Fin de la version 4.0
La Guerre sainte octobre 6th, 2009
La version 4.0 de La Guerre sainte touche à sa fin. Pour la première fois arrivé à ce stade, je doute. Ça doit s’appeler la maturité.
La version 4.0 est mauvaise, très mauvaise. Il y a de bons passages, de très bons passages même, mais l’ensemble reste décousu, incohérent, mal amené. En bref, c’est clairement du travail bâclé. Néanmoins, les bases me semblent solides. L’histoire générale est bonne. Les personnages sont bons. Le style inconstant, oscillant entre le très bon et le très mauvais.
Il va donc falloir passer à la version 4.1. On reprend tout depuis le début, on bouche les trous, on polit tout ça… Il va donc falloir étoffer mon histoire, rajouter un paquet de chapitres en réfléchissant bien à la cohérence d’ensemble, étoffer et corriger les chapitres déjà existants, faire intervenir un narrateur omniscient… Ça représente encore des mois de travail, de longs mois. Je vais devoir commencer par prendre un peu de recul que tout soit bien clair dans ma tête et puis m’y remettre, en avançant personnage par personnage.
J’espère que tout sera terminé pour le mois de mars et le salon du livre mais j’ai quelques doutes. J’en suis pour le moment à un peu plus de 160 pages mais je pense qu’au final il va facilement doubler de volume. J’ai commencé la rédaction de la 4.0 vers le mois de mars. J’ai donc écrit 160 pages en… 7 mois, et il me reste environ cinq mois pour en écrire à peu près autant. Ça va quand même être super tendu mais après tout ce n’est pas bien grave s’il n’est pas terminé pour le salon du livre.
C’est tout de même traumatisant de se dire qu’au final il ne sera peut-être pas édité…
Tags: angoisses, boileau, corrections, doute, doutes, ecriture, ecrivain, etapes d ecriture
Le processus de création
La Guerre sainte août 4th, 2009
Je ne vais pas faire de mon cas une généralité. Je ne suis pas comme tout le monde, je suis un individu, unique. Ceux qui me connaissent personnellement ont l’impression que je règle mes comptes dans la Guerre sainte, c’est-à-dire que j’y raconterais ma vie. A la fac, j’ai très vite et douloureusement appris que plaquer la biographie d’un écrivain sur son texte est une erreur fatale.
On ne peut pas créer à partir de rien. On ne peut que transformer. C’est comme ça, c’est un fait. Dernièrement, je me suis lancé dans un chapitre de la Guerre sainte au cours duquel Claudio connait sa première expérience homosexuelle. En ce qui me concerne, c’est une expérience que je n’ai jamais vécu. Pourtant, cette scène est un puzzle d’autres scènes réellement vécues : mon premier flirt, mon dépucelage, certaines conversations avec des bisexuels, des homosexuels, des expériences vécues avec mes ex… Tout écrivain doit être capable de faire la part des choses. Ma vie, tout le monde s’en fout royalement. De la même façon, la mort de la fille de Victor Hugo, Léopoldine, tout le monde s’en tape. Pourtant, il a écrit de nombreux poèmes dans lesquels il parle de sa fille, de sa douleur, de son deuil… Ce qui est intéressant, c’est ce qu’il en fait. Le vécu, l’expérience est un matériau que l’écrivain façonne comme il le veut. Pour Hugo, c’est l’occasion de parler non de son deuil mais du deuil, tout court. C’est l’occasion pour lui de s’adonner au romantisme, de nous montrer comment on doit évoquer le deuil quand on est un poète romantique, comment on doit versifier la douleur. Mais ce n’est pas de l’autobiographie, surtout pas ! C’est de la poésie. C’est de la fiction. Ce qu’il écrit n’est pas vrai, ses sentiments sont travestis, arrangés pour mieux passer, artistiquement parlant.
Si vous trouvez que l’histoire de Claudio ressemble à ma propre histoire, c’est que j’ai réussi mon pari : vous faire avaler des couleuvres. Ça signifie tout simplement que mon histoire est réaliste, crédible, tellement crédible qu’on la confond avec la réalité. Seulement, cette histoire est en travaux. Mes personnages se construisent au fil du récit. Pour le moment, je suis plus ou moins obligé d’y mettre des gros bouts de ficelle, des échafaudages. Pour le moment, je suis pleinement conscient qu’il est truffé d’incohérences, d’ambigüités, d’approximations… Les premiers chapitres sont particulièrement courts parce que je ne maitrise pas encore les personnages, tout simplement, et je n’ai pas envie de les maitriser tout de suite. Je connais l’histoire, je connais vaguement mes personnages mais plus j’avance et plus ils se découvrent. Je me rends compte en écrivant de la nécessité d’incorporer tel ou tel passé, telle ou telle connaissance, tel ou tel look, alors en attendant je leur ai greffé des bouts de ma propre vie, que je virerai ou pas par la suite, suivant les besoins.
Vous voyez que la notion de règlement de comptes passe largement derrière les considérations esthétiques. Vous voyez aussi que ma propre vie n’est vraiment rien de plus qu’un matériau dont je me sers pour aider mon histoire à tenir debout, je n’ai pas plus de considération pour elle que pour un vulgaire échafaudage.
