminer un chapitre sur un élément de suspense pour se focaliser sur un autre personnage) et le bonheur c’est que lui ne fait pas reposer son bouquin uniquement là-dessus.
Alors franchement, ça fait du bien de lire ça…

Ca fait d’autant plus du bien que ce livre nous renvoie une image intéressante de nous-même, de notre société et de la place que nous, individus, occupons sur cette planète. Bordage évite les clichés et les caricatures, preuve d’intelligence et de subtilité et on sent un profond humanisme transpirer dans tout le livre. Il ne condamne pas, il ne juge pas, ne jette aucune pierre… sans jamais tomber dans la mièvrerie, le bisounours. Bien joué.

Ce livre se présente à peu près comme le nouveau Testament: on trouve d’abord les évangiles, une focalisation sur les quatre apôtres qui présentent, en focalisation 0 (avec un narrateur omniscient quoi), leur petite histoire liée au Christ de l’Aubrac, appelé également Vaï’ Kaï, en alternance. Ces apôtres sont un tantinet différents de ceux de la Bible puisqu’on trouve d’abord Mathias, tueur à gage de son état, Lucie, cyber stripteaseuse de son état, Marc, journaliste pour un magazine corompu et à grand succès et Yann, étudiant paumé, engagé quand même, et flanant sur les rave party à l’occasion. Que du bon pécheur quoi! Et ça se termine avec les actes (hé non pas de psaumes ni d’apocalypse mais peut-être dans la suite, qui sait?) qui sont plutôt courts.

Un excellent bouquin que je recommande donc chaudement.

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A peine traduit et sorti, déjà acheté et au prix fort. Décidément, j’ai une furieuse envie d’être édité par le Diable Vauvert: non seulement ils éditent Welsh en France mais en plus ils éditent aussi une femme sur laquelle je me suis masturbé toute mon adolescence… Coralie Trin Thi… Je ne sais pas ce qu’elle vaut en tant qu’écrivain mais j’ai comme projet d’étudier ça d’ici peu de temps! En plus, franchement, c’est pas de la belle couverture à chaque fois? Et je peux vous dire que l’intérieur est tout aussi soigné. Le Diable Vauvert est l’éditeur des écorchés vifs, des révoltés, des marginaux et surtout des originaux. Je pense qu’en bossant un peu et en terminant mon roman, je devrais y trouver ma place. En tous cas je l’espère sincèrement!

En attendant, je ne suis qu’un lecteur pour ce diable d’éditeur et c’est déjà un grand plaisir (sans aucun doute financièrement partagé).
Dernier opus de Welsh, donc, passion commune… Par où commencer?
L’histoire peut-être. Hé bien l’histoire c’est celle d’Edimbourg, encore et toujours. Et c’est ça qui est génial, d’une certaine façon. Glu, comme son nom l’indique presque, est le ciment de l’oeuvre de notre auteur écossais. Le ciment parce qu’on y croise la plupart des personnages rencontrés dans les autres bouquins: Renton, Sick boy, Begbie, Spud, Tommy, mais aussi Juice Terry, le commissaire qui sévit dans Une Ordure… et peut-être d’autres encore, car je n’ai pas les innombrables noms de tous les personnages en tête. Cette façon de faire, ce concept, je l’avais déjà eu il y a quelques années. Quoi de mieux pour donner de l’intensité, du réalisme, et du corps à une oeuvre que de faire se croiser tous ses personnages? Ca donne une perspective hallucinante.
Pour revenir à l’histoire, cette fois on ne suit plus la même bande de losers, mais une autre, menée cette fois par Juice Terry, personnage secondaire de Porno. On les suit depuis… avant leur naissance, l’arrivée de leurs parents dans leur quartier alors relativement classe (qui n’est pas Leith, pour une fois) et qui s’est très rapidement dégradé pour devenir une véritable zone, une cité comme nos douces banlieues françaises. On les suit jusqu’à la trentaine consommée, à travers leurs déboires, leurs gloires, leurs galères, leurs échecs, leurs déprimes. On assiste avec eux à des matchs de foot et des séances de baise torride, suivis de remises en questions existentielles. Du réalisme, de l’ultra réalisme mais c’est la réalité crue, dure, violente dont il nous parle, pas la fausse réalité qu’on veut nous faire bouffer. Quand on lit Welsh, on se dit que Zola était vraiment à côté de la plaque. Certes il maîtrise la langue à la perfection mais quelle platitude en comparaison du langage fleuri issu de ces cités et quel conformisme, aussi. On ne peut pas lui en vouloir. C’était l’époque. Mais ****** que c’est bon de lire du Welsh, pur produit de notre époque à nous.

