Sexe, sexe, sexe!

Conneries avril 18th, 2009


subscribe par vous

Comment augmenter la fréquentation de son blog de façon significative ? En travaillant sur le design pour en faire un objet extrêmement agréable ? En y insérant des poèmes ou des photos de magnifiques paysages ? Grâce à des textes d’une grande subtilité et avec beaucoup d’humour ? Que nenni !

Bloguez.com dispose depuis quelques temps d’un outil statistique absolument génial puisqu’il permet de voir comment les visiteurs arrivent sur votre blog (ainsi que leur adresse IP, qui permet de savoir d’où ils viennent). Cet outil m’a ainsi permis de tirer des conclusions très précises et très pertinentes concernant la consommation qui est faite d’Internet, et qu’on pourrait synthétiser de cette façon : «On veut du cul !!!!!!!»

Hé oui. Il y a quand même pas mal de monde qui vient pour mes critiques de livres, mais le principal attrait de ce blog… ça reste le sexe. «Du sexe ? Où ça ? Où ça ?» me direz-vous. Ben justement, c’est toute la subtilité de la chose : il n’y a pas une seule image ou même un seul texte cochon sur ce blog !! En revanche, j’ai écrit une critique d’un excellent bouquin s’intitulant Porno, écrit par Irvine Welsh. J’ai également écrit un article sur un japonais complètement barge qui se fait appeler Hard gay, et comme son nom l’indique, il s’agit… d’un humoriste, ancien catcheur.


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En découvrant ce nouvel outil statistique, ma première réaction a été la stupéfaction. Je ne comprenais pas bien ce que toute cette bande de pervers, vicieux et j’en passe venaient faire sur mon modeste et chaste (lol) blog. Aujourd’hui, ça me fait bien marrer.

Donc, si on veut faire péter la fréquentation de son blog, il suffit de parler de cul, de sexe, de chatte et de gay… Hé bien allons-y gayment alors !

Vous voulez du Q, vous allez en avoir.

Alors déjà, le Q, c’est la 17ème lettre de notre bon alphabet. C’est dire son importance cul-turelle et sociale ! Que serait le monde sans Q ? Je vous le demande ! On ne pourrait même plus poser de question, il faudrait se passer des subordonnées relatives… Quelle horreur !

D’ailleurs, la meilleure illustration pour démontrer que sans le Q, le monde partirait en couille, c’est cette erreur de composition typographique appelée, non sans un humour auquel j’adhère totalement, une «coquille». Pourquoi appelle-t-on cela une coquille ? Simplement parce qu’un jour, dans un document officiel, quelqu’un avait écrit le mot «coquille»,en omettant le Q, et une coquille qui n’a pas de Q, ça s’appelle… une couille. CQFD.

Quoi ? Je vous sens profondément déçu… C’est pas ça que vous attendiez ? C’est pas pour ça que vous êtes venus sur mon blog ?

J’adore m’imaginer la tête des pauvres types en quête désespérée d’un bout de fesse, qui tapent sur Google «blog de gay très très hard» et qui arrivent ici, découvrant un article sur Razor Ramon dit Hard Gay…Ou encore ceux qui cherchent désespérément du porno, du XXX, du hard, du sex quoi !!!! Et qui retombe sur une critique littéraire parlant de l’œuvre d’un écrivain écossais… Rah cte frustration !!! On cherche du cul et on tombe sur… de la culture ! Berk berk berk !!! Ca me rappelle la fois où je suis tombé sur une vidéo scatophile dont le titre était «Bambi» (et on ne rigole pas, c’est vrai, je suis tombé dessus totalement par erreur !) Raaaaaaaaah ! Je me suis retrouvé totalement impuissant pendant au moins un bon mois. Pas la moindre petite érection matinale. Chaque fois j’avais cette ignoble image de cette charmante jeune femme qui bouffait de la… Haaaaa !Non. Ne plus y penser. Surtout ne plus y penser.

hentaï par vous

Hé ben là, ça doit leur faire à peu près la même chose à ces malheureux. Et en plus, je pousse le vice jusqu’à écrire ce long article illustré par des images trouvées sur l’excellent blog de Nioutaik et balisé par des tags totalement aguicheurs, et tout ça pour tomber sur une belle petite chatte exhibitionniste et sur un foutage de gueule en règle… Oui, je suis bien plus vicieux qu’eux.

