Mes liens préférés
Annonces novembre 9th, 2009
Comme c’est pas très visible ni parlant, je vous fais un petit article qui rassemble mes liens préférés:
Mon nombril:
A tout seigneur, tout honneur comme il dit l’autre. Cette page recense justement tous mes sites à moi et mes sites préférés, avec les liens RSS qui vont bien (c’est un système qui permet de voir s’afficher en temps réel toutes les mises à jour sur les sites en question.) Bien pratique pour me pister partout où je vais, donc.
Parce qu’il faut être moderne, tout le monde connait ça, si malgré toutes mes conneries vous m’aimez bien, il vous suffit de taper Marc Anciel dans l’outil de recherche et de m’ajouter à vos (faux) amis.
- Le blog de ma peintre préférée
Amateurs de peinture moderne, ma chérie saura vous combler (mais pas sexuellement, ça c’est hors de prix pour vous!!!). En plus, d’ici quelques temps elle pourra vous faire de magnifiques tableaux, des tableaux de naissance et d’autres objets à la fois farfelus et indispensables.
Littérature:
- Le forum des Jeunes écrivains
Si vous voulez parler littérature avec moi et avec d’autres, c’est là que ça se passe! Vous y trouverez dans une ambiance chaleureuse voire torride des conseils, des avis, des critiques, des réflexions… Par contre n’oubliez pas de lire et de respecter les règles du forum sinon vous allez vous faire écraser par une division de Panzer très rapidement!
Moins chaleureux, ambiance plutôt costard cravate, il m’arrive également de participer à cet incontournable forum littéraire plus destiné aux lycéens, étudiants et enseignants. Si dans le forum précédent le regard est plutôt tourné vers le présent, l’avenir et les littératures alternatives, celui-ci est clairement orienté passé et classiques. Moins chaleureux, moins foufou, pas torride du tout mais il peut être très utile quand même.
Parce que je n’ai jamais été déçu par leurs publications, parce qu’ils ont une très bonne réputation, parce qu’ils ont édité mon écrivain préféré, parce que leurs bouquins sont magnifiques et que la fille qui répond au téléphone aux boulets comme moi est super sympa et intéressante (et aussi parce que j’adorerais tellement me faire éditer par eux pour les raisons citées plus haut), je ne pouvais pas ne pas vous mettre le lien vers le site de cet éditeur qui prend des risques, qui a du flair et une philosophie qui me plait bien.
Actualité et réflexions:
- Le blog de Normand Baillargeon
Ce type est québécois, enseignant, libertaire (le nouveau mot qui va bien pour éviter de dire « anarchiste »), proche de Noam Chomsky et bigrement intéressant. Il porte sur l’éducation et les médias un regard neuf, humaniste, rationnel et très intéressant. A parcourir pour éviter de mourir idiot. Moi il m’a fait changer d’avis sur l’anarchisme.
- Politis
Si vous voulez penser comme tout le monde, le site du fameux journal indépendant n’est pas fait pour vous. Si vous préférez rester dans le rang, si vous croyez que Nicolas Sarkozy était bien à Berlin le 9 novembre 1989, si vous croyez que des journaux détenus par une poignée d’hommes, soumis aux recettes publicitaires délivrées par de grandes entreprises, ne subissent aucune influence alors ne le lisez surtout pas!
- Rezo.net
Comme pour Politis il s’agit d’un portail rassemblant divers articles rédigés par des personnes indépendantes et offrant un regard alternatif et raffraichissant sur l’actualité, loin des sentiers battus.
Détente et délires:
- Nioutaik
Nioutaik c’est le blog indispensable qui parle de l’inutile. C’est un blog de geek tenu par un geek avec un humour de geek (le geek étant l’espèce amenée à faire disparaitre la race humaine à moyen terme). C’est drôle, c’est n’importe quoi et ça a beaucoup plus de succès que mon blog à moi (pour le moment gnark gnark gnark!!!).
Depuis que je connais ce site, je ne rate pas une anecdote! Ce sont des tranches de vie, courtes, percutantes et incroyablement drôles. Tellement de succès que des illustrateurs s’y sont mis et que plusieurs bouquins sont sortis. A garder dans ses favoris et ouvert en permanence pour ne pas sombrer dans la dépression.
Sur le même principe que Vie de merde mais cette fois ce sont des conneries de geek tapées sur un clavier par cette nouvelle race qui va conquérir le monde! Honnêtement moins bien que VDM mais on y trouve malgré tout de sacrées perles.