D’aucuns peuvent aussi avoir peur des conséquences psychologiques de l’écriture d’un tel récit, parce que justement je me sers de passages plus ou moins douloureux de ma vie, parce que je me fais passer derrière mon récit. Mais il faut remettre les choses à leur juste place. Certes, la lecture d’un bouquin peut avoir des conséquences psychologiques, de la même façon que n’importe quelle discussion, conférence, débat. Un exemple parmi d’autres : le Coran. Psychologiquement, je n’ai jamais rien lu d’aussi violent. A longueur de Sourate : la carotte et le bâton. C’est un livre conçu pour semer le doute dans l’esprit du lecteur. Quand on referme ce livre, on a le choix. Soit on est sûr que c’est des conneries, soit il subsiste un léger doute, et si ce doute s’insinue, c’est terrible parce que toute sa vie on pourra se dire «Et si c’est vrai cette histoire ? Je risque de gravement morfler une fois mort…» Oui, ça peut être douloureux d’écrire.
A une époque, j’envisageais sérieusement d’écrire un «tombeau d’encre» pour une amie décédée d’un cancer. J’ai renoncé pour plusieurs raisons. La première, c’est que c’aurait été beaucoup trop douloureux pour moi. Passer des mois à penser à elle, à son histoire… c’était la dépression assurée. La seconde et principale c’est qu’artistiquement ça n’avait absolument aucun intérêt. En conclusion, j’aurais passé d’interminables mois à me torturer pour lui rendre hommage et au final, seule une poignée de personnes se seraient retrouvés intéressés par ce bouquin, forcément glauque, morbide, douloureux. Une démarche aussi inutile qu’un interminable deuil. Ce n’est sûrement pas ce qu’elle aurait voulu. Je pense que ce qu’elle aurait voulu c’est tout simplement qu’on passe à autre chose, qu’on ne la traine pas derrière nous comme un boulet.
En revanche, dans la Guerre sainte, je parle d’elle, d’une certaine manière. Le personnage de Ben, c’est elle, Marie, sauf que c’est complètement autre chose. Marie est morte et Ben est immortel. Ben est un garçon. Ben n’a pas du tout la même vie que Marie. Bref, vraiment rien de comparable, sauf que je me suis servi du matériau «Marie» pour le créer. Là aussi je me suis servi du deuil de Marie pour parler du deuil tout court et de la mort en général, et par extension de la vie… Marie n’est qu’un matériau dans cette histoire, associé avec beaucoup d’autres, mythologiques, issus de manga, issus de mon expérience personnelle… Le but n’est plus de trainer Marie comme un boulet, mais d’en faire autre chose. Au lieu d’en faire un monstrueux mort-vivant, un cadavre puant et ambulant, je l’ai réincarné en totalement autre chose. Ça ne me pose donc aucun problème d’écrire son histoire puisque je ne suis pas obligé de m’assoir à côté d’un cadavre chaque fois que j’écris et de remuer des souvenirs douloureux. C’est plus ou moins la même chose pour le personnage de Claudio. Parfois j’aimerais être ce personnage, mais d’un autre côté, je connais la suite de son histoire et ça me fait tout de suite beaucoup moins bander. Et puis après tout, je suis plutôt pas mal à ma propre place, moins rock n’roll, parce que ce n’est pas une fiction, pas de la littérature mais bien rock n’roll quand même malgré tout.
Tags: ecriture, ecrivain, litterature, processus creation
« Différent comme tout le monde » est devenu un livre
Ma pièce de théâtre avril 15th, 2009
- Actualité
Maubeuge
« Différent comme tout le monde » est
devenu un livre
Lundi 13.04.2009, 05:04 – La Voix du Nord
Pour la sortie du livre, Achraf Echkaou, Marc Anciel -l’auteur de la pièce-, Mehdi Azzedine et Julien Longle se sont retrouvés.
| PUBLICATION |
L’an dernier, après un an de travail, « Différent comme tout le monde », pièce de théâtre civique et engagée, avait été présentée en Sambre. Aujourd’hui, le texte de Marc Anciel est édité en livre. Et l’aventure se poursuit sous d’autres formes.
L’enthousiasme communicatif d’Achraf Echkaou ne faiblit pas. À l’heure où Différent comme tout le monde, le texte de Marc Anciel, est édité par Edilivre (1), le jeune Sambrien déborde déjà d’autres projets. Du théâtre dans la région parisienne. Mais aussi un disque collectif avec son copain Mehdi Azzedine. Toujours avec le souci de combattre les préjugés, de militer pour l’égalité et l’accès de tous à la culture. Une culture pas pédante mais qui parle comme ceux auxquels elle s’adresse. C’est d’ailleurs ce qui a fondé l’écriture de la pièce montée l’an dernier. Marc Anciel, l’auteur, se souvient « avoir toujours écrit. Petit, je racontais des histoires en dessinant ». Alors quand Achraf l’a
sollicité pour imaginer un texte à partir d’une idée conçue avec Mehdi, le jeune homme n’a pas hésité : la pièce est née, histoire de deux familles que tout sépare, réunies par l’amour de deux jeunes gens. Roméo et Juliette ne sont pas loin. Mais pas seulement : l’auteur a inventé des noms, des mots, afin que chacun puisse se projeter dans l’histoire sans se soucier du contexte culturel ou géographique. L’édition sous forme de livre complète la démarche d’Achraf et de l’association Théâtre-création : « Si d’autres s’emparent de la pièce et la montent ailleurs, autrement, ce pourrait être formidable », espère
Marc Anciel. Lui, de son côté, continue d’écrire. Une autre pièce est en cours de répétition, L’Amour avec un grand @ et il prépare aussi un roman plus personnel tout en créant une compagnie de théâtre.