Enfin, d’un autre côté, ils n’ont qu’à préciser un peu plus leur recherche aussi ! Parce que c’est pas de la publicité mensongère que je fais ! Depuis tout à l’heure je ne parle que de ça, de ce qu’ils sont venus chercher, ils ont même droit à une photo de chatte rasée… Enfin il faut savoir ce qu’on veut dans la vie les gars et les filles (et les aliens !!!) ! Moi je veux de la fréquentation sur mon blog, vous de la chatte rasée et du hentaï… Tout le monde devrait être content, non ?


Sexy par vous

N’empêche, c’est quand même marrant, l’évolution de la société. A une époque, il fallait inventer des petites histoires toutes gentilles avec des animaux pour intéresser les gens et ainsi faire passer des messages au plus grand nombre ; aujourd’hui, pour faire passer un message, il faut mettre en scène une actrice porno qui se fait prendre par un cheval. Certes, la dimension animalière et zoophile est toujours présente mais jeremarque quand même qu’on est passé de La Fontaine à la femme fontaine. C’est tout pareil avec juste un ptit bonus…

Je trouve ça absolument fascinant et j’adore en jouer, comme vous l’aurez remarqué… Allez, faites pas la gueule et retournez sur Google !

Un ptit message d’utilité publique aussi pour finir et m’excuser:

Durex par vous

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A peine traduit et sorti, déjà acheté et au prix fort. Décidément, j’ai une furieuse envie d’être édité par le Diable Vauvert: non seulement ils éditent Welsh en France mais en plus ils éditent aussi une femme sur laquelle je me suis masturbé toute mon adolescence… Coralie Trin Thi… Je ne sais pas ce qu’elle vaut en tant qu’écrivain mais j’ai comme projet d’étudier ça d’ici peu de temps! En plus, franchement, c’est pas de la belle couverture à chaque fois? Et je peux vous dire que l’intérieur est tout aussi soigné. Le Diable Vauvert est l’éditeur des écorchés vifs, des révoltés, des marginaux et surtout des originaux. Je pense qu’en bossant un peu et en terminant mon roman, je devrais y trouver ma place. En tous cas je l’espère sincèrement!

En attendant, je ne suis qu’un lecteur pour ce diable d’éditeur et c’est déjà un grand plaisir (sans aucun doute financièrement partagé).
Dernier opus de Welsh, donc, passion commune… Par où commencer?
L’histoire peut-être. Hé bien l’histoire c’est celle d’Edimbourg, encore et toujours. Et c’est ça qui est génial, d’une certaine façon. Glu, comme son nom l’indique presque, est le ciment de l’oeuvre de notre auteur écossais. Le ciment parce qu’on y croise la plupart des personnages rencontrés dans les autres bouquins: Renton, Sick boy, Begbie, Spud, Tommy, mais aussi Juice Terry, le commissaire qui sévit dans Une Ordure… et peut-être d’autres encore, car je n’ai pas les innombrables noms de tous les personnages en tête. Cette façon de faire, ce concept, je l’avais déjà eu il y a quelques années. Quoi de mieux pour donner de l’intensité, du réalisme, et du corps à une oeuvre que de faire se croiser tous ses personnages? Ca donne une perspective hallucinante.
Pour revenir à l’histoire, cette fois on ne suit plus la même bande de losers, mais une autre, menée cette fois par Juice Terry, personnage secondaire de Porno. On les suit depuis… avant leur naissance, l’arrivée de leurs parents dans leur quartier alors relativement classe (qui n’est pas Leith, pour une fois) et qui s’est très rapidement dégradé pour devenir une véritable zone, une cité comme nos douces banlieues françaises. On les suit jusqu’à la trentaine consommée, à travers leurs déboires, leurs gloires, leurs galères, leurs échecs, leurs déprimes. On assiste avec eux à des matchs de foot et des séances de baise torride, suivis de remises en questions existentielles. Du réalisme, de l’ultra réalisme mais c’est la réalité crue, dure, violente dont il nous parle, pas la fausse réalité qu’on veut nous faire bouffer. Quand on lit Welsh, on se dit que Zola était vraiment à côté de la plaque. Certes il maîtrise la langue à la perfection mais quelle platitude en comparaison du langage fleuri issu de ces cités et quel conformisme, aussi. On ne peut pas lui en vouloir. C’était l’époque. Mais ****** que c’est bon de lire du Welsh, pur produit de notre époque à nous.