Vous aimez Les Chevaliers du zodiaque? Vous aimez les jeux en ligne? Vous aimez les cartes? Vous aimez la déconnade? Alors ce site conçu par des amateurs est fait pour vous.
Si vous voulez que je vous fasse de la pub, si vous avez un lien à me soumettre, n’hésitez pas à me laisser un commentaire: j’étudierai soigneusement la question.
Tags: amis, dans ton chat, detente et delires, diable vauvert, dtc, facebook, forum jeunes ecrivains, forum litteraire, liens, litterature, minichoupi, netvibes, nioutaik, nombril, normand baillargeon, politis, rezo, saint seiya cards, vdm, vie de merde
Le processus de création
La Guerre sainte août 4th, 2009
Je ne vais pas faire de mon cas une généralité. Je ne suis pas comme tout le monde, je suis un individu, unique. Ceux qui me connaissent personnellement ont l’impression que je règle mes comptes dans la Guerre sainte, c’est-à-dire que j’y raconterais ma vie. A la fac, j’ai très vite et douloureusement appris que plaquer la biographie d’un écrivain sur son texte est une erreur fatale.
On ne peut pas créer à partir de rien. On ne peut que transformer. C’est comme ça, c’est un fait. Dernièrement, je me suis lancé dans un chapitre de la Guerre sainte au cours duquel Claudio connait sa première expérience homosexuelle. En ce qui me concerne, c’est une expérience que je n’ai jamais vécu. Pourtant, cette scène est un puzzle d’autres scènes réellement vécues : mon premier flirt, mon dépucelage, certaines conversations avec des bisexuels, des homosexuels, des expériences vécues avec mes ex… Tout écrivain doit être capable de faire la part des choses. Ma vie, tout le monde s’en fout royalement. De la même façon, la mort de la fille de Victor Hugo, Léopoldine, tout le monde s’en tape. Pourtant, il a écrit de nombreux poèmes dans lesquels il parle de sa fille, de sa douleur, de son deuil… Ce qui est intéressant, c’est ce qu’il en fait. Le vécu, l’expérience est un matériau que l’écrivain façonne comme il le veut. Pour Hugo, c’est l’occasion de parler non de son deuil mais du deuil, tout court. C’est l’occasion pour lui de s’adonner au romantisme, de nous montrer comment on doit évoquer le deuil quand on est un poète romantique, comment on doit versifier la douleur. Mais ce n’est pas de l’autobiographie, surtout pas ! C’est de la poésie. C’est de la fiction. Ce qu’il écrit n’est pas vrai, ses sentiments sont travestis, arrangés pour mieux passer, artistiquement parlant.
Si vous trouvez que l’histoire de Claudio ressemble à ma propre histoire, c’est que j’ai réussi mon pari : vous faire avaler des couleuvres. Ça signifie tout simplement que mon histoire est réaliste, crédible, tellement crédible qu’on la confond avec la réalité. Seulement, cette histoire est en travaux. Mes personnages se construisent au fil du récit. Pour le moment, je suis plus ou moins obligé d’y mettre des gros bouts de ficelle, des échafaudages. Pour le moment, je suis pleinement conscient qu’il est truffé d’incohérences, d’ambigüités, d’approximations… Les premiers chapitres sont particulièrement courts parce que je ne maitrise pas encore les personnages, tout simplement, et je n’ai pas envie de les maitriser tout de suite. Je connais l’histoire, je connais vaguement mes personnages mais plus j’avance et plus ils se découvrent. Je me rends compte en écrivant de la nécessité d’incorporer tel ou tel passé, telle ou telle connaissance, tel ou tel look, alors en attendant je leur ai greffé des bouts de ma propre vie, que je virerai ou pas par la suite, suivant les besoins.
Vous voyez que la notion de règlement de comptes passe largement derrière les considérations esthétiques. Vous voyez aussi que ma propre vie n’est vraiment rien de plus qu’un matériau dont je me sers pour aider mon histoire à tenir debout, je n’ai pas plus de considération pour elle que pour un vulgaire échafaudage.