L’aventure se poursuit aussi pour Julien Longle, acteur amateur, qui a joué dans Différent comme tout le monde jusqu’au Maroc où la pièce a également été présentée ! « C’est un sujet de société, d’actualité et cela m’a permis de rencontrer des personnes avec lesquelles je partage ma passion mais aussi un certain esprit. »
L’aventure est loin d’être finie. • B. FR.
1.- Disponible sur le site d’Edilivre (www.edilivre.com/doc/9245) et
bientôt sur les sites Amazon et Alapage.
Tags: difference, different, Different comme tout le monde, ecriture, ecrivain, livre, piece, publication
Audace, l'annuaire à l'usage des auteurs cherchant un éditeur, de Roger Gaillard, la critique
Aide pour les écrivains avril 13th, 2009

Cet article est d’utilité publique. Au cours de mes errances sur le web et notamment sur les forums littéraires tels que
Jeunes écrivains et Forum littéraire, j’ai pu me rendre compte que certaines questions revenaient régulièrement concernant le monde de l’édition. Il faut dire que cet univers est une jungle inextricable dans laquelle le néophyte peut très facilement se perdre et même assez souvent se faire bouffer par un tigre ou un serpent.
Mais la force de ce bouquin n’est pas simplement là, elle est aussi dans les conseils qu’il donne concernant les contrats d’édition. Il attire surtout l’attention sur les dangers du compte d’auteur et sur les rapaces de l’édition qui n’attendent que vous, pauvres néophytes, pour se faire un max de pognon sur vous, votre naïveté, votre ignorance, votre ego qui vous persuade que vous avez écrit encore mieux que le Da Vinci code et que vous allez donc en vendre des millions à travers le monde…
Et ils sont nombreux dans le genre, à se faire de la pub sur Internet, sur les forums par exemple ou de petits encarts dans les magazines, comme Marianne. Petit exemple avec les éditions Baudelaire où j’avais envoyé le manuscrit de Différent, comme tout le monde, ma modeste pièce de théâtre. J’adore Baudelaire, j’avais trouvé la pub dans un magazine cité plus haut que j’apprécie beaucoup et qui se fait fort de dénoncer tous les méchants de notre société, alors je me suis dit « Pourquoi pas essayer? » Assez rapidement, j’ai reçu une réponse très positive et un contrat magnifiquement présenté qui m’a presque fait mourir de rire. Pour publier ma pièce de théâtre, ils me demandaient 2428€80!!! Payable en plusieurs fois, évidemment… En sachant que je n’avais encore rien publié et qu’on peut s’estimer satisfait lorsqu’une pièce de théâtre se vend à 100 exemplaires à 12€, et en sachant qu’en général on touche 10% sur un bouquin (pour Baudelaire il me semble que c’était heureusement un peu plus quand même)… ben même en étant méga optimiste, ça nous fait pas le compte! Très loin de là!
Dans mon cas personnel, je n’avais de toute façon pas les moyens, du tout, et puis je suis suffisamment lucide pour me rendre compte du grotesque de la proposition, mais d’autres doivent tomber dans le panneau. A la limite, ça pourrait ne pas être grave s’ils en étaient restés là. Ils m’ont envoyé ça pour me décourager, pourrait-on se dire. Sauf qu’ils m’ont relancé par mail quelques mois plus tard, en vantant mon ouvrage et en me signifiant la possibilité de revoir à la baisse leurs tarifs. Je leur ai répondu que s’ils trouvaient mon bouquin si bien que ça, ils n’avaient qu’à me proposer un vrai contrat d’édition dans lequel je n’aurais rien à débourser… Ma réponse demeure à ce jour sans réponse…
Voilà donc l’utilité publique d’Audace et de l’ensemble des publications de L’Oie plate, dont je parlerai par la suite, un bouquin à la fois.
Concrètement, comment ça se présente?
Dans sa première partie, l’auteur se livre à un état des lieux et à quelques conseils dans le démarchage des maisons d’édition, les différents types de contrat, les stratégies par genre etc etc. C’est assez synthétique parce qu’il développe toutes ces questions dans ses autres publications, mais c’est à apprendre par coeur.
Dans la seconde partie, Roger Gaillard recense tous les éditeurs qu’il connait, par ordre alphabétique, avec une belle petite fiche descriptive à chaque fois.
Ces fiches sont réalisées grâce à un questionnaire qu’il envoie à chacun de ces éditeurs et par l’expérience, c’est à dire les jugements d’écrivains et de professionnels qui ont « testé » ces entreprises et qui ont pu en discuter avec lui.
On trouve donc tout ce qu’il y a à savoir sur ces éditeurs: ce qu’ils éditent, leur philosophie, leur importance, le nombre de publications, comment ils trouvent leurs nouveaux auteurs, comment leur envoyer son manuscrit, combien de temps ils mettent à répondre, quelques conseils personnalisés etc etc etc
Je peux vous assurer que c’est complet de chez complet. Et, en bonus, pour les éditeurs à compte d’auteur, il pousse même jusqu’à décerner des étoiles pour ceux à qui on peut faire confiance, et des tomates pour ceux qu’il faut éviter comme la peste.
Il s’agit donc, vraiment, du bouquin que tout écrivain doit avoir dans sa bibliothèque s’il souhaite se confronter au monde de l’édition.
En plus, même si c’est anecdotique, j’ai eu l’occasion de discuter avec monsieur Gaillard, par téléphone et par mail, et je peux vous dire que c’est un type sympa, et très engagé dans la défense des auteurs. Un mec de confiance, quoi…
Les faiblesses du bouquin.