Ses personnages sont généralement des dépravés pourris jusqu’à l’os, mais qu’ils sont attachants! On sent qu’il les aime, qu’il en a fait partie, qu’il les comprend même dans leurs pires conneries, même dans leur trahison. Il a de la tendresse communicative pour eux. Si on les croise dans la rue, on ne peut que les mépriser, voire les haïr, mais quand on passe par le regard de cet atypique auteur, on voit les choses différemment. On voit des êtres humains évoluant dans un milieu hostile, englués à ce milieu, à leur famille, leurs amis, leurs clubs de foot… Et puis on se remet soi-même en question. Est-on si différent, au fond? Quel regard ces gens-là peuvent-ils avoir sur nous? Du social pur et dur qu’il nous livre, ce Welsh. Du social débarrassé de tout parti pris, de tout dogme, de toute politique. Du social épuré. Du bon social en somme. En lisant ses bouquins, on peut se livrer à une véritable analyse de la situation, même si on est pas écossais parce qu’il touche à l’universel, cet enfoiré, tout en ne parlant que d’un petit groupe, d’un quartier, d’une ville, d’un pays. Du local qui devient universel. C’est ce que j’appelle une réussite littéraire.

Mais trêve de flatterie! Que vaut-il ce bouquin?
Bien sûr, il est très bon. Comme d’habitude. On sent la maturité littéraire. Welsh a ses repères, son style, ses sujets… Il joue à domicile et maîtrise à la fois le sujet et la forme.
Ca ne m’a pas empêché d’être surpris par les focalisations externes. D’habitude, dans tous ses bouquins (sauf erreur de ma part), ce sont ses personnages qui parlent, en se relayant. Là aussi mais par moment il quitte sa chère focalisation interne (que j’apprécie énormément) pour passer à de la focalisation externe. Pourquoi pas? Si ça lui rajoute une nouvelle corde à son arc, je suis pour. D’autant que j’ai trouvé ça vachement bien employé pour un mec qui doit pas trop en avoir l’habitude, même si ce ne sont pas mes passages préférés. Soit! Un détail.
Pour le reste, je dois dire que je suis un peu déçu. Maîtrise, d’accord mais pointe de nostalgie dans ce bouquin. Là aussi c’est pas comme d’habitude. Moins méchant. Moins hargneux. Moins trash. Là c’est un jugement purement subjectif qui doit donc être pris comme tel.
Si je devais faire un classement de ses bouquins, je mettrai Porno en premier, suivi de Recettes intimes de grands chefs, puis de Trainspotting, Extasy et seulement derrière Glu, avec Une ordure pour fermer le classement. Pas terrible, donc, hein? Ouais mais en même temps, quand on n’est pas habitué à cet univers, commencer par Glu, je pense que c’est plus sage. Trainspotting c’est assez violent à lire, aussi bien pour le contenu que pour le contenant; une véritable cacophonie où on a du mal à savoir qui parle à qui et de quoi, ******! Pour lire Porno, vaut mieux avoir lu Trainspotting avant, logique puisque c’est la suite. Extasy et Recettes intimes de grands chefs… c’est plus clairement écrit mais très très trash… Ca peut choquer! Donc ouais, Glu pour un dépucelage en douceur, une immersion progressive dans l’univers de Welsh, ça me semble tout à fait correct. Malheureusement pour moi, je suis déjà dépucelé depuis un petit moment… alors les papouilles, et tout ça moi… on va dire que je suis passé à autre chose, quoi, hein? Il me semble que c’est Coralie qui disait qu’une baise sans sodomie c’était comme… euh… je sais plus exactement mais bon pas terrible quoi! Ben à peu près pareil pour moi, avec Welsh.

