Fin de la version 4.0
La Guerre sainte octobre 6th, 2009
La version 4.0 de La Guerre sainte touche à sa fin. Pour la première fois arrivé à ce stade, je doute. Ça doit s’appeler la maturité.
La version 4.0 est mauvaise, très mauvaise. Il y a de bons passages, de très bons passages même, mais l’ensemble reste décousu, incohérent, mal amené. En bref, c’est clairement du travail bâclé. Néanmoins, les bases me semblent solides. L’histoire générale est bonne. Les personnages sont bons. Le style inconstant, oscillant entre le très bon et le très mauvais.
Il va donc falloir passer à la version 4.1. On reprend tout depuis le début, on bouche les trous, on polit tout ça… Il va donc falloir étoffer mon histoire, rajouter un paquet de chapitres en réfléchissant bien à la cohérence d’ensemble, étoffer et corriger les chapitres déjà existants, faire intervenir un narrateur omniscient… Ça représente encore des mois de travail, de longs mois. Je vais devoir commencer par prendre un peu de recul que tout soit bien clair dans ma tête et puis m’y remettre, en avançant personnage par personnage.
J’espère que tout sera terminé pour le mois de mars et le salon du livre mais j’ai quelques doutes. J’en suis pour le moment à un peu plus de 160 pages mais je pense qu’au final il va facilement doubler de volume. J’ai commencé la rédaction de la 4.0 vers le mois de mars. J’ai donc écrit 160 pages en… 7 mois, et il me reste environ cinq mois pour en écrire à peu près autant. Ça va quand même être super tendu mais après tout ce n’est pas bien grave s’il n’est pas terminé pour le salon du livre.
C’est tout de même traumatisant de se dire qu’au final il ne sera peut-être pas édité…
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Le processus de création
La Guerre sainte août 4th, 2009
Je ne vais pas faire de mon cas une généralité. Je ne suis pas comme tout le monde, je suis un individu, unique. Ceux qui me connaissent personnellement ont l’impression que je règle mes comptes dans la Guerre sainte, c’est-à-dire que j’y raconterais ma vie. A la fac, j’ai très vite et douloureusement appris que plaquer la biographie d’un écrivain sur son texte est une erreur fatale.
On ne peut pas créer à partir de rien. On ne peut que transformer. C’est comme ça, c’est un fait. Dernièrement, je me suis lancé dans un chapitre de la Guerre sainte au cours duquel Claudio connait sa première expérience homosexuelle. En ce qui me concerne, c’est une expérience que je n’ai jamais vécu. Pourtant, cette scène est un puzzle d’autres scènes réellement vécues : mon premier flirt, mon dépucelage, certaines conversations avec des bisexuels, des homosexuels, des expériences vécues avec mes ex… Tout écrivain doit être capable de faire la part des choses. Ma vie, tout le monde s’en fout royalement. De la même façon, la mort de la fille de Victor Hugo, Léopoldine, tout le monde s’en tape. Pourtant, il a écrit de nombreux poèmes dans lesquels il parle de sa fille, de sa douleur, de son deuil… Ce qui est intéressant, c’est ce qu’il en fait. Le vécu, l’expérience est un matériau que l’écrivain façonne comme il le veut. Pour Hugo, c’est l’occasion de parler non de son deuil mais du deuil, tout court. C’est l’occasion pour lui de s’adonner au romantisme, de nous montrer comment on doit évoquer le deuil quand on est un poète romantique, comment on doit versifier la douleur. Mais ce n’est pas de l’autobiographie, surtout pas ! C’est de la poésie. C’est de la fiction. Ce qu’il écrit n’est pas vrai, ses sentiments sont travestis, arrangés pour mieux passer, artistiquement parlant.
Si vous trouvez que l’histoire de Claudio ressemble à ma propre histoire, c’est que j’ai réussi mon pari : vous faire avaler des couleuvres. Ça signifie tout simplement que mon histoire est réaliste, crédible, tellement crédible qu’on la confond avec la réalité. Seulement, cette histoire est en travaux. Mes personnages se construisent au fil du récit. Pour le moment, je suis plus ou moins obligé d’y mettre des gros bouts de ficelle, des échafaudages. Pour le moment, je suis pleinement conscient qu’il est truffé d’incohérences, d’ambigüités, d’approximations… Les premiers chapitres sont particulièrement courts parce que je ne maitrise pas encore les personnages, tout simplement, et je n’ai pas envie de les maitriser tout de suite. Je connais l’histoire, je connais vaguement mes personnages mais plus j’avance et plus ils se découvrent. Je me rends compte en écrivant de la nécessité d’incorporer tel ou tel passé, telle ou telle connaissance, tel ou tel look, alors en attendant je leur ai greffé des bouts de ma propre vie, que je virerai ou pas par la suite, suivant les besoins.
Vous voyez que la notion de règlement de comptes passe largement derrière les considérations esthétiques. Vous voyez aussi que ma propre vie n’est vraiment rien de plus qu’un matériau dont je me sers pour aider mon histoire à tenir debout, je n’ai pas plus de considération pour elle que pour un vulgaire échafaudage.
D’aucuns peuvent aussi avoir peur des conséquences psychologiques de l’écriture d’un tel récit, parce que justement je me sers de passages plus ou moins douloureux de ma vie, parce que je me fais passer derrière mon récit. Mais il faut remettre les choses à leur juste place. Certes, la lecture d’un bouquin peut avoir des conséquences psychologiques, de la même façon que n’importe quelle discussion, conférence, débat. Un exemple parmi d’autres : le Coran. Psychologiquement, je n’ai jamais rien lu d’aussi violent. A longueur de Sourate : la carotte et le bâton. C’est un livre conçu pour semer le doute dans l’esprit du lecteur. Quand on referme ce livre, on a le choix. Soit on est sûr que c’est des conneries, soit il subsiste un léger doute, et si ce doute s’insinue, c’est terrible parce que toute sa vie on pourra se dire «Et si c’est vrai cette histoire ? Je risque de gravement morfler une fois mort…» Oui, ça peut être douloureux d’écrire.
