L'espoir, d'André Malraux
Littérature générale novembre 9th, 2009

J’avais déjà lu La Condition humaine et La Voie royale. J’aime bien Malraux mais je ne sais pas très bien pourquoi. Peut-être simplement parce qu’il s’agit d’un bon écrivain et qu’il ne faut pas chercher plus loin.
J’ai acheté L’Espoir également parce que ça parle de la guerre d’Espagne et que j’avais envie d’en savoir plus. L’éducation nationale n’en parle pas de cette guerre, étrangement. On nous dit juste qu’elle a existé, que Franco était un affreux méchant, même pas qu’il était fasciste et c’est tout. On nous parle des Etats-Unis, de la Russie, de L’allemagne mais de l’Espagne pratiquement pas. C’est ptête parce que notre rôle là-dedans à nous français n’est pas particulièrement reluisant puisqu’on a laissé Franco massacrer communistes, anarchistes, socialistes et républicains divers sans lever le petit doigt, pour ne pas effaroucher Hitler et Mussolini. Moralement et humainement c’était moche, et stratégiquement c’était d’une connerie pas possible: on connait les conséquences au moins!
Malraux nous raconte donc avec force détails cette guerre fratricide, ce sordide bordel qui a permis de tester les tanks et avions italiens et allemands. Il nous le raconte du côté des gentils, ce que je trouve dommage. Il aurait été intéressant de voir également ce conflit de l’autre côté du canon parce que du coup même s’il ne sombre pas complètement dans le manichéisme, il s’en rapproche tout de même un peu trop à mon goût.
Autre défaut également présent dans La Condition humaine: c’est dur dur de comprendre. C’est à la fois un défaut et une qualité parce que ça force un peu à se renseigner, à chercher sur Internet ce que c’est qu’un Alcazar, le C.N.T et autres petites choses qui vont de soi pour notre ancien ministre de la culture mais pas forcément pour moi. Idem pour les dialogues où il faut s’accrocher. C’est tantôt profond et très intellectuel, tantôt de l’insulte de bas étage mais la plupart du temps très difficilement compréhensible, un peu comme si les personnages se parlaient à eux-même. Pour bien faire, il aurait fallu une encyclopédie et des cartes de l’Espagne à l’époque. Mais peut-on vraiment reprocher à Malraux d’étaler sa culture sans prendre ses lecteurs pour des cons? Moi je dis non: c’est ma faute à moi, j’aurais du arrêter l’école plus tôt!
Et puis de toute façon c’est la guerre et le bordel, on ne sait plus qui est méchant et qui est gentil et il y a adéquation entre le livre et ce qu’il décrit. Dans le fond, le lecteur se retrouve plongé dans un conflit sanguinaire où personne ne comprend plus rien à rien en se raccrochant à la seule chose qui reste: l’espoir!
Le style de Malraux est agréable, les combats et bombardements bien retranscrits donc malgré tout cela reste un excellent livre, agréable à lire et permettant de se cultiver. Que demande le peuple?
Tags: anarchie, anarchismes, anarchistes, andre, communiste, critique, espoir, fasciste, franco, guerre, guerre espagne, malraux, ministre culture, revolution espagnole, syndicats
Inglorious Basterds, de Quentin Tarantino
Cinéma août 21st, 2009

Si vous n’aimez pas Tarantino, Pulp Fiction, Reservoir Dogs, Kill Bill etc, vous détesterez ce film. Enfin, disons que vous serez tout de même obligé de lui reconnaitre des qualités et de bons éclats de rire mais vous risquez un peu de vous faire chier. Dans le cas contraire, vous allez vous régaler.
Qu’est-ce donc que ce film? Je dirais que c’est un film d’horreurs de guerre tourné façon western spaghetti avec une énorme dose d’humour. Vous y trouverez d’interminables scènes purement jouissives avec des jeux de regards monstrueux, des fusillades tarantinesques, du scalpage de crâne, de l’éclatage de nazi à la batte de base ball et quelques verres de lait.
Ma seule véritable déception c’est que les bâtards en question ne sont pas suffisamment mis en avant. On les voit finalement assez peu, trop peu et une suite ne serait donc pas une mauvaise idée.
Sinon c’est simplement énorme: 2h30 à se demander ce qu’il va bien pouvoir encore se passer, avec une musique magistralement bien choisie, des acteurs au top alternant entre hilarants et angoissants. Tarantino joue et prend visiblement son pied avec nous, avec les références cinématographiques, avec ses acteurs… toujours parfaitement à l’aise, décomplexé.
Inglorious Basterds est donc un véritable OVNI cinématographique. Il ne ressemble à rien tout en rassemblant de nombreux souvenirs. Vous allez beaucoup rire si vous allez le voir, vous allez stresser, angoisser… Bref, vous connaitrez un vrai moment de cinéma.
Tags: batards, chef d oeuvre, critique, guerre, inglorious basterds, tarantino, western
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