D’aucuns peuvent aussi avoir peur des conséquences psychologiques de l’écriture d’un tel récit, parce que justement je me sers de passages plus ou moins douloureux de ma vie, parce que je me fais passer derrière mon récit. Mais il faut remettre les choses à leur juste place. Certes, la lecture d’un bouquin peut avoir des conséquences psychologiques, de la même façon que n’importe quelle discussion, conférence, débat. Un exemple parmi d’autres : le Coran. Psychologiquement, je n’ai jamais rien lu d’aussi violent. A longueur de Sourate : la carotte et le bâton. C’est un livre conçu pour semer le doute dans l’esprit du lecteur. Quand on referme ce livre, on a le choix. Soit on est sûr que c’est des conneries, soit il subsiste un léger doute, et si ce doute s’insinue, c’est terrible parce que toute sa vie on pourra se dire «Et si c’est vrai cette histoire ? Je risque de gravement morfler une fois mort…» Oui, ça peut être douloureux d’écrire.
A une époque, j’envisageais sérieusement d’écrire un «tombeau d’encre» pour une amie décédée d’un cancer. J’ai renoncé pour plusieurs raisons. La première, c’est que c’aurait été beaucoup trop douloureux pour moi. Passer des mois à penser à elle, à son histoire… c’était la dépression assurée. La seconde et principale c’est qu’artistiquement ça n’avait absolument aucun intérêt. En conclusion, j’aurais passé d’interminables mois à me torturer pour lui rendre hommage et au final, seule une poignée de personnes se seraient retrouvés intéressés par ce bouquin, forcément glauque, morbide, douloureux. Une démarche aussi inutile qu’un interminable deuil. Ce n’est sûrement pas ce qu’elle aurait voulu. Je pense que ce qu’elle aurait voulu c’est tout simplement qu’on passe à autre chose, qu’on ne la traine pas derrière nous comme un boulet.
En revanche, dans la Guerre sainte, je parle d’elle, d’une certaine manière. Le personnage de Ben, c’est elle, Marie, sauf que c’est complètement autre chose. Marie est morte et Ben est immortel. Ben est un garçon. Ben n’a pas du tout la même vie que Marie. Bref, vraiment rien de comparable, sauf que je me suis servi du matériau «Marie» pour le créer. Là aussi je me suis servi du deuil de Marie pour parler du deuil tout court et de la mort en général, et par extension de la vie… Marie n’est qu’un matériau dans cette histoire, associé avec beaucoup d’autres, mythologiques, issus de manga, issus de mon expérience personnelle… Le but n’est plus de trainer Marie comme un boulet, mais d’en faire autre chose. Au lieu d’en faire un monstrueux mort-vivant, un cadavre puant et ambulant, je l’ai réincarné en totalement autre chose. Ça ne me pose donc aucun problème d’écrire son histoire puisque je ne suis pas obligé de m’assoir à côté d’un cadavre chaque fois que j’écris et de remuer des souvenirs douloureux. C’est plus ou moins la même chose pour le personnage de Claudio. Parfois j’aimerais être ce personnage, mais d’un autre côté, je connais la suite de son histoire et ça me fait tout de suite beaucoup moins bander. Et puis après tout, je suis plutôt pas mal à ma propre place, moins rock n’roll, parce que ce n’est pas une fiction, pas de la littérature mais bien rock n’roll quand même malgré tout.
Tags: ecriture, ecrivain, litterature, processus creation

J’étais tout de même curieux de le lire ce bouquin édité par le Diable Vauvert (qui d’autre?) et écrit par une ancienne actrice porno. Quand on ne connait quelqu’un qu’à travers une petite lucarne, déjà, ça limite la possibilité de jugement, mais quand en plus on ne la connait qu’à travers des films cochons (et j’en ai vu une bonne partie…), on ne peut pas plus limité je crois. Alors comme ça, ça peut aussi être cérébral une actrice porno? Hé bien oui, ça peut et d’ailleurs la pornographie en elle-même est un acte purement cérébral, une rébellion contre l’ordre établi, une invitation à remettre en question son existence, sa morale, ses principes, la société… Ultime résurgence du paganisme qu’ont écrasé nos cathédrales, sans les détruire, Aphrodite, la Grèce, Rome… Une époque où on vivait encore en harmonie avec la nature…
Et Betty Monde, c’est tout ça! Au premier abord, on pourrait le considérer comme un bouquin d’adolescente en pleine puberté, révoltée contre ses parents et surexcité par tout ce qui ressemble de près ou de loin à une bite, mais comme les films pornos, il faut voir plus loin et Coralie nous y invite par la parabole, démontant à longueur de pages l’absurdité judéo-chrétienne qui n’est finalement rien de plus qu’une perversion des polythéismes originels.