En résumé, je suis sévère mais Glu reste un excellent bouquin que je conseille à tous les amateurs de Welsh et plus encore à ceux qui seraient suffisamment incultes pour n’en avoir pas encore lu une ligne. Je le conseille aussi à ceux qui en auraient lu quelques lignes et qui en auraient été rebutés. C’est l’occasion où jamais de lui donner une première ou une deuxième chance.
Quant à moi, j’attends le prochain avec impatience!

A suivre: la critique des Particules élémentaires du célèbre Michel Houellebecq. Pour l’instant ça a l’air intéressant dans la thématique et dans le style. Je sais qu’il est autant adulé qu’abhorré, alors ne serait-ce que par curiosité… Je lui souhaite en tous cas de connaître un meilleur sort que Dan Brown au sein de ce blog.

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Et voilà. J’ai enfin terminé ma lecture de Porno d’Irvine Welsh, la suite du célèbre Trainspotting. « Enfin » pourrait faire croire que c’est un soulagement de l’avoir terminé. Il n’en est rien. Il est des oeuvres qui pourraient être infinies que ça ne dérangerait pas, et c’est le cas. Non, « enfin » parce que je peux en faire la critique, « enfin » parce que je suis heureux de l’avoir lu, d’avoir ce livre dans ma mémoire. Je vais pouvoir me la péter et dire « Moi, j’ai lu Porno ».

A vrai dire, à la base, j’appréhendais grandement ce moment. J’ai du acheter ce bouquin à sa sortie en France (très tardive mais merci le Diable Vauvert) au prix fort donc, alors que d’habitude je me contente largement du format poche. Mais là non. Faut pas déconner.

Tout lecteur chevronné et attentif aura compris que je voue un culte à Trainspotting, allant jusqu’à tenir tête à mon impulsif de directeur qui ne supporte pas la contradiction pour défendre cette oeuvre magistrale. Parce que pour lui ce n’est que du trash, du mauvais exemple, sexe, drogue et rock’n roll. Grave erreur culturo-intellectuelle!!! Oui Trainspotting c’est du trash, sexe, drogue et rock’n roll, mais c’est bien plus que ça! Mais ayant déjà décrit Trainspotting, je ne vais pas ENCORE revenir là-dessus.

Parlons plutôt de Porno. Grande appréhension de ma part donc, parce que j’ai horreur des suites. Entendons-nous bien: lorsque la suite est prévue dès le départ, avant l’écriture du premier tome, genre Seigneur des anneaux ou Star wars, ça ne me pose pas de problème. Ce n’est même pas une « suite », juste un autre bout d’une oeuvre complète, qui se suffit à elle-même dans son intégralité. Non ce que j’appelle « suite » c’est Scream 2 et 3 par exemple. C’est un auteur suffisamment *** ou vénal pour céder à la demande d’un public iconoclaste et ainsi foutre en l’air son oeuvre en y collant des morceaux avec des bouts de scotch qui se voient comme les ficelles sur la gueule de Frankenstein. Et malheureusement Trainspotting se suffisait à lui-même, et donc ça puait le bout de scotch et l’exhumaison de cadavre…

Mais malgré tout, après avoir lu Extasy, du même auteur, j’ai décidé de faire confiance à Welsh. Après tout, un ancien punk ne pouvait pas se laisser baiser par cette logique consumériste et capitaliste, c’était impensable… Et j’ai eu raison. Et vous savez quoi? Non seulement il ne s’est pas fait baiser, mais en plus il en joue puisque cette logique consumériste inhérente au capitalisme est le thème principal de ce livre… D’emblée, on a droit à un jeu de miroir entre le personnage principal et l’auteur… Rien que ça!