Malheureusement, tout n’est pas parfait non plus.
Le prix, déjà, en fait un investissement, certes rentable mais qui fait quand même réfléchir quand on manque de thune: 45€ (il est en promo en ce moment, moi je l’ai payé 54€). Cela dit, sur le site de L’Oie plate, on trouve quelques conseils qui figurent dans le livre, et ça c’est cadeau. Et puis, ça vaut largement le coup.
Plus embêtant: la rareté des mises à jour. Mon bouquin date de 2005 et il n’y a toujours pas eu de nouvelle version. Pourtant, le monde éditorial n’arrête de bouger, d’évoluer… Des éditeurs naissent pendant que d’autres meurent… Donc c’est un ptit peu emmerdant. D’un autre côté, c’est aussi notre faute. Ca demande énormément de boulot de réaliser un tel bouquin et si on participait un peu plus en envoyant nos expériences et découvertes, et si on achetait un peu plus de leurs bouquins, ils pourraient sans doute s’y consacrer d’avantage. Cela dit, on peut également trouver sur le site une rubrique « Le lifting d’Audace » qui apporte les nécessaires corrections à ce livre, gratuitement. Elles n’y sont sans doute pas toutes mais ça reste appréciable.
Dernier défaut: il manque quelques éditeurs. De par mon expérience, il en manque même des centaines. Le bouquin est déjà conséquent mais rien que pour le théâtre (je suis en pleine recherche d’éditeur pour ma deuxième pièce), il en manque un sacré paquet. Je pense que d’ici quelques temps je vais lui proposer un partenariat pour combler ses lacunes et pour pouvoir également propager sa bonne parole.
Conclusion.
Je suis écrivain et c’est ma Bible et je pense que chaque écrivain devrait l’avoir en sa possession pour éviter de se faire baiser et pour optimiser ses chances d’être bien édité et diffusé.
Le Must, donc.
(Ptit conseil de dernière minute: achetez-le plutôt sur Amazon ou Alapage ou Chapitre.com, vous éviterez de payer les frais de port et vous aurez même une chtite réduction.)
Tags: arnaques, audace, auteur, conseils, ecrivain, edition, maison d edition, publication, recherche editeur
IRM, la critique
Jeux vidéo août 28th, 2008

Bon allez, j’ai fait mon sérieux pendant un moment, maintenant on va déconner un peu en parlant des IRM…
Oui évidemment dit comme ça, ça a l’air tout aussi sérieux, sinon plus, que mes précédents sujets mais vous allez voir que non.
D’abord il faut se mettre dans le contexte. Je vais parler des IRM parce que j’en ai passé un aujourd’hui, mon tout premier. Comment en suis-je arrivé là? C’est là que c’est drôle! Si, si! Vous vous attendez à quoi? Un cancer? Un accident de bagnole? Un truc au cerveau? Une chute? Ben même pas. Je me suis simplement fait l’une des blessures les moins glorieuses qu’on puisse trouver.
J’étais parti chez un pote pour l’aider dans ses travaux. Sa maison est pour l’instant inhabitable, un chantier complet. Il a commencé par démolir du mur, fait des saignées un peu partout, il y a des cables dans tous les coins, des débris, des briques, des bouts de bois et de la poussière à plus en voir le carrelage. Un vrai spectacle de désolation, déprimant, démotivant tant il reste encore du boulot avant d’avoir, enfin, son havre de paix. C’est aussi une maison pernicieusement dangereuse. Mon camarade et néanmoins propriétaire des lieux en avait déjà douloureusement fait l’expérience en faisant ses saignées dans les murs, la disqueuse ayant décidé de se barrer de ses mains pour aller faire une saignée, une vraie cette fois, dans son avant bras, provoquant un joli geyser de sang, un bon coup de panique, un passage aux urgences et aujourd’hui une belle cicatrice. Suite à cet épisode prouvant sa grande dextérité à l’ouvrage on a décidé de lui payer des outils qui lui correspondraient un peu plus: en plastique…
Evidemment je ne pouvais pas faire mon malin et fanfaronner éternellement. Là-bas, le danger est partout et il ne faut jamais relâcher son attention, on risque de mourir, rendez-vous compte!
J’ai pourtant commis la grave erreur de relâcher mon attention, erreur de débutant, de newbie, un truc qui n’aurait jamais du arriver…
Bé oui. C’était l’été. Il faisait beau, presque chaud. On avait décidé de sortir le barback. J’aurais du me méfier en le voyant sortir de la bouffe pour une personne! Son inconscient a du le prévenir du risque! Mais non, je ne me méfie pas. On allume le barback, avec du mal et beaucoup d’essence. Je prépare mon pain. On discute. J’installe confortablement mes merguez sur le grill déjà brûlant. Je les pique pour éviter qu’elles n’explosent et pour que leur jus attisent un peu le brasier pas encore au top. J’attends. Je les taquine un peu, les tourne, les retourne, jamais content de leur position. Parfois je les sauve de la chute sur le brasier ou je les écarte d’une gerbe de flamme survenue comme par magie. Un barback quoi! Et puis je finis par juger qu’elles sont cuites. Je suis un gourmand. Je claque donc mes deux merguez dans mon pain. Un bout de baguette tout ce qu’il y a de plus normal, un peu dur peut-être, enfin pas trop cassant surtout, mais rien d’anormal. Et là je commence à bouffer. Je finis mon sandwich et les deux merguez suivantes sont déjà prêtes à enfourner mon deuxième sandwich qui ne demande que ça. Alors j’enfourne, langoureusement, avec une certaine volupté, voire de l’excitation! Et je commence à manger. Je mange. Je parle. Je mange. Je parle. Je mange… et là mon cerveau tilt de douleur! Mes muscles se raidissent un peu partout dans mon corps. Mon adorable petit visage se crispe de douleur, une douleur atroce, abominable, insoutenable. Je l’ai dit un peu plus haut: je suis gourmand. J’ai menti: je ne suis pas gourmand, je suis un crevard doublé d’un sacré couillon (pour pas dire autre chose qui serait de toute façon censuré par bloguez.com ^^) parce que j’ai continué à mâcher et à avaler la bouchée que j’avais. Pas moyen que je crache le morceau malgré la douleur, et vous apprendrez par la suite que c’était pas une fausse douleur.