J’aurais adoré lire ce bouquin à 16 ans. Je suis sûr qu’en plus de m’exciter comme une puce il aurait fait de moi un ado meilleur. Il aurait fait pencher ma
Guerre sainte d’un autre côté (pour comprendre il faudra lire mes prochains bouquins).
Le problème de ce livre est qu’il est à l’image de son héroïne: sans un minimum de culture, de connaissances et d’ouverture d’esprit, on passe totalement à côté. C’est comme pour le jeu de mot: tellement énorme qu’on ne le voit pas. Si on le prend au premier degré, c’est un médiocre livre de rebelle de la life, l’histoire d’une ado déjantée et obsédée du cul qui n’arrive pas à mûrir et à s’adapter au monde. On pourra être charmé par les provocations répétées, les innombrables scènes de cul, le côté « sexe, drogue et rock n’roll », on pourra lui trouver autant d’intérêt qu’un film de cul ou un album de rap mais on passera totalement à côté de la substantifique moelle, de toutes les références, de tous les jeux de mots, de tout le second voire troisième degré. On ne percutera même pas que Gabriel est un ange…
Néanmoins, Betty Monde n’est pas non plus parfaite. Même si Coralie a, comme moi, décidé que La Fontaine avait raison mais qu’aujourd’hui il faut remplacer les animaux par du sexe et de la violence pour être écouté, il n’empêche que ce livre manque un peu d’ampleur à mon goût. La fin est brutale et un peu décevante, avec en plus un « cocktail Molotov ex machina » qui me dérange un tout petit peu. J’aurais aimé connaitre la suite. J’aurais aimé un peu plus de profondeur dans les réflexions, un shouïa plus de développement quoi. Il y a des bouquins comme
American Psycho qui devraient s’arrêter beaucoup plus tôt et d’autres qui devraient durer un peu plus longtemps.
Au niveau du style c’est djeune, frais, rythmé (avec quelques fautes qui ont échappé à la fois au Diable et à la diablesse) mais peut-être un peu trop « contemporain ». Aujourd’hui Tekken on connait, mais dans 50 ans? Betty Monde risque de se cantonner à une génération pour ensuite disparaitre dans l’oubli et c’est à mon goût dommage.
Pour résumer il s’agit d’un premier bouquin encourageant qui promet, avec un peu de recul, de bons conseils et beaucoup de travail, un avenir littéraire intéressant. A l’occasion, je lirai peut-être La Voie Humide, son deuxième bouquin, afin de confirmer ou d’infirmer mon point de vue.
Dans le même genre, si vous avez aimé
Les Bonbons chinois de Mian Mian, vous adorerez Betty Monde!
Tags: bete immonde, betty monde, coralie, coralie trinh thi, critique, diable vauvert, drogue, litterature, rock n roll, sexe
Glu, d'Irvine Welsh, la critique
Littérature générale avril 9th, 2009

En attendant, je ne suis qu’un lecteur pour ce diable d’éditeur et c’est déjà un grand plaisir (sans aucun doute financièrement partagé).
Dernier opus de Welsh, donc, passion commune… Par où commencer?
L’histoire peut-être. Hé bien l’histoire c’est celle d’Edimbourg, encore et toujours. Et c’est ça qui est génial, d’une certaine façon. Glu, comme son nom l’indique presque, est le ciment de l’oeuvre de notre auteur écossais. Le ciment parce qu’on y croise la plupart des personnages rencontrés dans les autres bouquins: Renton, Sick boy, Begbie, Spud, Tommy, mais aussi Juice Terry, le commissaire qui sévit dans Une Ordure… et peut-être d’autres encore, car je n’ai pas les innombrables noms de tous les personnages en tête. Cette façon de faire, ce concept, je l’avais déjà eu il y a quelques années. Quoi de mieux pour donner de l’intensité, du réalisme, et du corps à une oeuvre que de faire se croiser tous ses personnages? Ca donne une perspective hallucinante.