A une époque, j’envisageais sérieusement d’écrire un «tombeau d’encre» pour une amie décédée d’un cancer. J’ai renoncé pour plusieurs raisons. La première, c’est que c’aurait été beaucoup trop douloureux pour moi. Passer des mois à penser à elle, à son histoire… c’était la dépression assurée. La seconde et principale c’est qu’artistiquement ça n’avait absolument aucun intérêt. En conclusion, j’aurais passé d’interminables mois à me torturer pour lui rendre hommage et au final, seule une poignée de personnes se seraient retrouvés intéressés par ce bouquin, forcément glauque, morbide, douloureux. Une démarche aussi inutile qu’un interminable deuil. Ce n’est sûrement pas ce qu’elle aurait voulu. Je pense que ce qu’elle aurait voulu c’est tout simplement qu’on passe à autre chose, qu’on ne la traine pas derrière nous comme un boulet.
En revanche, dans la Guerre sainte, je parle d’elle, d’une certaine manière. Le personnage de Ben, c’est elle, Marie, sauf que c’est complètement autre chose. Marie est morte et Ben est immortel. Ben est un garçon. Ben n’a pas du tout la même vie que Marie. Bref, vraiment rien de comparable, sauf que je me suis servi du matériau «Marie» pour le créer. Là aussi je me suis servi du deuil de Marie pour parler du deuil tout court et de la mort en général, et par extension de la vie… Marie n’est qu’un matériau dans cette histoire, associé avec beaucoup d’autres, mythologiques, issus de manga, issus de mon expérience personnelle… Le but n’est plus de trainer Marie comme un boulet, mais d’en faire autre chose. Au lieu d’en faire un monstrueux mort-vivant, un cadavre puant et ambulant, je l’ai réincarné en totalement autre chose. Ça ne me pose donc aucun problème d’écrire son histoire puisque je ne suis pas obligé de m’assoir à côté d’un cadavre chaque fois que j’écris et de remuer des souvenirs douloureux. C’est plus ou moins la même chose pour le personnage de Claudio. Parfois j’aimerais être ce personnage, mais d’un autre côté, je connais la suite de son histoire et ça me fait tout de suite beaucoup moins bander. Et puis après tout, je suis plutôt pas mal à ma propre place, moins rock n’roll, parce que ce n’est pas une fiction, pas de la littérature mais bien rock n’roll quand même malgré tout.
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« Différent comme tout le monde » est devenu un livre
Ma pièce de théâtre avril 15th, 2009
- Actualité
Maubeuge
« Différent comme tout le monde » est
devenu un livre
Lundi 13.04.2009, 05:04 – La Voix du Nord
Pour la sortie du livre, Achraf Echkaou, Marc Anciel -l’auteur de la pièce-, Mehdi Azzedine et Julien Longle se sont retrouvés.
| PUBLICATION |
L’an dernier, après un an de travail, « Différent comme tout le monde », pièce de théâtre civique et engagée, avait été présentée en Sambre. Aujourd’hui, le texte de Marc Anciel est édité en livre. Et l’aventure se poursuit sous d’autres formes.
L’enthousiasme communicatif d’Achraf Echkaou ne faiblit pas. À l’heure où Différent comme tout le monde, le texte de Marc Anciel, est édité par Edilivre (1), le jeune Sambrien déborde déjà d’autres projets. Du théâtre dans la région parisienne. Mais aussi un disque collectif avec son copain Mehdi Azzedine. Toujours avec le souci de combattre les préjugés, de militer pour l’égalité et l’accès de tous à la culture. Une culture pas pédante mais qui parle comme ceux auxquels elle s’adresse. C’est d’ailleurs ce qui a fondé l’écriture de la pièce montée l’an dernier. Marc Anciel, l’auteur, se souvient « avoir toujours écrit. Petit, je racontais des histoires en dessinant ». Alors quand Achraf l’a
sollicité pour imaginer un texte à partir d’une idée conçue avec Mehdi, le jeune homme n’a pas hésité : la pièce est née, histoire de deux familles que tout sépare, réunies par l’amour de deux jeunes gens. Roméo et Juliette ne sont pas loin. Mais pas seulement : l’auteur a inventé des noms, des mots, afin que chacun puisse se projeter dans l’histoire sans se soucier du contexte culturel ou géographique. L’édition sous forme de livre complète la démarche d’Achraf et de l’association Théâtre-création : « Si d’autres s’emparent de la pièce et la montent ailleurs, autrement, ce pourrait être formidable », espère
Marc Anciel. Lui, de son côté, continue d’écrire. Une autre pièce est en cours de répétition, L’Amour avec un grand @ et il prépare aussi un roman plus personnel tout en créant une compagnie de théâtre.
L’aventure se poursuit aussi pour Julien Longle, acteur amateur, qui a joué dans Différent comme tout le monde jusqu’au Maroc où la pièce a également été présentée ! « C’est un sujet de société, d’actualité et cela m’a permis de rencontrer des personnes avec lesquelles je partage ma passion mais aussi un certain esprit. »
L’aventure est loin d’être finie. • B. FR.
1.- Disponible sur le site d’Edilivre (www.edilivre.com/doc/9245) et
bientôt sur les sites Amazon et Alapage.
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