Suite à ça, le lendemain, ma chérie me conseille vivement d’aller consulter mon médecin. Moi pas chochotte, je temporise: « On verra bien. Si ça tombe dans quelques jours ça sera passé… » Sur ces paroles emplies de sagesse, je me lève et je vais me chercher un sandwich. Pas un sandwich avec du pain d’y a deux jours hein? Du sandwich triangle, avec du pain de mie, acheté tout fait dans le commerce, le truc tout mou. J’ouvre ma bouche, avec difficulté, je la referme sur mon sandwich… « Bon ok, je vais chez le médecin! »
Là commence une longue série, complètement débile où je répète invariablement la même phrase, comme ça, juste pour voir la réaction des praticiens.
« - Alors, qu’est-ce qui vous amène? »
« - Un sandwich merguez… »
« - Plait-il? »
Les médecins n’ont vraiment aucun humour. La preuve est faite. Même pas un sourire! Un truc qui fait forcément rigoler tous mes potes, des gens affecté, qui m’aiment bien, conscients de la douleur que je dois ressentir et du handicap qu’est le mien, hé bien les médecins, que dalle! Pas un qui a souri! Quelle tristesse. Alors j’explique, prosaïquement qu’en mangeant le plus normalement du monde, un sandwich merguez le plus normal du monde, je me suis éclaté le plus anormalement du monde la machoire… Et là, pour le médecin généraliste: si ça dure, c’est une luxation, faut voir un stomatologue, si ça dure pas c’est pas grave. Comme ça a duré j’ai refait le même bide chez la stomato, qui confirme: luxation, en précisant quand même, du ménisque temporal je sais pas quoi.
A ce propos, petite parenthèse: remplacez le mot « ménisque » par le mot « ménix » auprès de vos amis. Vous verrez que même les praticiens de la santé finissent, à un moment ou à un autre, par s’emmêler les pinceaux et à dire « ménix », et donc à se taper franchement la honte parce que si vous c’était volontaire, eux c’est accidentel, et eux bossent dans la santé et ont tripatouillé du ménix à de nombreuses reprises. ^^

Et voilà… J’aurais pu me prendre une brique sur la tête, j’aurais pu me fracasser le crâne après avoir trébuché sur un câble, j’aurais pu me fracasser les doigts à coups de marteaux, me saigner avec une disqueuse, me cramer avec le barback même!! J’ai évité tous les dangers, sauf cette foutue merguez… Quoi de plus vicieux qu’une merguez? On se méfie pas de cette chose là. C’est là, tout mou, tout flasque, tout passif, tout gentil… Et puis d’un coup on en trouve une, le mouton noir, le Che Guevara de la bande, qui décide de venger toutes les autres!!! Ha ouais je l’ai vraiment pas vu venir celle-là! J’ai bien 27 ans d’expérience dans le bouffage de merguez et c’est bien la première fois que j’en vois une aussi sadique et douée tout en même temps!!! Ho bien sûr j’en avais déjà vu des chiantes, vous savez, celles qui se glissent sous la grille malgré tous vos efforts, une véritable bagarre pour la récupérer et au final vous la regardez, vaincu, crépiter de plaisir dans les braises, rétrécissant et noircissant comme un pénis par -15. (Qu’est-ce que je raconte moi? Ca rétrécit mais ça noircit pas un pénis à -15, ça bleuit, au pire…). Les pires que j’ai connu sont celles qui se barrent en dehors du barback et qu’on essaie de rattraper, ultime réflexe de crevard qui préfère laisser sa main plutôt que sa bouffe… On se retrouve généralement avec de belles ampoules après avoir poussé un hurlement bestial (et remis la rebelle avec ses consoeurs ^^), et après il faut encore essuyer les humiliations, les « Putain, mais t’es vraiment trop con! Pourquoi t’as fait ça? » Oui, jusque là, pour moi c’étaient les pires, celles-là. Jusqu’à cette rencontre avec la Ché… Une fois l’ampleur de son forfait connu d’ailleurs, je me suis félicité pour mon masochisme et ma crevardise: certes elle m’a bien eu, certes cette foutue merguez a creusé un peu plus le trou de la sécu (oui d’ailleurs! On accuse toujours les pauvres et les malades de creuser ce foutu trou, mais on en oublie les merguez!!!!!!!!! Toujours les mêmes qui prennent!!! Saleté de justice à deux vitesses!!!!!!) mais moi aussi je l’ai eu!!!!!! Je n’ai pas cédé et je l’ai terminé, avalé, digéré et… débarassé le monde de la Ché!!!