Et effectivement je comprends tout à fait que si on s’arrête au premier degré, on ne trouve qu’un débalage de trash et de provoc. Mais quand même! On doit bien sentir qu’on passe à côté de quelque chose, même le moins littéraire d’entre nous doit forcément se douter de quelque chose! Juste au cas où ma philanthropie passagère serait un tantinet exagérée, je vais quand même expliquer clairement les choses.

Déjà dans Trainspotting il faut bien comprendre que les personnages ne représentent pas qu’eux-même. Ils sont écossais, et ce sont non seulement LES écossais, mais surtout l’Ecosse elle-même. Revoyez ou repensez au film: la plupart du temps, ça se passe en Ecosse, à Leith, district d’Edimbourg. Un coin pourri, avec les pires chiottes d’Ecosse, des losers, des alcooliques, de la *****, des seringues partout, l’enfer. Et puis, Renton se barre en Angleterre… Et là on a droit à un plan sur musique plus du tout punk et désespérée mais plutôt dance avec de véritables cartes postales. L’Ecosse c’est crade. L’Angleterre c’est booooooooo. Il y a ainsi confrontation entre le chauvinisme genre « Je suis écossais ****** et j’en suis fier!! » et « ****** j’ai qu’une envie c’est de quitter ce trou à rat!!! » Et toute l’oeuvre tourne autour de ça, de cette dualité, de cette bande de losers, paumés, affreux, sales et méchants qui sont prêts à tout pour sortir de leur condition de *****. A la base, ça passe par l’héro. Un bon fix et on quitte toute cette crasse pour venir se loger direct au septième ciel ( »Putain c’est encore meilleur que de s’en prendre une dans le cul… »), et puis au final, ça passe par renoncer au chauvinisme, à soi-même, et surtout, à l’amitié. Renton s’en sort. Il est le seul. Et il s’en sort en sodomisant à sec et avec du verre pilé tous ses « potes ».

Et dans Porno? Ben c’est pareil. L’Ecosse et Leith ont évolué. L’Angleterre a évolué. Welsh a évolué. Chaque personnage a donc évolué. Le livre lui-même a suivi toute cette évolution. Il est nettement plus simple de suivre, parce que dans Trainspotting, il faut un certain temps pour différencier chaque narrateur et ça donne un beau mais agréable bordel. Là non. Les titres des chapitres sont déjà suffisamment explicites pour qu’on comprenne. On perd en cacophonie mais on gagne en confort. C’est justifié parce que justement l’histoire ne part pas du même bordel. Les personnages se sont tous séparés. Ce n’est plus l’histoire d’une bande, mais l’histoire de plusieurs jeunes qui vont reformer une bande… qui n’aura plus rien à voir avec l’ancienne.

On retrouve donc avec bonheur Sick boy, qui prend la place de Renton en personnage principal, à Londres en train d’essayer de se sortir de son rang de loser de Leith, par toutes les malversations possibles. Il ne supporte plus qu’on l’appelle Sick boy, justement parce qu’il veut acquérir une identité sociale, une reconnaissance aussi éloignée que possible de ce qu’il a pu être. Echec: il est contraint de retourner à Leith et de supporter qu’on l’appelle toujours Sick boy, et il ne comprendra vraiment à la fin qu’il n’a jamais été que Sick boy et qu’il le restera toute sa vie…