Pour revenir à l’histoire, cette fois on ne suit plus la même bande de losers, mais une autre, menée cette fois par Juice Terry, personnage secondaire de Porno. On les suit depuis… avant leur naissance, l’arrivée de leurs parents dans leur quartier alors relativement classe (qui n’est pas Leith, pour une fois) et qui s’est très rapidement dégradé pour devenir une véritable zone, une cité comme nos douces banlieues françaises. On les suit jusqu’à la trentaine consommée, à travers leurs déboires, leurs gloires, leurs galères, leurs échecs, leurs déprimes. On assiste avec eux à des matchs de foot et des séances de baise torride, suivis de remises en questions existentielles. Du réalisme, de l’ultra réalisme mais c’est la réalité crue, dure, violente dont il nous parle, pas la fausse réalité qu’on veut nous faire bouffer. Quand on lit Welsh, on se dit que Zola était vraiment à côté de la plaque. Certes il maîtrise la langue à la perfection mais quelle platitude en comparaison du langage fleuri issu de ces cités et quel conformisme, aussi. On ne peut pas lui en vouloir. C’était l’époque. Mais ****** que c’est bon de lire du Welsh, pur produit de notre époque à nous.
Ses personnages sont généralement des dépravés pourris jusqu’à l’os, mais qu’ils sont attachants! On sent qu’il les aime, qu’il en a fait partie, qu’il les comprend même dans leurs pires conneries, même dans leur trahison. Il a de la tendresse communicative pour eux. Si on les croise dans la rue, on ne peut que les mépriser, voire les haïr, mais quand on passe par le regard de cet atypique auteur, on voit les choses différemment. On voit des êtres humains évoluant dans un milieu hostile, englués à ce milieu, à leur famille, leurs amis, leurs clubs de foot… Et puis on se remet soi-même en question. Est-on si différent, au fond? Quel regard ces gens-là peuvent-ils avoir sur nous? Du social pur et dur qu’il nous livre, ce Welsh. Du social débarrassé de tout parti pris, de tout dogme, de toute politique. Du social épuré. Du bon social en somme. En lisant ses bouquins, on peut se livrer à une véritable analyse de la situation, même si on est pas écossais parce qu’il touche à l’universel, cet enfoiré, tout en ne parlant que d’un petit groupe, d’un quartier, d’une ville, d’un pays. Du local qui devient universel. C’est ce que j’appelle une réussite littéraire.
Mais trêve de flatterie! Que vaut-il ce bouquin?
Bien sûr, il est très bon. Comme d’habitude. On sent la maturité littéraire. Welsh a ses repères, son style, ses sujets… Il joue à domicile et maîtrise à la fois le sujet et la forme.
Ca ne m’a pas empêché d’être surpris par les focalisations externes. D’habitude, dans tous ses bouquins (sauf erreur de ma part), ce sont ses personnages qui parlent, en se relayant. Là aussi mais par moment il quitte sa chère focalisation interne (que j’apprécie énormément) pour passer à de la focalisation externe. Pourquoi pas? Si ça lui rajoute une nouvelle corde à son arc, je suis pour. D’autant que j’ai trouvé ça vachement bien employé pour un mec qui doit pas trop en avoir l’habitude, même si ce ne sont pas mes passages préférés. Soit! Un détail.
Pour le reste, je dois dire que je suis un peu déçu. Maîtrise, d’accord mais pointe de nostalgie dans ce bouquin. Là aussi c’est pas comme d’habitude. Moins méchant. Moins hargneux. Moins trash. Là c’est un jugement purement subjectif qui doit donc être pris comme tel.
Si je devais faire un classement de ses bouquins, je mettrai Porno en premier, suivi de Recettes intimes de grands chefs, puis de Trainspotting, Extasy et seulement derrière Glu, avec Une ordure pour fermer le classement. Pas terrible, donc, hein? Ouais mais en même temps, quand on n’est pas habitué à cet univers, commencer par Glu, je pense que c’est plus sage. Trainspotting c’est assez violent à lire, aussi bien pour le contenu que pour le contenant; une véritable cacophonie où on a du mal à savoir qui parle à qui et de quoi, ******! Pour lire Porno, vaut mieux avoir lu Trainspotting avant, logique puisque c’est la suite. Extasy et Recettes intimes de grands chefs… c’est plus clairement écrit mais très très trash… Ca peut choquer! Donc ouais, Glu pour un dépucelage en douceur, une immersion progressive dans l’univers de Welsh, ça me semble tout à fait correct. Malheureusement pour moi, je suis déjà dépucelé depuis un petit moment… alors les papouilles, et tout ça moi… on va dire que je suis passé à autre chose, quoi, hein? Il me semble que c’est Coralie qui disait qu’une baise sans sodomie c’était comme… euh… je sais plus exactement mais bon pas terrible quoi! Ben à peu près pareil pour moi, avec Welsh.