Alors évidemment, quand je raconte ça à mes potes compatissants mais hilares, ils font tous preuves d’une originalité extrême en remettant tous en cause l’explication que je viens de donner et en formulant une autre hypothèse… celle de l’abus de fellation!!! Oui mes potes sont de grands intellectuels… On voit bien mes références, n’est-ce pas? Mais cette thèse n’est pas crédible pour deux raisons:
- 1: C’est gentil un pénis. Les merguez, même les plus dociles, piquent! Si un pénis pique comme une merguez, c’est qu’il est très malade! Personnelement je ne me suis jamais brûlé avec un pénis et je ne me suis jamais fracturé ou luxé quoi que ce soit. Le pénis est altruiste, malgré ce que peuvent en dire quelques mauvaises langues. Si le pénis vous crache dessus, c’est que vous l’avez bien cherché!!!!! Bon après, c’est un peu comme les chiens, tout dépend du propriétaire… Mais même avec un propriétaire très con… Enfin bref!!
- 2: Je n’ai jamais connu de pénis suffisamment imposant pour me causer une blessure pareille. A la télé peut-être, mais chez mes potes, et mes fréquentations: que dalle!! Du Knacki ball, de la phallange de Ouistiti, du Twix mais rien de plus!!!
Donc cette théorie n’a absolument rien de crédible!!! Hein? Ha oui ma chérie veut rajouter un troisième point:
- 3: Je suis hétérosexuel. C’est vrai. C’est pas bète. J’avais pas pensé. Et pourtant ça décridibilise totalement cette grotesque théorie!!!!!!

Mais tout ça nous éloigne du sujet principal de cet article: les IRM!
Retour donc à la chronologie: sorti de chez la stomato ketchup, j’avais en pogne une ordonnance pour faire un IRM. Je prends donc rendez-vous et le temps passe jusqu’à aujourd’hui (enfin hier puisqu’il est passé minuit là…). Je me prépare psychologiquement en me fumant une clope (ben oui je sais…) et je me lance. L’hôpital est en travaux et il est immense. Sur ma convocation c’était marqué qu’il fallait venir 20 minutes avant le rendez-vous et je comprends pourquoi. Je m’adresse à l’accueil où on m’indique que je dois suivre le long couloir, passer aux « formalités administratives » pour ensuite rejoindre l’ancien hôpital. Ok… A ce moment là j’étais pile à l’heure. Je me dirige donc vers la section « formalités administratives » et là ça se complique: deux possibilités, gauche ou droite. Evidemment je prends la gauche ^^ Mais pas très sûr de mon coup. Là, un bureau et une seule personne pour plusieurs qui attendent. Ca sent le coup fourré. Trop poli, j’attends mon tour, le quart d’heure passe allégrement. Et là le type me fait ma « feuille de soin ». Je respire un peu, malgré une chaleur étouffante: apparemment je suis tombé au bon endroit. Sauf que! Sauf que le type m’explique que je ne serai pas remboursé directement, que je devrais avancer et ensuite être remboursé. Pas prévu dans le contrat de départ ça! Bref! Pas trop le choix. Une fois terminé je lui demande où ça se trouve et là il tique… Il se rend compte qu’il n’avait pas de feuille de soin à faire et que j’ai donc perdu mon temps ici et qu’en plus il ne savait pas exactement où je devais aller!!! Super… Là encore deux choix: l’étage ou l’ancien hôpital. Deux fois que j’entends parler de l’ancêtre, ça me semble louche, je décide donc de m’y rendre. Là bas, un autre bureau. Je regarde ma montre: je suis à la bourre. Un type devant moi, un peu bavard et la dame au téléphone. Je patiente donc. C’est marqué IRM un peu partout, logiquement mon périple se termine. Sauf que… Cette fois la dame de l’accueil a été plus vivace et après quelques minutes elle m’interpelle, me demande ce que je fais là et me dirige. Attendre là était donc aussi une perte de temps, encore fallait-il le savoir… J’arrive donc bien à la bourre à mon rendez-vous, je m’assieds, pas trop longtemps, on m’appele.