Ses personnages sont généralement des dépravés pourris jusqu’à l’os, mais qu’ils sont attachants! On sent qu’il les aime, qu’il en a fait partie, qu’il les comprend même dans leurs pires conneries, même dans leur trahison. Il a de la tendresse communicative pour eux. Si on les croise dans la rue, on ne peut que les mépriser, voire les haïr, mais quand on passe par le regard de cet atypique auteur, on voit les choses différemment. On voit des êtres humains évoluant dans un milieu hostile, englués à ce milieu, à leur famille, leurs amis, leurs clubs de foot… Et puis on se remet soi-même en question. Est-on si différent, au fond? Quel regard ces gens-là peuvent-ils avoir sur nous? Du social pur et dur qu’il nous livre, ce Welsh. Du social débarrassé de tout parti pris, de tout dogme, de toute politique. Du social épuré. Du bon social en somme. En lisant ses bouquins, on peut se livrer à une véritable analyse de la situation, même si on est pas écossais parce qu’il touche à l’universel, cet enfoiré, tout en ne parlant que d’un petit groupe, d’un quartier, d’une ville, d’un pays. Du local qui devient universel. C’est ce que j’appelle une réussite littéraire.

Mais trêve de flatterie! Que vaut-il ce bouquin?
Bien sûr, il est très bon. Comme d’habitude. On sent la maturité littéraire. Welsh a ses repères, son style, ses sujets… Il joue à domicile et maîtrise à la fois le sujet et la forme.
Ca ne m’a pas empêché d’être surpris par les focalisations externes. D’habitude, dans tous ses bouquins (sauf erreur de ma part), ce sont ses personnages qui parlent, en se relayant. Là aussi mais par moment il quitte sa chère focalisation interne (que j’apprécie énormément) pour passer à de la focalisation externe. Pourquoi pas? Si ça lui rajoute une nouvelle corde à son arc, je suis pour. D’autant que j’ai trouvé ça vachement bien employé pour un mec qui doit pas trop en avoir l’habitude, même si ce ne sont pas mes passages préférés. Soit! Un détail.
Pour le reste, je dois dire que je suis un peu déçu. Maîtrise, d’accord mais pointe de nostalgie dans ce bouquin. Là aussi c’est pas comme d’habitude. Moins méchant. Moins hargneux. Moins trash. Là c’est un jugement purement subjectif qui doit donc être pris comme tel.
Si je devais faire un classement de ses bouquins, je mettrai Porno en premier, suivi de Recettes intimes de grands chefs, puis de Trainspotting, Extasy et seulement derrière Glu, avec Une ordure pour fermer le classement. Pas terrible, donc, hein? Ouais mais en même temps, quand on n’est pas habitué à cet univers, commencer par Glu, je pense que c’est plus sage. Trainspotting c’est assez violent à lire, aussi bien pour le contenu que pour le contenant; une véritable cacophonie où on a du mal à savoir qui parle à qui et de quoi, ******! Pour lire Porno, vaut mieux avoir lu Trainspotting avant, logique puisque c’est la suite. Extasy et Recettes intimes de grands chefs… c’est plus clairement écrit mais très très trash… Ca peut choquer! Donc ouais, Glu pour un dépucelage en douceur, une immersion progressive dans l’univers de Welsh, ça me semble tout à fait correct. Malheureusement pour moi, je suis déjà dépucelé depuis un petit moment… alors les papouilles, et tout ça moi… on va dire que je suis passé à autre chose, quoi, hein? Il me semble que c’est Coralie qui disait qu’une baise sans sodomie c’était comme… euh… je sais plus exactement mais bon pas terrible quoi! Ben à peu près pareil pour moi, avec Welsh.

En résumé, je suis sévère mais Glu reste un excellent bouquin que je conseille à tous les amateurs de Welsh et plus encore à ceux qui seraient suffisamment incultes pour n’en avoir pas encore lu une ligne. Je le conseille aussi à ceux qui en auraient lu quelques lignes et qui en auraient été rebutés. C’est l’occasion où jamais de lui donner une première ou une deuxième chance.
Quant à moi, j’attends le prochain avec impatience!

A suivre: la critique des Particules élémentaires du célèbre Michel Houellebecq. Pour l’instant ça a l’air intéressant dans la thématique et dans le style. Je sais qu’il est autant adulé qu’abhorré, alors ne serait-ce que par curiosité… Je lui souhaite en tous cas de connaître un meilleur sort que Dan Brown au sein de ce blog.

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