En résumé, je suis sévère mais Glu reste un excellent bouquin que je conseille à tous les amateurs de Welsh et plus encore à ceux qui seraient suffisamment incultes pour n’en avoir pas encore lu une ligne. Je le conseille aussi à ceux qui en auraient lu quelques lignes et qui en auraient été rebutés. C’est l’occasion où jamais de lui donner une première ou une deuxième chance.
Quant à moi, j’attends le prochain avec impatience!
A suivre: la critique des Particules élémentaires du célèbre Michel Houellebecq. Pour l’instant ça a l’air intéressant dans la thématique et dans le style. Je sais qu’il est autant adulé qu’abhorré, alors ne serait-ce que par curiosité… Je lui souhaite en tous cas de connaître un meilleur sort que Dan Brown au sein de ce blog.
Tags: critique, diable, diable vauvert, ecossais, glu, irvine welsh, litterature, porno, trainspotting, trash, Welsh
Le Sarkothon 2009
Annonces janvier 25th, 2009
Le Sarkothon 2009
Le 28 janvier, Nicolas Sarkozyaura 54 ans, et il souffre d’une maladie, l’allergie à la littérature.C’est pourquoi nous lançons une grande opération thérapeutique:redonner le goût de la lecture à l’ennemi personnel de Mme de La Fayette
Monsieur le Président,
Serait-ce à force d’admirer les chiffres sur le cadran de votreBreitling que vous avez pris les lettres en horreur? Vous nous rappelezsans cesse que le but de notre vie, c’est de gagner plus. Hélas, sousvotre présidence, les Français n’ont plus d’argent. Des «cinq ou sixcerveaux» que vous prête votre moitié, aucun ne semble stimulé par lachose écrite. La chose comptée vous importe seule, et il n’est pasjusqu’aux sans-papiers, êtres humains parmi les êtres humains, que vousne dénombriez par paquets de mille. Un texte, semblez-vous demander,combien de divisions? Les richesses d’un livre, la multiplicité destons et des voix sont lettre morte pour vous. Pourquoi reconduire à lafrontière de votre conscience cette diversité-là?
Vous nous souhaitez bonne année dans la bibliothèque del’Elysée, mais ses livres trop bien rangés montrent assez que vous n’enavez lu aucun; vous aimez à vous parer d’Aimé Césaire et de Claude Lévi-Strausscomme d’un people et d’un top model, et tout le monde sent bien quec’est pour le show et la chanson. Après cela, étonnez-vous, Monsieur lePrésident, qu’on aille vous classer dans la variét’. Et si, au lieu de«faire du chiffre», vous faisiez des lettres? D’où le Sarkothon 2009.
En guidant vos lectures, nous voudrions tempérer un peu votre «fureur d’accumuler»,comme dit La Fontaine, et vous redonner le goût de notre patrie, de sagrandeur spirituelle et de son histoire littéraire. Puissent cesquelques ouvrages favoriser votre retour au pays natal.
« Surveiller et punir » de Michel Foucault*
• 17 novembre 2008: un maître-chien,accompagné de quatre gendarmes, lâche son molosse dans les classes del’Ecole des Métiers du Gers à la recherche d’une substance illicite. 19novembre: deux gendarmes lâchent un chien renifleur sans muselière dansune classe de troisième d’un collège de Marciac.
Le hussard noir de votre République, c’est donc le chien. Unmaître idéal. On se lève quand il entre dans la classe. Avec un pareilpédagogue, nul besoin d’IUFM. Presque aussi servile que XavierBertrand, il a, comme Rachida Dati, ce «bon sens» si bien partagé quiconsiste à emprisonner des mineurs de 12 ans. Et puis nulle lecturedangereuse ne parasite son pur esprit. Ce chien n’est pas homme à vousassommer avec un volume de Marcel Proust.Monsieur le Président, pour apaiser votre élan rintintinesque etsécuritaire, laissez-nous vous recommander très respectueusement«Surveiller et punir», un ouvrage où Michel Foucault déjoue lesstratégies de criminalisation et d’enfermement. Parce que «l’école durespect» n’est pas l’école des chiens. Et parce que cette lecture vouschangera de la conversation de Patrick Balkany.
(*) Gallimard.