Là je me retrouve avec un infirmier en Crocs (mais si, les Crocs, ces espèces de sabots aux couleurs flashys absolument hideux mais qui sont à la mode suite à une technique marketing de pointe) de couleurs différentes. La fantaisie là, pour le coup, ça m’amusait moins. Autant je peux faire le mariole avec mon généraliste et la stomato, autant là, juste avant un examen que je ne connais pas… Bof! En plus il a un vague accent que je n’arrive pas à définir: roumain? italien? Ca me pose pas de problème mais vu qu’il a quelques difficultés avec la langue de Coluche (oui la langue de Molière on la parle plus depuis déjà un bon paquet d’années alors maintenant on dit la langue de Coluche et puis c’est tout!!!), je me dis que pour lire les notices explicatives avec plein de termes techniques que même moi je comprends pas et pour suivre les indications des médecins et chirurgiens ça doit pas être le top. Mais bon, admettons! Oui je suis stressé!!! J’ai la phobie de tout ce qui est médical et de ces ******ries de piquouzes!!!!!!! L’infirmier me mène donc jusqu’à une cabine, un mètre sur un mètre, où il me demande de virer ma montre, mon sac et… c’est tout. Heureusement que je lui demande si le portable dans la poche ça pose problème parce que suite à ça il m’explique que pour lui ça pose pas de problème mais que le portable serait complètement mort après l’IRM… J’oublie vite fait parce qu’après il me parle d’injection… Ha le sale mot que je déteste!!!!!!!! Il a l’air visiblement troublé qu’elle ne soit pas nécessaire pour mon cas à moi… Il insiste pas et il se barre. Je fais donc les 100 pas dans une cabine d’un mètre carré, ce qui n’est ni évident ni agréable en attendant son retour, et il revient… avec une seringue de la taille d’un pétard mamouth dans les mains!!!!! Le type totalement incompétent quoi! C’est un truc de base qu’on apprend à tous les infirmiers ici en France: ce genre de matos, on le planque jusqu’au dernier moment pour éviter au mieux de se prendre un coup de boule suivi d’un marathon pour rattraper le patient devenu hystérique dans les interminables couloirs de l’hôpital, soit au pire un attentat terroriste ou un meurtre sur la personne de l’infirmier… Tout le monde sait ça quoi! Enfin mon médecin traitant est au courant lui… Au courant, c’est le cas de le dire… Houlala comment je suis trop spirituel moi… Bref, là dessus il me demande si je sais ouvrir la bouche. Là je suis perturbé. A la prochaine étape il va me menacer de me faire une injonction avec sa seringue nazie si j’accepte pas de lui faire une gâterie? Non! Simplement qu’ils ont un engin à IRM qui coûte des centaines de milliers d’euros mais pas d’instrument pour me tenir la gueule ouverte et immobile, alors on fait avec ce qu’on trouve…
Suite à cet épisode d’un suspens insoutenable (pour moi), l’IRM commence, avec une seringue, mais sans injection. On m’installe donc sur un lit relativement confortable, on me claque un bazar autour de la tête, avec des cales, qui appuient bien là où j’ai mal bordel!!!!!!! Mais c’était obligé, histoire que je bouge pas. Ensuite l’infirmier me demande d’ouvrir la bouche et il me carre son énorme… seringue dans la bouche. Ensuite il me demande si ça va aller et sans attendre la réponse, il lance le manège…
Je m’enfonce donc dans un trou béant mais rigide. Une belle machine blanche, la même que dans Docteur House, le tout dans un bruitage de science fiction, à croire que je vais me retrouver téléporté sur l’Etoile de la mort… (oui je sais c’est dans Star trek qu’on se téléporte pas dans Star wars mais j’aime pas Star trek!!! Et puis c’est MON histoire!!!!!!). Et puis ça s’arrête. Et là faut rester dix minutes totalement immobile avec une seringue géante dans la gueule… Tout en subissant des attaques sonores très perturbantes. Ca oscille entre le jeu vidéo de la fin des années 80 piou piou piou game over aux bruits de perceuse… En entendant ça, j’ai repensé à l’affiche dans la cabine, qui expliquait qu’il y aurait un bruit tout à fait normal de tam tam… J’ai attendu le tam tam, mais ça a du m’échapper.
Et là faut trouver de quoi s’occuper le cerveau pendant les 10 minutes… Ben oui parce que je suis le garde national anglais qui bouge pas un cil même quand on a un Michaël Youn qui fait toutes les conneries du monde avec vous, moi!!! L’immobilité, comme la flotte, comme les légumes, comme l’homosexualité, comme plein d’autres choses encore, c’est pas mon truc! Alors je m’occupe, j’observe. Y a quoi à observer dans un IRM? Que dalle! Du blanc avec une bande bleue pâle. Et un truc avec lequel j’ai développé une certaine sympathie. Je l’ai appellé mon grain de sésame. Ca y ressemblait un peu à vrai dire mais c’était plus un grain de sable, enfin une aspérité, un faux défaut de construction bien minime quoi. Alors voilà, j’ai tapé un délire sur ça, je lui ai parlé, je lui ai demandé depuis combien de temps il était là, s’il avait vu des belles gueules passer, des anatomies féminines intéressantes, des cas psychiatriques, tout ça… Silencieusement bien sûr, par la pensée, parce qu’on parle pas dans une IRM de la mâchoire, surtout pas! Et puis je me suis souvenu que j’avais des tics. Emmerdant ça les tics quand on doit rester immobile… Et puis la seringue glissait, forcément, dans cette position et dans un endroit relativement humide et tenue par une machoire en mauvais état… Comment cette ******rie pouvait ne pas glisser? Et puis au bout d’un moment: la salive… Parce que la gueule ouverte avec ce machin dedans et sans bouger, ben on salive et si on trouve pas un moyen de l’avaler ben on s’étouffe; alors forcément…
« - Vous m’entendez? »
« - Mon Dieu! C’est vous? »
« - Non c’est l’infirmier qui te parle, *******! »
« - Ha? Dommage… J’aurais eu quelques réclamations à faire… »
« - Vous pouvez éviter de bouger? Les images sont un peu floues. »
« - Déjà te répondre avec ça dans la gueule c’est pas évident, et pour ce qui est de pas bouger, j’te jure que je suis à fond dans l’immobilisme là!! Déjà que je suis de gauche… »
« - Ok, faites au mieux, on y retourne… »
C’était interminable… comme cet article, pire même! Après la seringue dans la bouche, il a fallu faire sans la seringue. Je me suis relevé avec la tête qui tournait et mal aux jambes, et surtout… à la machoire!!!!!!! Ben oui parce qu’avec leurs cales et leur seringue que je devais serrer pour pas qu’elle glisse et s’enfonce dans ma gorge, forcément… Ensuite j’ai vu le médecin, qui m’a mis ce que les jeunes comme moi appellent un space, ou un vent: il arrive, je lui tends la main, il regarde ma main, regarde mes yeux et enchaine. Je regarde ma main, fait une moue expressive du genre « ok, sympa, fais le cowboy avec moi je dirais rien… » Donc il confirme lui aussi la luxation mais rajoute une petite nuance: une fêlure. Evidemment en entendant ça je me dis: « ha la ****** de ****** de merguez de *****!!!!!!!!!! » Rendez-vous compte: une fêlure du ménix rien qu’en bouffant un sandwich merguez!!!!!! Mais dans quel monde on vit????? Ha non la France va pas mieux depuis que Sarko est au pouvoir!!!!! Sous Chirac une merguez aurait jamais osé, ça c’est clair!!!!!!
