OSS 117, Rio ne répond plus
Cinéma mai 17th, 2009

J’ai longtemps hésité avant d’aller le voir. Déjà parce qu’une loi absurde et culturicide dans ses objectifs mais heureusement déjà largement obsolète vient de passer, la fameuse loi Hadopi dite du « on fout la merde sous le tapis comme d’habitude histoire de faire croire qu’on a résolu le problème comme pour Sangatte et maintenant la jungle de Calais ». Enfin tout ça pour dire que cet acharnement sur un public pourtant souverain me donne pas vraiment envie de risquer 9€ dans une salle obscure.
La deuxième raison est que le premier m’a laissé un arrière goût assez amer. Une fois qu’on avait appris la bande annonce par coeur (bien obligé même quand on regarde peu la télé, ça passait en boucle!), ben on avait vu tout le film. La bande annonce était très bien mais du coup le film était juste moyen.
Là en ce qui concerne les bandes annonces, c’était encore pire. J’avais donc une peur logique d’avoir déjà vu tout ce qu’il y avait à voir…
Hé bien non! J’ai du voir 3 fois chaque bande annonce et teaser de ce film, force est de constater que je n’avais pas tout vu! Le meilleur restait encore à venir…
Alors évidemment c’est particulier comme humour. C’est pas aussi lourd que l’humour américain façon American pie mais pas non plus aussi léger que l’humour anglais façon Un Poisson nommé Wanda. D’ailleurs c’est quand même étrange que les américains nous aient piqué notre humour à la Rabelais… N’empêche que j’aime bien, ce débalage de conneries. Parce qu’il faut le dire, tout se base sur l’extraordinaire connerie de l’agent OSS 117… qui incarne LE français. Une bonne dose d’autodérision est donc nécessaire. N’empêche… qu’est-ce qu’il est con c’est hallucinant…
Pour le reste: tout est volontairement pourri. On est dans un mauvais film des années 60, avec des faux effets spéciaux, des voitures qui se conduisent sans avoir à regarder la route, des coups de feu avec de bons vieux pétards… Du grand n’importe quoi auto-assumé donc. On a droit à une exubérante accumulation de clichés et de nazis, parce que bon c’est les meilleurs méchants du monde, ça les nazis, hein?
On retrouve également l’impayable Dujardin, au mieux de sa forme dans son rôle de James Bond français donc franchement limité mais tout aussi béni des dieux, avec juste un peu moins de classe et de culture.
Un très bon film donc au final que je conseille à ceux qui n’avaient pas trop aimé le premier et plus encore à ceux qui avaient déjà adoré.
Tags: comedie, critique, film francais, humour, jean dujardin, oss 117, rio ne repond plus
99 Francs de Jan Kounen avec Jean Dujardin
Littérature générale juillet 1st, 2008

J’avais déjà lu le livre de Beigbedder qui m’avait beaucoup plu, malgré ou à cause l’ambigüité évidente du personnage Beigbedder qui dénonce un système qui le fait vivre et dont il s’est servi pour arriver là où il est (directeur de Flammarion, critique littéraire, écrivain à succès et animateur télé). Beigbedder a le sens de la formule; il sait écrire et le tout donne donc un livre très intéressant et très agréable à lire, rempli de cynisme et d’humour. J’étais donc curieux de voir le film.
Pas simple d’adapter ce genre de bouquin en film. D’autant que ce bouquin est un pur brûlot contre le monde de la pub, donc pour obtenir des financements et se retrouver en salle… après une demie heure de pubs, ça n’a pas été évident. Quelle chaîne prendra le risque de diffuser un film qui critique vertement ceux qui les financent? Même CANAL + a des obligations. Affaire à suivre de près donc.
Pas simple aussi au niveau technique. Il ne faut pas que la réalisation soit trop plate sinon on rate le coche à tous les coups. Le choix de Jan Kounen (Dobermann, Blueberry) est donc tout à fait judicieux et effectivement le ptit jeune du cinéma français qui tente des choses pas faciles avec plus ou moins de succès (Dobermann a fait un carton, Blueberry… bof) était la meilleure personne pour le poste. Et le résultat est excellent. Des effets spéciaux qui donnent le vertige, une bande son qui colle parfaitement au sujet et qui réveille au bon moment. Rien à redire.
Le choix de Dujardin est tout aussi judicieux. Non seulement il a une certaine ressemblance avec Beigbedder mais en plus il est parfait dans le rôle d’ado complètement attardé faisant dans le cynisme.
Le tout donne un film trash, très drôle, très instructif, très beau à regarder, bref tout ce qu’on est en droit d’attendre quand on va au cinéma pour y dépenser entre 7 et 9€ suivant qu’on a une réduction ou pas.
Pour l’histoire, c’est celle d’Octave, l’alter ego littéraire de Beigbedder. Autrement dit il s’agit d’une histoire presque vraie. La stricte vérité c’est que Beigbedder a longtemps été concepteur rédacteur (publicitaire quoi) pour une grande agence de pub. Il ne supportait pas ce milieu totalement inhumain, matérialiste, machiavélique, nazi et aussi malhonnête que possible. Alors il a décidé de se faire virer. Et pour se faire virer il a décidé d’écrire un bouquin, qui s’appelle 99 francs… On ne parle pas de bouquin dans le film mais hormis ce détail, les différences sont assez minimes pour être occultées. On suit donc la déchéance d’Octave, maître du monde, qui ne supporte plus de se foutre de la gueule des gens et qui supporte encore moins sa vie merdique, son salaire de 70000€ par mois, sa vie totalement matérialiste, sans âme, sans sentiment, du cul, de la drogue, du fric et de la gerbe partout… Alors il pète un cable et
décide de tout foutre en l’air…
Un film à voir, un bon investissement.
Tags: 99 f, 99 francs, adaptation, beigbedder, comedie, film, jan kounen, jean dujardin
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