« Le Rire » de Bergson*
• «Ilfaut passer d’une politique défensive à une politique offensive enmatière de diversité culturelle et de rayonnement de la culturefrançaise à l’étranger. » (Nicolas Sarkozy, à la convention UMP,janvier 2006.)

Nous voudrions attirer votre attention sur ce que vous appeliez,à l’époque heureuse où vous n’étiez que candidat, une «politiqueoffensive»: un rapport sénatorial indique que l’on est passé de 173centres culturels français en 1996 à 144 en 2008. Près de 30 antennesfrançaises à l’étranger rayées de la carte: ce n’est pas del’offensive, mais de l’offense – à la langue, à la culture, aupatrimoine français. Et nous passons, de peur de vous gêner, sur lapromesse non tenue. L’image de la France, qui se ternit à chacun de vosdéplacements à l’étranger (Grande-Bretagne, Vatican, Chine, Inde,Etats-Unis), se rétrécit à la même vitesse. Il est vrai que votre idéede la culture, qui se fonde sur le prestige médiatique de quelquesamuseurs, ne s’exporterait guère. Il fut un temps où l’on envoyait unphilosophe, Henri Bergson, auprès du président Wilson pour leconvaincre d’entrer en guerre contre l’Allemagne. Vous y auriez envoyéChristian Clavier ou Bernard Tapie, l’Oscar de la gauche. Nous vousoffrons donc «le Rire» de Bergson. Cadeau diplomatique.
(*) PUF.
«La Culture générale pour les nuls»
de Florence Braunstein et Jean-François Pépin*
• André Santini,secrétaire d’Etat à la Fonction publique, a annoncé, en décembre 2008,qu’il projetait de supprimer les épreuves de culture générale auxconcours administratifs pour les remplacer par des «questions de bonsens».
Un serviteur de la République n’a que faire d’être un citoyen,de connaître des babioles comme la théorie de l’évolution, l’ImmaculéeConception, la nuit du 4-Août ou Tartuffe. Sans doute cette idées’inscrit-elle dans ce que vous appelez si drôlement «notre Renaissanceintellectuelle, artistique et morale». Trêve de plaisanterie, Monsieurle Président, vous savez ce qu’est la Renaissance. Cela relève-t-il devotre bon sens ou de votre culture générale? On peut être bonapartiste,autocrate, ennemi de la liberté de la presse, et n’en défendre pasmoins les humanités. Voyez Napoléon, qui dévorait Corneille et Racine.Il nous semble que vous sous-estimez les bienfaits de la culturegénérale, cette discipline où vous êtes passé maître et qui permet auxplus hautes autorités de l’Etat d’invoquer à tort et à travers lesLumières ou Jaurès. La pratique régulière de «la Culture générale pour les nuls» saura vous y convertir.
(*) Editions First.
« L’Age d’or » de Pierre Herbart*
• «On peut aimer Céline sans être antisémite comme on peut aimer Proust sans être homosexuel.» (Nicolas Sarkozy, lors d’une conférence de presse en Inde, le 29 janvier 2008.)

En somme, vous assimilez l’homosexualité à une doctrine raciste.Justement, les antisémites nazis mettaient les homosexuels dans lesmêmes chambres à gaz que les juifs. Vous le saviez, pourquoi feindre del’ignorer? Parce qu’au fond les homosexuels, pour vous, c’est folles,fiottes et compagnie. Mais vous ne pouvez pas le dire tout haut. Alorsvotre inconscient a parlé pour vous. Votre conscient aussi le faitparfois. «Je suis né hétérosexuel», avez-vous dit le 5 février2007 sur TF1. Il n’y a pas de quoi être fier. On en a connu de peuragoûtants, des hétérosexuels. Et puis qui sait ce que nous réservel’avenir?
Vous ne seriez pas le premier à changer de cap en cours de route. Maisvous avez raison: Proust, si ce n’est pas de la littérature pour lespédés, c’est de la littérature de pédé, au singulier. Même si, commevous, il se prétendait hétérosexuel-né. Nous vous offrons donc non pasdu Proust, mais un des plus beaux livres d’amour qu’on ait jamaisécrits, «l’Age d’or» de Pierre Herbart, «un livre, disait Jacques Brenner, qu’on ne voudrait mettre qu’entre des mains nettes». Nous prenons ce risque.
(*) Le Dilettante.