Et donc au final mes chances de me faire opérer sont plutôt faibles parce que ça se remet assez bien tout seul, du moment qu’on ne me fait plus d’IRM bien sûr… Tout ça pour une ****** de merguez, non mais franchement…

Tags: delire, ecrivain, humour, IRM, luxation machoire
La Brèche de Christophe Lambert
Science fiction juillet 1st, 2008

Hé non Highlander ne se met pas à écrire des bouquins et heureusement pour nous il s’agit d’un homonyme! Si je devais résumer ce livre de science fiction en un mot je choisirais: « Pfffffffiiouuu ».
Je dois dire que je désespérais un peu de me retrouver un nouvel auteur capable de me faire triper et hérisser les poils des fesses. Hé bien me voilà soulagé…
Le genre ressemble à celui d’Evangelisti, même si ce dernier reste un peu plus fou et un peu moins « conventionnel ». Effectivement le seul reproche que je puisse faire à Lambert réside avant tout dans ses personnages un peu trop clichés, même si on est loin des coquilles vides de Dan Brown. On a ainsi le beau héros aventureux et son second nettement moins beau, plus branché « bouquins » que « action ».
En revanche, au niveau documentation, Lambert n’a rien à envier à son aîné et il a également un énorme avantage par rapport à Brown: l’honnêteté. Là où Brown nous fait passer des vessies pour des lanternes, Lambert sépare clairement réalité et fiction dans un court épilogue. Un auteur qui respecte ses lecteurs, ça mérite d’être souligné.
Pour l’histoire, il s’agit d’une uchronie (sous-branche de la SF où on revisite l’histoire en y apportant quelques modifications). En 2061, après avoir abandonné les recherches spatiales, les américains ont réussi à maîtriser les voyages dans le temps. Suite à des magouilles politiciennes, l’utilisation de ces machines est réservée à l’armée et… à une chaîne de télévision qui s’est empressée de rentabiliser l’affaire en proposant un nouveau concept de téléréalité. Risquant de semer le chaos ou de changer l’histoire ils envoient des reporters dans le passé afin de montrer aux téléspectateurs l’assassinat de Kennedy ou la mort de Marilyn Monroe en « direct ». Seulement, passé le phénomène de nouveauté, l’audimat faiblit dangereusement et pour redresser la barre un jeune arriviste propose de filmer et de diffuser le Jour-J, le débarquement des alliés en Normandie… Ils trouvent donc deux reporters suffisamment fous et suicidaires pour se plonger en enfer et en ramener des images. Sauf que tout ne se passe pas exactement comme prévu…
Après un début un peu mou, on se retrouve dans l’action où forcément ça n’arrête pas d’enchaîner, on se demande qui survivra, on se demande ce qui va se passer, on est friands de détails sadiques… Bref on ne lâche plus le bouquin.
Au niveau style c’est jeune, original, simple à lire sans être, là non plus, du Dan Brown, respect du lecteur oblige.
Conclusion:
Un livre original, novateur, instructif et divertissant. Tous les ingrédients sont réunis pour passer un bon moment tout en faisant travailler son cerveau. Monsieur Lambert a gagné un nouveau fan.
Tags: christophe lambert, critique, ecrivain, excellent livre, la breche, lambert, uchronie
Zoulou kingdom de Christophe Lambert
Science fiction juillet 1st, 2008

Et un de plus!
J’avais déjà parlé de La Brèche de ce jeune auteur avec une certaine emphase, voilà un deuxième livre pour lequel je n’aurai pas grand chose à dire tant il est excellent.
Il s’agit d’une uchronie (on prend un grand moment historique, genre bataille, révolution, et avec un ptit élément modifié on refait l’histoire le monde) qui se déroule à la fin du XIXème siècle. Nous sommes en pleine phase de colonisation et l’Angleterre victorienne s’apprête à annexer le Zoulouland (le pays des Zoulous quoi!). Une féroce bataille se prépare. Les Zoulous sont 40000, les anglais sont moins nombreux mais équipés de fusils, de canons, de chevaux… Les Zoulous vont être massacrés. Oui mais… Mais l’auteur voit les choses autrement. Quelques jours avant l’attaque anglaise le grand sorcier Zoulou échaffaude un plan: au lieu de se faire massacrer par les Anglais il verrait bien son peuple attaquer Londres, qui ne s’y attend mais alors vraiment pas et qui a envoyé l’essentiel de ses troupes dans les colonies… Impossible? C’est sous estimer la puissance de la magie du sorcier Zoulou. C’est ainsi que 40 000 Zoulous déferlent sur Londres avec toute sa galerie de personnages allant de la
reine Victoria à Karl Marx en passant par Elephant man et HG Wells…
L’Angleterre va-t-elle réussir à se sortir de cette marée noire?
Lambert est précis, détaillé, documenté, a un style simple à lire, rempli de références, il est instructif… Bref on se régale du début à la fin, bien plus qu’en lisant le Da Vinci code.
Tags: christophe lambert, ecrivain, excellent livre, shaka, uchronie, zoulou kingdom

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