L’histoire nait de sa rencontre avec Nikki, jeune étudiante anglaise à Edimbourg, obsédée par son apparence, terrifiée par le temps qui passe. Elle ne souhaite qu’une chose dans sa vie: figer son apparence actuelle, hautement désirable,  sur une pellicule et pour ça elle est prête à tout (sauf à la sodomie…). Le porno, l’homo consamatus; tout un symbole, tout un symptome. Le corps est un objet, et comme tout objet il est vendable, monnayable, et pour ça il faut passer par le marketing, c’est à dire retoucher ce qui ne va pas, maquiller, habiller, déshabiller; bref: se vendre. Et évidemment, avec un Simon David Williamson, alias Sick boy, elle ne pouvait pas mieux tomber. Exploiter, manipuler, vendre l’autre, c’est toute sa vie. Sauf que Sick boy reste et restera Sick boy, un pauvre type qui soigne les apparences, se fait passer sempiternellement pour un winner, pète plus haut que son cul et… qui finit toujours par se faire baiser.

On retrouve également Franco, Francis, François, Beggar boy, Begbie. D’abord en zonze, sauf qu’ils ne pouvaient pas le garder éternellement, alors il sort… et ne rêve que d’une chose: buter cet enculé de Renton qui lui a piqué tout son fric!!!!!!! Begbie n’a pas changer d’un poil. C’est toujours un psychopathe ultra violent et d’une connerie incroyable. Un pur sadique.

Spud est fidèle à lui-même: toujours junkie, toujours simplet… Aucune évolution. Lui aussi essaie de se sortir de sa condition. Il essaie vraiment, d’une manière inatendue d’ailleurs. On pourrait croire que c’est le gentil du groupe, mais ce n’est que partiellement vrai. Parce que comme il le dit lui-même: c’est un méchant passif. Il laisse faire ou participe carrément, en disant genre euh c’est pas cool ça mec, tu vois, genre? Mais ça n’empêche qu’il participe ou cautionne, le ptit salaud! Pire, il arrive même à tendre des embuscades!!!!! Finalement c’est peut-être lui le plus vicieux de tous ces personnages.

On retrouve aussi Dianne, qui n’a toujours pas une grande importance dans l’histoire mais dont la présence est tout de même sympathique.

Et puis finalement… Mark Renton qu’on découvre loin de tout ça, mais évidemment ça ne peut pas être éternel. Il s’en est sorti et il se retrouve plongé malgré lui dans les embrouilles de Leith, avec son « pote » Sick boy.

Tout ça nous donne une histoire qui tient la route, avec des personnages plus que crédibles et des répliques cultes, dans une satire sociale et politique poignante et entêtante. Le nombre de fois où j’ai pu rire (et c’est rare en lisant un bouquin) et m’esclaffer « ha le bataaaaaaaaaaard!!!!!! » en lisant ce chef d’oeuvre… Parce que oui monsieur oui madame J’OSE! J’ose dire qu’un bouquin qui me fait rire, qui me fait trembler, qui me fait monter les larmes aux yeux et qui me fait profondément réfléchir sur des sujets passionnants EST un chef d’oeuvre indiscutable. Le style (et la traduction, spéciale dédicace à Laura Dorajinski qui nous a réussi un véritable tour de force) est impeccable. En cherchant bien on pourra toujours trouver quelques défauts mais ils sont clairement noyés dans l’impression globale et le plaisir qui résulte de la lecture.

« C’est naïf de s’attendre à ce que la drogue soit éliminée des lois modernes du capitalisme consumériste. Surtout quand, en tant que produit, elle contribue à le définir. »

« Il appartient vraiment à une forme d’humanité rendue obsolète par le nouvel ordre des choses, mais c’est toujours un être humain. Les clopes, l’alcool, la coke, le speed, la pauvreté et les manipulations des médias: les armes du capitalisme sont bien plus subtiles et efficaces que celles du nazisme, et il est sans ressource devant elles. »

Juste deux petites citations histoire de prouver que je dis pas de conneries: c’est vraiment un bouquin qui fait réfléchir dans le bon sens. Et donc, pour conclure:

Merci mister Welsh!!!

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