« La République » de Platon et « la Guerre des Gaules » de César*
•«Vous avez le droit de faire littérature ancienne, mais le contribuablen’a pas forcément à payer vos études de littérature ancienne.» (NicolasSarkozy, le 16 avril 2007.)
Vous n’aimez pas, n’est-ce pas, le latin et le grec? Cela coûtecher, cela ne sert à rien, il n’y a pas de débouchés. Vous êtes lepremier président de la Ve République à le dire. Le premier à ne pasavoir honte de le penser. Ce que nous serions, sans Rome et sansAthènes, n’est pas votre souci. Le latin, le grec, oublions tout cela;faisons de l’informatique. «L’Etat n’est pas obligé de financer les filières qui conduisent au chômage»,disiez-vous ce jour-là. Vous avez bien raison: les 20 millions dechômeurs supplémentaires que Juan Somavia, directeur général du Bureauinternational du Travail, prévoit pour 2009 ont manifestement gâchéleur belle jeunesse à traduire Juvénal et Euripide. Même leshellénistes et les latinistes de chez Lehman Brothers n’ont plus dejob. Bien fait pour ces bénédictins.
Plongez dans «la Guerre des Gaules» de votre collègue César (Jules);et, pour le grec, «la République», parce que Platon y décrit un paysoù, pour reprendre une expression qui vous est chère, les artistes etpoètes, chômeurs professionnels, « n’ont pas vocation » à vivre.
(*) Les Belles Lettres.
« La Princesse de Clèves »de Mme de La Fayette*
• «L’autre jour, je m’amusais à regarder le programmedu concours d’attaché d’administration. Un sadique ou un imbécile avaitmis dans le programme d’interroger les concurrents sur “la Princesse de Clèves”.Je ne sais pas si cela vous est souvent arrivé de demander à laguichetière ce qu’elle pensait de “la Princesse de Clèves”.» (NicolasSarkozy, février 2006.)

Que votre volonté soit faite, Monsieur le Président. Du passéfaisons table rase. Kärchérisons toutes les fables qui façonnent notregrand récit national. Haro sur les «sadiques» et les «imbéciles». Viveles nihilistes! Discréditons l’effort, l’exigence, la subtilité.Claquons la porte des grands textes au nez de la petite guichetière.Vive notre président pilon! Gloire à l’autodafé d’Etat! Et disons à Mmede La Fayette, cette sœur spirituelle de Corneille: «Casse-toi, pauvre c…» «La Princesse de Clèves»? «J’ai beaucoup souffert par elle»,avez-vous déclaré, en juillet 2007. Dans la peur d’être accusés detorture par Amnesty International, nous vous en adressons, non le texteintégral, mais le «Profil d’une œuvre». En vous souhaitant une prompterésilience.
(*) Edition établie par Myriam Dufour-Maître et Jacqueline Milhit (Hatier).
VOUS AUSSI, donnez au SARKOTHON
Bruno Coutier/YanVOUS AVEZ DES LIVRES, Nicolas Sarkozy n’en a pas.
Vous les avez lus, pas lui. Soyez solidaires et citoyens: offrez un livre à notre président!
AGISSEZ maintenant pour vivre mieux demain.
Faites un choix judicieux et utile. Et un beau paquet.
N’OUBLIEZ PAS d’inscrire sur votre envoi:
«Sarkothon 2009 du Nouvel Observateur».
Adressez-le à: Monsieur le Président de la République, 55, rue du Faubourg-Saint-Honoré, 75008 Paris.
Un petit mot d’accompagnement n’est pas superflu. L’anniversaire du président ne se fête qu’une fois par an.
=> Vous pouvez également FAIRE VOS PROMESSES DE DON sur BibliObs.com en cliquant ici
Personnellement je pense que je vais lui envoyer Le Meilleur des mondes, de Huxley; parce que sa logique c’est un peu celle du bouquin. Une guichetière à la Poste doit savoir tenir son guichet et puis c’est tout! Un peu comme les Epsylones qui doivent savoir faire ce qu’on leur demande (les basses tâches) et pis c’est tout! Non mais! Un ouvrier qui lit la Princesse de Clèves… On aura tout vu! L’ouvrier il regarde TF1 et pis c’est tout! Déjà que c’est pas normal qu’il aie le temps d’avoir des loisirs ce salopiaud!
Tags: apprendre a lire, lecture, litterature, Sarko, Sarkozy
Envoyez un livre au président de la République
About